Bon, après le plan de classe, un autre outil de gestion de classe: les couleurs!
Ainsi, chacun de mes groupes a une couleur distincte. Sur mon horaire, je colore mes périodes d'enseignement selon le groupe auquel je m'adresse. De plus, pour chaque groupe, j'ai un porte-documents qui correspond à sa couleur. Je recueille tous les travaux, les devoirs dans ces portes-documents.
Truc visuel simple et rapide. Pas besoin de mémoriser ou de regarder un numéro de groupe. Une journée, les élèves étaient tellement enthousiastes qu'ils ont même tous porter du vert en l'honneur de leur couleur de classe.
Habitellement, j'évite le jaune (on est votre groupe pipi, hein, monsieur?) ou le rose (ben là, on est des gars. On veut rien savoir du rose...). Certaines années, j'avoue que j'aurais aimé trouvé des surligneurs bruns, mais bon... on n'en meurt pas.
31 août 2009
30 août 2009
Un plan de classe efficace (ajout)

J'ai beaucoup de difficulté à comprendre les enseignants du secondaire qui laissent leurs élèves s'asseoir là ou ils le veulent durant leur cours. Un plan de classe présente tellement d'avantages alors que de laisser les jeunes choisir leur place me semble souvent une cause d'indiscipline et de perte de temps.
Avantages du plan de classe
Le fait que le professeur choisisse les places des élèves lui permet d'affirmer son autorité. Chaque année, j'accueille mes élèves en leur disant: «Bienvenus dans MA classe!» Qu'on me comprenne: il s'agit d'un lieu chaleureux, stimulant même, sauf qu'il y a un cheuf et c'est incontestement moi. D'ailleurs, si j'en viens à bouger un élève pour cause d'indiscipline, c'est immédiatement présenté comme un vote de non-confiance à son égard et il le sait. Il sent qu'il va perdre des points dans mon estime et la seule menace de le bouger règle souvent son comportement problématique. En évitant le plus possible de le déplacer, je lui donne également l'occasion de se responsabiliser, d'apprendre à se contenir. Bref, je l'éduque.
Comme les élèves ne choisissent pas leur place, ils ne peuvent donc pas s'asseoir à côté de leur ami et jaser de leur fin de semaine, par exemple. De plus, les petits tannants ne seront pas nécessairement au fond ou ils perdront leur temps ou dérangeront la classe. Moins de situations propres à l'indiscipline.
Quand vient le temps de prendre les présences, un seul coup d'oeil suffit. Il n'est pas nécessaire de procéder à un long et inutile appel nominal. Voilà du temps de gagner et on réduit aussi les risques de bavardage relié à ce temps mort.
Habituellement, je place mes élèves en ordre alphabétique. Quand vient le temps de recueillir des travaux, des documents ou des copies d'examen, tout est déjà en ordre. Encore du temps de gagné!
Enfin, un dernier avantage du plan de classe est qu'il oblige les élèves à connaitre de nouveaux individus et établir de nouveaux contacts. Il ne reste pas entouré de sa gang.
Désavantages du plan de classe
Comme je place mes élèves en ordre alphabétique, ils arrivent parfois que cela cause plus de déplacements dans le cas ou les équipes de travail sont formées par affinités personnelles. On ne peut pas juste coller les bureaux. J'évite cet écueil en les faisant travailler surtout avec leur voisin immédiat.
Une autre difficulté est lorsque l'élève présente un problème nécessitant qu'il soit placé à un endroit précis dans la classe (surdité, problème de vision, de concentration, etc.). Bien évidemment, ici, j'ajuste mon plan de classe en fonction de l'élève.
Comment tricher malgré un plan de classe alphabétique
Ce n'est pas parce que j'ai un plan de classe en ordre alphabétique que je ne peux pas arriver à placer les élèves problématiques là ou je le souhaite. Un plan de classe alphabétique, ça se tricher facilement! Et c'est encore plus facile si on a plus de bureaux que d'élèves.
Habituellement, je fais un plan de classe provisoire. Au bout d'un mois, je vois si j'ai besoin de le refaire stratégiquement. Habituellement, je travaille avec des bécquets (Post-It) sur lesquels j'écris le nom des élèves. Comme je suis un control freak, les bécquets ont la même couleur que celle que j'ai attribuée au groupe. Je reviendrai sur l'idée de la couleur attribuée à un groupe dans un autre billet.
Il s'agit alors de jouer avec les bécquets sur un plan de classe vierge de façon à créer le plan de classe le plus efficace possible. Je peux débuter l'ordre des élèves en partant de la droite, de la gauche, du fond, de l'avant de la classe. Si j'ai des bureux inoccupés, je peux faire des rangées plus courtes ou plus longues. Dans les faits, il est très rare que je ne parvienne pas à mes fins.
Machiavélque, le prof masqué? Oui, beaucoup.
Si vous avez d'autres suggestions ou des commentaires, n'hésitez pas. On va pouvoir construire un savoir qu'on ne m'a jamais enseigné à l'université... En passant, si vous tapez plan de classe sur Google, vous verrez plusieurs autres petites idées reliées aux maths et au vocabulaire. Assez intéressant.
* * * * * * * * *
J'ai un collègue qui a la même maladie que moi, sauf qu'il écrit les noms de ses élèves à l'ordinateur sur ses bécquets. J'envie son caractère perfectionniste!
28 août 2009
Nomination de Jacques Demers: déception!
27 août 2009
Fric et école privée (ajout)
La récente saga des dons d'Hydro-Québec à des écoles privées a suscité chez moi certaines réflexions.
Tout d'abord, ces écoles n'ont de privés que les profits qu'elles génèrent. Il ne s'agit pas d'organismes à but non lucratif et elles ne retournent aucune somme d'argent générée par leurs activités au gouvernement, à part peut-être des impôts reliées aux entreprises. Pourtant, la grande part de leur financement est d'origine publique. Le gouvernement participe alors aux risques mais pas aux profits. Pourquoi ne parle-t-on pas alors d'écoles en PPP? Les qualifier d'école privée est presque mensonger.
Ensuite, il est faux d'affirmer que le gouvernement subventionne ces écoles en leur versant 60% des frais occasionnés par les élèves qui y sont inscrits comme l'a affirmé le directeur général du Séminaire de Sherbrooke, André Métras, quand il a indiqué au Nouvelliste que les écoles privées doivent trouver les 40 % des sommes non financées par l'État et réussir, par leur mode de gestion, à offrir des services de qualité aux élèves.
En effet, à moins qu'on m'ait mal expliqué la chose, dans les faits, le gouvernement verse aux écoles privées 60% de ce qu'il en coût em moyenne pour un élève inscrit au secteur public. Or, on le sait, plusieurs écoles privées sélectionnent leurs élèves et ces derniers ont, règle générale, un meilleur suivi à la maison. Les coûts pour assurer leur réussite sont donc moindres que ceux présentant des difficultés d'apprentissage et nécessitant des spécialistes appropriés.
Comme on estimait, si j'ai bonne mémoire, à 20% le pourcentage du budget du MELS accordé aux élèves en difficulté, on comprend que les écoles privées reçoivent déjà en partant 12% de trop par rapport à un élève comparable du réseau public ne présentant pas de difficulté.
De plus, contrairement aux écoles publiques, il faut également considérer que les écoles privées ont bien d'autres frais qu'elles font assumer directement aux parents, comme l'achat des manuels et de différents matériels scolaires. Elles n'ont pas non plus à gérer et entretenir ceux-ci.
Également, le nombre d'élèves par classe est plus élevé dans le réseau privé, allant parfois jusqu'à 34 et même 36 élèves par groupe. Il y a moins de gestion de classe à faire. C'est donc 12% d'élèves de plus pour le même salaire de l'enseignant.
Enfin, rien n'empêche les écoles privées de bénéficier de subventions spéciales du MELS. Le collège Notre-Dame a ainsi reçu 800 000$ pour l'amélioration de ses équipements sportifs.
Affirmer que les écoles privées doivent trouver 40% de leurs frais de fonctionnement ailleurs que dans les poches du gouvernement me semble donc inexact. Par ailleurs, je connais peu d'exemples d'écoles privées ayant fait faillite mais beaucoup d'écoles publiques qui n'arrivent pas à assurer des services de qualité avec les budgets qu'on leur alloue. À cet égard, il serait intéressant, comme citoyen qui finance des écoles dites privées et qu'on finance de façon majoritaire, qu'on puisse voir leurs livres comptables, comme on dit.
Dans tout ce débat sur les dons faits par Hydro-Québec, certains semblent avoir oublié que le réseau des écoles privées au Québec institue une éducation à deux vitesse et que ce réseau supposément privé est largement subventionné par le gouvernement. En connaissez-vous des entreprises privées financées de la sorte année après année?
Au risque de me répéter, proposer de faire la même chose en santé relève presque de l'hérésie. Et on oublie constamment que l'Ontario, qu'on ne peut pas qualifier de province socialiste, ne finance pas le réseau scolaire privé. On ne s'insurge là-bas pas contre cette mesure et je ne crois pas que les jeunes Ontariens reçoivent une éducation de moins bonne qualité.
En subventionnant le réseau privé, on affaiblit dans les faits le réseau public, surtout quand on ne lui donne pas les moyens de répondre aux besoin de la clientèle qu'il dessert. Le réseau privé devient alors un réflexe individualiste puisqu'on ne se concentre pas à revitaliser le réseau d'éducation gouvernemental.
C'est pour toutes ces raisons que j'en ai un peu marre des éditorialistes comme André Pratte qui pontifie sur ceux qui ne partagent pas ses vues en la matière (paranoïa public-privé). Et de le voir se transformer en ridicule Don Quichotte de l'entreprise privée sans tenir compte du financement gouvernemental qu'elle reçoit, sans tenir compte de la retentissante faillite de celle-ci aux États-Unis et dans le monde, sans tenir compte des Vincent Lacroix et autres fraudeurs d'affaires me rappelle qu'il a perdu son sens critique avec son entrée dans le cénacle Desmarais.
Je ne déteste pas l'école privée quand elle est vraiment privée. Je déteste ceux qui tentent de me faire pleurer sur son sort comme M. Métras.
Tout d'abord, ces écoles n'ont de privés que les profits qu'elles génèrent. Il ne s'agit pas d'organismes à but non lucratif et elles ne retournent aucune somme d'argent générée par leurs activités au gouvernement, à part peut-être des impôts reliées aux entreprises. Pourtant, la grande part de leur financement est d'origine publique. Le gouvernement participe alors aux risques mais pas aux profits. Pourquoi ne parle-t-on pas alors d'écoles en PPP? Les qualifier d'école privée est presque mensonger.
Ensuite, il est faux d'affirmer que le gouvernement subventionne ces écoles en leur versant 60% des frais occasionnés par les élèves qui y sont inscrits comme l'a affirmé le directeur général du Séminaire de Sherbrooke, André Métras, quand il a indiqué au Nouvelliste que les écoles privées doivent trouver les 40 % des sommes non financées par l'État et réussir, par leur mode de gestion, à offrir des services de qualité aux élèves.
En effet, à moins qu'on m'ait mal expliqué la chose, dans les faits, le gouvernement verse aux écoles privées 60% de ce qu'il en coût em moyenne pour un élève inscrit au secteur public. Or, on le sait, plusieurs écoles privées sélectionnent leurs élèves et ces derniers ont, règle générale, un meilleur suivi à la maison. Les coûts pour assurer leur réussite sont donc moindres que ceux présentant des difficultés d'apprentissage et nécessitant des spécialistes appropriés.
Comme on estimait, si j'ai bonne mémoire, à 20% le pourcentage du budget du MELS accordé aux élèves en difficulté, on comprend que les écoles privées reçoivent déjà en partant 12% de trop par rapport à un élève comparable du réseau public ne présentant pas de difficulté.
De plus, contrairement aux écoles publiques, il faut également considérer que les écoles privées ont bien d'autres frais qu'elles font assumer directement aux parents, comme l'achat des manuels et de différents matériels scolaires. Elles n'ont pas non plus à gérer et entretenir ceux-ci.
Également, le nombre d'élèves par classe est plus élevé dans le réseau privé, allant parfois jusqu'à 34 et même 36 élèves par groupe. Il y a moins de gestion de classe à faire. C'est donc 12% d'élèves de plus pour le même salaire de l'enseignant.
Enfin, rien n'empêche les écoles privées de bénéficier de subventions spéciales du MELS. Le collège Notre-Dame a ainsi reçu 800 000$ pour l'amélioration de ses équipements sportifs.
Affirmer que les écoles privées doivent trouver 40% de leurs frais de fonctionnement ailleurs que dans les poches du gouvernement me semble donc inexact. Par ailleurs, je connais peu d'exemples d'écoles privées ayant fait faillite mais beaucoup d'écoles publiques qui n'arrivent pas à assurer des services de qualité avec les budgets qu'on leur alloue. À cet égard, il serait intéressant, comme citoyen qui finance des écoles dites privées et qu'on finance de façon majoritaire, qu'on puisse voir leurs livres comptables, comme on dit.
Dans tout ce débat sur les dons faits par Hydro-Québec, certains semblent avoir oublié que le réseau des écoles privées au Québec institue une éducation à deux vitesse et que ce réseau supposément privé est largement subventionné par le gouvernement. En connaissez-vous des entreprises privées financées de la sorte année après année?
Au risque de me répéter, proposer de faire la même chose en santé relève presque de l'hérésie. Et on oublie constamment que l'Ontario, qu'on ne peut pas qualifier de province socialiste, ne finance pas le réseau scolaire privé. On ne s'insurge là-bas pas contre cette mesure et je ne crois pas que les jeunes Ontariens reçoivent une éducation de moins bonne qualité.
En subventionnant le réseau privé, on affaiblit dans les faits le réseau public, surtout quand on ne lui donne pas les moyens de répondre aux besoin de la clientèle qu'il dessert. Le réseau privé devient alors un réflexe individualiste puisqu'on ne se concentre pas à revitaliser le réseau d'éducation gouvernemental.
C'est pour toutes ces raisons que j'en ai un peu marre des éditorialistes comme André Pratte qui pontifie sur ceux qui ne partagent pas ses vues en la matière (paranoïa public-privé). Et de le voir se transformer en ridicule Don Quichotte de l'entreprise privée sans tenir compte du financement gouvernemental qu'elle reçoit, sans tenir compte de la retentissante faillite de celle-ci aux États-Unis et dans le monde, sans tenir compte des Vincent Lacroix et autres fraudeurs d'affaires me rappelle qu'il a perdu son sens critique avec son entrée dans le cénacle Desmarais.
Je ne déteste pas l'école privée quand elle est vraiment privée. Je déteste ceux qui tentent de me faire pleurer sur son sort comme M. Métras.
23 août 2009
Dons d'Hydro-Québec: l'argent des autres et le financement des écoles privées
J'ai longtemps attendu avant de revenir sur la récente saga des dons effectués par Hydro-Québec. À la fois parce que chaque jour apportait son lot de rebondissements croustillants mais aussi parce que je voulais prendre le temps de réfléchir davantage sur cette affaire hautement électrisante. Mon commentaire est long et documenté. Bonne lecture!
Si vous voulez ne vous en tenir qu'à la partie décapante de mes propos, je vous suggère la lecture du chapitre intitulé Opération bullshit qui vous permettra de voir comment on essaie parfois de vous prendre pour des imbéciles.
Résumé des faits
Le 13 août, André Noël, du journal La Presse, révèle que le collège Notre-Dame reçoit 250 000$ d'Hydro-Québec. La bombe médiatique est lancée! Le même jour, en raison du tollé soulevé dans l'opinion publique, ce collège renonce au don d'Hydro-Québec. Enfin, la ministre des Ressources naturelles, Natahalie Normandeau, annonce qu'Hydro-Québec reverra ses pratiques en matière de dons et de commandites en matière d'éducation.
Le 14 août, le PQ demande la tête de Thierry Vandal, président d'Hydro-Québec.
Toujours le 14 août, La Presse rappelle que la société d'État avait versé 150 000 $ à la campagne de financement de la section de droit civil de l'Université d'Ottawa.
Le 18 août, La Presse rapporte, cette fois-ci, que c'est le collège Brébeuf qui renonce à un don de 200 000$ de la part d'Hydro-Québec.
Le 19 août, on apprend que cinq autres écoles ont reçu des dons d'Hydro-Québec: 10 000 $ à la Loyola High School, 5000 $ à la Fondation de l'école Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe ainsi que 1000 $ à la Fondation de l'école Jean-Paul II de Baie-Comeau et 500 $ à la Fondation Villa Sainte-Marceline de Westmount. (information reconfirmée ici, )
Le 20 août, La Presse nous apprend qu'Hydro-Québec s'est engagée à verser 50 000 $ au Conference board du Canada alors que le président-directeur général d'Hydro, Thierry Vandal, siégeait aussi au conseil d'administration du groupe de réflexion et d'analyse économique lorsque la commandite a été accordée.
Le 20 août toujours, le séminaire de Sherbrooke annonce qu'il continuera à toucher aux 165 000$ que lui versera Hydro-Québec au cours des 12 prochaines années.
Un avant-propos
Mais avant de débuter, soulignons que ce sont majoritairement les écoles privées et les institutions d'enseignement supérieur qui récoltent des fonds privés par le biais de fondations. Cela explique-t-il le fait que les écoles privées aient été davantage privilégiées par Hydro-Québec? Je ne le crois pas.
La mission de certaines sociétés d'État
Tout d'abord, ceux qui s'offusquent qu'une société d'État fasse des dons devrait savoir que cette pratique est répandue. Elle permet de lui assurer une certaine visibilité. En 2008, les dons et commandites d'Hydro atteignaient 25,9 millions $ tandis que les commandites de Loto-Québec se chiffraient 15,6 millions $ (ici).
Par exemple, Hydro-Québec commandite certains festivals et organismes culturels ainsi que des événements sportifs. À ce sujet, plusieurs organisateurs craignent (ici et ici) d'ailleurs pour leur financement. Également, Hydro-Québec a aussi une importante collection d'objets d'art inuit tandis que Loto-Québec possède sa collection de tableaux.
Est-ce le rôle d'une société d'État d'agir ainsi? On peut bien évoquer le «rôle social» de celle-ci, comme le fait Lucien Bouchard, président du conseil d'administration de l'Orchestre symphonique de Montréal. Cependant, dans un contexte ou l'on cumule déficit sur déficit, je crois que ces institutions devraient réfléchir sur leurs pratiques et se recentrer sur leur mission première au lieu de verser dans cette forme de mécénat. Sur ce point, il est discutable de voir des entreprises d'État s'arroger des missions «sociales» sans pour autant être redevables envers les contribuables et citoyens que nous sommes. Mais bon: chacun a droit à son opinion et je suis sûr que certains artistes seraient très contrariés que Loto-Québec n'achète plus leurs oeuvres, par exemple.
D'autre part, en quoi une société d'État qui exerce un monopole a-t-elle besoin d'assurer sa visibilité corporative? On comprend qu'Hydro-Québec fasse de la publicité pour prévenir les accidents reliés à l'électricité ou vanter ses services, mais on ne comprend moins qu'elle en fasse pour signaler simplement sa présence dans l'univers québécois.
Les critères guidant les sociétés d'État
Ce qui a choqué dans le présent débat, c'est tout d'abord une question d'apparence: Hydro-Québec semble favoriser des institutions d'enseignement privées et même une université située à l'extérieur du Québec! Dans les faits, on oublie que l'université de Sherbrooke a, elle aussi, reçu des sommes d'argent de notre électrisante société d'État.
On avouera qu'il y a quand même de quoi s'étonner qu'Hydro-Québec verse de l'argent à l'université d'Ottawa ou encore un collège privé comme Brébeuf qui ne manque aucunement de moyens financiers avec une fondation qui cumule 10 millions $. Tout cela, alors que le réseau public d'éducation au Québec manque cruellement d'argent. Marie-Andrée Chouinard note d'ailleurs justement: «Cette générosité sélective est choquante, mais elle n'est que le reflet d'une sottise: l'incapacité chronique de l'État à défendre une école publique fondée sur l'égalité des chances.»
Cette situation nous ramène aux critères encadrant les dons de cette nature. Ils semblent tout simplement inexistants!
Ces dons ont-ils été faits pour des raisons de visibilté? Si oui, il est clair qu'on ne s'intéressait qu'à une frange de la population: celle qui regroupe une certaine élite financière ou sociale.
Ces dons ont-ils été fait pour des raisons «sociales»? Si oui, on peut remarquer que'ils ne s'adressaient certainement pas à ceux qui en ont le plus de besoin dans noter société. Hydro-Québec a-t-ell déjà entendu parler des petits déjeuners gratuits qu'on offre aux enfants dévaforisés pour s'assurer qu'ils soient concentrés en classe?
L'apparence de conflit d'intérêts
Ce qui est aussi ressorti de toute cette saga, c'est bien sûr cette notion de conflit d'intérêts dans lequel seraient empêtrés certains dirigeants d'Hydro-Québec (ici, ici et ici). On a l'impression d'une caste supérieure qui finance les institutions propres à son rang ou pour lesquelles elle a des intérêts personnels, un peu comme un réseau d'amis qui se connaissent et qui s'entraident mutuellement. C'est ici que le proverbe «Charité bien ordonnée...» prend tout son sens. À vous de juger:
Collège privé Notre-Dame (250 000$): le PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a étudié dans cette institution et en est président du conseil d'administration.
Collège privé Jean-de-Brébeuf (200 000$): le PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a étudié dans cette institution, de même pour le président du conseil d’administration de la société d’État, Michael L. Turcotte, qui participe également à cette décision (ici)
Séminaire de Sherbrooke (180 000 $): le premier ministre du Québec, Jean Charest, est un diplômé de cet établissement privé.
Université d'Ottawa (150 000$): la campagne de financement de cette université était dirigée par la vice-présidente exécutive d'Hydro-Québec, Marie-José Nadeau, une diplômée de l'Université d'Ottawa.
S'il n'y a pas eu directement de conflit d'intérêts, on peut remarquer que les administrateurs ont sûrement dû rendre heureux quelques-unes de leurs connaissances. Et quoi de mieux que de partager l'argent des autres pour rendre des connaissances heureuses?
Opération bullshit
Un autre élément à retenir de cette saga est bien sûr la façon dont les relationnistes et les politiciens ont tenté de gérer les dommages engendrés par celle-ci et de remplir les citoyens comme s'ils étaient des valises.
Avant d'aller de l'avant avec quelques perles couvertes de boue, soulignons que le PDG d'Hydro-Québec n'a fait aucune déclaration. Pas un seul mot. Stratégie médiatique ou mépris?
Collège Notre-Dame (les installations sportives) :
«L'objectif de notre commandite est de faciliter l'activité physique chez les jeunes et l'accessibilité à la communauté environnante, le quartier Côte-des-Neiges étant l'un des plus défavorisés à Montréal.» - M. Taschereau, porte-parole d'Hydro-Québec.
«Le terrain sera également utilisé par les autres ligues de soccer durant les fins de semaine et par les jeunes de l'arrondissement qui participent au camp de jour du collège pendant l'été.» - le collège Notre-Dame
Le secrétaire général du collège, Vincent Grégoire, a dit que la commandite d'Hydro visait à permettre au collège de se priver des revenus de location de ses installations pour offrir ces dernières aux organismes communautaires de l'arrondissement. - selon La Presse.
Dans les faits, selon La Presse, le collège Notre-Dame est déjà l'un des mieux pourvus au Québec en matière d'installations sportives. De plus, il a reçu en 2007 du MELS une contribution de 800 000$ pour l'aménagement d'un nouveau terrain de soccer-football.
De plus, André Noël notait que le dernier bulletin de la Fondation du collège indiquait que «Les sommes reçues jusqu'à maintenant ont «permis d'entreprendre la première phase de notre développement, soit l'aménagement d'un terrain de sports synthétique... et d'une piste de course.»
Collège Notre-Dame (le rôle de Thierry Vandal):
François Taschereau, porte-parole d'Hydro-Québec, a répété jeudi que M. Vandal n'avait pas pris part à la décision. «Il ne s'est pas placé en conflit d'intérêt, a-t-il dit. Il n'a pas d'enfant au Collège Notre-Dame et n'avait aucun intérêt personnel à cette contribution, qui visait à faciliter l'activité physique chez les jeunes et l'accessibilité des installations sportives à la communauté environnante.»
Collège Brébeuf:
«Le projet (de partenariat avec Hydro-Québec) aurait permis de rendre nos installations sportives, inoccupées pendant l'été, accessibles à des jeunes vivant dans le quartier Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce, indique le collège dans son communiqué. Convaincus du bien-fondé d'un tel projet, nous tenterons de trouver un nouveau partenaire pour assurer sa réalisation. Cette décision ne remet pas en cause la construction du nouveau complexe sportif du collège, dont l'inauguration est prévue en janvier 2010. » - le collège Brébeuf
«40 000$, ce n'est pas un gros montant, a dit Russell Flanagan, le directeur des ressources humaines du collège. Cela paie à peine le salaire annuel d'une personne pour surveiller les installations sportives.» - le collège Brébeuf
Collèges Notre-Dame et Brébeuf:
À propos de l'accessibilté accrue des jeunes défavorisés des quartiers ou sont situés ces deux collèges privés, on ne peut passser sous silence ce texte de La Presse qui tend à montrer qu'on s'est drapé dans de nobles intentions pour justifier ces dons.
Ainsi, Denise Beaulieu, la directrice du Centre communautaire de loisirs de Côte-des-Neiges, s'interroge: «Je parle à titre personnel, dit-elle, mais il me semble que si on veut contribuer aux loisirs communautaires, on aide directement les organismes qui s'occupent de loisirs communautaires. Ça tombe sous le sens, non?»
Seulement deux écoles privées ont reçu des dons:
Dans son communiqué, Hydro-Québec indique qu'elle n'a fait aucune contribution à d'autre établissement d'enseignement secondaire. (ici) - Hydro-Québec
Oups... il y en avait cinq, semble-t-il.
Don à l'université d'Ottawa:
Le directeur des communications d'Hydro-Québec, François Taschereau, indique que la faculté de droit civil de l'institution ontarienne est fréquentée par un grand nombre d'étudiants québécois. - Hydro-Québec
So what? Il y a combien de Québécois étudiant à l'UQAM, d'après lui?
Séminaire de Sherbrooke :
Ce montant a déjà été affecté à l'implantation de nouveaux laboratoires de sciences, de même qu'à un projet d'efficacité énergétique. - Le Nouvelliste
Ah bien tiens, chez nous aussi, on manque de laboratoires!
En entrevue mercredi, le directeur général du Séminaire de Sherbrooke, André Métras, a rappelé que les écoles privées doivent trouver les 40 % des sommes non financées par l'État et réussir, par leur mode de gestion, à offrir des services de qualité aux élèves. Les établissements privés s'investissent tout autant, notamment en ce qui a trait à la lutte au décrochage scolaire. - Le Nouvelliste
Je reviendrai sur cet argument faux et carrément mensonger, mais avouez que M. Métras vous a tiré quelques petites larmes...
La ministre Normandeau:
«Il faut faire la part des choses. Lorsqu'il y a conflit d'intérêts, c'est que les gens en tirent un avantage personnel et dans ce cas-ci, ce n'est pas le cas», a affirmé Nathalie Normandeau, ministre des ressources naturelles.
Et rendre des connaissances heureuses, ce n'est pas avantageux?
Une petite conclusion
Dans les faits, ce qui a choqué le Québécois moyen, c'est que ce sont très majoritairement des écoles privées qui ont tiré avantage des dons de l'Hydro-Québec et cette drôle impression de copinage entre gens de la haute société.
Quant à moi, il est indécent qu'en matière d'éducation, cet argent ne puisse pas bénéficier aux jeunes Québécois issus de milieu modeste ou défavorisé. De restreindre ces sommes reliées au gouvernement à une élite bien choisie choque le sens commun le plus élémentaire.
Là-dessus, je trouve savoureuse la remarque de la chroniqueure Michèle Ouimet: «Si Hydro ne peut pas donner d'argent au privé, pourquoi le ministère de l'Éducation, lui, peut-il y déverser des centaines de millions chaque année?» Parce que, dans le fond, c'est bien du financement des écoles privées dont on parle ici.
Profitons de ces quelques lignes pour décerner une mauvaise note à André Pratte de La Presse. Ce dernier semble s'étonner de l'effarement du public pour une subvention venant d'une société d'État à une école privée: «Or, il n'y a là absolument rien de répréhensible. Les écoles privées jouent un rôle essentiel au Québec, rôle que le gouvernement reconnaît depuis des décennies en les subventionnant.» Or, ne comprend-il pas que c'est justement ce financement qui est fréquemment remis en question par une partie importante de la société? En ce qui concerne le don au collège Notre-Dame, celui-ci parle d'un faux pas de la part de Thierry Vandal et souligne que, sous sa gouverne, les bénéfices d'Hydro-Québec ont atteint des records. On est rendu maintenant à combien de faux pas de la part de M. Vandal, au fait? Et pour ce qui est des bénéfices records, quoi de plus simple à atteindre quand on augmente les tarifs sans arrêt?
Enfin, je me permettrai enfin de souligner la chronique que Jean-Simon Gagné du quotidien Le Soleil consacre à toute cette affaire et qui m'a bien fait sourire. M. Gagné est peu connu dans la métropole et c'est regrettable.
Si vous voulez ne vous en tenir qu'à la partie décapante de mes propos, je vous suggère la lecture du chapitre intitulé Opération bullshit qui vous permettra de voir comment on essaie parfois de vous prendre pour des imbéciles.
Résumé des faits
Le 13 août, André Noël, du journal La Presse, révèle que le collège Notre-Dame reçoit 250 000$ d'Hydro-Québec. La bombe médiatique est lancée! Le même jour, en raison du tollé soulevé dans l'opinion publique, ce collège renonce au don d'Hydro-Québec. Enfin, la ministre des Ressources naturelles, Natahalie Normandeau, annonce qu'Hydro-Québec reverra ses pratiques en matière de dons et de commandites en matière d'éducation.
Le 14 août, le PQ demande la tête de Thierry Vandal, président d'Hydro-Québec.
Toujours le 14 août, La Presse rappelle que la société d'État avait versé 150 000 $ à la campagne de financement de la section de droit civil de l'Université d'Ottawa.
Le 18 août, La Presse rapporte, cette fois-ci, que c'est le collège Brébeuf qui renonce à un don de 200 000$ de la part d'Hydro-Québec.
Le 19 août, on apprend que cinq autres écoles ont reçu des dons d'Hydro-Québec: 10 000 $ à la Loyola High School, 5000 $ à la Fondation de l'école Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe ainsi que 1000 $ à la Fondation de l'école Jean-Paul II de Baie-Comeau et 500 $ à la Fondation Villa Sainte-Marceline de Westmount. (information reconfirmée ici, )
Le 20 août, La Presse nous apprend qu'Hydro-Québec s'est engagée à verser 50 000 $ au Conference board du Canada alors que le président-directeur général d'Hydro, Thierry Vandal, siégeait aussi au conseil d'administration du groupe de réflexion et d'analyse économique lorsque la commandite a été accordée.
Le 20 août toujours, le séminaire de Sherbrooke annonce qu'il continuera à toucher aux 165 000$ que lui versera Hydro-Québec au cours des 12 prochaines années.
Un avant-propos
Mais avant de débuter, soulignons que ce sont majoritairement les écoles privées et les institutions d'enseignement supérieur qui récoltent des fonds privés par le biais de fondations. Cela explique-t-il le fait que les écoles privées aient été davantage privilégiées par Hydro-Québec? Je ne le crois pas.
La mission de certaines sociétés d'État
Tout d'abord, ceux qui s'offusquent qu'une société d'État fasse des dons devrait savoir que cette pratique est répandue. Elle permet de lui assurer une certaine visibilité. En 2008, les dons et commandites d'Hydro atteignaient 25,9 millions $ tandis que les commandites de Loto-Québec se chiffraient 15,6 millions $ (ici).
Par exemple, Hydro-Québec commandite certains festivals et organismes culturels ainsi que des événements sportifs. À ce sujet, plusieurs organisateurs craignent (ici et ici) d'ailleurs pour leur financement. Également, Hydro-Québec a aussi une importante collection d'objets d'art inuit tandis que Loto-Québec possède sa collection de tableaux.
Est-ce le rôle d'une société d'État d'agir ainsi? On peut bien évoquer le «rôle social» de celle-ci, comme le fait Lucien Bouchard, président du conseil d'administration de l'Orchestre symphonique de Montréal. Cependant, dans un contexte ou l'on cumule déficit sur déficit, je crois que ces institutions devraient réfléchir sur leurs pratiques et se recentrer sur leur mission première au lieu de verser dans cette forme de mécénat. Sur ce point, il est discutable de voir des entreprises d'État s'arroger des missions «sociales» sans pour autant être redevables envers les contribuables et citoyens que nous sommes. Mais bon: chacun a droit à son opinion et je suis sûr que certains artistes seraient très contrariés que Loto-Québec n'achète plus leurs oeuvres, par exemple.
D'autre part, en quoi une société d'État qui exerce un monopole a-t-elle besoin d'assurer sa visibilité corporative? On comprend qu'Hydro-Québec fasse de la publicité pour prévenir les accidents reliés à l'électricité ou vanter ses services, mais on ne comprend moins qu'elle en fasse pour signaler simplement sa présence dans l'univers québécois.
Les critères guidant les sociétés d'État
Ce qui a choqué dans le présent débat, c'est tout d'abord une question d'apparence: Hydro-Québec semble favoriser des institutions d'enseignement privées et même une université située à l'extérieur du Québec! Dans les faits, on oublie que l'université de Sherbrooke a, elle aussi, reçu des sommes d'argent de notre électrisante société d'État.
On avouera qu'il y a quand même de quoi s'étonner qu'Hydro-Québec verse de l'argent à l'université d'Ottawa ou encore un collège privé comme Brébeuf qui ne manque aucunement de moyens financiers avec une fondation qui cumule 10 millions $. Tout cela, alors que le réseau public d'éducation au Québec manque cruellement d'argent. Marie-Andrée Chouinard note d'ailleurs justement: «Cette générosité sélective est choquante, mais elle n'est que le reflet d'une sottise: l'incapacité chronique de l'État à défendre une école publique fondée sur l'égalité des chances.»
Cette situation nous ramène aux critères encadrant les dons de cette nature. Ils semblent tout simplement inexistants!
Ces dons ont-ils été faits pour des raisons de visibilté? Si oui, il est clair qu'on ne s'intéressait qu'à une frange de la population: celle qui regroupe une certaine élite financière ou sociale.
Ces dons ont-ils été fait pour des raisons «sociales»? Si oui, on peut remarquer que'ils ne s'adressaient certainement pas à ceux qui en ont le plus de besoin dans noter société. Hydro-Québec a-t-ell déjà entendu parler des petits déjeuners gratuits qu'on offre aux enfants dévaforisés pour s'assurer qu'ils soient concentrés en classe?
L'apparence de conflit d'intérêts
Ce qui est aussi ressorti de toute cette saga, c'est bien sûr cette notion de conflit d'intérêts dans lequel seraient empêtrés certains dirigeants d'Hydro-Québec (ici, ici et ici). On a l'impression d'une caste supérieure qui finance les institutions propres à son rang ou pour lesquelles elle a des intérêts personnels, un peu comme un réseau d'amis qui se connaissent et qui s'entraident mutuellement. C'est ici que le proverbe «Charité bien ordonnée...» prend tout son sens. À vous de juger:
Collège privé Notre-Dame (250 000$): le PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a étudié dans cette institution et en est président du conseil d'administration.
Collège privé Jean-de-Brébeuf (200 000$): le PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a étudié dans cette institution, de même pour le président du conseil d’administration de la société d’État, Michael L. Turcotte, qui participe également à cette décision (ici)
Séminaire de Sherbrooke (180 000 $): le premier ministre du Québec, Jean Charest, est un diplômé de cet établissement privé.
Université d'Ottawa (150 000$): la campagne de financement de cette université était dirigée par la vice-présidente exécutive d'Hydro-Québec, Marie-José Nadeau, une diplômée de l'Université d'Ottawa.
S'il n'y a pas eu directement de conflit d'intérêts, on peut remarquer que les administrateurs ont sûrement dû rendre heureux quelques-unes de leurs connaissances. Et quoi de mieux que de partager l'argent des autres pour rendre des connaissances heureuses?
Opération bullshit
Un autre élément à retenir de cette saga est bien sûr la façon dont les relationnistes et les politiciens ont tenté de gérer les dommages engendrés par celle-ci et de remplir les citoyens comme s'ils étaient des valises.
Avant d'aller de l'avant avec quelques perles couvertes de boue, soulignons que le PDG d'Hydro-Québec n'a fait aucune déclaration. Pas un seul mot. Stratégie médiatique ou mépris?
Collège Notre-Dame (les installations sportives) :
«L'objectif de notre commandite est de faciliter l'activité physique chez les jeunes et l'accessibilité à la communauté environnante, le quartier Côte-des-Neiges étant l'un des plus défavorisés à Montréal.» - M. Taschereau, porte-parole d'Hydro-Québec.
«Le terrain sera également utilisé par les autres ligues de soccer durant les fins de semaine et par les jeunes de l'arrondissement qui participent au camp de jour du collège pendant l'été.» - le collège Notre-Dame
Le secrétaire général du collège, Vincent Grégoire, a dit que la commandite d'Hydro visait à permettre au collège de se priver des revenus de location de ses installations pour offrir ces dernières aux organismes communautaires de l'arrondissement. - selon La Presse.
Dans les faits, selon La Presse, le collège Notre-Dame est déjà l'un des mieux pourvus au Québec en matière d'installations sportives. De plus, il a reçu en 2007 du MELS une contribution de 800 000$ pour l'aménagement d'un nouveau terrain de soccer-football.
De plus, André Noël notait que le dernier bulletin de la Fondation du collège indiquait que «Les sommes reçues jusqu'à maintenant ont «permis d'entreprendre la première phase de notre développement, soit l'aménagement d'un terrain de sports synthétique... et d'une piste de course.»
Collège Notre-Dame (le rôle de Thierry Vandal):
François Taschereau, porte-parole d'Hydro-Québec, a répété jeudi que M. Vandal n'avait pas pris part à la décision. «Il ne s'est pas placé en conflit d'intérêt, a-t-il dit. Il n'a pas d'enfant au Collège Notre-Dame et n'avait aucun intérêt personnel à cette contribution, qui visait à faciliter l'activité physique chez les jeunes et l'accessibilité des installations sportives à la communauté environnante.»
Collège Brébeuf:
«Le projet (de partenariat avec Hydro-Québec) aurait permis de rendre nos installations sportives, inoccupées pendant l'été, accessibles à des jeunes vivant dans le quartier Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce, indique le collège dans son communiqué. Convaincus du bien-fondé d'un tel projet, nous tenterons de trouver un nouveau partenaire pour assurer sa réalisation. Cette décision ne remet pas en cause la construction du nouveau complexe sportif du collège, dont l'inauguration est prévue en janvier 2010. » - le collège Brébeuf
«40 000$, ce n'est pas un gros montant, a dit Russell Flanagan, le directeur des ressources humaines du collège. Cela paie à peine le salaire annuel d'une personne pour surveiller les installations sportives.» - le collège Brébeuf
Collèges Notre-Dame et Brébeuf:
À propos de l'accessibilté accrue des jeunes défavorisés des quartiers ou sont situés ces deux collèges privés, on ne peut passser sous silence ce texte de La Presse qui tend à montrer qu'on s'est drapé dans de nobles intentions pour justifier ces dons.
Ainsi, Denise Beaulieu, la directrice du Centre communautaire de loisirs de Côte-des-Neiges, s'interroge: «Je parle à titre personnel, dit-elle, mais il me semble que si on veut contribuer aux loisirs communautaires, on aide directement les organismes qui s'occupent de loisirs communautaires. Ça tombe sous le sens, non?»
Seulement deux écoles privées ont reçu des dons:
Dans son communiqué, Hydro-Québec indique qu'elle n'a fait aucune contribution à d'autre établissement d'enseignement secondaire. (ici) - Hydro-Québec
Oups... il y en avait cinq, semble-t-il.
Don à l'université d'Ottawa:
Le directeur des communications d'Hydro-Québec, François Taschereau, indique que la faculté de droit civil de l'institution ontarienne est fréquentée par un grand nombre d'étudiants québécois. - Hydro-Québec
So what? Il y a combien de Québécois étudiant à l'UQAM, d'après lui?
Séminaire de Sherbrooke :
Ce montant a déjà été affecté à l'implantation de nouveaux laboratoires de sciences, de même qu'à un projet d'efficacité énergétique. - Le Nouvelliste
Ah bien tiens, chez nous aussi, on manque de laboratoires!
En entrevue mercredi, le directeur général du Séminaire de Sherbrooke, André Métras, a rappelé que les écoles privées doivent trouver les 40 % des sommes non financées par l'État et réussir, par leur mode de gestion, à offrir des services de qualité aux élèves. Les établissements privés s'investissent tout autant, notamment en ce qui a trait à la lutte au décrochage scolaire. - Le Nouvelliste
Je reviendrai sur cet argument faux et carrément mensonger, mais avouez que M. Métras vous a tiré quelques petites larmes...
La ministre Normandeau:
«Il faut faire la part des choses. Lorsqu'il y a conflit d'intérêts, c'est que les gens en tirent un avantage personnel et dans ce cas-ci, ce n'est pas le cas», a affirmé Nathalie Normandeau, ministre des ressources naturelles.
Et rendre des connaissances heureuses, ce n'est pas avantageux?
Une petite conclusion
Dans les faits, ce qui a choqué le Québécois moyen, c'est que ce sont très majoritairement des écoles privées qui ont tiré avantage des dons de l'Hydro-Québec et cette drôle impression de copinage entre gens de la haute société.
Quant à moi, il est indécent qu'en matière d'éducation, cet argent ne puisse pas bénéficier aux jeunes Québécois issus de milieu modeste ou défavorisé. De restreindre ces sommes reliées au gouvernement à une élite bien choisie choque le sens commun le plus élémentaire.
Là-dessus, je trouve savoureuse la remarque de la chroniqueure Michèle Ouimet: «Si Hydro ne peut pas donner d'argent au privé, pourquoi le ministère de l'Éducation, lui, peut-il y déverser des centaines de millions chaque année?» Parce que, dans le fond, c'est bien du financement des écoles privées dont on parle ici.
Profitons de ces quelques lignes pour décerner une mauvaise note à André Pratte de La Presse. Ce dernier semble s'étonner de l'effarement du public pour une subvention venant d'une société d'État à une école privée: «Or, il n'y a là absolument rien de répréhensible. Les écoles privées jouent un rôle essentiel au Québec, rôle que le gouvernement reconnaît depuis des décennies en les subventionnant.» Or, ne comprend-il pas que c'est justement ce financement qui est fréquemment remis en question par une partie importante de la société? En ce qui concerne le don au collège Notre-Dame, celui-ci parle d'un faux pas de la part de Thierry Vandal et souligne que, sous sa gouverne, les bénéfices d'Hydro-Québec ont atteint des records. On est rendu maintenant à combien de faux pas de la part de M. Vandal, au fait? Et pour ce qui est des bénéfices records, quoi de plus simple à atteindre quand on augmente les tarifs sans arrêt?
Enfin, je me permettrai enfin de souligner la chronique que Jean-Simon Gagné du quotidien Le Soleil consacre à toute cette affaire et qui m'a bien fait sourire. M. Gagné est peu connu dans la métropole et c'est regrettable.
19 août 2009
TQS est mort

TQS sera remplacée par V, qui devrait nous offrir, semble-t-il, vedettes, vitesse, victoires, voyages, vice ou vérité.
Je n'étais pas un fan de TQS, même si je m'ennuyais parfois de Gildor Roy et de son équipe. La venue des frères Rémillard fut une raison de plus de laisser mon téléviseur en friche, disons.
Personnellement, en pensant à une des entreprises du papa des propriétaires, je pensais plutôt à une vacherie comme V pour vidanges. Ou encore:
v comme vacarme;
v comme vacuité;
v comme vantard;
v comme vaseux;
v comme du vent;
v comme verbiage;
v comme vétille;
v comme visqueux;
v comme vulgaire.
13 août 2009
La guerre des festivals
Mon premier cauchemar de la rentrée
Voilà: j'ai eu mon premier cauchemar à propos de la rentrée. Je me voyais devant un groupe passablement dissipé. J'avais beau intervenir... Rien n'y faisait.
Brrrr. Ça ne donne pas le goût de commencer à enseigner.
Vous en faites, vous aussi?
Brrrr. Ça ne donne pas le goût de commencer à enseigner.
Vous en faites, vous aussi?
Hydro-Québec donne 250 000$ à un collège privé (ajout)
Lisez cet article publié dans La Presse ce matin. Quant à moi, il s'agit d'un véritable scandale!
Les écoles publiques peinent à joindre les deux bouts et Hydro-Québec, qui augmente ses tarifs sans arrêt, versera 250 000$ au collège Notre-Dame de Montréal.
Quelques petits indices:
- Le PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, est aussi président du conseil d'administration du collège Notre-Dame;
- Thierry Vandal a étudié à Notre-Dame;
- Hydro-Québec n'a pu citer aucun autre exemple de don du genre à une école publique.
Honnêtement, moi qui travaille dans une école publique, je suis ulcéré!
******
En fin d'après-midi, on apprenait que le collège Notre-Dame renonçait au don d'Hydro-Québec à cause de la controverse qu,il suscite. Mais quelle idée absurde! Il aurait dû garder l'argent et le distribuer aux écoles publiques du quartier qui en ont bien besoin.
Les écoles publiques peinent à joindre les deux bouts et Hydro-Québec, qui augmente ses tarifs sans arrêt, versera 250 000$ au collège Notre-Dame de Montréal.
Quelques petits indices:
- Le PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, est aussi président du conseil d'administration du collège Notre-Dame;
- Thierry Vandal a étudié à Notre-Dame;
- Hydro-Québec n'a pu citer aucun autre exemple de don du genre à une école publique.
Honnêtement, moi qui travaille dans une école publique, je suis ulcéré!
******
En fin d'après-midi, on apprenait que le collège Notre-Dame renonçait au don d'Hydro-Québec à cause de la controverse qu,il suscite. Mais quelle idée absurde! Il aurait dû garder l'argent et le distribuer aux écoles publiques du quartier qui en ont bien besoin.
12 août 2009
L'enseignant: un modèle social
Un anonyme me demandait récemment: «quel est le rôle des professeurs selon vous?»
Un des rôles d'un enseignant est d'être un modèle social. C'est plate, mais c'est comme ça. Il est observé par la société et jugé plus sévèrement parfois.
Voici un exemple de comment se concrétise ce rôle au quotidien.
Hier, je me promenais en vélo et j'ai croisé une ancienne élève qui m'a aussitôt reconnu. Ce matin, je recevais ce courriel:
Je vous ai vu de mes yeux en flagrant délit d’imprudence. Celle-ci pourrait un jour vous coûter la vie. C’est pourquoi je vais vous parler dans le casque.
Tel un chevalier, vous devriez penser à arborer une armure de protection pour votre intellect. Même si un casque de protection cervical n’est pas un symbole de virilité, il en est toutefois un de longévité, d’intelligence et de prudence. Vous comme moi ne sommes du calibre de Lance Armstrong, qu’en dites-vous?
Il est vrai qu’avec ce couvre-chef votre chevelure ondulée ne pourra plus se permettre autant de liberté. Jadis virevoltante à la cadence du souffle de dame nature, votre tignasse devrait désormais être bien maintenue pour de nouvelles aventures. Connaissant un peu votre passé parfois malchanceux, il serait sage de ne pas tenter le diable en lui tirant la queue.
Tout comme vous faites attention aux objets non fixés dans votre automobile (pinte de lait), dorénavant, vous devriez peut-être faire de même avec votre matière grise. Il serait dommage que vos idées ne restent plus en place, parce que là où elles sont, elles nous donnent droit à des instants de grands songes.
Donnez l’exemple aux gens autour de vous, qu’ils soient adultes, adolescents ou enfants. Vous qui êtes une personne avec du casque, j’espère que vous n’en avez pas plein votre casque parce que je vous ai chauffé le casque.
Et maintenant, le test ultime, pour savoir si vous êtes rouillé, combien y a-t-il de figures de style dans cet hymne à la prudence?
Bon, bon: je vais aller acheter un casque... avant de me casser la tête à répondre à ce défi.
Un des rôles d'un enseignant est d'être un modèle social. C'est plate, mais c'est comme ça. Il est observé par la société et jugé plus sévèrement parfois.
Voici un exemple de comment se concrétise ce rôle au quotidien.
Hier, je me promenais en vélo et j'ai croisé une ancienne élève qui m'a aussitôt reconnu. Ce matin, je recevais ce courriel:
Je vous ai vu de mes yeux en flagrant délit d’imprudence. Celle-ci pourrait un jour vous coûter la vie. C’est pourquoi je vais vous parler dans le casque.
Tel un chevalier, vous devriez penser à arborer une armure de protection pour votre intellect. Même si un casque de protection cervical n’est pas un symbole de virilité, il en est toutefois un de longévité, d’intelligence et de prudence. Vous comme moi ne sommes du calibre de Lance Armstrong, qu’en dites-vous?
Il est vrai qu’avec ce couvre-chef votre chevelure ondulée ne pourra plus se permettre autant de liberté. Jadis virevoltante à la cadence du souffle de dame nature, votre tignasse devrait désormais être bien maintenue pour de nouvelles aventures. Connaissant un peu votre passé parfois malchanceux, il serait sage de ne pas tenter le diable en lui tirant la queue.
Tout comme vous faites attention aux objets non fixés dans votre automobile (pinte de lait), dorénavant, vous devriez peut-être faire de même avec votre matière grise. Il serait dommage que vos idées ne restent plus en place, parce que là où elles sont, elles nous donnent droit à des instants de grands songes.
Donnez l’exemple aux gens autour de vous, qu’ils soient adultes, adolescents ou enfants. Vous qui êtes une personne avec du casque, j’espère que vous n’en avez pas plein votre casque parce que je vous ai chauffé le casque.
Et maintenant, le test ultime, pour savoir si vous êtes rouillé, combien y a-t-il de figures de style dans cet hymne à la prudence?
Bon, bon: je vais aller acheter un casque... avant de me casser la tête à répondre à ce défi.
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