30 octobre 2010
Question technique
Puis-je faire des liens vers des documents Word ou PDF à partir de cette page Blogger?
29 octobre 2010
Une petite bitch en passant...

Sur le leadership de Marois et sa capacité à vendre l'option souverainiste:
L'ex-député bloquiste Suzanne Tremblay
«Mme Tremblay avance que Mme Marois devrait nommer un député responsable de la pédagogie de la souveraineté au sein de son cabinet fantôme.»
Associer Mme Marois et pédagogie dans la même phrase, est-ce sérieux?
28 octobre 2010
Chouette: on a le droit de tuer des cyclistes quand on est fatigué au volant!

Je n'ai absolument pas compris que l'individu qui a tué trois cyclistes à Rougemont s'en soit tiré sans qu'aucune accusation de quelque nature que ce soit n'ait été portée contre lui. Un peu plus et on a l'impression que ce sont les familles des disparues qui allaient devoir se défendre pour les dommages causés au véhicule impliqué dans cette tragédie: «À quel vitesse roulaient les cyclistes quand elles ont heurté votre camion, monsieur?»
Ce soir, à la télé. ce conducteur a fait son «coming out» et a expliqué... qu'il n'avait à rien expliquer.
Après avoir terminé son travail de nuit, l'homme roule un matin clair de printemps sur une route à quatre voies. La chaussée est sèche. Il a mis en marche le régulateur de vitesse à 105 km-h alors que la limite permise est de 90 et puis, plus rien. Il tue trois cyclistes qu'il n'a même pas cherché à éviter. Aucune trace de freinage n'a été retrouvée sur les lieux de l'accident. Rien.
Pour Canoe, l'homme «ne comprend pas ce qui s'est passé.» Et à lire ses explications, on réalise qu'on n'en saura pas plus. «Je sais que ce serait plus facile si je pouvais comprendre moi-même ce qui s’est passé, mais je ne sais pas quoi répondre. (...) J’ai pris la courbe, puis après ça… J’essaie encore de voir ce qui s’est réellement passé. Moi-même je ne le sais pas. Est-ce que je me suis endormi? Est-ce que j’ai eu un moment d’inattention? Tout ce que je peux dire, c’est qu’il n’y a pas eu de vitesse: j’étais sur le "cruise control". Il n’y avait pas d’alcool: je revenais du travail. Il n’y avait pas de cellulaire: je n’avais pas de batterie. J’avais travaillé mon quart de nuit. Mais fatigué? Moi, je trouvais que la route se passait bien. Moment d’inattention, moment de fatigue… oui, c’est possible.»
La dernière fois que j'ai pris connaissance d'un témoignage aussi vague, c'est lors du scandale des commandites: «Je ne me souviens pas... Je ne sais pas, Monsieur le Juge.»
Quand je pense à tout le secret entourant l'enquête de police et celle du coroner, la façon dont les policiers et le procureur ont décidé qu'il n'y avait pas matière à porter des accusations criminelles, le traitement honteux réservé aux familles des victimes et ce témoignage cousu de fils invisibles, je ressens un grand malaise. On est responsable de la conduite de son véhicule, non? Or, ce conducteur indique qu'il ne se souvient de rien. Troublant. Quand on conduit, on doit être attentif, non?
Si les cyclistes avaient causé leur perte en enfreignant la loi, je me dirais qu'elles se sont mises dans le trouble toutes seules. Mais là?
Morale: soyez fatigué ou souvenez-vous de rien au volant. Au Québec, ça fonctionne.
Un moment à préserver
Depuis quelques jours, comme je suis fatigué, il m'arrive de déparler avec une rigueur et une vigueur qui m'épateraient moi-même si j'avais l'énergie de le remarquer et de réagir.
Ainsi, avant-hier, dans un groupe absolument merveilleux, j'ai donné, sans m'apercevoir de l'absurdité de la chose, la consigne suivante: «Vous devez m'écrire un texte de deux pages à l'encre noire ou blanche, à votre choix.» On comprendra que je pensais plutôt à de l'encre bleue.
Ne voilà-t-il pas que, hier, mes 32 élèves m'ont soigneusement remis chacun leur devoir: deux feuilles blanches soigneusement agrafées. Qu'est-ce que je pouvais leur dire ou faire? Un grand sourire, un hochement de tête.
Au delà de leur audace et de leur intelligence, ce que j'ai le plus apprécié est leur solidarité dans l'humour. De beaux gamins.
Enfin. Ce ne fut pas trop long à corriger.
Ainsi, avant-hier, dans un groupe absolument merveilleux, j'ai donné, sans m'apercevoir de l'absurdité de la chose, la consigne suivante: «Vous devez m'écrire un texte de deux pages à l'encre noire ou blanche, à votre choix.» On comprendra que je pensais plutôt à de l'encre bleue.
Ne voilà-t-il pas que, hier, mes 32 élèves m'ont soigneusement remis chacun leur devoir: deux feuilles blanches soigneusement agrafées. Qu'est-ce que je pouvais leur dire ou faire? Un grand sourire, un hochement de tête.
Au delà de leur audace et de leur intelligence, ce que j'ai le plus apprécié est leur solidarité dans l'humour. De beaux gamins.
Enfin. Ce ne fut pas trop long à corriger.
27 octobre 2010
Les girouettes éditoriales

Une ligne éditoriale, c'est une pensée, un regard sur le monde que privilégie un média sur un sujet donné. Ainsi, depuis quelques années, Le Journal de Montréal a publié de nombreux articles à propos de futurs enseignants au Québec qui maitrisent mal la langue française et échouent le TECFÉE.
Je m'explique alors mal que, hier matin, ce même journal publie un texte pathétique sur une enseignante, Mélissa Sirois, ayant pratiqué en Ontario et au Koweit, On refuse de l'embaucher au Québec, à moins qu'elle ne se soumette à une évaluation démontrant sa connaissance de l'anglais ou du français. «Malgré la pénurie d'enseignants qui frappe nos écoles, le ministère de l'Éducation oblige une prof québécoise diplômée de deux universités et comptant plusieurs années d'expérience en Ontario à subir un test de français ou d'anglais, avant de pouvoir enseigner chez nous. Autrement, elle est «illégale», pleurniche le journaliste Sébastien Ménard.
Cet article du journal de PKP qualifie cette situation d'«étonnante». Elle n'est pas étonnante: elle est cohérente. Pour une fois qu'on maintient des exigences en éducation...
J'ai aussi beaucoup de difficulté à m'apitoyer sur le sort de cette personne et ce, pour plusieurs raisons.
Détentrice d'un baccalauréat en histoire de l'Université Concordia et d'un diplôme en éducation de l'Université Laurentienne, celle-ci est venue au Québec, comptant sur la pénurie d'enseignants, pour enseigner l'anglais alors que le MELS lui donnerait plutôt l'autorisation d'enseigner le programme d'«Univers social», ce qui me semble encore une fois très cohérent avec la formation qu'elle détient: «Mon amie me disait qu'elle était certaine que je me trouverais quelque chose en revenant ici, mais ce n'est pas ce qui arrive. Je viens d'avoir 30 ans et je dois retourner vivre chez mes parents.» Peut-être vaudrait-il mieux qu'elle choisisse des amies plus informées?
Par ailleurs, Mme Sirois explique que tout ce qu'elle a trouvé comme travail en éducation depuis son arrivée au Québec se limite à du remplacement. Encore une fois, il s'agit d'une situation parfaitement cohérente. Pourquoi lui conférerait-on un avantage sur d'autres candidats alors qu'elle n'a pas démontré ses compétences en français ou en anglais?
Il y a de quoi devenir étourdi quand on prend connaissance du traitement journalistique que certains médias font des nouvelles qu'ils rapportent. Un peu de cohérence ne ferait pas de tort, je crois. Mais quand on privilégie le scandale et le sensationnalisme, il est parfois normal de manquer de rigueur de la sorte.
Comme le disait un ami à propos de cette «nouvelle», certains journalistes peuvent-ils se brancher? Parce que, sinon, ils ne valent pas mieux que les girouettes trônant sur les toits de certains bâtiments.
25 octobre 2010
Crise de l’éducation québécoise: et les mauvais parents, eux?
Il existe un tabou en éducation : il est mal vu des collègues qu’un enseignant critique publiquement les parents. Après tout, ce sont eux qui paient notre salaire, dit-on. Même silence de la part d’un commissaire scolaire ou d’un ministre qui aurait peur de perdre des votes. Pourtant, dans tout le débat entourant les enfants en difficulté et la performance du système scolaire québécois, un des grands facteurs qu’on néglige de mentionner, ce sont ces parents qui ne démontrent aucun intérêt à l’égard de la réussite de leur enfant ou qui ne cessent de remettre en question le travail effectué par l’école.
Des parents absents
Combien de fois dans ma carrière ai-je côtoyé des élèves dont les parents se moquaient de leurs apprentissages? Des jeunes beaux, fins, intelligents mais complètement abandonnés par ce qui a l’allure de géniteurs trop occupés ailleurs. C’est d’ailleurs à se demander pourquoi ils ont voulu procréer de la sorte.
Je pense entre autres à cette mère d’un enfant en difficulté qui refusait de venir discuter de son jeune à l’école et à qui on avait même offert une rencontre le soir ou la fin de semaine avec, en plus, le transport en taxi! Oui, parfois, il faut savoir lâcher prise et mettre un jeune devant ses difficultés, mais cela ne veut pas dire de se laver les mains de tout ce qu’il fait… surtout quand il a 14 ans.
Des parents complices
Combien de fois ai-je dû affronter des parents qui nuisaient à leur enfant en le défendant pour des actions et des attitudes qui mettaient en péril sa réussite? À force de vouloir être l’ami de leur fils ou de leur fille, ces parents finissent par en être le pire ennemi sans compter qu’ils réduisent à néant tous les efforts que l’école entreprend. Mais que vaut l’avis d’un directeur d’école ou d’un enseignant quand vient le temps de juger de ce qui est bon pour un jeune? Parce qu’un parent est déjà allé à l’école, il devient un authentique gérant d’estrade et semble savoir ce qui est bon pour sa progéniture. Comment doit-on réagir devant cette note écrite par une mère dans un carnet scolaire d'un élève: «Mon fils avait mieux à faire que votre devoir hier soir. Merci.»
Je ne compte plus les parents qui mentent à outrance pour motiver les absences de leur enfant, absences dont les motifs vont d’un rendez-vous chez la coiffeuse à la pose de pneus à neige pour la voiture de leur chérubin. Ou encore ces avocats sans diplôme qui contestent la moindre sanction donnée à leur petit ange innocent ou qui remettent en question le code de vie de l’école dont ils auraient dû prendre connaissance en début d’année. Et je ne parle pas des menaces ou de l’intimidation alors que l’enfant est présent devant l’enseignant: «Je vais te faire perdre ta job, mon câliss!» Voilà donc une belle façon de montrer à respecter l’autorité!
Des parents qui font la différence
Qu’on me comprenne bien : il existe d’excellents parents qui accompagnent correctement leur enfant dans leur parcours scolaire. On remarque souvent leur présence dans les groupes performants. C’est d’ailleurs à se demander si c’est le potentiel des enfants ou l’engagement des parents qui explique le succès académique de certains jeunes.
Dans le cas d'élèves en difficulté, leur engagement est souvent déterminant. J’ai eu un véritable plaisir à enseigner à des enfants dyslexiques ou hyperactifs dont les parents étaient présents et travaillaient en équipe avec l’école. En collaboration avec eux, j’ai eu l’impression de faire une différence et de permettre à un jeune de surmonter ses problèmes.
Malheureusement, au Québec, les mauvais parents – tout comme les mauvais élèves - finissent par peser de tout leur poids dans un système d'éducation qui a bien d’autre chose à faire que de s’occuper de leur manière toute personnelle de considérer l'école. On consacre un temps important à scolariser leurs enfants malgré eux au lieu de s’occuper des élèves et des parents qui ont à cœur la réussite scolaire.
Pour certains parents, une école est tout au plus un service de garderie et la scolarisation de leur jeune, une corvée. Ils savent que leur comportement sera toléré. Il semble d’ailleurs impossible de responsabiliser ceux qui abusent ainsi du système d’éducation. Comme directeur, essayez de faire un signalement à la DPJ à l’effet que des parents ne s’assurent pas de la fréquentation scolaire de leur enfant. Comme enseignant, essayez de convoquer des parents qui ne veulent rien savoir. Vous perdrez votre temps parce que les intervenants scolaires ne disposent d'aucun pouvoir véritable sinon que de renvoyer systématiquement un enfant chez lui jusqu'à ce que ses parents n'en peuvent plus.
Il serait grand temps que certains parents réalisent - ou qu'on leur fasse réaliser - que l’éducation n’est pas un service mais un privilège ainsi qu’une obligation sociale et légale. Il serait grand temps qu’on les responsabilise. Mais ça aussi, il ne faut pas le dire… C’est un autre tabou.
Des parents absents
Combien de fois dans ma carrière ai-je côtoyé des élèves dont les parents se moquaient de leurs apprentissages? Des jeunes beaux, fins, intelligents mais complètement abandonnés par ce qui a l’allure de géniteurs trop occupés ailleurs. C’est d’ailleurs à se demander pourquoi ils ont voulu procréer de la sorte.
Je pense entre autres à cette mère d’un enfant en difficulté qui refusait de venir discuter de son jeune à l’école et à qui on avait même offert une rencontre le soir ou la fin de semaine avec, en plus, le transport en taxi! Oui, parfois, il faut savoir lâcher prise et mettre un jeune devant ses difficultés, mais cela ne veut pas dire de se laver les mains de tout ce qu’il fait… surtout quand il a 14 ans.
Des parents complices
Combien de fois ai-je dû affronter des parents qui nuisaient à leur enfant en le défendant pour des actions et des attitudes qui mettaient en péril sa réussite? À force de vouloir être l’ami de leur fils ou de leur fille, ces parents finissent par en être le pire ennemi sans compter qu’ils réduisent à néant tous les efforts que l’école entreprend. Mais que vaut l’avis d’un directeur d’école ou d’un enseignant quand vient le temps de juger de ce qui est bon pour un jeune? Parce qu’un parent est déjà allé à l’école, il devient un authentique gérant d’estrade et semble savoir ce qui est bon pour sa progéniture. Comment doit-on réagir devant cette note écrite par une mère dans un carnet scolaire d'un élève: «Mon fils avait mieux à faire que votre devoir hier soir. Merci.»
Je ne compte plus les parents qui mentent à outrance pour motiver les absences de leur enfant, absences dont les motifs vont d’un rendez-vous chez la coiffeuse à la pose de pneus à neige pour la voiture de leur chérubin. Ou encore ces avocats sans diplôme qui contestent la moindre sanction donnée à leur petit ange innocent ou qui remettent en question le code de vie de l’école dont ils auraient dû prendre connaissance en début d’année. Et je ne parle pas des menaces ou de l’intimidation alors que l’enfant est présent devant l’enseignant: «Je vais te faire perdre ta job, mon câliss!» Voilà donc une belle façon de montrer à respecter l’autorité!
Des parents qui font la différence
Qu’on me comprenne bien : il existe d’excellents parents qui accompagnent correctement leur enfant dans leur parcours scolaire. On remarque souvent leur présence dans les groupes performants. C’est d’ailleurs à se demander si c’est le potentiel des enfants ou l’engagement des parents qui explique le succès académique de certains jeunes.
Dans le cas d'élèves en difficulté, leur engagement est souvent déterminant. J’ai eu un véritable plaisir à enseigner à des enfants dyslexiques ou hyperactifs dont les parents étaient présents et travaillaient en équipe avec l’école. En collaboration avec eux, j’ai eu l’impression de faire une différence et de permettre à un jeune de surmonter ses problèmes.
Malheureusement, au Québec, les mauvais parents – tout comme les mauvais élèves - finissent par peser de tout leur poids dans un système d'éducation qui a bien d’autre chose à faire que de s’occuper de leur manière toute personnelle de considérer l'école. On consacre un temps important à scolariser leurs enfants malgré eux au lieu de s’occuper des élèves et des parents qui ont à cœur la réussite scolaire.
Pour certains parents, une école est tout au plus un service de garderie et la scolarisation de leur jeune, une corvée. Ils savent que leur comportement sera toléré. Il semble d’ailleurs impossible de responsabiliser ceux qui abusent ainsi du système d’éducation. Comme directeur, essayez de faire un signalement à la DPJ à l’effet que des parents ne s’assurent pas de la fréquentation scolaire de leur enfant. Comme enseignant, essayez de convoquer des parents qui ne veulent rien savoir. Vous perdrez votre temps parce que les intervenants scolaires ne disposent d'aucun pouvoir véritable sinon que de renvoyer systématiquement un enfant chez lui jusqu'à ce que ses parents n'en peuvent plus.
Il serait grand temps que certains parents réalisent - ou qu'on leur fasse réaliser - que l’éducation n’est pas un service mais un privilège ainsi qu’une obligation sociale et légale. Il serait grand temps qu’on les responsabilise. Mais ça aussi, il ne faut pas le dire… C’est un autre tabou.
Simplicité technologique volontaire

Curieuse expérience que celle de cette enseignante de Lanaudière qui a convaincu ses élèves de vivre trois jours de simplicité volontaire, notamment en ce qui a trait à la technologie comme les textos et Facebook. Parmi les résultats étonnants, des jeunes qui ont pris du temps avec leur famille et leurs parents, d'autres qui ont mieux fait leurs devoirs et enfin ceux qui ont dormi un nombre d'heures d'heures plus appropriée.
L'impression que tout cela me donne: ce n'est pas tant l'importance et les effets des moyens technologiques de communication que le fait qu'ils semblent servir de gardienne à des enfants qui sans eux se sentent bien seuls.
Il y a dix ans, vingt ans, on se plaignait d'enfants qui passaient leur vie devant le petit écran. L'écran a simplement changé de forme et pris plus de place dans leur vie.
22 octobre 2010
Mon premier élève dyslexique de l'année?

Avec le temps, vous avez remarqué que j'ai une sensibilité assez grande à l'égard des élèves dyslexiques. Pourquoi? Il s'agit souvent d'enfants intelligents qui vivent une grande détresse académique intérieure, quand ce n'est pas davantage. J'ai connu des jeunes détruits par dix années d'un réseau scolaire qui les confrontait à l'échec sans avoir eu l'efficacité de les dépister ou de leur offrir des services adéquats. Aussi, en première secondaire, je garde l'oeil très ouvert quand je corrige les productions écrites de mes élèves.
Ce matin, j'ai repéré un premier cas auquel je devrai accorder une attention toute particulière. Je ne dis pas qu'il s'agit d'un élève dyslexique. Je n'ai pas la compétence ou l'autorité pour poser une tel diagnostic. Sauf que rien ne m'empêche de poser un jugement professionnel et de constater que ce jeune présente des traits qui m'interpellent à l'écrit. Deux erreurs toutes bêtes: «comprenpre» et «drevriez». Il se peut qu'il ait écrit son propre très rapidement.
Chose certaine, j'exercerai un suivi plus attentif et, surtout, je regarderai le brouillon de ses textes. Très révélateur, habituellement.
Voilà. Je voulais partager cette observation avec vous. Le quotidien d'un prof.
Je retourne à ma correction.
21 octobre 2010
Un directeur adjoint le dit
Je pense que je vais aller travailler au privé à Kirkland. Ce directeur adjoint est la seule autre personne que j'ai entendue dénoncer le bulletin uniforme à trois étapes.
Les caractères gras sont de moi. De maudits bons arguments pour montrer que ce bulletin à trois étapes sera une véritable plaie au secondaire.
************
Eric Casarotto
L'auteur est directeur adjoint à l'école secondaire privée Kuper Academy, à Kirkland.
J'ai récemment assisté à une session d'information sur les nouvelles orientations en évaluation du ministère de l'Éducation à la suite de la décision de retourner à un bulletin «conventionnel» et de prioriser l'évaluation des connaissances. L'annonce d'une approche quantitative simplifiée m'apparaissait a priori comme une sage décision et j'attendais donc avec intérêt les instructions détaillées.
Le bulletin simplifié est une nette amélioration sur le bulletin de la réforme. Il permet aux parents de comprendre facilement le progrès de leurs enfants sans décortiquer des pages de compétences qui aboutissent finalement à la même conclusion. Hélas, il y avait aussi de mauvaises nouvelles.
Ma première déception est survenue lorsque le responsable nous a informés des changements aux règlements scolaires pour 2011. L'année scolaire sera divisée en trois étapes avec des dates limites imposées par le ministère, le 15 novembre, le 15 mars et le 10 juillet. Une communication supplémentaire sera remise aux parents à la mi-octobre. Ceci prendrait la forme d'une évaluation anecdotisé sans notes officielles. Les deux premières étapes auront une pondération de 20% chaque et la troisième 60%. Pourquoi ce chambardement?
L'ancien régime laissait le choix à l'école. La direction était libre de diviser l'année scolaire en quatre étapes ce qui permettait aux parents de recevoir quatre bulletins complets: début novembre, fin janvier, fin mars et fin juin. De plus, la pondération des deuxième et quatrième étapes était majorée afin de refléter les examens de janvier et de juin. Ceci motivait les jeunes à se préparer au passage des épreuves officielles de mi et de fin d'année. Il faut noter que les parents recevaient un bulletin à la fin de la période d'examen de mi-année et non trois mois plus tard comme le prescrit le MELS. La question se pose: à quoi sert le passage d'examens de mi-année si ceux-ci non plus de valeur à la note finale?
La maquette de cours est également affectée par ces nouveaux règlements. Au secondaire, les écoles ont toujours pu proposer des cours donnés à la mi-année. Par exemple, au premier cycle, l'école pouvait offrir le cours d'art plastique de septembre à janvier et le cours d'art dramatique de janvier à juin. Les élèves profitaient d'une plus grande variété de cours. Ceci permettait un meilleur emploi du personnel, car l'école pouvait planifier des tâches de travail plus équitables et équilibrées. Cette option n'est plus possible sous le nouveau régime.
Le problème est encore plus sérieux pour les finissants de cinquième secondaire. Le 1er mars est la date limite des inscriptions au cégep. Sous le nouveau régime, les élèves ne pourront soumettre que le bulletin de novembre. Donc, il sera très difficile de changer de cours avant le premier bulletin; échec en maths sciences tant pis! De plus, un élève qui éprouve de la difficulté pendant la première étape verra ses chances d'admission diminuer même s'il redouble d'effort pendant la deuxième étape. Pourquoi pénaliser les jeunes lorsque l'admission aux programmes pré-universitaires devient de plus en plus compétitive?
Le MELS s'est empressé de promouvoir la simplicité du nouveau bulletin, soit la réduction du nombre de compétences. De plus, la nouvelle orientation permet la définition plus claire des connaissances et la rationalisation des épreuves obligatoires en quatrième secondaire.
Certes, les parents trouveront ce nouveau bulletin plus facile à lire, mais il est difficile de comprendre pourquoi le MELS tient mordicus à dicter la division de l'année scolaire. Selon les nouvelles règles du MELS, il sera donc illégal d'en faire plus pour les élèves... pas question d'offrir quatre vrais bulletins. Le MELS décide donc de niveler par le bas au lieu de laisser le choix aux directions d'écoles, qui sont les mieux placées, pour décider de l'organisation de l'année scolaire. C'est donc la valse perpétuelle de l'éducation, deux pas en arrière et un pas en avant.
Les caractères gras sont de moi. De maudits bons arguments pour montrer que ce bulletin à trois étapes sera une véritable plaie au secondaire.
************
Eric Casarotto
L'auteur est directeur adjoint à l'école secondaire privée Kuper Academy, à Kirkland.
J'ai récemment assisté à une session d'information sur les nouvelles orientations en évaluation du ministère de l'Éducation à la suite de la décision de retourner à un bulletin «conventionnel» et de prioriser l'évaluation des connaissances. L'annonce d'une approche quantitative simplifiée m'apparaissait a priori comme une sage décision et j'attendais donc avec intérêt les instructions détaillées.
Le bulletin simplifié est une nette amélioration sur le bulletin de la réforme. Il permet aux parents de comprendre facilement le progrès de leurs enfants sans décortiquer des pages de compétences qui aboutissent finalement à la même conclusion. Hélas, il y avait aussi de mauvaises nouvelles.
Ma première déception est survenue lorsque le responsable nous a informés des changements aux règlements scolaires pour 2011. L'année scolaire sera divisée en trois étapes avec des dates limites imposées par le ministère, le 15 novembre, le 15 mars et le 10 juillet. Une communication supplémentaire sera remise aux parents à la mi-octobre. Ceci prendrait la forme d'une évaluation anecdotisé sans notes officielles. Les deux premières étapes auront une pondération de 20% chaque et la troisième 60%. Pourquoi ce chambardement?
L'ancien régime laissait le choix à l'école. La direction était libre de diviser l'année scolaire en quatre étapes ce qui permettait aux parents de recevoir quatre bulletins complets: début novembre, fin janvier, fin mars et fin juin. De plus, la pondération des deuxième et quatrième étapes était majorée afin de refléter les examens de janvier et de juin. Ceci motivait les jeunes à se préparer au passage des épreuves officielles de mi et de fin d'année. Il faut noter que les parents recevaient un bulletin à la fin de la période d'examen de mi-année et non trois mois plus tard comme le prescrit le MELS. La question se pose: à quoi sert le passage d'examens de mi-année si ceux-ci non plus de valeur à la note finale?
La maquette de cours est également affectée par ces nouveaux règlements. Au secondaire, les écoles ont toujours pu proposer des cours donnés à la mi-année. Par exemple, au premier cycle, l'école pouvait offrir le cours d'art plastique de septembre à janvier et le cours d'art dramatique de janvier à juin. Les élèves profitaient d'une plus grande variété de cours. Ceci permettait un meilleur emploi du personnel, car l'école pouvait planifier des tâches de travail plus équitables et équilibrées. Cette option n'est plus possible sous le nouveau régime.
Le problème est encore plus sérieux pour les finissants de cinquième secondaire. Le 1er mars est la date limite des inscriptions au cégep. Sous le nouveau régime, les élèves ne pourront soumettre que le bulletin de novembre. Donc, il sera très difficile de changer de cours avant le premier bulletin; échec en maths sciences tant pis! De plus, un élève qui éprouve de la difficulté pendant la première étape verra ses chances d'admission diminuer même s'il redouble d'effort pendant la deuxième étape. Pourquoi pénaliser les jeunes lorsque l'admission aux programmes pré-universitaires devient de plus en plus compétitive?
Le MELS s'est empressé de promouvoir la simplicité du nouveau bulletin, soit la réduction du nombre de compétences. De plus, la nouvelle orientation permet la définition plus claire des connaissances et la rationalisation des épreuves obligatoires en quatrième secondaire.
Certes, les parents trouveront ce nouveau bulletin plus facile à lire, mais il est difficile de comprendre pourquoi le MELS tient mordicus à dicter la division de l'année scolaire. Selon les nouvelles règles du MELS, il sera donc illégal d'en faire plus pour les élèves... pas question d'offrir quatre vrais bulletins. Le MELS décide donc de niveler par le bas au lieu de laisser le choix aux directions d'écoles, qui sont les mieux placées, pour décider de l'organisation de l'année scolaire. C'est donc la valse perpétuelle de l'éducation, deux pas en arrière et un pas en avant.
20 octobre 2010
Avertissement!
Le mot «punaise» à l'école prend un sens plus désagréable à la lecture de ce texte. Je sais que certains élèves ont l'air de constamment dormir, mais de là à amener leurs petites amies en classe...
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