À cause ma voix, de ma stature imposante, de mon regard chaleureux et de mon sourire aussi sympathique qu'une porte de prison, j'ai rarement de problèmes de discipline avec mes élèves... et les autres auprès desquels j'interviens. Je touche du bois.
Parfois, j'aimerais que les enseignants soient aussi considérés que les policiers devant la loi. Poursuivre des élèves ou des parents qui se livrent à des abus verbaux envers des profs, ça devrait être permis par la loi.
14 octobre 2010
12 octobre 2010
TECFÉE: révélateur des lacunes de l'enseignement du français
Petite nouvelle dans le JdeM ce matin: les futurs profs échouent toujours leur examen de français.
«(...) une situation qui révèle de sérieuses lacunes dans les notions qu'on leur a inculquées à l'école secondaire et au cégep, estiment plusieurs observateurs.»
«Le porte-parole de l'UQAT, Bernard Pelletier, croit que la piètre performance des étudiants à ce test révèle des lacunes dans les notions de français qu'on leur a inculquées avant leur entrée à l'université.»
«C'est très inquiétant, ce qui se passe, confie le vice-recteur ( de l'université du Québec en Outaouais) Denis Dubé. Les compétences en français des étudiants qui nous arrivent laissent à désirer plus souvent qu'autrement», déplore-t-il.»
Mettez ce texte en lien avec l'expérience menée par Benoit Paquin et rappelez-vous que tous les futurs profs ont réussi leur épreuve d'écriture au secondaire et au collégial. Or, quelle est une des différences majeures entre le TECFÉE et les épreuves secondaire et collégiale? Les deux dernières ne mesurent pas vraiment les connaissances grammaticales des élèves. On peut y contourner ses difficultés assez facilement. La première, par contre, est plus exigeante et demande une bonne connaissance de la grammaire française.
Voilà la preuve par deux que l'examen d'écriture du MELS au secondaire et au collégial est une évaluation à revoir.
«(...) une situation qui révèle de sérieuses lacunes dans les notions qu'on leur a inculquées à l'école secondaire et au cégep, estiment plusieurs observateurs.»
«Le porte-parole de l'UQAT, Bernard Pelletier, croit que la piètre performance des étudiants à ce test révèle des lacunes dans les notions de français qu'on leur a inculquées avant leur entrée à l'université.»
«C'est très inquiétant, ce qui se passe, confie le vice-recteur ( de l'université du Québec en Outaouais) Denis Dubé. Les compétences en français des étudiants qui nous arrivent laissent à désirer plus souvent qu'autrement», déplore-t-il.»
Mettez ce texte en lien avec l'expérience menée par Benoit Paquin et rappelez-vous que tous les futurs profs ont réussi leur épreuve d'écriture au secondaire et au collégial. Or, quelle est une des différences majeures entre le TECFÉE et les épreuves secondaire et collégiale? Les deux dernières ne mesurent pas vraiment les connaissances grammaticales des élèves. On peut y contourner ses difficultés assez facilement. La première, par contre, est plus exigeante et demande une bonne connaissance de la grammaire française.
Voilà la preuve par deux que l'examen d'écriture du MELS au secondaire et au collégial est une évaluation à revoir.
10 octobre 2010
Collège privé Dina-Bélanger: «Nous ne sommes pas un commerce.»
Voilà la phrase qu'a prononcée la directrice pédagogique du collège privé Dina-Bélanger, JoAnne Caron, pour justifier le fait que cette entreprise envoie des lettres personnalisées à des élèves de sixième année d'écoles primaires de la région de Saint-Michel-de-Bellechasse. Je sais: le mot entreprise en fera tiquer certains, mais c'est comme ça. J'assume.
C'est une mère offusquée par ce procédé qui a porté plainte à l'Office de la protection du consommateur du Québec (OPCQ) en invoquant qu'il s'agissait de publicité destinée aux enfant, ce qui serait évidemment illégal: «C'est de la publicité directe envoyée à un enfant, c'est déplorable.»
À l'OPCQ, un avocat a analysé le contenu de la lettre et a jugé la situation comme étant «très préoccupante».
Du côté du collège, Mme Caron, qui semble de bonne foi, assure qu'elle arrêtera cette pratique si elle est jugée illégale: «Ce n'est pas de la publicité, c'est une invitation à une journée portes ouvertes. Nous ne sommes pas un commerce.» Pas de la publicité? Pas un commerce? Une sacrée business quand même. Comme bien d'autres écoles privées et publiques.
Cela étant écrit, on ne rue pas dans les brancards: c'est le principe en cause qui m'intéresse ici. Le Collège Dina-Bélanger compte 290 élèves: «On est un petit collège, on n'a pas les moyens de se payer des pleines pages de publicité dans les journaux.» Aussi, chaque année, le collège demande-t-il à ses élèves de lui indiquer le nom et l'adresse d'enfants de sixième année qui pourraient être intéressés à s'inscrire chez lui. Environ une centaine de lettres ont ainsi été envoyées cette année.
Ce qui m'interpelle plus globalement en lisant cette nouvelle, ce sont les pratiques de recrutement des écoles secondaires publiques et privées. Dans ma région, les écoles secondaires publiques vont parfois - durant le temps de classe - faire la promotion de leurs divers programmes dans les écoles primaires publiques des quartiers qu'elles déservent. Est-ce éthique? Ouvriraient-elles aussi grandes leurs portes aux écoles privées de la région? J'en doute. Et si je pose cette question dans mon école, je vais probablement me faire lyncher... Voilà pourquoi un anonymat relatif a du bon.
De même, une école primaire privée de ma région s'assurait de ne jamais parler des programmes publics offerts à ses élèves quand ils iraient au secondaire et avait même une entente qui garantissait un rabais à ses élèves s'ils s'inscrivaient à un collège privé que je ne peux nommer. Est-ce éthique? Est-on dans de la grosse business, d'après vous? Dans de ce qu'on appelle la convergence?
Pas un commerce, madame Caron? Ben voyons! Ne soyez pas trop naïve ou angélique. Même PK Péladeau se sentirait à l'aise dans une telle dynamique.
C'est une mère offusquée par ce procédé qui a porté plainte à l'Office de la protection du consommateur du Québec (OPCQ) en invoquant qu'il s'agissait de publicité destinée aux enfant, ce qui serait évidemment illégal: «C'est de la publicité directe envoyée à un enfant, c'est déplorable.»
À l'OPCQ, un avocat a analysé le contenu de la lettre et a jugé la situation comme étant «très préoccupante».
Du côté du collège, Mme Caron, qui semble de bonne foi, assure qu'elle arrêtera cette pratique si elle est jugée illégale: «Ce n'est pas de la publicité, c'est une invitation à une journée portes ouvertes. Nous ne sommes pas un commerce.» Pas de la publicité? Pas un commerce? Une sacrée business quand même. Comme bien d'autres écoles privées et publiques.
Cela étant écrit, on ne rue pas dans les brancards: c'est le principe en cause qui m'intéresse ici. Le Collège Dina-Bélanger compte 290 élèves: «On est un petit collège, on n'a pas les moyens de se payer des pleines pages de publicité dans les journaux.» Aussi, chaque année, le collège demande-t-il à ses élèves de lui indiquer le nom et l'adresse d'enfants de sixième année qui pourraient être intéressés à s'inscrire chez lui. Environ une centaine de lettres ont ainsi été envoyées cette année.
Ce qui m'interpelle plus globalement en lisant cette nouvelle, ce sont les pratiques de recrutement des écoles secondaires publiques et privées. Dans ma région, les écoles secondaires publiques vont parfois - durant le temps de classe - faire la promotion de leurs divers programmes dans les écoles primaires publiques des quartiers qu'elles déservent. Est-ce éthique? Ouvriraient-elles aussi grandes leurs portes aux écoles privées de la région? J'en doute. Et si je pose cette question dans mon école, je vais probablement me faire lyncher... Voilà pourquoi un anonymat relatif a du bon.
De même, une école primaire privée de ma région s'assurait de ne jamais parler des programmes publics offerts à ses élèves quand ils iraient au secondaire et avait même une entente qui garantissait un rabais à ses élèves s'ils s'inscrivaient à un collège privé que je ne peux nommer. Est-ce éthique? Est-on dans de la grosse business, d'après vous? Dans de ce qu'on appelle la convergence?
Pas un commerce, madame Caron? Ben voyons! Ne soyez pas trop naïve ou angélique. Même PK Péladeau se sentirait à l'aise dans une telle dynamique.
09 octobre 2010
Examen de français: la ministre a confiance...
Ouille.
L'éducation recule d'un pas avec cet article où la nouvelle ministre de l'Éducation affirme sa confiance envers ses fonctionnaires travaillant à l'évaluation. C'est du moins ce que l'on comprend à la lecture de cet article du Soleil qui fait suite à cette expérience effectuée par un enseignant de la Rive-Sud, M. Benoit Paquin, qui a fait passer l'examen ministériel nouvelle mouture à des élèves de quatrième secondaire.
«Je vais demander au comité de suivi sur le français de prendre ça et de se questionner. Mais il faut quand même se dire la vérité : le processus est bâti avec toute une équipe, et les premiers résultats montrent que l'examen se porte bien», a déclaré la ministre. Selon elle, «l'examen est de même niveau de difficulté que par les années passées», puisque les résultats sont semblables.
Quel raisonnement navrant et bancal! Du grand n'importe quoi! En quoi le fait que les résultats soient similaires cette année indique-t-il que l'examen a le même niveau de difficulté? Des élèves poches avec un examen facile donne le même résultat qu'un examen difficile avec des élèves bien formés, non? Et croyez-vous sérieusement que nos fonctionnaires vont remettre en question les décisions qu'ils ont prises? Du grand guignol, oui!
La plupart des profs de cinquième que je connais me disent que l'examen est moins exigeant. Point à la ligne. Ils enseignent depuis des années. Ils sont assez bons pour être dans des classes et oeuvrer auprès de nos jeunes. Mais leur avis ne vaut que dalle comparé à celui de fonctionnaires responsables de l'évaluation qui évaluent finalement leur propre job! Désolant!
En passant, la vraie question dans ce débat n'est pas de savoir si l'examen est plus ou moins facile qu'auparavant, mais comment se fait-il que des élèves fraîchement sortis de la troisième secondaire puissent le réussir? En maths, en science, une telle horreur serait impossible. Allo quelqu'un? Y a-t-il de la vie intelligente au MELS?
Si j'étais baveux, je ferais la même expérience que M. Paquin mais avec mes élèves de première secondaire. Ils réussisaient pour la plupart. Mais comme un ami l'a déjà fait avec une élève de sixième année du primaire avec l'épreuve collégiale, je me dis que je perds mon temps. Le MELS ne veut rien entendre, ne veut rien savoir.
L'éducation recule d'un pas avec cet article où la nouvelle ministre de l'Éducation affirme sa confiance envers ses fonctionnaires travaillant à l'évaluation. C'est du moins ce que l'on comprend à la lecture de cet article du Soleil qui fait suite à cette expérience effectuée par un enseignant de la Rive-Sud, M. Benoit Paquin, qui a fait passer l'examen ministériel nouvelle mouture à des élèves de quatrième secondaire.
«Je vais demander au comité de suivi sur le français de prendre ça et de se questionner. Mais il faut quand même se dire la vérité : le processus est bâti avec toute une équipe, et les premiers résultats montrent que l'examen se porte bien», a déclaré la ministre. Selon elle, «l'examen est de même niveau de difficulté que par les années passées», puisque les résultats sont semblables.
Quel raisonnement navrant et bancal! Du grand n'importe quoi! En quoi le fait que les résultats soient similaires cette année indique-t-il que l'examen a le même niveau de difficulté? Des élèves poches avec un examen facile donne le même résultat qu'un examen difficile avec des élèves bien formés, non? Et croyez-vous sérieusement que nos fonctionnaires vont remettre en question les décisions qu'ils ont prises? Du grand guignol, oui!
La plupart des profs de cinquième que je connais me disent que l'examen est moins exigeant. Point à la ligne. Ils enseignent depuis des années. Ils sont assez bons pour être dans des classes et oeuvrer auprès de nos jeunes. Mais leur avis ne vaut que dalle comparé à celui de fonctionnaires responsables de l'évaluation qui évaluent finalement leur propre job! Désolant!
En passant, la vraie question dans ce débat n'est pas de savoir si l'examen est plus ou moins facile qu'auparavant, mais comment se fait-il que des élèves fraîchement sortis de la troisième secondaire puissent le réussir? En maths, en science, une telle horreur serait impossible. Allo quelqu'un? Y a-t-il de la vie intelligente au MELS?
Si j'étais baveux, je ferais la même expérience que M. Paquin mais avec mes élèves de première secondaire. Ils réussisaient pour la plupart. Mais comme un ami l'a déjà fait avec une élève de sixième année du primaire avec l'épreuve collégiale, je me dis que je perds mon temps. Le MELS ne veut rien entendre, ne veut rien savoir.
08 octobre 2010
Vos yeules, les ceusses qui veulent du silence!
Je ne prévoyais pas traiter de ce sujet, puis finalement... je ne peux rester insensible à cette dérive médiatique à propos de l'interdiction de parler durant 15 minutes lors du diner qu'impose une école de la région de Waterloo. Mario tout de go en parle d'ailleurs sur son blogue.
On parle d'une mesure qui s'applique pendant quinze minutes sur un diner d'une durée de 75 minutes. Donc, on arrête d'écrire qu'on les empêche de parler durant le diner alors que c'est durant une partie du diner. Un peu de rigueur...
Ensuite, on regroupe les enfants dans un gymnase, un lieu qui est susceptible d'amplifier le bruit, parce qu'on n'a pas les moyens de payer des surveillants. En fait, l'école pourrait embaucher plus de surveillants, mais ce sont les parents qui vont payer, ces mêmes parents qui chiâleront alors contre le coût de cette mesure.
Par ailleurs, chez eux, je suis convaincu que ces mêmes parents ne laissent pas les enfants sortir de table, courir, crier et se lancer de la bouffe par la tête. Peut-on donc avoir des règles adaptées à notre milieu?
Un dernier commentaire: j'aimerais voir des parents s'impliquer et lancer des pétitions sur des sujets autrement plus importants pour l'éducation des enfants. Qu'on pense au manque de ressources spécialisées, aux bâtiments en mauvais état, etc. Mais il est tellement plus facile de s'enflammer pour des sujets aussi peu signifiants par rapport à ce qui se passe dans nos écoles. Tellement plus facile.
J'ai hâte de voir la dame à l'origine de cette saga se lancer dans des causes plus significatives.
On parle d'une mesure qui s'applique pendant quinze minutes sur un diner d'une durée de 75 minutes. Donc, on arrête d'écrire qu'on les empêche de parler durant le diner alors que c'est durant une partie du diner. Un peu de rigueur...
Ensuite, on regroupe les enfants dans un gymnase, un lieu qui est susceptible d'amplifier le bruit, parce qu'on n'a pas les moyens de payer des surveillants. En fait, l'école pourrait embaucher plus de surveillants, mais ce sont les parents qui vont payer, ces mêmes parents qui chiâleront alors contre le coût de cette mesure.
Par ailleurs, chez eux, je suis convaincu que ces mêmes parents ne laissent pas les enfants sortir de table, courir, crier et se lancer de la bouffe par la tête. Peut-on donc avoir des règles adaptées à notre milieu?
Un dernier commentaire: j'aimerais voir des parents s'impliquer et lancer des pétitions sur des sujets autrement plus importants pour l'éducation des enfants. Qu'on pense au manque de ressources spécialisées, aux bâtiments en mauvais état, etc. Mais il est tellement plus facile de s'enflammer pour des sujets aussi peu signifiants par rapport à ce qui se passe dans nos écoles. Tellement plus facile.
J'ai hâte de voir la dame à l'origine de cette saga se lancer dans des causes plus significatives.
07 octobre 2010
Un test passoire?
Un enseignant de la Rive-Sud de Montréal, M. Bruno Paquin, tente de démontrer ce que j'affirmais l'année dernière: les exigences de la nouvelle version de l'examen ministériel de français ont été revues à la baisse (ici et ici). Ainsi, il s'est livré à une petite expérience tout simple: il a pris des élèves de quatrième secondaire et leur a fait rédigé une production écrite qu'il a rédigé avec l'ancienne et la nouvelle grille. Résultat: les élèves obtiennent en moyenne 57% avec les anciennes exigences et 72% avec les nouvelles. Suis-je surpris? Non.
On pourra toujours avancer que M. Paquin n'était pas neutre dans sa correction. Mais, à mon avis, il est tout aussi neutre que ces gens qui font des maitrises et des doctorats. Il a posé une hypothèse et a voulu la vérifier. Là où le bât blesse cependant, c'est qu'il s'est livré à cette expérience avec des élèves issus du programme PEI, des élèves habituellement performants.
Question d'être un peu plus baveux que M. Paquin, je suis prêt à parier que la grande majorité de mes élèves de première secondaire PEI réussiraient en juin prochain cette épreuve de fin de secondaire, avec ou sans la nouvelle mouture de l'examen. Oui! Vous avez bien lu. Dès qu'on arrive à faire moins d'une faute aux 15 mots, les probabilités de réussir cette «épreuve» sont quasi assurées. Le reste, la structure, la logique du texte est à la portée du moindre élève un tant soit peu allumé.
Cette forme d'évaluation finale ne permet pas de savoir si l'élève connait bien ses règles grammaticales, mais plutôt s'il est capable d'éviter de faire certaines fautes. La nuance peut sembler futile, mais elle est importante. Un élève ne sait pas comment écrire un mot ou effectuer un accord? Il n'a qu'à reformuler sa phrase ou employer un synonyme. Cette technique d'évitement, je l'enseigne à mes élèves et ils l'appliquent généralement avec succès.
Au diable donc tout un pan des connaissances grammaticales: on peut réussir cet examen en étant compétent et ne rien comprendre des participes passés, de la règle du tout et des adjectifs de couleur. Je le sais: alors que j'enseignais en cinquième secondaire, même mes élèves qui ont échoué toute l'année mes tests de connaissances grammaticales réussissaient pourtant l'épreuve du MESL sans aucun problème. Sans aucun problème, donc sans aucune inquiétude, mes élèves considéraient l'épreuve ministérielle comme une simple formalité: «Tout le monde passe ou presque. Il faut juste pas être malchanceux.» Surtout qu'avec les nouvelles technologies de l'information, la tricherie n'a jamais été aussi facile.
C'est entre autres dégoûté par cette comédie de la réussite que j'ai quitté la cinquième secondaire pour oeuvrer auprès de jeunes de première dans un programme particulier. Et leur soif d'apprendre, leur désir sain de construire leur estime de soi en surmontant de véritables difficultés m'a fait le plus grand bien. En première secondaire, ces élèves ne sont pas encore blasés ou pervertis par un système qui érige le succès en un absolu ridiculement trompeur.
En passant, au ministère, on a refusé de répondre. À l'Association québécoise des professeurs de français, la désespérante présidente Suzanne Richard a qualifié l'exercice de «non scientifique» et ajouté qu'on «peut faire dire ce que l'on veut à ce genre de choses. Ce n'est pas sérieux.» La dame est une ancienne conseillère pédagogique et une universitaire de renom. Ce ne sont pas des tares. Mais cette forme de contact avec la réalité des classes ne l'a, semble-t-il, pas encore écoeuré de la réalité burlesque dans laquelle plusieurs profs enseignent.
On pourra toujours avancer que M. Paquin n'était pas neutre dans sa correction. Mais, à mon avis, il est tout aussi neutre que ces gens qui font des maitrises et des doctorats. Il a posé une hypothèse et a voulu la vérifier. Là où le bât blesse cependant, c'est qu'il s'est livré à cette expérience avec des élèves issus du programme PEI, des élèves habituellement performants.
Question d'être un peu plus baveux que M. Paquin, je suis prêt à parier que la grande majorité de mes élèves de première secondaire PEI réussiraient en juin prochain cette épreuve de fin de secondaire, avec ou sans la nouvelle mouture de l'examen. Oui! Vous avez bien lu. Dès qu'on arrive à faire moins d'une faute aux 15 mots, les probabilités de réussir cette «épreuve» sont quasi assurées. Le reste, la structure, la logique du texte est à la portée du moindre élève un tant soit peu allumé.
Cette forme d'évaluation finale ne permet pas de savoir si l'élève connait bien ses règles grammaticales, mais plutôt s'il est capable d'éviter de faire certaines fautes. La nuance peut sembler futile, mais elle est importante. Un élève ne sait pas comment écrire un mot ou effectuer un accord? Il n'a qu'à reformuler sa phrase ou employer un synonyme. Cette technique d'évitement, je l'enseigne à mes élèves et ils l'appliquent généralement avec succès.
Au diable donc tout un pan des connaissances grammaticales: on peut réussir cet examen en étant compétent et ne rien comprendre des participes passés, de la règle du tout et des adjectifs de couleur. Je le sais: alors que j'enseignais en cinquième secondaire, même mes élèves qui ont échoué toute l'année mes tests de connaissances grammaticales réussissaient pourtant l'épreuve du MESL sans aucun problème. Sans aucun problème, donc sans aucune inquiétude, mes élèves considéraient l'épreuve ministérielle comme une simple formalité: «Tout le monde passe ou presque. Il faut juste pas être malchanceux.» Surtout qu'avec les nouvelles technologies de l'information, la tricherie n'a jamais été aussi facile.
C'est entre autres dégoûté par cette comédie de la réussite que j'ai quitté la cinquième secondaire pour oeuvrer auprès de jeunes de première dans un programme particulier. Et leur soif d'apprendre, leur désir sain de construire leur estime de soi en surmontant de véritables difficultés m'a fait le plus grand bien. En première secondaire, ces élèves ne sont pas encore blasés ou pervertis par un système qui érige le succès en un absolu ridiculement trompeur.
En passant, au ministère, on a refusé de répondre. À l'Association québécoise des professeurs de français, la désespérante présidente Suzanne Richard a qualifié l'exercice de «non scientifique» et ajouté qu'on «peut faire dire ce que l'on veut à ce genre de choses. Ce n'est pas sérieux.» La dame est une ancienne conseillère pédagogique et une universitaire de renom. Ce ne sont pas des tares. Mais cette forme de contact avec la réalité des classes ne l'a, semble-t-il, pas encore écoeuré de la réalité burlesque dans laquelle plusieurs profs enseignent.
06 octobre 2010
L'organigramme du MELS
Benoit Dutrizac a mis en lien sur le site de son émission l'organigramme du MELS. Captivant.
On peut comprendre pourquoi l'argent ne descend pas dans nos classes.
On peut comprendre pourquoi l'argent ne descend pas dans nos classes.
05 octobre 2010
Cet homme est un menteur

On s'en doutait. On en a une preuve de plus. Mais êtes-vous réellement surpris? Il est juste triste que le mensonge soit rendu une façon de gouverner.
Et Radio-Canada qui titre: «Maxime Bernier a-t-il omis de dire la vérité....»
«Omettre de dire la vérité», c'est se taire pour cacher une vérité. Dans le présent cas, Maxime Bernier a ouvert la bouche et affirmé des «faits contraires à la vérité». Ou il est «mal informé», a été «mal cité» ou il a «volontairement induit le public en erreur».
Il n'a pas omis, il a menti. C'est pas pareil.
C'est comme tous ces témoins avocats à la commission Bastarache d'ailleurs. Qu'attend le Barreau du Québec pour s'interroger sur le comportement des Bellemare, Charest et co? Quelqu'un ment effrontément à cette commission, mais sans aucune conséquence. Même Guy Lafleur a été davantage puni pour son témoignage.
03 octobre 2010
Moi, une bitch...
En première secondaire, j'avais un élève qui portait, vous savez, un pantalon dont le fond va aux genoux. Grrrr...
- Monsieur Lapierre*?
- Oui, monsieur Masqué.
- Vous pouvez remonter votre pantalon. Je sais que vous aviez des choses à prouver. Maintenant, toute la classe a pu constater que vous ne portiez plus de couche. Bravo!
- ...
Depuis, M. Lapierre ne porte plus son pantalon aux genoux. Il est grand, maintenant...
* L'anecdote est vraie. Seul le nom de l'élève a été changé pour éviter un éventuel recours en justice de la part de ses parents.
- Monsieur Lapierre*?
- Oui, monsieur Masqué.
- Vous pouvez remonter votre pantalon. Je sais que vous aviez des choses à prouver. Maintenant, toute la classe a pu constater que vous ne portiez plus de couche. Bravo!
- ...
Depuis, M. Lapierre ne porte plus son pantalon aux genoux. Il est grand, maintenant...
* L'anecdote est vraie. Seul le nom de l'élève a été changé pour éviter un éventuel recours en justice de la part de ses parents.
01 octobre 2010
Enseigner, pour moi, c'est...
En réaction à un billet de Miss Math, je me permets ici.
Enseigner, pour moi, c'est être présent, engagé ainsi qu'incarner sa matière et ses valeurs.
Pour vous?
Enseigner, pour moi, c'est être présent, engagé ainsi qu'incarner sa matière et ses valeurs.
Pour vous?
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