Que ceux qui s'attendaient à un retour des cours d'éducation à la sexualité lisent ce texte de Daphné Dion-Viens publié dans Le Soleil. Ils y apprendront qu'on sait pas encore quelle forme prendra ceux-ci, mais on apprend les éléments suivants.
Ainsi, on ajouterait des blocs de formation obligatoire sur l'éducation à la sexualité dans les cours existants comme sciences et technologie, éthique et culture religieuse ou éducation physique et à la santé, indique l'attaché de presse de la ministre de l'Éducation, M. Leclerc.
L'idée est théoriquement bonne, mais pourquoi ai-je cette impression qu'on va saupoudrer l'éducation sexuelle de nos jeunes à droite et à gauche en la confiant à des profs qu'on devra former là-dessus et qui ne seront peut-être même pas à l'aise de le faire?
09 décembre 2010
Test PISA: les résultats du Québec avec un grain de sel?
On parle beaucoup des résultats du Québec aux tests PISA. Il est ironique de voir des gens qui, une année disent qu'il ne faut pas dramatiser avec ces chiffres, affirmer la suivante que les élèves du Québec connaissent une performance exceptionnelle. De mon côté, vous le savez, avec 13 ans de réforme et des milliards dépensés en suivant cette initiative pédagogique, je m'attendrais à plus que des résultats qui stagnent...
Mais en même temps, je me rappelle qu'il faut prendre les résultats des élèves québécois aux tests PISA avec un certain recul parce que le nombre d'élèves qui ont répondu à ceux-ci soulevait certains questionnements. D'ailleurs, le Québec est la seule province canadienne qui ne satisfaisait pas aux exigences du PISA. Si, en conclusion , Statistique Canada affirmait que «la qualité des données canadiennes, y compris celles du Québec, était suffisante pour qu’on puisse les inclure dans les ensembles de données du PISA sans restrictions», on indiquait:
«...les résultats de l’évaluation linguistique provinciale révèlent que les élèves répondants ont obtenu une note légèrement plus élevée que les élèves non répondants (74,9 par rapport à 72,6, respectivement, sur une échelle de 100 points, selon les données non pondérées, et 74,0 par rapport à 71,9 selon les données pondérées). Cette différence est significative, même si l’écart est petit, et le rendement à l’évaluation linguistique provinciale demeure significatif après la réalisation d’une analyse de régression logistique dans laquelle le système scolaire anglophone ou francophone, la taille de l’école, le milieu socioéconomique, le sexe, et la fréquentation d’une école privée ou publique sont inclus dans le modèle.»
Et si je me souviens bien, il y a avait un autre facteur à prendre en compte également mais, bien honnêtement, je ne m'en souviens plus.
Mais en même temps, je me rappelle qu'il faut prendre les résultats des élèves québécois aux tests PISA avec un certain recul parce que le nombre d'élèves qui ont répondu à ceux-ci soulevait certains questionnements. D'ailleurs, le Québec est la seule province canadienne qui ne satisfaisait pas aux exigences du PISA. Si, en conclusion , Statistique Canada affirmait que «la qualité des données canadiennes, y compris celles du Québec, était suffisante pour qu’on puisse les inclure dans les ensembles de données du PISA sans restrictions», on indiquait:
«...les résultats de l’évaluation linguistique provinciale révèlent que les élèves répondants ont obtenu une note légèrement plus élevée que les élèves non répondants (74,9 par rapport à 72,6, respectivement, sur une échelle de 100 points, selon les données non pondérées, et 74,0 par rapport à 71,9 selon les données pondérées). Cette différence est significative, même si l’écart est petit, et le rendement à l’évaluation linguistique provinciale demeure significatif après la réalisation d’une analyse de régression logistique dans laquelle le système scolaire anglophone ou francophone, la taille de l’école, le milieu socioéconomique, le sexe, et la fréquentation d’une école privée ou publique sont inclus dans le modèle.»
Et si je me souviens bien, il y a avait un autre facteur à prendre en compte également mais, bien honnêtement, je ne m'en souviens plus.
08 décembre 2010
Quel titre honteux!
Il faut lire le titre du texte d'Ariane Lacoursière à propos des résultats au tests du PISA. Un grand n'importe quoi! Je sais que les journaliste ne sont pas responsables des titres de leurs textes, alors je me garderai une petite gêne. Le titre du texte : «La réforme contestée mais efficace». Efficace? Efficace alors qu'au maximum, après 13 ans d'implantation et des milliards de dollars de dépensés, les résultats des élèves sont stables ou en légère régression? N'importe quoi. Vraiment. Surtout quand la première phrase de cet article est: «La fameuse réforme de l'éducation n'aura finalement pas été si néfaste pour les jeunes Québécois.» Pas si néfaste.
Réjouissons-nous! Mais quel gaspillage de temps, d'énergie et d'argent pour finalement si peu!
À cet égard, j'aime mieux la réaction du directeur général du Conseil des ministres de l'Éducation du Canada, Andrew Parkin: «Nos résultats sont bons, mais ils stagnent. D'autres pays progressent, de nouveaux pays s'ajoutent au classement et le poussent vers le haut. Il faut continuer de faire des progrès.»
Réjouissons-nous! Mais quel gaspillage de temps, d'énergie et d'argent pour finalement si peu!
À cet égard, j'aime mieux la réaction du directeur général du Conseil des ministres de l'Éducation du Canada, Andrew Parkin: «Nos résultats sont bons, mais ils stagnent. D'autres pays progressent, de nouveaux pays s'ajoutent au classement et le poussent vers le haut. Il faut continuer de faire des progrès.»
Pauvre madame Bouchard!
Certains individus ne manquent jamais une occasion de s'illustrer. Une preuve de cela est la réaction de Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec. On a appris hier que les résultats des élèves québécois aux tests du programme international du suivi des acquis (PISA).
Pour les analystes, les élèves québécois ont connu une baisse significative en lecture depuis dix ans, passant sous la moyenne canadienne. En sciences, là aussi, on assiste à une baisse, mais rien de significatif compte tenu de la marge d'erreur. Notons cependant qu'ici aussi, nos jeunes sont maintenant sous la moyenne canadienne. En maths, par contre, le Québec garde toujours son excellente position.
Réaction de la madame à ces résultats? «Malgré [...] toutes les critiques formulées à l'endroit du système public d'éducation au Québec, notamment au sujet de la réforme, les résultats du PISA sont la preuve que nous devons être fiers de nos élèves et valoriser davantage l'école publique»
La réforme, cette improvisation pédagogique qui devait RÉVOLUTIONNER l'enseignement et permettre à nos élèves d'être MEILLEURS alors que, manifestement, ils ne sont pas vraiment améliorés? La réforme, cette opération dans laquelle on a investi des milliards en 12 ans? La réforme, dont un des fers de lance devait être l'enseignement des sciences dans lequel on a investi tant de fric pour des nouveaux laboratoires, du nouveau matériel et j'en passe!
Mais pourquoi parler de la réforme?
Pour les analystes, les élèves québécois ont connu une baisse significative en lecture depuis dix ans, passant sous la moyenne canadienne. En sciences, là aussi, on assiste à une baisse, mais rien de significatif compte tenu de la marge d'erreur. Notons cependant qu'ici aussi, nos jeunes sont maintenant sous la moyenne canadienne. En maths, par contre, le Québec garde toujours son excellente position.
Réaction de la madame à ces résultats? «Malgré [...] toutes les critiques formulées à l'endroit du système public d'éducation au Québec, notamment au sujet de la réforme, les résultats du PISA sont la preuve que nous devons être fiers de nos élèves et valoriser davantage l'école publique»
La réforme, cette improvisation pédagogique qui devait RÉVOLUTIONNER l'enseignement et permettre à nos élèves d'être MEILLEURS alors que, manifestement, ils ne sont pas vraiment améliorés? La réforme, cette opération dans laquelle on a investi des milliards en 12 ans? La réforme, dont un des fers de lance devait être l'enseignement des sciences dans lequel on a investi tant de fric pour des nouveaux laboratoires, du nouveau matériel et j'en passe!
Mais pourquoi parler de la réforme?
06 décembre 2010
Une éducation adaptée aux besoins de tous
La douance scolaire a ceci de particulier qu'elle n'est pas toujours là où on la croit. On l'associe souvent à des nerds à lunettes qui connaissent par coeur le tableau périodique des éléments en chimie. On a moins tendance cependant à la voir chez un élève décrocheur avec un chandail d'Iron Maiden ou encore chez ce jeune habillé à la société Saint-Vincent-de-Paul.
J'ai souvent oeuvré avec des élèves doués, des bolles, des monstres dont les habiletés scolaires me dépassaient largement. Différents des autres, ils avaient en commun leur soif d'apprendre, mais aussi une fragilité émotive qui me faisait penser à des purs-sangs. Ces élèves ne sont pas comme les autres et ils leur arrivent de s'ennuyer ferme en classe. Parfois, ils font même des mauvais coups pour se distraire, pour acquérir un certain statut aux yeux de leurs collègues de classe, pour se démarquer. J'en connais quelques-uns qui auraient même pu verser dans la criminalité si on ne s'était pas sainement occupé d'eux. Parfois, leurs parents n'ont ni les capacités intellectuelles ni les moyens financiers pour les accompagner. Certains réussiront malgré tout à atteindre les buts qu'ils se seront fixés dans la vie; d'autres n'exploiteront jamais leur plein potentiel.
Ces élèves sont souvent négligés en éducation. On les inscrit dans des programmes performants mais qui ne correspondent pas à ce qu'ils sont. On les retrouve dans des programmes d'éducation international, par exemple, alors qu'ils n'en ont rien à foutre des aires d'interaction. Sauf qu'ils sont parqués là parce que, sinon, ils s'ennuieraient encore plus au secteur ordinaire.
Mais la douance scolaire a la vie difficile au Québec. Certains parents imaginent leur enfant comme étant un petit Mozart et l'écrasent sous le poids de leurs attentes. D'autres ne veulent pas accepter qu'il soit différent. Enfin, il y a notre société pseudo égalitaire qui refuse d'aider ceux qui auraient plus de chances. On imagine qu'un élève doué ne devrait pas avoir un traitement différent des autres. Ce serait comme si on lui faisait une faveur, comme s'il devait déjà se considérer chanceux d'être doué.
Pourtant, pour avoir vu ce que c'est d'être différent de la sorte, pour avoir entendu ces jeunes se plaindre de ne pas être comme les autres, pour voir à quel point ils sont parfois stigmatisés en classe ordinaire, je ne peux que saluer cette initiative de la commission scolaire Marguerite-Bourgeois.
Reste à voir comment se traduira concrètement celle-ci.
J'ai souvent oeuvré avec des élèves doués, des bolles, des monstres dont les habiletés scolaires me dépassaient largement. Différents des autres, ils avaient en commun leur soif d'apprendre, mais aussi une fragilité émotive qui me faisait penser à des purs-sangs. Ces élèves ne sont pas comme les autres et ils leur arrivent de s'ennuyer ferme en classe. Parfois, ils font même des mauvais coups pour se distraire, pour acquérir un certain statut aux yeux de leurs collègues de classe, pour se démarquer. J'en connais quelques-uns qui auraient même pu verser dans la criminalité si on ne s'était pas sainement occupé d'eux. Parfois, leurs parents n'ont ni les capacités intellectuelles ni les moyens financiers pour les accompagner. Certains réussiront malgré tout à atteindre les buts qu'ils se seront fixés dans la vie; d'autres n'exploiteront jamais leur plein potentiel.
Ces élèves sont souvent négligés en éducation. On les inscrit dans des programmes performants mais qui ne correspondent pas à ce qu'ils sont. On les retrouve dans des programmes d'éducation international, par exemple, alors qu'ils n'en ont rien à foutre des aires d'interaction. Sauf qu'ils sont parqués là parce que, sinon, ils s'ennuieraient encore plus au secteur ordinaire.
Mais la douance scolaire a la vie difficile au Québec. Certains parents imaginent leur enfant comme étant un petit Mozart et l'écrasent sous le poids de leurs attentes. D'autres ne veulent pas accepter qu'il soit différent. Enfin, il y a notre société pseudo égalitaire qui refuse d'aider ceux qui auraient plus de chances. On imagine qu'un élève doué ne devrait pas avoir un traitement différent des autres. Ce serait comme si on lui faisait une faveur, comme s'il devait déjà se considérer chanceux d'être doué.
Pourtant, pour avoir vu ce que c'est d'être différent de la sorte, pour avoir entendu ces jeunes se plaindre de ne pas être comme les autres, pour voir à quel point ils sont parfois stigmatisés en classe ordinaire, je ne peux que saluer cette initiative de la commission scolaire Marguerite-Bourgeois.
Reste à voir comment se traduira concrètement celle-ci.
05 décembre 2010
Cachez ce pénis... ce sperme... que des parents ne sauraient voir. (partie 2)
Pathfinder y va d'un commentaire intéressant sur le sujet abordé dans un billet précédent. Comme il s'interroge un peu sur la réaction des directions d'école dans de pareils cas, j'ai eu l'idée de mettre en lien ici l'entrevue qu'accordait le directeur général de la commission scolaire Marie-Victorin , André Byette, à l'émission Puisqu'il faut se lever de Paul Arcand. Et ne reculant devant rien, je vous en donne même le verbatim pour que vous puissiez former votre propre jugement sur cette affaire ou, tout au moins, une partie. Le mien suivra.
Arcand: Le directeur-général de la commission scolaire est avec nous, monsieur André Byette. Bonjour, monsieur Byette.
Byette : Bonjour, monsieur Arcand.
Arcand: D'abord, l'enseignante qui a distribué le questionnaire, si je comprends bien, a été relevée de ses fonctions?
Byette: On appelle cela une assignation administrative, c'est-à-dire qu'on la retire de la classe pour qu'elle n'ait pas de contact avec les élèves le temps de l'enquête administrative. On ne peut pas condamner une personne comme ça sur la place publique. On lui dit: «Regarde, on va être prudent et, en attendant qu'on est terminé notre enquête, on va te suspendre de tes fonctions.»
Arcand: À votre connaissance, le questionnaire en question, c'est l'enseignante qui l'a préparé ou c'est un questionnaire qui existe ailleurs dans le réseau?
Byette: Actuellement... Non, ça n'existe pas ailleurs dans le réseau. C'est à partir de préoccupations d'élèves, semble-t-il. Je dis bien semble-t-il. Je vous rappelle qu'on est en enquête administrative. Elle aurait préparé ce questionnaire sous l'angle de «Vrai ou faux?» à partir des préoccupations des élèves.
Arcand: Quand vous dites «de la préoccupation de ses élèves», de ses élèves à elle? des préoccupations soulevées en classe?
Byette: Exactement.
Arcand: Par des élèves?
Byette: Tout à fait. C'est actuellement ce qu'on entend.
Arcand: Ok, donc des jeunes de 13 ans qui auraient dit par exemple: «Est-ce que c'est vrai que les personnes noires ont des plus gros pénis?» et ce genre d'interrogations qu'on retrouve dans ce questionnaire?
Byette: Semble-t-il, semble-t-il... Et c'est pour cela qu'on est en enquête. Mais même, même si c'était cela, cela ne justifie pas la mise en place d'un questionnaire de cet ordre-là. Je le répète et je ne suis pas gêné de le dire, la nuit ne m'a pas fait changer d'opinion là-dessus. Je considère que le questionnaire, il y a des questions qui sont extrêmement douteuses même si l'intention était bonne. Elles n'ont pas leur place.
Arand: Je comprends que l'intention, c'est de combattre les clichés ou la discrimination, mais disons que c'est un peu raide pour des jeunes de 13 ans, peut-être?
Byette: C'est un peu raide pour des jeunes, tout court. (Rites) À mon sens, écoutez, en quoi ça peut faire tomber des préjugés que de demander si le sperme est sucré, pis ça fait maigrir? Moi, je me garderais une petite gêne pour poser ce genre de questions à des ados. Vous savez, je suis un père de famille. J'ai eu des enfants et j'ai maintenant des petits-enfants. Je ne souhaiterais pas que mes petits-enfants se fassent poser ce genre de questions-là en classe.
Arcand: Mais je vous ai posé la question à savoir si c'était un cas du professeur dans sa classe parce que je reçois des courriels ce matin de parents qui me disent que leurs enfant ont eu à peu près le même genre de questions dans une autre commission scolaire.
Byette: Ce que je vous dis, c'est que l'information que j'ai actuellement, c'est un questionnaire qui est une initiative de l'enseignante.
Arcand: Ok. Elle a quelle sorte d'expérience, l'enseignante.
Byette: Je rentrerai pas dans des détails de cette nature-là, monsieur Arcand. Ce sont des renseignements nominatifs que je ne peux pas vous livrer. Tout renseignement nominatif qui permettrait d'identifier la personne, je ne ferai pas ça.
Arcand: Mais vous ne pouvez pas me dire si c'est quelqu'un qui a peu d'expérience ou énormément d'expérience?
Byette: C'est une personne qui a pas des tonnes d'expérience.
Arcand: Et vous prévoyez compléter votre enquête à quel moment?
Byette: Euh... le plus rapidement possible. Je vous dirais d'ici la fin de la semaine.
Arand: Et donc, c'est un professeur qui remplace pendant la nouvelle affectation?
Byette: Exactement.
Arcand: Merci, monsieur Byette.
Si je décortique cette entrevue, plusieurs points ne peuvent que venir à mon esprit.
1- En quoi consiste cette enquête? Que reproche-t-on concrètement à cette enseignante? Et sur quelles bases pédagogiques ou psychologiques formelles le fait-on?
2- Quant à moi, même si M. Byette affirme qu'on «ne peut pas condamner une personne comme ça sur la place publique», le cas de cette enseignante est déjà jugé. Par exemple, on le remarque quand ce directeur général affirme: «Je considère que le questionnaire, il y a des questions qui sont extrêmement douteuses même si l'intention était bonne. Elles n'ont pas leur place.» Il ne semble pas comprendre la démarche pédagogique de l'enseignante lorsqu'il indique: «À mon sens, écoutez, en quoi ça peut faire tomber des préjugés que de demander si le sperme est sucré, pis ça fait maigrir?» S'est-on interrogé sur le contexte dans lequel ce questionnaire a été distribué et exploité en classe? Dans la même veine d'idée, si je fais lire Tintin au Congo en classe, cela fait-il automatiquement de moi un raciste?
3- Le directeur général de cette commission scolaire parle de ce cas en invoquant uniquement son expérience et ses valeurs propres. Son argumentaire est hautement personnel. «Vous savez, je suis un père de famille. J'ai eu des enfants et j'ai maintenant des petits-enfants. Je ne souhaiterais pas que mes petits-enfants se fassent poser ce genre de questions-là en classe.» Où sont les avis de spécialistes? Sans méchanceté, on comprend que les enfants de M. Byette sont d'une autre génération que ceux qui sont dans les classes de sa commission scolaire et que son expérience de parent date de plusieurs années.
4- Enfin, l'expérience d'un enseignant est-elle un renseignement nominatif? Je me pose cette question parce que c'est l'argument que M. Byette invoque pour ne pas répondre à une question à ce propos de M. Arcand. Question à laquelle il répondra pourtant cinq secondes plus tard quand il dira: «C'est une personne qui a pas des tonnes d'expérience.» Un peu contradictoire, non?
À mon avis, c'est parce que ce sujet est relié à la sexualité qu'on réagit autant. Point. À la ligne. Quand je pense que je côtoie des collègues qui présentent à leurs élèves des tas de films violents et sexistes pour les occuper ou les récompenser... et que je n'ai jamais vu un parent s'en plaindre.
Arcand: Le directeur-général de la commission scolaire est avec nous, monsieur André Byette. Bonjour, monsieur Byette.
Byette : Bonjour, monsieur Arcand.
Arcand: D'abord, l'enseignante qui a distribué le questionnaire, si je comprends bien, a été relevée de ses fonctions?
Byette: On appelle cela une assignation administrative, c'est-à-dire qu'on la retire de la classe pour qu'elle n'ait pas de contact avec les élèves le temps de l'enquête administrative. On ne peut pas condamner une personne comme ça sur la place publique. On lui dit: «Regarde, on va être prudent et, en attendant qu'on est terminé notre enquête, on va te suspendre de tes fonctions.»
Arcand: À votre connaissance, le questionnaire en question, c'est l'enseignante qui l'a préparé ou c'est un questionnaire qui existe ailleurs dans le réseau?
Byette: Actuellement... Non, ça n'existe pas ailleurs dans le réseau. C'est à partir de préoccupations d'élèves, semble-t-il. Je dis bien semble-t-il. Je vous rappelle qu'on est en enquête administrative. Elle aurait préparé ce questionnaire sous l'angle de «Vrai ou faux?» à partir des préoccupations des élèves.
Arcand: Quand vous dites «de la préoccupation de ses élèves», de ses élèves à elle? des préoccupations soulevées en classe?
Byette: Exactement.
Arcand: Par des élèves?
Byette: Tout à fait. C'est actuellement ce qu'on entend.
Arcand: Ok, donc des jeunes de 13 ans qui auraient dit par exemple: «Est-ce que c'est vrai que les personnes noires ont des plus gros pénis?» et ce genre d'interrogations qu'on retrouve dans ce questionnaire?
Byette: Semble-t-il, semble-t-il... Et c'est pour cela qu'on est en enquête. Mais même, même si c'était cela, cela ne justifie pas la mise en place d'un questionnaire de cet ordre-là. Je le répète et je ne suis pas gêné de le dire, la nuit ne m'a pas fait changer d'opinion là-dessus. Je considère que le questionnaire, il y a des questions qui sont extrêmement douteuses même si l'intention était bonne. Elles n'ont pas leur place.
Arand: Je comprends que l'intention, c'est de combattre les clichés ou la discrimination, mais disons que c'est un peu raide pour des jeunes de 13 ans, peut-être?
Byette: C'est un peu raide pour des jeunes, tout court. (Rites) À mon sens, écoutez, en quoi ça peut faire tomber des préjugés que de demander si le sperme est sucré, pis ça fait maigrir? Moi, je me garderais une petite gêne pour poser ce genre de questions à des ados. Vous savez, je suis un père de famille. J'ai eu des enfants et j'ai maintenant des petits-enfants. Je ne souhaiterais pas que mes petits-enfants se fassent poser ce genre de questions-là en classe.
Arcand: Mais je vous ai posé la question à savoir si c'était un cas du professeur dans sa classe parce que je reçois des courriels ce matin de parents qui me disent que leurs enfant ont eu à peu près le même genre de questions dans une autre commission scolaire.
Byette: Ce que je vous dis, c'est que l'information que j'ai actuellement, c'est un questionnaire qui est une initiative de l'enseignante.
Arcand: Ok. Elle a quelle sorte d'expérience, l'enseignante.
Byette: Je rentrerai pas dans des détails de cette nature-là, monsieur Arcand. Ce sont des renseignements nominatifs que je ne peux pas vous livrer. Tout renseignement nominatif qui permettrait d'identifier la personne, je ne ferai pas ça.
Arcand: Mais vous ne pouvez pas me dire si c'est quelqu'un qui a peu d'expérience ou énormément d'expérience?
Byette: C'est une personne qui a pas des tonnes d'expérience.
Arcand: Et vous prévoyez compléter votre enquête à quel moment?
Byette: Euh... le plus rapidement possible. Je vous dirais d'ici la fin de la semaine.
Arand: Et donc, c'est un professeur qui remplace pendant la nouvelle affectation?
Byette: Exactement.
Arcand: Merci, monsieur Byette.
Si je décortique cette entrevue, plusieurs points ne peuvent que venir à mon esprit.
1- En quoi consiste cette enquête? Que reproche-t-on concrètement à cette enseignante? Et sur quelles bases pédagogiques ou psychologiques formelles le fait-on?
2- Quant à moi, même si M. Byette affirme qu'on «ne peut pas condamner une personne comme ça sur la place publique», le cas de cette enseignante est déjà jugé. Par exemple, on le remarque quand ce directeur général affirme: «Je considère que le questionnaire, il y a des questions qui sont extrêmement douteuses même si l'intention était bonne. Elles n'ont pas leur place.» Il ne semble pas comprendre la démarche pédagogique de l'enseignante lorsqu'il indique: «À mon sens, écoutez, en quoi ça peut faire tomber des préjugés que de demander si le sperme est sucré, pis ça fait maigrir?» S'est-on interrogé sur le contexte dans lequel ce questionnaire a été distribué et exploité en classe? Dans la même veine d'idée, si je fais lire Tintin au Congo en classe, cela fait-il automatiquement de moi un raciste?
3- Le directeur général de cette commission scolaire parle de ce cas en invoquant uniquement son expérience et ses valeurs propres. Son argumentaire est hautement personnel. «Vous savez, je suis un père de famille. J'ai eu des enfants et j'ai maintenant des petits-enfants. Je ne souhaiterais pas que mes petits-enfants se fassent poser ce genre de questions-là en classe.» Où sont les avis de spécialistes? Sans méchanceté, on comprend que les enfants de M. Byette sont d'une autre génération que ceux qui sont dans les classes de sa commission scolaire et que son expérience de parent date de plusieurs années.
4- Enfin, l'expérience d'un enseignant est-elle un renseignement nominatif? Je me pose cette question parce que c'est l'argument que M. Byette invoque pour ne pas répondre à une question à ce propos de M. Arcand. Question à laquelle il répondra pourtant cinq secondes plus tard quand il dira: «C'est une personne qui a pas des tonnes d'expérience.» Un peu contradictoire, non?
À mon avis, c'est parce que ce sujet est relié à la sexualité qu'on réagit autant. Point. À la ligne. Quand je pense que je côtoie des collègues qui présentent à leurs élèves des tas de films violents et sexistes pour les occuper ou les récompenser... et que je n'ai jamais vu un parent s'en plaindre.
Stationnement, civisme et école
Depuis que mon blogue est plutôt connu de mes collègues, je me retiens d'aborder certains sujets ou de faire part de mes humeurs personnelles. Ce matin fera exception.
Dans un billet assez récent, Renart traitait du civisme des automobilistes quand vient le temps de stationner. À mon école, aussi bien le dire, le respect des places de stationnement pour personnes à mobilité réduite est devenu depuis quelques années une de mes préoccupations.
J'ai tout d'abord découvert qu'on ne retrouvait aucune indication claire qui indiquait la place de stationnement prévue à cet effet (à l'époque, il n'y en avait qu'une seule). Ensuite, on m'a fait remarqué qu'il existerait un nombre minimal de places à accorder aux gens à mobilité réduite. Celui-ci tiendrait compte de certains facteurs que je n'ai jamais trop cherché à savoir.
J'ai donc effectué diverses démarches auprès de la direction de mon école pour qu'on corrige une situation qui ne respectait pas la loi. Compte tenu du rythme auquel les choses changent dans le milieu scolaire, le tout a été fait assez rapidement.
Ce qui me choque encore aujourd'hui est de voir des parents et des collègues ne pas respecter la vocation de ces espaces de stationnement. J'ai beaucoup de difficulté à comprendre que, dans une maison d'éducation, certains collègues ne puissent pas faire montre d'un comportement civique et donner le bon exemple en cette matière.
Là où je suis aussi choqué est que ces gestes d'incivisme sont commis impunément. Les autorités de mon école ne poussent pas plus qu'il ne le faut pour que soit appliquée la législation en cette matière. D'un côté, je comprends qu'il existe des dossiers plus prioritaires et qu'on soit débordé. Mais de l'autre...
L'utilisation des places de stationnement pour personnes à mobilité réduite est donc contrôlée de façon plutôt anarchique à mon école. Tout comme l'utilisation du stationnement le soir des rencontres de parents, d'ailleurs. Là, tout semble permis: stationnement en double, dans des zones interdites pour permettre l'accès à des véhicules d'urgence, devant les bornes-fontaine, etc. Personne n'y trouve à redire. Et certains directeurs ne veulent pas appeler les policiers pour faire appliquer la loi parce qu'ils ne veulent pas se mettre à dos des parents ou des collègues. Il est évidemment plus facile de se mettre à dos une personne à mobilité réduite qu'on ne connait pas ou qui ne viendra pas se plaindre...
Je sais, je sais: je suis idéaliste et cela me conduira à ma perte. Pourtant, il me semble qu'un éducateur doit être animé par des idéaux, non?
Dans un billet assez récent, Renart traitait du civisme des automobilistes quand vient le temps de stationner. À mon école, aussi bien le dire, le respect des places de stationnement pour personnes à mobilité réduite est devenu depuis quelques années une de mes préoccupations.
J'ai tout d'abord découvert qu'on ne retrouvait aucune indication claire qui indiquait la place de stationnement prévue à cet effet (à l'époque, il n'y en avait qu'une seule). Ensuite, on m'a fait remarqué qu'il existerait un nombre minimal de places à accorder aux gens à mobilité réduite. Celui-ci tiendrait compte de certains facteurs que je n'ai jamais trop cherché à savoir.
J'ai donc effectué diverses démarches auprès de la direction de mon école pour qu'on corrige une situation qui ne respectait pas la loi. Compte tenu du rythme auquel les choses changent dans le milieu scolaire, le tout a été fait assez rapidement.
Ce qui me choque encore aujourd'hui est de voir des parents et des collègues ne pas respecter la vocation de ces espaces de stationnement. J'ai beaucoup de difficulté à comprendre que, dans une maison d'éducation, certains collègues ne puissent pas faire montre d'un comportement civique et donner le bon exemple en cette matière.
Là où je suis aussi choqué est que ces gestes d'incivisme sont commis impunément. Les autorités de mon école ne poussent pas plus qu'il ne le faut pour que soit appliquée la législation en cette matière. D'un côté, je comprends qu'il existe des dossiers plus prioritaires et qu'on soit débordé. Mais de l'autre...
L'utilisation des places de stationnement pour personnes à mobilité réduite est donc contrôlée de façon plutôt anarchique à mon école. Tout comme l'utilisation du stationnement le soir des rencontres de parents, d'ailleurs. Là, tout semble permis: stationnement en double, dans des zones interdites pour permettre l'accès à des véhicules d'urgence, devant les bornes-fontaine, etc. Personne n'y trouve à redire. Et certains directeurs ne veulent pas appeler les policiers pour faire appliquer la loi parce qu'ils ne veulent pas se mettre à dos des parents ou des collègues. Il est évidemment plus facile de se mettre à dos une personne à mobilité réduite qu'on ne connait pas ou qui ne viendra pas se plaindre...
Je sais, je sais: je suis idéaliste et cela me conduira à ma perte. Pourtant, il me semble qu'un éducateur doit être animé par des idéaux, non?
04 décembre 2010
L'éducation et l'autorité à géométrie variable...
Je reprends ici un propos que j'ai émis en réponse à un commentaire de Jonathan concernant cette histoire de questionnaire sur la sexualité d'une enseignante d'une commission scolaire de la Rive-Sud.
Par ailleurs, vous me permettrez de soulever un point: sept directeurs d'école vont à Cancun sur le bras des contribuables et ils n'ont rien à leur dossier. Personne n'est blâmé. Rien. Le contraire aurait été étonnant puisque le voyage en question était implicitement cautionné par le MELS - peut-être la ministre elle-même - qui était au courant de ce dernier. Une enseignante passe un questionnaire à ses élèves qui soulève la colère de trois parents et elle est immédiatement suspendue. LaFontaine a écrit un belle fable à ce sujet, je crois.
Par ailleurs, vous me permettrez de soulever un point: sept directeurs d'école vont à Cancun sur le bras des contribuables et ils n'ont rien à leur dossier. Personne n'est blâmé. Rien. Le contraire aurait été étonnant puisque le voyage en question était implicitement cautionné par le MELS - peut-être la ministre elle-même - qui était au courant de ce dernier. Une enseignante passe un questionnaire à ses élèves qui soulève la colère de trois parents et elle est immédiatement suspendue. LaFontaine a écrit un belle fable à ce sujet, je crois.
02 décembre 2010
Entendu dans une classe ce matin...
- Neuf divisé par quatre, ça fait?
- Ça va nous servir à quoi de savoir ça?
Eh misère...
- Ça va nous servir à quoi de savoir ça?
Eh misère...
Cachez ce pénis... ce sperme... que des parents ne sauraient voir.
Il ne faut jamais parler de sexualité en classe. Jamais. Il faut laisser les élèves le faire seuls dans la cour d'école, sur Facebook, mais jamais en parler en classe. Voilà la morale qu'on peut tirer de ce qui survient à cette enseignante de la Rive-Sud (ici, ici et ici).
Cette dernière a conçu un questionnaire de type «vrai ou faux» à partir des préoccupations des élèves de deuxième secondaire de ses classes pour corriger les perceptions erronées qu'ils ont quant à la sexualité. Elle l'a soumis à ses élèves l'année dernière. Pas de problème. Elle le soumet à sa nouvelle cohorte cette année. Trois parents se plaignent formellement à la commission scolaire, elle est suspendue et elle fait les pages du JdeM.
Sur les ondes d'une radio de Québec, une de ses anciennes élèves confiait: «Peut-être que les questions sont crues, mais elles viennent de nous. [Ce qui lui arrive] me fait vraiment de la peine. C'est une super bonne prof d'éthique et culture religieuse.»
Quant à moi, on nage en pleine hypocrisie dans tout cet incident et les questions posées par l'enseignante semblaient fort légitimes. «Ce questionnaire, je le trouve douteux, même pour des étudiants de niveau collégial, lance le directeur général de la commission scolaire Marie-Victorin, André Byette. On désapprouve le contenu de certaines questions. C'est totalement inadéquat. En quoi ça peut aider l'éducation à la sexualité des adolescents? Il y a des liens que je ne fais pas.»
Alors, aidons un peu M. Byette à faire des liens et allons-y avec deux questions.
«Le sperme est sucré et fait maigrir.» Réfuter un argument utilisé par certains garçons pour convaincre les filles d'avaler leur sperme, une pratique sexuelle dangereuse.
«Quand j'ai mes règles, je dois accepter la pénétration anale si je veux avoir une relation sexuelle.» Encore une fois, démonter un argument utilisé par certains garçons pour convaincre les filles d'avoir une relation anale, une autre pratique sexuelle dangereuse.
Bon, vous avez compris le topo, je pense. Il faut savoir que bien des jeunes vivent une sexualité active en deuxième secondaire et n'en parlent pas avec leurs parents. Personnellement, dans certains cas, je comprends pourquoi. Au primaire une directrice me racontait qu’elle avait interrompu à temps le tournage d’un film porno…
Si, à la suite de cet incident, la sexologue Julie Pelletier affirme qu’il faudrait un intervenant relié à ce dossier dans chaque école, il en faudrait souvent aussi un dans certaines familles, croyez-moi parce que bien des parents ont la tête dans le sable en ce qui concerne la sexualité de leur enfant.
Certains parents veulent que l’école aborde le volet sexualité, mais en tenant compte de leurs valeurs et non pas en fonction des questions de leurs enfants tels qu'ils existent réellement ou du contexte sexuel dans lequel ils baignent. Par contre, allez chez eux et vous découvrirez qu'ils laissent leur enfant surfer sur Internet sans aucune supervision, par exemple. Combien de familles ont une option internet (gratuite chez certains fournisseurs) restreignant l'accès à certains sites explicites, vous croyez?
Je repense à la conclusion de mon précédent billet sur les NTIC (mon meilleur depuis des lustres) et je la trouve fort à propos pour ce sujet. Alors, je ne me gêne pas et changez les mots qui doivent l'être:
À mon avis, on doit accompagner les élèves dans ce nouvel univers virtuel de l’information et de la communication si on veut comprendre comment ils s’en servent et les éduquer, les guider dans leurs choix. Si on ne le fait pas, ils l’exploreront seuls, sans notre expérience et notre sagesse pour leur indiquer l’importance de respecter certaines balises et principes éthiques.
Est-ce vraiment cela que nous voulons comme éducateurs?
Cette dernière a conçu un questionnaire de type «vrai ou faux» à partir des préoccupations des élèves de deuxième secondaire de ses classes pour corriger les perceptions erronées qu'ils ont quant à la sexualité. Elle l'a soumis à ses élèves l'année dernière. Pas de problème. Elle le soumet à sa nouvelle cohorte cette année. Trois parents se plaignent formellement à la commission scolaire, elle est suspendue et elle fait les pages du JdeM.
Sur les ondes d'une radio de Québec, une de ses anciennes élèves confiait: «Peut-être que les questions sont crues, mais elles viennent de nous. [Ce qui lui arrive] me fait vraiment de la peine. C'est une super bonne prof d'éthique et culture religieuse.»
Quant à moi, on nage en pleine hypocrisie dans tout cet incident et les questions posées par l'enseignante semblaient fort légitimes. «Ce questionnaire, je le trouve douteux, même pour des étudiants de niveau collégial, lance le directeur général de la commission scolaire Marie-Victorin, André Byette. On désapprouve le contenu de certaines questions. C'est totalement inadéquat. En quoi ça peut aider l'éducation à la sexualité des adolescents? Il y a des liens que je ne fais pas.»
Alors, aidons un peu M. Byette à faire des liens et allons-y avec deux questions.
«Le sperme est sucré et fait maigrir.» Réfuter un argument utilisé par certains garçons pour convaincre les filles d'avaler leur sperme, une pratique sexuelle dangereuse.
«Quand j'ai mes règles, je dois accepter la pénétration anale si je veux avoir une relation sexuelle.» Encore une fois, démonter un argument utilisé par certains garçons pour convaincre les filles d'avoir une relation anale, une autre pratique sexuelle dangereuse.
Bon, vous avez compris le topo, je pense. Il faut savoir que bien des jeunes vivent une sexualité active en deuxième secondaire et n'en parlent pas avec leurs parents. Personnellement, dans certains cas, je comprends pourquoi. Au primaire une directrice me racontait qu’elle avait interrompu à temps le tournage d’un film porno…
Si, à la suite de cet incident, la sexologue Julie Pelletier affirme qu’il faudrait un intervenant relié à ce dossier dans chaque école, il en faudrait souvent aussi un dans certaines familles, croyez-moi parce que bien des parents ont la tête dans le sable en ce qui concerne la sexualité de leur enfant.
Certains parents veulent que l’école aborde le volet sexualité, mais en tenant compte de leurs valeurs et non pas en fonction des questions de leurs enfants tels qu'ils existent réellement ou du contexte sexuel dans lequel ils baignent. Par contre, allez chez eux et vous découvrirez qu'ils laissent leur enfant surfer sur Internet sans aucune supervision, par exemple. Combien de familles ont une option internet (gratuite chez certains fournisseurs) restreignant l'accès à certains sites explicites, vous croyez?
Je repense à la conclusion de mon précédent billet sur les NTIC (mon meilleur depuis des lustres) et je la trouve fort à propos pour ce sujet. Alors, je ne me gêne pas et changez les mots qui doivent l'être:
À mon avis, on doit accompagner les élèves dans ce nouvel univers virtuel de l’information et de la communication si on veut comprendre comment ils s’en servent et les éduquer, les guider dans leurs choix. Si on ne le fait pas, ils l’exploreront seuls, sans notre expérience et notre sagesse pour leur indiquer l’importance de respecter certaines balises et principes éthiques.
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