Horreur! Le diplôme que le MELS a envoyé aux finissants de cinquième secondaire comprend une erreur. Ainsi, il est écrit «soussignées» alors qu'il aurait fallu écrire «soussignés» puisque l'accord de cet adjectif aurait dû être effectué avec la ministre de l'Éducation et son sous-ministre qui sont les donneurs d'accord ici. Il n'en fallait pas plus pour que certains chroniqueurs en fassent les gorges chaudes. Ils ont effectivement raison. Une telle erreur est impardonnable.
L'une d'entre eux en rajoute en s'insurgeant contre le fait que le MELS ne corrigera pas la faute d'orthographe puisque d'expédier des diplômes corrigés aux finissants coûterait trop cher, soit autour de 225 000$.
Cependant.
De façon humoristique, je dirai que certaines chroniqueuses devraient être contentes puisqu'il faut peut-être comprendre de tout cela que le féminin l'emporte enfin sur le masculin dans les accords des adjectifs et des participes passés.
De façon plus terre-à-terre, là où je décroche quelque peu, c'est quand je constate que ces mêmes chroniqueurs publient des textes dans lesquels on retrouve souvent des erreurs de même nature. J'ose espérer qu'elles feront preuve de la même rigueur qu'elles demandent au MELS dans leurs écrits. Il y a une certaine facilité à reprocher aux autres ce que l'on ne fait pas soi-même.
Enfin, je suis un dernier mot: si le MELS avait corrigé cette erreur en déboursant 225 000$, certains chroniqueurs, les mêmes peut-être, auraient hurlé au gaspillage. Personnellement, ce ministère a déjà eu l'air assez fou. Il aurait été regrettable que, pour sauver la face, il ait privé le réseau de l'éducation et les élèves d'une telle somme. Par contre, il serait peut-être intéressant que nos amis des médias demandent des comptes aux fonctionnaires rattachés à ce dossier.
Tout cela me rappelle ce discours de Jean Charest où il indiquait poursuivre son combat pour la langue française et qui comprenait douze fautes majeures.
19 juillet 2013
16 juillet 2013
Si Maxime Martin le dit...
Gala Juste pour rire: «Maxim Martin a lui aussi choisi de parler d’un sujet qui fait jaser, en réclamant plus de cours d’éducation physique dans les écoles et en dénonçant la malbouffe», rapporte ce texte du JdeM.
J'aime les gérants d'estrade. Ceux qui parlent et qui en savent encore moins que moi. Hey Maxime: si tu ajoutes des périodes en éducation physique, tu coupes dans quel cours? Pas anglais. Les jeunes ne savent pas parler la langue de Justin Bieber, tout le monde le sait. Maths? Ils ne savent pas compter... Univers social? Ils sont incultes en histoire... Tiens, pourquoi pas français? Après tout, le français est la matière avec le plus de temps d'enseignement. Et puis, comme le disent certains de mes collègues, ils n'écriront pas mieux, peu importe le temps qu'on leur enseigne.
Seulement, voilà: toute cette question est un faux débat. Le cours «éducation physique» n'est pas un cours de mise en forme ou d'activité physique. Il n'a pas pour but d'être une période de temps où l'on fait bouger les jeunes. De plus, on retrouve une démission hypocrite bien subtile dans cette position: celle des parents qui sont incapables de faire bouger leurs jeunes à la maison et qui demandent à l'école de le faire pour eux.
J'aime les gérants d'estrade. Ceux qui parlent et qui en savent encore moins que moi. Hey Maxime: si tu ajoutes des périodes en éducation physique, tu coupes dans quel cours? Pas anglais. Les jeunes ne savent pas parler la langue de Justin Bieber, tout le monde le sait. Maths? Ils ne savent pas compter... Univers social? Ils sont incultes en histoire... Tiens, pourquoi pas français? Après tout, le français est la matière avec le plus de temps d'enseignement. Et puis, comme le disent certains de mes collègues, ils n'écriront pas mieux, peu importe le temps qu'on leur enseigne.
Seulement, voilà: toute cette question est un faux débat. Le cours «éducation physique» n'est pas un cours de mise en forme ou d'activité physique. Il n'a pas pour but d'être une période de temps où l'on fait bouger les jeunes. De plus, on retrouve une démission hypocrite bien subtile dans cette position: celle des parents qui sont incapables de faire bouger leurs jeunes à la maison et qui demandent à l'école de le faire pour eux.
28 juin 2013
Jouons à concevoir une grille de correction
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À l'invitation de Jean-Pierre Proulx, parlons évaluation. On comprendra comment une grille de correction en écriture de première secondaire «grille» la correction. C'est la même chose qui se produit en cinquième secondaire. Ces grilles sont conçues pour faire passer les élèves quant à moi.
À l'invitation de Jean-Pierre Proulx, parlons évaluation. On comprendra comment une grille de correction en écriture de première secondaire «grille» la correction. C'est la même chose qui se produit en cinquième secondaire. Ces grilles sont conçues pour faire passer les élèves quant à moi.
Avant d'aller plus loin, il faut savoir que ce ne sont pas toutes les fautes
qui comptent de la même manière. Certains guides de correction qui accompagnent
les grilles spécifient qu'on ne peut enlever plus d'une faute de ponctuation ou
de syntaxe par phrase. Ainsi, dans une même phrase, une faute reliée à un
pléonasme et une autre relié à l'emploi erroné d'un pronom devraient être
considérées comme deux fautes distinctes. Ce n'est pas le cas actuellement.
Dans la même veine, en grammaire et orthographe, un même mot
mal orthographié plus d'une fois ne sera pénalisé qu'une fois, ce qui semble
logique. Mais impossible de pénaliser davantage quand il est orthographié de
manière différente plus de deux fois.
Suivant cette règle logique toujours, certains individus ont
suggéré de ne pénaliser qu'une fois l'élève s'il fait plusieurs fautes reliées
à la même notion, par exemple. On voit où la logique peut mener... Au MELS, si
j'ai bonne mémoire, en cinquième secondaire, un correcteur peut apprécier un
texte de la sorte et émettre un jugement professionnel. Ça ouvre la porte à
bien des choses.
Toujours sur l’évaluation, en première secondaire, je ne
peux pas enlever de points pour des erreurs reliées à des notions pas encore
vues en classe. Cela semble logique, sauf quand on constate que, pour nos
pédagogues en chef, on ne peut pas exiger de nos élèves qu'ils maitrisent les
PPA en première secondaire alors que certains les ont vus au primaire...
D'ailleurs, c'est fou le nombre de notions qu'on réserve aux profs de 3, 4 et 5.
Le programme leur balance dans les pattes les règles les plus compliquées avec
les discours les plus complexes. Ouf!
Enfin, si on revient à la grille actuelle, accordez 25 points
à la syntaxe et ponctuation est ridicule. C'est disproportionné. Un bon
enseignant va amener ses élèves à commettre un maximum de 9-10 fautes. Avec la
grille actuelle, il reste alors 19 points aux élèves. C'est une façon indirecte
de limiter les échecs. Je réduirais donc la proportion syntaxe et ponctuation à
un maximum de 20%.
Ensuite, je crois que, quand on commet une faute, on ne peut
pas avoir une note parfaite comme le prescrit cette grille.
Pour le reste, il faut aussi déterminer deux éléments:
- à partir de quel nombre de fautes par mot un élève devrait
être sous le seuil de réussite?
- un échec à certains critères devrait-il entrainer un échec
complet à cet examen?
Pour ma part, en ponctuation et syntaxe, commettre 15 fautes
sur 300 mots (1/20) devrait revenir à 12/20 (60%). Ce qui est assez semblable à
la grille actuelle.
Ensuite, concernant la grammaire et l'orthographe, j'augmenterai le pourcentage qui lui est accordé à 25%. Pour la suite, 15 fautes
sur 300 mots (1/20) devraient revenir à 15/25 (60%). Ici, avec 15 fautes sur 300 mots (1/20), la grille actuelle donne 15/20 (75%).
Enfin, j'établirai un seuil de réussite quant à la maitrise
de la langue. Une faute aux dix mots (30 fautes au total) en grammaire et orthographe entraine un
échec immédiat.
Par exemple, une élève qui obtient 29/45 avec la grille
actuelle (18/25 en ponctuation et 11 sur 20 en grammaire et orthographe) aurait
23/45 (15/20 en ponctuation et syntaxe et 8/25 en grammaire et orthographe). Au
lieu de s'en tirer avec un 74% au général, elle aurait 68%...
À mon avis, une élève qui commet 30 erreurs de grammaire et
d’orthographe en 300 mots devrait être plus près de l'échec.
Pour conclure, soulignons que le ratio d’une faute par vingt
mots me semble généreux.
Ensuite, avec une
telle grille, la plupart de mes élèves aurait vu leur note diminuer et la
démarcation entre les élèves faibles, moyens et forts aurait été plus
claire. Enfin, une baisse de 74 à 68%,
c’est énorme psychologiquement. Un gamin sent qu’il a moins de jeu, disons.
Enfin, une grille et un examen ne sont pas tout. Ce qui
est embêtant également, c’est d’être aussi généreux avec des jeunes alors qu’ils
connaissent le sujet à l’avance et que la rédaction est étalée sur trois
périodes. Quant à moi, ces deux aspects sont suffisants pour invalider toute
cette évaluation.
syntaxe et ponctuation
fautes note
0 20
1-2 19
3-4 18
6-7 17
8-9 16
10-11 15
12-13 14
14 13
15 12
16 11
17 10
18 9
19 8
20 7
21 6
22 5
...
grammaire et orthographe
fautes note
0 25
1-2 24
3-4 23
6 22
7 21
8-9 20
10-11 19
12 18
13 17
14 16
15 15
18 14
19 13
20 12
21 11
22 10
23 9
24 8
...
25 juin 2013
Les ... grilles de correction
Quoi de plus enrageant que de corriger une production écrite en devant respecter les critères et les contraintes des grilles de correction savamment concoctées par les commissions scolaires et le ministère...
Au niveau du contenu, l'échec est quasi impossible. Si l'élève maitrise la structure demandée et sait rédiger une introduction moyenne, il obtiendra un 40 sur 55 avec un développement très ordinaire.
Au niveau de la qualité de l'écriture, voilà où les grilles de correction pervertissent la réalité. Il faut être un cancre de première pour ne pas obtenir suffisamment de points pour réussir cette épreuve tellement on veut s'assurer de la réussite du plus grand nombre. Là où la chose devient carrément pernicieuse est qu'en normalisant une réalité, on atténue l'écart existant entre les élèves faibles et les élèves moyens. Ainsi, un élève faible obtiendra un 74% tandis qu'un élève moyen ira chercher un 84% alors que, dans les faits, le premier maitrise mal le code grammatical comparé à l'autre.
Il suffit de regarder les paramètres que je dois respecter en ce qui a trait à la langue pour comprendre la mécanique de ce mensonge. Un élève qui commet 36 erreurs en 300 mots (15 en syntaxe et ponctuation et 21 en grammaire et orthographe) aura 27 sur 45. L'élève qui en commet 13 ( 4 en syntaxe et ponctuation et 9 en grammaire et orthographe) aura 41 sur 45. L'élève qui fait 23 fautes de plus aura seulement 14 points que l'autre... Un élève qui fait 9 fautes de grammaire et orthographe aura deux points de moins que celui qu'il n'en fait... aucune.
J'ai donc corrigé mes groupes avec cette grille et je ne me suis jamais senti aussi con.
Au niveau du contenu, l'échec est quasi impossible. Si l'élève maitrise la structure demandée et sait rédiger une introduction moyenne, il obtiendra un 40 sur 55 avec un développement très ordinaire.
Au niveau de la qualité de l'écriture, voilà où les grilles de correction pervertissent la réalité. Il faut être un cancre de première pour ne pas obtenir suffisamment de points pour réussir cette épreuve tellement on veut s'assurer de la réussite du plus grand nombre. Là où la chose devient carrément pernicieuse est qu'en normalisant une réalité, on atténue l'écart existant entre les élèves faibles et les élèves moyens. Ainsi, un élève faible obtiendra un 74% tandis qu'un élève moyen ira chercher un 84% alors que, dans les faits, le premier maitrise mal le code grammatical comparé à l'autre.
Il suffit de regarder les paramètres que je dois respecter en ce qui a trait à la langue pour comprendre la mécanique de ce mensonge. Un élève qui commet 36 erreurs en 300 mots (15 en syntaxe et ponctuation et 21 en grammaire et orthographe) aura 27 sur 45. L'élève qui en commet 13 ( 4 en syntaxe et ponctuation et 9 en grammaire et orthographe) aura 41 sur 45. L'élève qui fait 23 fautes de plus aura seulement 14 points que l'autre... Un élève qui fait 9 fautes de grammaire et orthographe aura deux points de moins que celui qu'il n'en fait... aucune.
J'ai donc corrigé mes groupes avec cette grille et je ne me suis jamais senti aussi con.
syntaxe et grammaire et
ponctuation orthographe
0-1 25 0-2 20
2 24 3-6 19
3-4 23 7-9 18
5-6 21 10-11 17
7-8 20 12-13 16
9-10 19 14-15 15
11-12 18 16-17 14
13 16 18-19 13
14-15 15 20-21 12
16-17 13 22-24 11
18 12 25-27 10
19-20 10 28-30 8
21 8 31 7
22 4 32 5
23 et + 0 33 et + 0
17 juin 2013
Enseignante d'éducation physique et fellation
Une enseignante d'éducation physique s'est mise dans une situation problématique alors qu'elle aurait fait une fellation à un de ses élèves de 17 ans lors d'une soirée plutôt festive et qu'elle aurait communiqué avec lui par média électronique en lui envoyant un contenu inapproprié.
Honnêtement, si les faits qui lui sont reprochés sont vrais, il faut ne pas avoir de jugement pour les avoir posés et cette personne mérite de voir son permis d'enseigner suspendu, voire même révoqué.
Il va être difficile pour cette enseignante de nier les faits puisque le jeune lui-même, en voulant la défendre, reconnait qu'elle a posé les gestes qui lui sont reprochés et qui ont mené à son congédiement et à des poursuites criminelles. Si le jeune adulte estime que le comportement de son enseignante était immoral, il s'oppose aux accusations portées contre elle.
Il faut également lire les commentaires des internautes du Journal de Montréal à la suite de cet article: pour désespérer de la race humaine: le jeune garçon est «un maudit chanceux», l'affaire est une «perte de temps», les gens sont «des puritains»...
La loi est pourtant claire: «Un adulte ne peut donc pas avoir d'activités sexuelles avec un jeune de moins de 18 ans s'il est en situation d'autorité, de confiance vis-à-vis le mineur (ex.: entraîneur, enseignant, médecin) ou d'exploitation.» De plus, «quelle que soit l'activité sexuelle sans consentement valable, cela constitue une forme d'agression sexuelle, peu importe l'âge de la personne.» (ici)
Par ailleurs, même entre adultes consentants, il existe des cas où des rapports sexuels, même consentants, peuvent être sanctionnés par un employeur ou un ordre professionnel. Ainsi, pour le Collège des médecins, «aucune forme d'intimité sexuelle n'est tolérée entre un médecin et un patient ou une patiente.»
Mais ici, l'enseignante est dans la trentaine et sexy, les faits reprochés agréables aux yeux de certains... Pas besoin de plus pour perdre la tête, il faut croire.
Honnêtement, si les faits qui lui sont reprochés sont vrais, il faut ne pas avoir de jugement pour les avoir posés et cette personne mérite de voir son permis d'enseigner suspendu, voire même révoqué.
Il va être difficile pour cette enseignante de nier les faits puisque le jeune lui-même, en voulant la défendre, reconnait qu'elle a posé les gestes qui lui sont reprochés et qui ont mené à son congédiement et à des poursuites criminelles. Si le jeune adulte estime que le comportement de son enseignante était immoral, il s'oppose aux accusations portées contre elle.
Il faut également lire les commentaires des internautes du Journal de Montréal à la suite de cet article: pour désespérer de la race humaine: le jeune garçon est «un maudit chanceux», l'affaire est une «perte de temps», les gens sont «des puritains»...
La loi est pourtant claire: «Un adulte ne peut donc pas avoir d'activités sexuelles avec un jeune de moins de 18 ans s'il est en situation d'autorité, de confiance vis-à-vis le mineur (ex.: entraîneur, enseignant, médecin) ou d'exploitation.» De plus, «quelle que soit l'activité sexuelle sans consentement valable, cela constitue une forme d'agression sexuelle, peu importe l'âge de la personne.» (ici)
Par ailleurs, même entre adultes consentants, il existe des cas où des rapports sexuels, même consentants, peuvent être sanctionnés par un employeur ou un ordre professionnel. Ainsi, pour le Collège des médecins, «aucune forme d'intimité sexuelle n'est tolérée entre un médecin et un patient ou une patiente.»
Mais ici, l'enseignante est dans la trentaine et sexy, les faits reprochés agréables aux yeux de certains... Pas besoin de plus pour perdre la tête, il faut croire.
10 juin 2013
La fissure
La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) vit peut-être le début d'une crise qu'elle aurait dû connaitre depuis longtemps. En effet, la commission scolaire Marguerite-Bourgeois a décidé de se désaffilier de celle-ci. Deux autres CS, celles de Marie-Victorin et des Grandes-Seigneuries, devraient suivre sous peu. À elles trois, ces dernières représentent 10% du budget de la Fédération.
À l'origine de ce geste, une prime de départ qui sera un jour versée à la présidente de la FCSQ, mais aussi «un écart grandissant entre la CSMB et la FCSQ sur la vision du rôle de cette fédération, de sa gouvernance et de ses valeurs.»
Quant à moi, il était temps que le rôle et la pertinence de la FCSQ soient remis en question. Au-delà de la dite prime, il y a lieu de questionner le rôle de celle-ci, d'autant plus que son financement provient directement des CS qui essuient des coupures budgétaires depuis des années.
Par contre, les commissaires scolaires sauront-ils faire preuve de cohérence en remettant également en question les primes de départ de leurs propres dirigeants?
Ajout ici.
À l'origine de ce geste, une prime de départ qui sera un jour versée à la présidente de la FCSQ, mais aussi «un écart grandissant entre la CSMB et la FCSQ sur la vision du rôle de cette fédération, de sa gouvernance et de ses valeurs.»
Quant à moi, il était temps que le rôle et la pertinence de la FCSQ soient remis en question. Au-delà de la dite prime, il y a lieu de questionner le rôle de celle-ci, d'autant plus que son financement provient directement des CS qui essuient des coupures budgétaires depuis des années.
Par contre, les commissaires scolaires sauront-ils faire preuve de cohérence en remettant également en question les primes de départ de leurs propres dirigeants?
Ajout ici.
02 mai 2013
Un système qui se noie dans sa propre bêtise
Si vous voulez savoir pourquoi l'éducation se porte aussi mal au Québec, il suffit de regarder l'actualité et d'en tirer des leçons. Dernier événement fascinant en ligne: certains décideurs vont de l'avant avec le projet de la Société de sauvetage du Québec. On a vu déjà à quel point la formation offerte par cet organisme est loin des promesses et des beaux discours mais nos joyeux amis les journalistes relaient tout et n'importe quoi sans véritable analyse ou vérification.
Le titre de l'article tout d'abord: «Lancement des cours de natation au primaire» Pourtant, on est loin de cours de natation. On parle plutôt d'une formation minimale avec un gilet de sauvetage!
Passons par-dessus l'éprouvant anglicisme «Un programme éprouvé». Il est aberrant d'aller de l'avant avec un tel intertitre si on écrit dans le paragraphe qui suit: «Cependant il [le projet] est difficile de calculer son impact réel sur les noyades. » Et ce, d'autant plus que ce programme s'adresse à des enfants de troisième année du primaire alors que les noyades chez les jeunes sont plus souvent le cas d'enfants d'âge pré-scolaire.
Là où le délire atteint son paroxysme est quand on peut lire: «Les enfants apprennent ainsi à s’orienter lorsqu’ils tombent en eau profonde, à nager sur place pendant une minute et à se déplacer sur 50 mètres.» Euh... On parle ici d'une formation donnée dans une piscine municipale avec, rappelons-le, un gilet de sauvetage. Tous les jeunes qui se noient portent un gilet de sauvetage, c'est bien connu.
Et comment ne pas s'étouffer en lisant les propos du directeur général de la Société de sauvetage au Québec, Raynald Hawkins : «On peut tout de même dire que, de façon globale, le nombre de noyades a diminué et que ça fait bouger les enfants.» Ah! en plus d'attendre des preuves formelles de l'efficacité de ce programme, voilà que faire bouger les jeunes est un des nouveaux buts de ce dernier? Du grand n'importe quoi. Supporté par les commissions scolaires de Montréal et Marguerite-Bourgeoys.
Pourquoi l'éducation se porte aussi mal au Québec? Pas besoin de chercher des heures, je vous dis.
Sur le même sujet:
Le titre de l'article tout d'abord: «Lancement des cours de natation au primaire» Pourtant, on est loin de cours de natation. On parle plutôt d'une formation minimale avec un gilet de sauvetage!
Passons par-dessus l'éprouvant anglicisme «Un programme éprouvé». Il est aberrant d'aller de l'avant avec un tel intertitre si on écrit dans le paragraphe qui suit: «Cependant il [le projet] est difficile de calculer son impact réel sur les noyades. » Et ce, d'autant plus que ce programme s'adresse à des enfants de troisième année du primaire alors que les noyades chez les jeunes sont plus souvent le cas d'enfants d'âge pré-scolaire.
Là où le délire atteint son paroxysme est quand on peut lire: «Les enfants apprennent ainsi à s’orienter lorsqu’ils tombent en eau profonde, à nager sur place pendant une minute et à se déplacer sur 50 mètres.» Euh... On parle ici d'une formation donnée dans une piscine municipale avec, rappelons-le, un gilet de sauvetage. Tous les jeunes qui se noient portent un gilet de sauvetage, c'est bien connu.
Et comment ne pas s'étouffer en lisant les propos du directeur général de la Société de sauvetage au Québec, Raynald Hawkins : «On peut tout de même dire que, de façon globale, le nombre de noyades a diminué et que ça fait bouger les enfants.» Ah! en plus d'attendre des preuves formelles de l'efficacité de ce programme, voilà que faire bouger les jeunes est un des nouveaux buts de ce dernier? Du grand n'importe quoi. Supporté par les commissions scolaires de Montréal et Marguerite-Bourgeoys.
Pourquoi l'éducation se porte aussi mal au Québec? Pas besoin de chercher des heures, je vous dis.
Sur le même sujet:
«Nager pour survivre»: un succès avec 36% de réussite (ici)
À propos des noyades au Québec (ici)
À propos du cours «Nager pour survivre» (ici)
«Nager pour survivre» dans les écoles: 40 morts à nuancer (ici)
Pourquoi en troisième année du primaire?(ici)
30 avril 2013
Des propos à ne pas dire
«Alors que certains parents essaient de protéger leurs enfants au mieux en les couvant, une étude anglaise montre que les jeunes surprotégés ont plus tendance à se faire malmener par les autres. Cependant, les parents qui énoncent des règles claires tout en offrant un environnement chaleureux tendent à avoir des enfants moins harcelés par les autres.»
«Les enfants ont besoin de soutien, mais certains parents essaient de protéger leurs enfants de n'importe quelle expérience négative», note-t-il. «Ainsi, ils empêchent leurs enfants à apprendre comment faire face aux autres, les rendant ainsi plus vulnérables.»
Si un prof osait affirmer cela, il se ferait lyncher. Pourtant, combien de fois l'ai-je pensé? Ces phrases est tirée de cet article rapportant une étude effectuée par des chercheurs de l'université de Warwick au Royaume-Uni.
«Les enfants ont besoin de soutien, mais certains parents essaient de protéger leurs enfants de n'importe quelle expérience négative», note-t-il. «Ainsi, ils empêchent leurs enfants à apprendre comment faire face aux autres, les rendant ainsi plus vulnérables.»
Si un prof osait affirmer cela, il se ferait lyncher. Pourtant, combien de fois l'ai-je pensé? Ces phrases est tirée de cet article rapportant une étude effectuée par des chercheurs de l'université de Warwick au Royaume-Uni.
25 avril 2013
Présomption d'innocence en éducation
Je n'ai aucune sympathie pour les individus qui agressent ou abusent sexuellement des enfants ou des mineurs. Par contre, j'ai beaucoup de difficulté avec les gens qui ne semblent manifestement pas tenir compte de la présomption d'innocence.
Le plus récent cas de ce genre de comportement est survenu aujourd'hui et concerne les agissements d'ue surveillante d'élèves de Trois-Rivières qui aurait eu un ou des comportements inappropriés avec un élève.
Sur le site Internet du Journal de Montréal, pour rapporter cet «événement», on retrouve le titre suivant à la une : «Trois-Rivières - Elle agresse un élève». On n'est pas dans la nuance, vous avouerez. Tout d'abord, le verbe employé ici est «agresser». De par sa définition, il indique que cette surveillance aurait fait preuve de contrainte ou de violence physique. Ensuite, il est employé au présent et ne laisse aucun doute quant au fait que l'action aurait effectivement été commise.
Pourtant, le reste du texte en lien est bien plus prudent. Celui-ci a d'ailleurs pour titre: «Trois-Rivières - Une surveillante suspectée d'agression sexuelle congédiée». Ensuite, le lead de ce texte établit enfin des nuances fondamentales: «La surveillante de l’école secondaire l’Académie les Estacades suspectée d’avoir eu des relations sexuelles avec un élève de 16 ans a été congédiée, a confirmé jeudi la Commission scolaire Chemin-du-Roy.» Voilà maintenant qu'elle est suspecté et qu'elle n'aurait pas commis d'agression sexuelle. Cependant, on ne rapporte que la décision du comité exécutif de cette commission scolaire sans trop la remettre en question ou l'interroger. Et le mal est fait si on lit les réactions des internautes qui commettent cette histoire. Aucun ne remet en question la véracité de cet article.
Et parlons un peu de la décision de ce comité exécutif. En effet, il est à se demander s'il ne s'est pas substitué à l'appareil judiciaire. Il a mené une enquête et en est venu à la conclusion que la surveillante a eu une ou des relations sexuelles avec un élève. Or, l'enquête policière est toujours en cours et aucune demande de poursuite n'a été soumise au procureur. Il est peut-être un peu tôt pour avoir agi de la sorte.
La prudence la plus élémentaire demande au minimum que, même si on croit avoir des bases solides en sa possession, de suspendre l'employée fautive jusqu'à ce que les enquêteurs policiers finissent leur travail. J'imagine les recours que cette dernière pourra exercer à l'encontre de la commission scolaire si cette plainte n'est pas retenue.
De même, si la plainte est retenue et que des procédures sont entamées, encore une fois, cette employée a droit à la présomption d'innocence et les journalistes doivent respecter ce fait. Un employeur pourrait-il la congédier? Oui. Mais sa décision devra être basée sur des faits solides et pourrait être légalement contestée. Ensuite, le traitement médiatique de cette histoire devrait faire d'une certaine retenue. Les dérapages sont faciles. Actuellement, on va jusqu'à affirmer que cette surveillante a agressé un élève alors que, dans les faits, on la suspecte d'avoir entretenu une relation inappropriée.
Ici, dans le présent cas, je suis d'avis que la commission scolaire est allée un peu vite en affaire. Tout comme le Journal de Montréal. Mais si ce dernier verse parfois dans le sensationnalisme pour vendre de la copie, la CS, elle, n'a-t-elle pas un certain devoir de retenue et de prudence? Ne serait-ce que, pour éviter d'éventuelles poursuites et devoir verser d'importantes compensations financières?
Le plus récent cas de ce genre de comportement est survenu aujourd'hui et concerne les agissements d'ue surveillante d'élèves de Trois-Rivières qui aurait eu un ou des comportements inappropriés avec un élève.
Sur le site Internet du Journal de Montréal, pour rapporter cet «événement», on retrouve le titre suivant à la une : «Trois-Rivières - Elle agresse un élève». On n'est pas dans la nuance, vous avouerez. Tout d'abord, le verbe employé ici est «agresser». De par sa définition, il indique que cette surveillance aurait fait preuve de contrainte ou de violence physique. Ensuite, il est employé au présent et ne laisse aucun doute quant au fait que l'action aurait effectivement été commise.
Pourtant, le reste du texte en lien est bien plus prudent. Celui-ci a d'ailleurs pour titre: «Trois-Rivières - Une surveillante suspectée d'agression sexuelle congédiée». Ensuite, le lead de ce texte établit enfin des nuances fondamentales: «La surveillante de l’école secondaire l’Académie les Estacades suspectée d’avoir eu des relations sexuelles avec un élève de 16 ans a été congédiée, a confirmé jeudi la Commission scolaire Chemin-du-Roy.» Voilà maintenant qu'elle est suspecté et qu'elle n'aurait pas commis d'agression sexuelle. Cependant, on ne rapporte que la décision du comité exécutif de cette commission scolaire sans trop la remettre en question ou l'interroger. Et le mal est fait si on lit les réactions des internautes qui commettent cette histoire. Aucun ne remet en question la véracité de cet article.
Et parlons un peu de la décision de ce comité exécutif. En effet, il est à se demander s'il ne s'est pas substitué à l'appareil judiciaire. Il a mené une enquête et en est venu à la conclusion que la surveillante a eu une ou des relations sexuelles avec un élève. Or, l'enquête policière est toujours en cours et aucune demande de poursuite n'a été soumise au procureur. Il est peut-être un peu tôt pour avoir agi de la sorte.
La prudence la plus élémentaire demande au minimum que, même si on croit avoir des bases solides en sa possession, de suspendre l'employée fautive jusqu'à ce que les enquêteurs policiers finissent leur travail. J'imagine les recours que cette dernière pourra exercer à l'encontre de la commission scolaire si cette plainte n'est pas retenue.
De même, si la plainte est retenue et que des procédures sont entamées, encore une fois, cette employée a droit à la présomption d'innocence et les journalistes doivent respecter ce fait. Un employeur pourrait-il la congédier? Oui. Mais sa décision devra être basée sur des faits solides et pourrait être légalement contestée. Ensuite, le traitement médiatique de cette histoire devrait faire d'une certaine retenue. Les dérapages sont faciles. Actuellement, on va jusqu'à affirmer que cette surveillante a agressé un élève alors que, dans les faits, on la suspecte d'avoir entretenu une relation inappropriée.
Ici, dans le présent cas, je suis d'avis que la commission scolaire est allée un peu vite en affaire. Tout comme le Journal de Montréal. Mais si ce dernier verse parfois dans le sensationnalisme pour vendre de la copie, la CS, elle, n'a-t-elle pas un certain devoir de retenue et de prudence? Ne serait-ce que, pour éviter d'éventuelles poursuites et devoir verser d'importantes compensations financières?
13 avril 2013
Les analphabètes du clavier
Dans ce texte du Soleil, on parle du fait que certains états américains songent à laisser de côté l'écriture scripte pour accorder plus d'importance au clavier.
Réaction très mitigée de ma part, surtout quand je lis ce passage:
«Ce dernier [ Thierry Karsenti, professeur à l'Université de Montréal et titulaire de
la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information
et de la communication en éducation.] considère que le virage qui s'amorce dans les écoles américaines est «intéressant», tout en insistant sur l'importance de bien maîtriser les outils plutôt que de passer des heures à apprendre une méthode de doigté pour le clavier.
«Quand je vois la vitesse à laquelle les jeunes envoient des textos... je me demande est-ce que les élèves ont vraiment besoin de ça?» lance-t-il.
M. Karsenti pense que les élèves devraient plutôt apprendre à réfléchir à l'aide du correcteur automatique d'un logiciel de traitement de texte, par exemple.
«Au Québec, on s'obstine à ne pas utiliser les nouvelles technologies pour apprendre à mieux écrire, même si on se plaint de la qualité du français depuis des décennies. Avec un correcteur, l'élève reçoit un feedback pour chaque mot qu'il écrit. Il n'y a pas un prof sur la terre qui peut battre ça. Le logiciel souligne les fautes et va amener l'élève à réfléchir, à se poser des questions au fur et à mesure qu'il écrit.»
«Quand je vois la vitesse à laquelle les jeunes envoient des textos... je me demande est-ce que les élèves ont vraiment besoin de ça?» lance-t-il.
M. Karsenti pense que les élèves devraient plutôt apprendre à réfléchir à l'aide du correcteur automatique d'un logiciel de traitement de texte, par exemple.
«Au Québec, on s'obstine à ne pas utiliser les nouvelles technologies pour apprendre à mieux écrire, même si on se plaint de la qualité du français depuis des décennies. Avec un correcteur, l'élève reçoit un feedback pour chaque mot qu'il écrit. Il n'y a pas un prof sur la terre qui peut battre ça. Le logiciel souligne les fautes et va amener l'élève à réfléchir, à se poser des questions au fur et à mesure qu'il écrit.»
Euh... j'enseigne depuis quelques années à des groupes où chaque élève
possède un portable. Rares sont ceux qui maitrisent leur
doigté. On prend généralement pour acquis qu'ils le connaissent alors
qu'il n'en est rien. À tel point que je les considère comme des analphabètes du clavier.
Cela a pour conséquence qu'il leur faut beaucoup plus de temps pour
taper un texte à l'ordinateur que de l'écrire à la main. L'exercice est
si fastidieux parfois qu'ils finissent par négliger la correction de
celui-ci.
M. Karsenti note avec quelle rapidité les jeunes expédient des textos. Il oublie par contre qu'ils utilisent des raccourcis et se soucient peu de la qualité de la langue lors de ces échanges. S'ils devaient respecter l'orthographe et la grammaire, leur vitesse de rédaction serait bien plus lente. Alors, désolé, mais contrairement à ce que croit cet universitaire, oui, il faudrait amener les élèves québécois à «de passer des heures à apprendre une méthode de doigté pour le clavier».
Par ailleurs, M. Karsenti vante les logiciels de correction: «Avec un correcteur, l'élève reçoit un feedback pour chaque mot qu'il écrit. Il n'y a pas un prof sur la terre qui peut battre ça». Pour «apprendre à réfléchir à l'aide du correcteur automatique d'un logiciel de traitement de texte» comme l'écrit ce chercheur, encore faut-il que les élèves connaissent les mécanismes de la langue et les maitrisent, ce qui n'est manifestement pas toujours le cas. Et une partie de cet apprentissage se fait, pour l'instant, plus simplement à la main et avec un enseignant qu'avec un simple ordinateur. Mes élèves, même avec un logiciel de correction, peinent à comprendre leurs erreurs et l'apport de leur prof leur est encore nécessaire, pour ne pas dire essentiel.
Enfin, au risque de surprendre bien des gens, mon expérience m'a surtout montré que les élèves corrigent actuellement mieux leurs textes quand ils les écrivent à la main qu'à l'ordinateur. Ils ont une trop grande confiance en la machine qu'ils utilisent ainsi qu'une méconnaissance certaine des outils de correction et de la langue française.
Je ne suis pas contre les avancées des nouvelles technologiques, la preuve en étant que j'oeuvre au sein d' un programme où les élèves travaillent avec des portables. Néanmoins, je crois qu'il est préférable, pour le bien de nos jeunes, de toujours garder un esprit critique et de ne pas surestimer l'apport de celles-ci. Tout changement en éducation doit être fait prudemment et être accompagné d'un encadrement qui permettra l'atteinte des objectifs qu'on s'est fixés. L'histoire récente de l'éducation au Québec nous a assez démontré les risques des improvisations pédagogiques. La question n'est pas tant de savoir si on doit laisser davantage de place au clavier dans nos écoles que la qualité de cette place elle-même et de l'accompagnement qu'on y consacrera. Et certains raccourcis dans la pensée de M. Karsenti inquiètent l'enseignant d'expérience que je suis.
M. Karsenti note avec quelle rapidité les jeunes expédient des textos. Il oublie par contre qu'ils utilisent des raccourcis et se soucient peu de la qualité de la langue lors de ces échanges. S'ils devaient respecter l'orthographe et la grammaire, leur vitesse de rédaction serait bien plus lente. Alors, désolé, mais contrairement à ce que croit cet universitaire, oui, il faudrait amener les élèves québécois à «de passer des heures à apprendre une méthode de doigté pour le clavier».
Par ailleurs, M. Karsenti vante les logiciels de correction: «Avec un correcteur, l'élève reçoit un feedback pour chaque mot qu'il écrit. Il n'y a pas un prof sur la terre qui peut battre ça». Pour «apprendre à réfléchir à l'aide du correcteur automatique d'un logiciel de traitement de texte» comme l'écrit ce chercheur, encore faut-il que les élèves connaissent les mécanismes de la langue et les maitrisent, ce qui n'est manifestement pas toujours le cas. Et une partie de cet apprentissage se fait, pour l'instant, plus simplement à la main et avec un enseignant qu'avec un simple ordinateur. Mes élèves, même avec un logiciel de correction, peinent à comprendre leurs erreurs et l'apport de leur prof leur est encore nécessaire, pour ne pas dire essentiel.
Enfin, au risque de surprendre bien des gens, mon expérience m'a surtout montré que les élèves corrigent actuellement mieux leurs textes quand ils les écrivent à la main qu'à l'ordinateur. Ils ont une trop grande confiance en la machine qu'ils utilisent ainsi qu'une méconnaissance certaine des outils de correction et de la langue française.
Je ne suis pas contre les avancées des nouvelles technologiques, la preuve en étant que j'oeuvre au sein d' un programme où les élèves travaillent avec des portables. Néanmoins, je crois qu'il est préférable, pour le bien de nos jeunes, de toujours garder un esprit critique et de ne pas surestimer l'apport de celles-ci. Tout changement en éducation doit être fait prudemment et être accompagné d'un encadrement qui permettra l'atteinte des objectifs qu'on s'est fixés. L'histoire récente de l'éducation au Québec nous a assez démontré les risques des improvisations pédagogiques. La question n'est pas tant de savoir si on doit laisser davantage de place au clavier dans nos écoles que la qualité de cette place elle-même et de l'accompagnement qu'on y consacrera. Et certains raccourcis dans la pensée de M. Karsenti inquiètent l'enseignant d'expérience que je suis.
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