Je viens de finir de lire Légendes pédagogiques - L'autodéfense intellectuelle en éducation de Normand Baillargeon. Il est évident que, pour éclairer les idées qui y sont avancées, il serait intéressant de pouvoir consulter une ou des contreparties écrites par des tenants des pratiques qui sont analysées dans cet ouvrage. Mais, aussi bien l'avouer: ce livre me conforte dans mon scepticisme et dans certaines de mes intuitions.
Baillargeon n'hésite pas à questionner (le mot est faible) la pédagogie de la découverte, les intelligences multiples, les styles d’apprentissage (visuel, auditif...), les NTIC, la programmation neurolinguistique (PNL) et j'en passe...
Légendes pédagogiques devrait être obligatoire pour tout éducateur. Pas parce qu'il s'agit d'une façon de se tenir loin de certaines bêtises que certains aimeraient voir instaurer dans nos écoles, mais parce qu'il insiste sur la rigueur que l'on doit mettre de l'avant quand il s'agit d'implanter de nouvelles idées en éducation.
Sur le blogue de Michèle Pourpore, on s'interroge à savoir si un enseignant devrait recourir à certaines approches non scientifiques. Si on se base sur la Loi sur l'instruction publique, on remarquera que ce dernier a le doit «de prendre les modalités d’intervention pédagogique qui correspondent aux besoins et aux objectifs fixés pour chaque groupe ou pour chaque élève qui lui est confié». (article 19.1) Par contre, comment concilier ce droit avec le devoir «de conserver un haut degré de compétence professionnelle» (article 22.6)? Pour ma part, la réponse est assez simple: les méthodes expérimentales n'ont pas leur place dans nos écoles à moins d'être mises de l'avant dans le cadre d'un projet d'évaluation scientifique rigoureux.
À ce propos, faut-il pleurer quand on voit que le MELS permet que se déroulent dans nos écoles des pratiques dont la validité scientifique n'a jamais été démontrée? Isabelle Boucher, de Saint-Jean-sur-Richelieu, a lancé une pétition l'automne dernier contre l'implantation des techniques et des pédagogies expérimentales dans les écoles primaires, comme le Brain Gym et les massages. Si je ne connais pas cette personne, le texte de cette pétition est très intéressant:
CONSIDÉRANT QUE des techniques et des pédagogies expérimentales s’implantent dans les écoles primaires alors que plusieurs sont classées à risque par des organismes d’études des sectes;
CONSIDÉRANT QUE l’exercice de telles pratiques en milieu scolaire constitue une atteinte à la liberté de conscience et de religion;
CONSIDÉRANT QUE les enfants devraient recevoir une formation basée sur la pensée critique et non la pensée magique;
CONSIDÉRANT QUE l’État ne doit pas financer des groupes faisant la promotion de techniques et d’approches pédagogiques non approuvées par le ministère de l’Éducation du loisir et du sport;
CONSIDÉRANT QUE les enfants ont droit à une éducation de qualité et ne devraient pas servir de cobayes;
Nous, soussignés, demandons que le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, adopte des dispositions afin que les techniques et pédagogies expérimentales telles que massage en classe, Brain Gym, programmation neuro-linguistique, yoga, Racines de l'empathie, etc. ne puissent être utilisées dans les écoles publiques québécoises et que les enseignants soient formés et informés en ce sens.
Comment ne pas être consterné par la réponse de la ministre Marie Malavoy: selon elle, c'est aux conseils d'établissement de «déterminer les services et activités les plus adaptés pour le mieux-être des élèves.» À quoi sert le MELS dans ce cas? Si je comprends bien, on ne peut pas enseigner le créationnisme dans nos écoles, mais on peut par contre demander aux jeunes de se frotter les oreilles avec les doigts dans le but de «stimuler la conformation réticulaire du cerveau pour rendre inaudibles les sons distrayants et non pertinentes et rendre audible le langage.» Du grand n'importe-quoi!
Enfin, comment ne pas s'interroger sur la carences quant à la formation des maitres et sur les facultés des sciences de l'éducation qui ne semblent pas si scientifiques finalement? Jamais en médecine on n'accepterait ce qui se passe actuellement en éducation au Québec.
Ici, la table des matière et un aperçu de Légendes pédagogiques
Ici, l'introduction de Légendes pédagogiques
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Juste comme on en parle, cet article de Radio-Canada sur l'effet Mozart.
À noter, aucune étude sérieuse n'a prouvé que l'écoute ou la pratique de la musique, de quelque nature que ce soit, améliore le développement cognitif des enfants. Ce mythe a la dent très dure.
26 décembre 2013
17 décembre 2013
Bientôt un cours de criminologie dans une école secondaire près de chez vous
Dans la foulée de la publication du rapport du coroner sur ce qu'il est convenu d'appeler l'«Affaire Villanueva», certaines recommandations s'adressent spécifiquement au MELS. Les voici:
À la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport :
· de promouvoir, dès le début du secondaire :
Pas de problème. Peut-on faire des examens pratiques?
À la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport :
· de promouvoir, dès le début du secondaire :
- - l’enseignement de la façon adéquate de se comporter avec un policier lors d’une interpellation pour une infraction criminelle ou pénale et la façon de contester une accusation criminelle ou un constat d’infraction;
- - l’enseignement de la façon adéquate de se comporter en cas d’interpellation ou d’arrestation d’un tiers, en insistant sur les risques d’intervenir et sur la perception que les policiers peuvent avoir d’une telle intervention;
- - l’enseignement des conséquences pour une personne qui refuse d’établir son identité à la demande d’un agent de la paix qui l’informe qu’elle a commis une infraction.
Pas de problème. Peut-on faire des examens pratiques?
14 décembre 2013
À propros des jeunes et de l'écriture
On reproche souvent aux jeunes d'écrire des textes bourrés d'erreurs. Ce que je remarque de plus en plus, c'est cette situation existe pour deux raisons.
Un manque d'effort certain quant à l'idée de se corriger. Se doter d'une méthode de correction efficace, chercher l'orthographe d'un mot au dictionnaire... Tout cela est trop exigeant pour des élèves qui se contentent de réussir avec un score moyen que leur permettent d'atteindre des grilles de correction complaisantes.
Et puis, il y a cette incompréhension complète quant aux mécanismes de la langue. Je ne parle pas de toutes ces opérations de la nouvelle grammaire! Mes jeunes sont des professionnels du repérage des GNs, des GV et des GFCP, à condition qu'on ne mélange pas l'ordre de ces constituants d'une phrase. Non, ils ne savent pas différencier un adjectif d'un nom ou d'un verbe. Ils écrivent «Ils sont servient» parce que «servient» est un verbe selon eux.
Voilà. La classe des mots et des groupes de mots.
Un manque d'effort certain quant à l'idée de se corriger. Se doter d'une méthode de correction efficace, chercher l'orthographe d'un mot au dictionnaire... Tout cela est trop exigeant pour des élèves qui se contentent de réussir avec un score moyen que leur permettent d'atteindre des grilles de correction complaisantes.
Et puis, il y a cette incompréhension complète quant aux mécanismes de la langue. Je ne parle pas de toutes ces opérations de la nouvelle grammaire! Mes jeunes sont des professionnels du repérage des GNs, des GV et des GFCP, à condition qu'on ne mélange pas l'ordre de ces constituants d'une phrase. Non, ils ne savent pas différencier un adjectif d'un nom ou d'un verbe. Ils écrivent «Ils sont servient» parce que «servient» est un verbe selon eux.
Voilà. La classe des mots et des groupes de mots.
10 décembre 2013
Lire à ses enfants égale réussite?
Parfois, dans les journaux, on nous rapporte les résultats de certaines études en éducation et il est difficile de les commenter justement, n'ayant pas accès directement à celles-ci.
Le dernier cas en lice est cette étude dont traite cet article du Soleil. Selon des chercheures de l'Institut de la statistique du Québec, lire des histoires en bas âge donnerait aux jeunes de bons résultats en français mais aussi en mathématiques:
«Les résultats de leur enquête sont probants : les élèves du primaire à qui un adulte faisait la lecture quotidiennement vers l'âge d'un an et demi «sont proportionnellement plus nombreux à avoir réussi l'épreuve de mathématique [du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport] que les autres enfants», concluent les auteurs. Cette proportion est de 82 % contre 74 % pour les jeunes dont les parents ont moins souvent tourné les pages d'un livre avec eux.»
Là où j'ai un problème, c'est que je me demande si c'est le fait qu'on ait lu des histoires à ces jeunes qui explique leur réussite. C'est le danger de ces relations de cause à effet basées sur deux variables. Ce succès ne serait-ce pas plutôt causé par le fait d'avoir des parents prêts à consacrer du temps à leur enfant? Le fait de lire des histoires ne montre-t-il pas un engagement significatif de la part de ceux-ci? A-t-on mesuré l'effet d'autres formes d'engagement parental? Par exemple, qu'en est-il d'un parent qui fait du sport quotidiennement avec son enfant?
Une autre partie de cette étude me laisse songeur. Il faut lire tout ce paragraphe pour comprendre mes interrogations:
«Si la télévision et les jeux vidéo n'ont pas d'impact sur la performance des élèves de sixième année en mathématique, en revanche, les heures passées à naviguer sur Internet peuvent faire la différence. C'est du moins ce que concluent les chercheuses de l'Institut de la statistique (ISQ) Karine Tétreault et Hélène Desrosiers, dans un fascicule publié lundi. Cette dernière explique que l'analyse a permis de démontrer que les enfants qui passent moins d'une heure ou plus de six heures par semaine devant l'ordinateur pour autre chose que des activités liées à l'école sont moins nombreux à avoir réussi l'épreuve obligatoire de sixième année. «Ça sonne une petite cloche», lance Mme Desrosiers, affirmant que cela signifie probablement que les jeunes consacrent ainsi probablement moins de temps à la lecture ou peut-être même à leurs devoirs. Contrairement à la croyance populaire, ses analyses n'ont cependant pas pu démontrer que la télévision et les jeux vidéo avaient un impact négatif sur la réussite en mathématique.»
J'aimerais ça entendre le son de cette cloche. Est-ce à dire qu'un enfant peut passer des heures et des heures devant la télé ou des jeux vidéo sans aucun problème? En quoi l'effet d'internet est-il différent?
Le dernier cas en lice est cette étude dont traite cet article du Soleil. Selon des chercheures de l'Institut de la statistique du Québec, lire des histoires en bas âge donnerait aux jeunes de bons résultats en français mais aussi en mathématiques:
«Les résultats de leur enquête sont probants : les élèves du primaire à qui un adulte faisait la lecture quotidiennement vers l'âge d'un an et demi «sont proportionnellement plus nombreux à avoir réussi l'épreuve de mathématique [du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport] que les autres enfants», concluent les auteurs. Cette proportion est de 82 % contre 74 % pour les jeunes dont les parents ont moins souvent tourné les pages d'un livre avec eux.»
Là où j'ai un problème, c'est que je me demande si c'est le fait qu'on ait lu des histoires à ces jeunes qui explique leur réussite. C'est le danger de ces relations de cause à effet basées sur deux variables. Ce succès ne serait-ce pas plutôt causé par le fait d'avoir des parents prêts à consacrer du temps à leur enfant? Le fait de lire des histoires ne montre-t-il pas un engagement significatif de la part de ceux-ci? A-t-on mesuré l'effet d'autres formes d'engagement parental? Par exemple, qu'en est-il d'un parent qui fait du sport quotidiennement avec son enfant?
Une autre partie de cette étude me laisse songeur. Il faut lire tout ce paragraphe pour comprendre mes interrogations:
«Si la télévision et les jeux vidéo n'ont pas d'impact sur la performance des élèves de sixième année en mathématique, en revanche, les heures passées à naviguer sur Internet peuvent faire la différence. C'est du moins ce que concluent les chercheuses de l'Institut de la statistique (ISQ) Karine Tétreault et Hélène Desrosiers, dans un fascicule publié lundi. Cette dernière explique que l'analyse a permis de démontrer que les enfants qui passent moins d'une heure ou plus de six heures par semaine devant l'ordinateur pour autre chose que des activités liées à l'école sont moins nombreux à avoir réussi l'épreuve obligatoire de sixième année. «Ça sonne une petite cloche», lance Mme Desrosiers, affirmant que cela signifie probablement que les jeunes consacrent ainsi probablement moins de temps à la lecture ou peut-être même à leurs devoirs. Contrairement à la croyance populaire, ses analyses n'ont cependant pas pu démontrer que la télévision et les jeux vidéo avaient un impact négatif sur la réussite en mathématique.»
J'aimerais ça entendre le son de cette cloche. Est-ce à dire qu'un enfant peut passer des heures et des heures devant la télé ou des jeux vidéo sans aucun problème? En quoi l'effet d'internet est-il différent?
07 décembre 2013
Tests PISA: qui dit vraiment vrai?
Les résultats des PISA 2012 sont sortis tout récemment (PISA: Programme international pour le suivi des acquis des élèves de l'OCDE). Et il n'en fallait pas plus pour qu'Alain Dubuc de La Presse y aille avec son analyse intitulée Est-ce vraiment vrai? en affirmant: «Le système d’éducation québécois est clairement un des meilleurs au monde.»
Euh? M. Dubuc a-t-il seulement lu avec attention le document À la hauteur: Résultats canadiens de l'étude PISA de l'OCDE (ici) du Conseil des ministres de l'Éducation du Canada et du gouvernement canadien? Si le Québec s'en tire encore généralement très bien en 2012 au niveau international, il en va autrement de la performance québécoise au fil des années comme le montrent ces chiffres:
Maths: 536 points en 2003, 540 points en 2006, 543 points en 2009 et 536 points en 2012. (p. 77)
Lecture: 536 en 2000, 525 points en 2003, 522 points en 2006, 522 points en 2009 et 520 points en 2012. (p. 91)
Science: 531 en science 2006, 524 points en 2009 et 516 points en 2012. (p. 91)
Alors qu'il écrit «Depuis que le PISA a été lancé, en l’an 2000, le Québec ''pète des scores''», M. Dubuc a-t-il réalisé que le Québec connait en 2012 une baisse dans les trois volets évalués? Quand il souligne que les scores des élèves québécois sont ceux des élèves de la réforme, réalise-t-il que ce sont ces derniers qui ont généralement obtenu les moins bons scores depuis 12 ans? On dirait bien que non. Dans les faits, à part les mathématiques, le Québec connait des baisses plus importantes que la moyenne canadienne.
Plus préoccupant encore, dans la conclusion du document que j'ai précédemment cité, on peut lire: «Les résultats du PISA 2012 confirment la réussite de nos système d'éducation d'un point de vue international. En effet, le Canada demeure dans le petit groupe des pays les plus performants, et atteint ce classement tout en ayant, dans l’ensemble, des résultats équitables. Cependant, la tendance relative à la diminution des scores moyens notés dans les cycles passés du PISA se confirme en 2012.» (p. 49)
En conclusion, M. Dubuc ne voit pas l'urgence d'adopter des changements importants en éducation: «Pour l’améliorer, nous ne sommes pas dans les déchirements existentiels, mais dans le fine tuning.»* Ah bon? Pourtant, selon les mêmes experts, cette tendance canadienne à la baisse «pourrait signifier clairement le besoin, pour les ministère de l'Éducation et les partenaires de l'Éducation, de travailler ensemble pour valider les politiques actuelles en éducation. les résultats d'apprentissage, les méthodes et les stratégies pédagogiques ainsi que d'affecter les ressources nécessaires pour s'assurer de continuer de satisfaire aux besoins de notre société.» (p. 50)
Qui dit «vraiment vrai» finalement?
* Fine tuning? J'imagine que c'est la pauvreté du vocabulaire de M. Dubuc qui l'oblige à cet anglicisme...
Euh? M. Dubuc a-t-il seulement lu avec attention le document À la hauteur: Résultats canadiens de l'étude PISA de l'OCDE (ici) du Conseil des ministres de l'Éducation du Canada et du gouvernement canadien? Si le Québec s'en tire encore généralement très bien en 2012 au niveau international, il en va autrement de la performance québécoise au fil des années comme le montrent ces chiffres:
Maths: 536 points en 2003, 540 points en 2006, 543 points en 2009 et 536 points en 2012. (p. 77)
Lecture: 536 en 2000, 525 points en 2003, 522 points en 2006, 522 points en 2009 et 520 points en 2012. (p. 91)
Science: 531 en science 2006, 524 points en 2009 et 516 points en 2012. (p. 91)
Alors qu'il écrit «Depuis que le PISA a été lancé, en l’an 2000, le Québec ''pète des scores''», M. Dubuc a-t-il réalisé que le Québec connait en 2012 une baisse dans les trois volets évalués? Quand il souligne que les scores des élèves québécois sont ceux des élèves de la réforme, réalise-t-il que ce sont ces derniers qui ont généralement obtenu les moins bons scores depuis 12 ans? On dirait bien que non. Dans les faits, à part les mathématiques, le Québec connait des baisses plus importantes que la moyenne canadienne.
Plus préoccupant encore, dans la conclusion du document que j'ai précédemment cité, on peut lire: «Les résultats du PISA 2012 confirment la réussite de nos système d'éducation d'un point de vue international. En effet, le Canada demeure dans le petit groupe des pays les plus performants, et atteint ce classement tout en ayant, dans l’ensemble, des résultats équitables. Cependant, la tendance relative à la diminution des scores moyens notés dans les cycles passés du PISA se confirme en 2012.» (p. 49)
En conclusion, M. Dubuc ne voit pas l'urgence d'adopter des changements importants en éducation: «Pour l’améliorer, nous ne sommes pas dans les déchirements existentiels, mais dans le fine tuning.»* Ah bon? Pourtant, selon les mêmes experts, cette tendance canadienne à la baisse «pourrait signifier clairement le besoin, pour les ministère de l'Éducation et les partenaires de l'Éducation, de travailler ensemble pour valider les politiques actuelles en éducation. les résultats d'apprentissage, les méthodes et les stratégies pédagogiques ainsi que d'affecter les ressources nécessaires pour s'assurer de continuer de satisfaire aux besoins de notre société.» (p. 50)
Qui dit «vraiment vrai» finalement?
* Fine tuning? J'imagine que c'est la pauvreté du vocabulaire de M. Dubuc qui l'oblige à cet anglicisme...
28 septembre 2013
Pourquoi ne pas proroger les conseils des commissaires?
Quand le gouvernement Harper ne veut pas faire face à l'opposition, il proroge tout simplement le Parlement. On ferme la shop et plus de problème avec les députés adverses et les journalistes! C'est un peu ce à quoi doivent rêver certains décideurs de la commission scolaire Val-des-Cerfs, si on se base sur ce texte paru dans le journal La Voix de l'Est et que je reproduis intégralement ici.
Chose certaine, il y a quelque chose de malsain chez les Cervidés.
Le commissaire de Granby a lancé cette affirmation mardi soir après qu’une séance publique se soit transformée en séance à huis clos en l’espace de quelques minutes en pleine période de questions du public. Il est clair que les questions dérangeaient les élus et la direction générale de l’organisme.
(Petit aparté ici : exiger que les personnes souhaitant poser une question aux élus scolaires doivent non seulement d’abord s’inscrire sur une liste, mais aussi indiquer le sujet qu’ils veulent aborder est excessif en démocratie. Ce contrôle revêt un caractère d’intimidation en ce sens qu’il décourage les gens de se présenter au micro.)
Le président de la commission scolaire, Guy Vincent, a suspendu la partie publique de la séance jusqu’à 21 h 30, deux heures plus tard. Quand on veut s’assurer que personne n’assiste aux délibérations des commissaires et que l’heure de tombée des journalistes est passée, impossible de mieux s’y prendre.
Une organisation publique peut siéger à huis clos lorsque certains points sensibles sont discutés. Mais quand une poignée de commissaires se lèvent en même temps et quittent la salle ensemble en pleine période de questions, du coup brisant le quorum, difficile de ne pas y voir l’orchestration d’un coup monté. Surtout que le président du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, Éric Bédard, était au micro. Le syndicaliste a le don de toujours poser des questions embarrassantes sur les décisions de la direction générale. Le journaliste de La Voix de l’Est qui assurait la couverture de l’assemblée, Jean-François Guillet, était le deuxième prévu au micro. Sa question allait porter sur la série de démissions chez les cadres de la commission scolaire. Aucun des deux n’a pu s’exécuter.
C’est une honteuse mascarade de la part d’administrateurs scolaires dont la pertinence est remise en question. Qu’elle vienne de gens élus pour gérer 170 millions de dollars de deniers publics ajoute à son invraisemblance.
Il y a quelque chose de pourri à la commission scolaire Val-des-Cerfs, dirait sans doute Shakespeare de ce qui se trame dans cette organisation.
Plusieurs cadres ont démissionné ces dernières années pour poursuivre leur carrière sous d’autres cieux. Aucune explication sérieuse n’a été donnée. Des sanctions ont été imposées contre des directeurs d’école. Encore ici aucune explication crédible n’a été offerte. Des dizaines de milliers de dollars ont été dépensés dans des affrontements avec le syndicat des enseignants. Le directeur général de la commission scolaire, André Messier, exercerait un « leadership dans ta face » envers des membres du personnel. Des sources parlent d’ambiance d’intimidation concernant le plus haut fonctionnaire de la boîte.
Intimidation. Le mot est lancé. Mes enfants ont encore reçu cette année à leur école la politique de la commission scolaire sur l’intimidation. Elle décrit ce qu’est l’intimidation et les conséquences qui pèsent sur leurs auteurs.
Les commissaires scolaires devraient peut-être lire cette politique et confronter le directeur général sur son style de gestion des ressources humaines. Ça ressemble en tout point à de l’intimidation.
Qu’attendent les commissaires pour s’informer de ce qui se passe dans leur organisation — pas seulement en se contentant des informations véhiculées par la direction générale ? Qu’attendent-ils pour poser de vraies questions à la direction générale ? Qu’attendent-ils pour lui exiger une reddition de compte ? Qu’attendent-ils pour faire preuve de sens critique ? Qu’attendent-ils pour agir ? Qu’attendent-ils pour faire leur travail ?
Ils ont été élus — et sont payés — pour représenter les citoyens. Pas pour fermer les yeux devant un tel cirque !
Chose certaine, il y a quelque chose de malsain chez les Cervidés.
Le cirque des guignols
Guy Gaudord a bien raison : les administrateurs de la commission scolaire Val-des-Cerfs ont l’air « d’épais ». Le terme guignol collerait également, si je peux me permettre une suggestion de quolibet.Le commissaire de Granby a lancé cette affirmation mardi soir après qu’une séance publique se soit transformée en séance à huis clos en l’espace de quelques minutes en pleine période de questions du public. Il est clair que les questions dérangeaient les élus et la direction générale de l’organisme.
(Petit aparté ici : exiger que les personnes souhaitant poser une question aux élus scolaires doivent non seulement d’abord s’inscrire sur une liste, mais aussi indiquer le sujet qu’ils veulent aborder est excessif en démocratie. Ce contrôle revêt un caractère d’intimidation en ce sens qu’il décourage les gens de se présenter au micro.)
Le président de la commission scolaire, Guy Vincent, a suspendu la partie publique de la séance jusqu’à 21 h 30, deux heures plus tard. Quand on veut s’assurer que personne n’assiste aux délibérations des commissaires et que l’heure de tombée des journalistes est passée, impossible de mieux s’y prendre.
Une organisation publique peut siéger à huis clos lorsque certains points sensibles sont discutés. Mais quand une poignée de commissaires se lèvent en même temps et quittent la salle ensemble en pleine période de questions, du coup brisant le quorum, difficile de ne pas y voir l’orchestration d’un coup monté. Surtout que le président du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, Éric Bédard, était au micro. Le syndicaliste a le don de toujours poser des questions embarrassantes sur les décisions de la direction générale. Le journaliste de La Voix de l’Est qui assurait la couverture de l’assemblée, Jean-François Guillet, était le deuxième prévu au micro. Sa question allait porter sur la série de démissions chez les cadres de la commission scolaire. Aucun des deux n’a pu s’exécuter.
C’est une honteuse mascarade de la part d’administrateurs scolaires dont la pertinence est remise en question. Qu’elle vienne de gens élus pour gérer 170 millions de dollars de deniers publics ajoute à son invraisemblance.
Il y a quelque chose de pourri à la commission scolaire Val-des-Cerfs, dirait sans doute Shakespeare de ce qui se trame dans cette organisation.
Plusieurs cadres ont démissionné ces dernières années pour poursuivre leur carrière sous d’autres cieux. Aucune explication sérieuse n’a été donnée. Des sanctions ont été imposées contre des directeurs d’école. Encore ici aucune explication crédible n’a été offerte. Des dizaines de milliers de dollars ont été dépensés dans des affrontements avec le syndicat des enseignants. Le directeur général de la commission scolaire, André Messier, exercerait un « leadership dans ta face » envers des membres du personnel. Des sources parlent d’ambiance d’intimidation concernant le plus haut fonctionnaire de la boîte.
Intimidation. Le mot est lancé. Mes enfants ont encore reçu cette année à leur école la politique de la commission scolaire sur l’intimidation. Elle décrit ce qu’est l’intimidation et les conséquences qui pèsent sur leurs auteurs.
Les commissaires scolaires devraient peut-être lire cette politique et confronter le directeur général sur son style de gestion des ressources humaines. Ça ressemble en tout point à de l’intimidation.
Qu’attendent les commissaires pour s’informer de ce qui se passe dans leur organisation — pas seulement en se contentant des informations véhiculées par la direction générale ? Qu’attendent-ils pour poser de vraies questions à la direction générale ? Qu’attendent-ils pour lui exiger une reddition de compte ? Qu’attendent-ils pour faire preuve de sens critique ? Qu’attendent-ils pour agir ? Qu’attendent-ils pour faire leur travail ?
Ils ont été élus — et sont payés — pour représenter les citoyens. Pas pour fermer les yeux devant un tel cirque !
24 septembre 2013
Lysiane Gagnon et le port de signes religieux: une analyse décevante (ajout)
J’ai
longtemps admiré le travail de Lysiane Gagnon.
Puis, avec le temps, ses analyses m’ont désenchanté par leur manque de rigueur
ou de connaissance du quotidien. Ma dernière déception en lice a trait à sa prise de position contre l’interdiction du port de symboles religieux
ostentatoires chez les enseignants lundi dernier.
Pour madame Gagnon, le pouvoir d’un
enseignant sur un élève serait moindre
que les professions chez qui la commission Bouchard-Taylor souhaitait voir
afficher une neutralité certaine, soit les juges, les policiers et les
procureurs de la Couronne. Également, l’enseignant n’incarnerait pas l’État et ne
serait plus aujourd’hui une figure d’autorité. Enfin, il existerait davantage
de recours possible contre des comportements arbitraires d’un enseignant que
pour un juge, par exemple.
Pourtant, Mme Gagnon sait-elle que,
légalement, un enseignant est en quelque sorte le dépositaire de l’autorité
parentale des enfants qui lui sont confiés ? Qu’un enseignant peut
procéder à des actions s’apparentant à celles exercées par des policiers, par
exemple à des fouilles dans le cas de ventes de drogue ?
Soutenir qu’il est inutile d’exiger des
enseignants qu’ils affichent une image neutre parce qu’ils ne sont plus aujourd’hui
des figures d’autorité vient simplement amplifier ce phénomène qu’elle dénonce
pourtant fréquemment.
Par ailleurs, Mme Gagnon se questionne à
savoir quelle influence pourrait avoir le port de signes ostentatoires sur les
jeunes? Dans son analyse, elle semble manifestement ignorer que, dans de
nombreuses études, on identifie la relation maitre/élève comme un facteur
déterminant dans la réussite scolaire des jeunes. Je ne dis pas que le fait
qu’un enseignant porte une kippa fera décrocher des jeunes, loin de là.
Simplement, je comprends mal qu’une spécialiste de l’éducation ne sache pas ce
fait ou ne le mentionne même pas.
De plus, cette chroniqueuse écrit : «Dans ce foisonnement d'influences diverses,
que pèse la présence d'un enseignant dévot, sur la dizaine d'enseignants
auxquels un élève aura affaire chaque année?» Encore une fois, Mme Gagnon
semble oublier des réalités toutes simples. Ainsi, au primaire, chaque année,
les enfants n’ont de contacts directs qu’avec un enseignant tuteur et parfois deux
ou trois spécialistes.
À la question maintenant de l’influence des
signes ostentatoires sur les jeunes, si elle est si inoffensive, pourquoi
certaines communautés refusent-elles systématiquement que leurs enfants soient
en contact avec des individus n’affichant pas leurs valeurs ?
Concernant sa référence à l’ouverture
préconisée par le cours d’Éthique et culture
religieuse pour justifier le port des symboles religieux ostentatoires par
des enseignants, Mme Gagnon gagnerait à lire le programme concernant celui-ci.
Ainsi, on peut y lire que l’enseignant donnant ce cours doit manifester un
devoir de réserve dans l’exercice de sa profession. Ainsi, on indique que:
- l’enseignant «ne doit pas faire valoir ses croyances ni ses points de vue;
- «il lui faut comprendre l’importance de conserver une distance critique à l’égard de sa propre vision du monde, notamment de ses convictions, de ses valeurs et de ses croyances.t« pas faire valoir ses croyances ni ses points de vue»;
- «pour ne pas influencer les élèves dans l’élaboration de leur point de vue, il s’abstient de donner le sien.»
Je crois qu’il existe des différences importantes
entre des fonctionnaires travaillant dans un bureau au complexe G et des individus
oeuvrant auprès de nos jeunes. Pour cette raison, il y a lieu de s’interroger
sur le port de symboles religieux ostentatoires par ces derniers. Si Mme Gagnon
a su débattre de ce point avec respect, contrairement à bien d’autres
commentateurs depuis quelque temps, il n’en demeure pas moins que sa prise de
position, en tout respect, me semble par moment plutôt faible.
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Dans Le Devoir ce matin, on peut lire cette lettre de Paul Inchauspé, qui voit dans ce projet de charte la continuité du mouvement entrepris pour «compléter la laïcisation du curriculum» de l'école québécoise.
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Dans Le Devoir ce matin, on peut lire cette lettre de Paul Inchauspé, qui voit dans ce projet de charte la continuité du mouvement entrepris pour «compléter la laïcisation du curriculum» de l'école québécoise.
23 septembre 2013
«Générosité professionnelle» et décrochage des enseignants: ça fera!
Parfois, j'ai du mal à garder mon calme quand je lis certains articles. Ma plus récente montée de pression est survenue à la suite de ce texte publié dans La Presse. Il rapporte les propos, parfois intéressants, de Johanne Patry, directrice adjointe à la pédagogie au Collège Français de Longueuil.
Alors que cet article parle de décrochage des jeunes enseignants, je remarque qu'on oublie de mentionner, quant à moi, deux facteurs primordiaux par rapport à ce phénomène: la formation universitaire déficiente des enseignants et le fait qu'on ne devrait même pas avoir permis à certains de s'être rendus jusque là. Ces deux causes sont le reflet d'un système inefficace qui se reproduit et on n'en parle que très peu. Allez savoir pourquoi.
Un autre point abordé dans ce texte concerne les profs drop in. Je cite:
«Les drop-in, selon elle, sont ces enseignants qui demeurent en poste, mais font le strict minimum. Ils ont perdu la passion du métier, ne sont pas motivés et ne participent pas aux activités de formation continue offertes.
«Ils manquent d'engagement et de ce que j'appelle la «générosité professionnelle», en se limitant strictement à leur définition de tâches, dit-elle. On parle ici de cas extrêmes, mais malheureusement, ces cas extrêmes font des dommages dans le système scolaire. Les élèves en souffrent.»
Pour Mme Patry, le ressourcement, la formation continue et la communication sont trois solutions à ce problème.
Que cette analyse est réductrice et culpabilisante! Tout semble réduit à l'enseignant. Et ce concept de «générosité professionnelle»... Désolé, mais on dirait que cette dame a oublié certaines choses.
Tiens, si on parlait des directions d'école qui coupe 15 minutes à un enseignant en retard alors qu'il fait bénévolement trois heures de récupération par cycle de neuf jours? Quelle belle façon de motiver les troupes, n'est-ce pas!
Tiens, si on parlait de l'absence de moyens et de ressources pour permettre aux enseignants de travailler efficacement avec les élèves qu'on leur confie?
Tiens, si on parlait de tous ces profs qui paient du matériel pédagogique ou de classe à même leur salaire? D'ailleurs, comme le dit cette blague, l'enseignement est sûrement un des rares métiers où l'on vole des choses à la maison pour les amener au travail...
Ma liste s'arrête là simplement pour des raisons de santé. Je dois éviter de m'emporter.
La «générosité professionnelle»? Ça entre où dans mon horaire de travail qu'on me demande de mettre par écrit et pour lequel je dois justifier chaque minute? Cette année, je déborde de partout en activités avec les élèves et on veut m"imposer en surplus de surveiller la retenue de temps en temps. Ma réplique, je la transmettrais avec joie à Mme Patry: «Est-ce que je peux au moins choisir mon bénévolat, s'il vous plait?»
Cette dernière dit à propos des professeurs drop in: «On parle ici de cas extrêmes, mais malheureusement, ces cas extrêmes font des dommages dans le système scolaire. Les élèves en souffrent.»
Veut-elle la liste des facteurs qui ne sont pas extrêmes et qui font beaucoup plus de dommages dans le système scolaire?
«Générosité professionnelle». Un euphémisme signifiant «piège à con», oui.
Alors que cet article parle de décrochage des jeunes enseignants, je remarque qu'on oublie de mentionner, quant à moi, deux facteurs primordiaux par rapport à ce phénomène: la formation universitaire déficiente des enseignants et le fait qu'on ne devrait même pas avoir permis à certains de s'être rendus jusque là. Ces deux causes sont le reflet d'un système inefficace qui se reproduit et on n'en parle que très peu. Allez savoir pourquoi.
Un autre point abordé dans ce texte concerne les profs drop in. Je cite:
«Les drop-in, selon elle, sont ces enseignants qui demeurent en poste, mais font le strict minimum. Ils ont perdu la passion du métier, ne sont pas motivés et ne participent pas aux activités de formation continue offertes.
«Ils manquent d'engagement et de ce que j'appelle la «générosité professionnelle», en se limitant strictement à leur définition de tâches, dit-elle. On parle ici de cas extrêmes, mais malheureusement, ces cas extrêmes font des dommages dans le système scolaire. Les élèves en souffrent.»
Pour Mme Patry, le ressourcement, la formation continue et la communication sont trois solutions à ce problème.
Que cette analyse est réductrice et culpabilisante! Tout semble réduit à l'enseignant. Et ce concept de «générosité professionnelle»... Désolé, mais on dirait que cette dame a oublié certaines choses.
Tiens, si on parlait des directions d'école qui coupe 15 minutes à un enseignant en retard alors qu'il fait bénévolement trois heures de récupération par cycle de neuf jours? Quelle belle façon de motiver les troupes, n'est-ce pas!
Tiens, si on parlait de l'absence de moyens et de ressources pour permettre aux enseignants de travailler efficacement avec les élèves qu'on leur confie?
Tiens, si on parlait de tous ces profs qui paient du matériel pédagogique ou de classe à même leur salaire? D'ailleurs, comme le dit cette blague, l'enseignement est sûrement un des rares métiers où l'on vole des choses à la maison pour les amener au travail...
Ma liste s'arrête là simplement pour des raisons de santé. Je dois éviter de m'emporter.
La «générosité professionnelle»? Ça entre où dans mon horaire de travail qu'on me demande de mettre par écrit et pour lequel je dois justifier chaque minute? Cette année, je déborde de partout en activités avec les élèves et on veut m"imposer en surplus de surveiller la retenue de temps en temps. Ma réplique, je la transmettrais avec joie à Mme Patry: «Est-ce que je peux au moins choisir mon bénévolat, s'il vous plait?»
Cette dernière dit à propos des professeurs drop in: «On parle ici de cas extrêmes, mais malheureusement, ces cas extrêmes font des dommages dans le système scolaire. Les élèves en souffrent.»
Veut-elle la liste des facteurs qui ne sont pas extrêmes et qui font beaucoup plus de dommages dans le système scolaire?
«Générosité professionnelle». Un euphémisme signifiant «piège à con», oui.
22 septembre 2013
Les écoles doivent faire plus de...
C'est fou combien de fois par mois on relève ce que l'école devrait faire de plus. Juste aujourd'hui:
J'ai aussi hâte à une manif de parents qui réclameraient du matériel scolaire dans les classes. mais ça, c'est un rêve...
- Selon le directeur du centre Portage, François Bourdon, les écoles devraient faire davantage de prévention [en ce qui a trait à la toxicomanie].
- Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage, espère que le gouvernement instaure rapidement le programme de prévention Nager pour survivre dans les écoles primaires.
J'ai aussi hâte à une manif de parents qui réclameraient du matériel scolaire dans les classes. mais ça, c'est un rêve...
14 septembre 2013
Symboles religieux: un débat mal lancé
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Délicat
comme sujet. Et mon opinion n’est pas affirmée ni confirmée. Beaucoup de
questionnements. Beaucoup trop de préjugés encore. Et de moins en moins de
certitudes.
Une chose est certaine : les mots sont des pièges
et des traîtes et, si j’ai longuement hésité à écrire sur ce sujet, c’est par
la peur du jugement de l’autre, quel que soit ce jugement et qui que soit cet
autre.
Un point essentiel avant de commencer. Je crois que je
suis agnostique et, si je respecte les gens qui pratiquent une religion, j’ai
beaucoup de difficulté intellectuellement et émotivement à comprendre comment
on peut croire en un ou des dieux. Il faut la foi, parait-il. Je n’ai pas cette
ambition personnelle. Je préfère plus simplement travailler à rendre l’humain
meilleur. C’est déjà tout un défi. Mais je suis aussi animé d’idéaux basés sur
le respect, le mieux vivre ensemble et la pérennité de l’espère humaine.
Y-a-t-il un problème?
À cette question, la réponse est complexe. Ce n’est pas
parce qu’on n’est pas en crise qu’une situation ne mérite pas qu’on se penche
sur cette dernière. D’ailleurs, souvent, les crises sont le résultat d’une
cécité bien volontaire. J’y reviendrai.
Chose certaine, il y a un certain malaise plus
qu’un malaise certain. Et – ne soyons pas hypocrite - celui est davantage
exacerbé par la présence de certains musulmans au Québec. Prenez note : je
n’ai pas écrit dans la société québécoise. Simplement, parce que le débat est
là : immigration, intégration, assimilation, identité nationale, valeurs québécoises.
À ceux qui seraient tentés de dire qu’il s’agit
simplement d’une lubbie du PQ, une majorité de Québécois seraient en faveur de
cette Charte. Pour moi, un nombre n'est pas un argument et je me méfie de la
tyrannie de la majorité. Par contre, ici, on doit tenir compte de la présence
de ces derniers si on veut s’assurer que cette situation ne dégénère pas.
Amateurisme et hypocrisie
Tout le débat actuel sur les signes religieux
ostentatoires est un cocktail explosif que nos politiciens, quels qu’ils soient,
semblent manipuler comme des apprentis sorciers. M.Drainville ignore manifestement que la Révolution tranquille n’a pas engendré la
déconfessionnalisation du réseau scolaire québécois. M.Couillard peine à faire la différence entre interculturalisme et
multiculturalisme dans une métaphore arboricole. Bref, on n’est pas sorti du
bois.
Certains intellectuels ne sont pas en reste. Je pense
à MM Bouchard et Taylor partis en commission itinérante avait des volontés
d’éduquer les ignorants ne partageant pas leur point de vue. Sur ce point, la
récente sortie poutinesque de M. Taylor me pousse à penser que ce
dernier devrait descendre de sa tour universitaire et avoir le courage de ses
convictions en se lançant en politique.
Et puis, il y a cette hypocrisie ambiante.
Celle du PQ :
- qui refuse d’enlever le crucifix de l’Assemblée nationale, un endroit qui devrait être profondément neutre, dans le but sûrement de ne pas s’aliéner certains catholiques et tous les «Lala Tremblay» qui veulent une prière avant un conseil municipal.
- qui parle d’état laïc tout en continuant de subventionner les écoles de confession religieuse.
Celle du PLQ :
- qui qualifie d’opportunisme ce geste du PQ de lancer le débat autour d’une charte des valeurs québécoises. C’est bien par opportunisme politique que le gouvernement Charest a volontairement oublié le rapport Bouchard-Taylor sur une tablette.
- qui ne veut pas offusquer une base électorale issue d’une immigration récente ou ancienne.
- qui cite la mémoire de René Lévesque alors que cette formation le présentait comme un liberticide avec la loi 101.
Celle de divers intervenants comme :
- l’hôpital Juif de Montréal qui annonce qu’il se soustraira à la chartre par respect pour les libertés de ses employés mais qui s’est déjà fait condamner par la Commission des droits de la personne pour avoir manqué à son devoir d’accommodement raisonnable.
- le Centre Culturel Islamique de Québec (CCIQ) qui craint rien de moins que le projet de Charte des valeurs québécoises ne porte atteinte aux droits des femmes, et particulièrement aux droits des femmes musulmanes, comme si cet organisme était un porte-étendard de l’égalité des sexes.
Et en éducation?
Pour ce qui est du monde de l’éducation, devrait-on
interdire le port de signes religieux ostentatoires aux enseignants? Le PQ le
demande dans une volonté de laïciser l’État. La CAQ, elle, prend appui sur la
position d’autorité qu’occupent les enseignants. Pour le PLQ, il ne faut rien
faire dans ce dossier. Dans les deux premiers cas, les positions de ces
formations politiques sont incohérentes. Dans le troisième, cette position va à l'encontre de ce qu'avançaient MM Bouchard et Taylor.
Pour le PQ,
si l’État est laïc, qu’il cesse de financer les institutions d’éducation ayant
un projet éducatif confessionnel. Quant à la CAQ, dans une école, il n’y a pas
que les enseignants qui occupent une position d’autorité. Tous les éducateurs
qui y vivent ont aussi ce statut. Je pense notamment aux surveillants d’école,
mais aussi à la bibliothécaire ou au TES qui sera peut-être appelé à
intervenir dans les corridors dans le cas d’une situation conflictuelle.
En ce qui concerne la commission Bouchard-Taylor, les auteurs recommandaient d'interdire les signes religieux aux représentants de l'État exerçant une fonction d'autorité comme des juges ou des policiers. Ce qui rejoint jusqu'à un certain point l’idée de Daniel Baril :«Pour qu’il y ait neutralité, il faut qu’il y ait apparence de neutralité». Or, si on impose cette contrainte à un juge ou à un policier, pourquoi cela ne le serait-il pas aussi pour un enseignant? L'enseignant ne jouit-il pas d'un statut d'autorité légalement? Ne lui a-t-on pas délégué une certaine autorité parentale? Ne devrait-il pas être neutre pour l'exercer?
Bien sûr, l’habit ne fait pas le moine et, en éducation, un individu ne portant pas de signe religieux ostentatoire peut très bien se révéler le pire des manipulateurs religieux.
En ce qui concerne la commission Bouchard-Taylor, les auteurs recommandaient d'interdire les signes religieux aux représentants de l'État exerçant une fonction d'autorité comme des juges ou des policiers. Ce qui rejoint jusqu'à un certain point l’idée de Daniel Baril :«Pour qu’il y ait neutralité, il faut qu’il y ait apparence de neutralité». Or, si on impose cette contrainte à un juge ou à un policier, pourquoi cela ne le serait-il pas aussi pour un enseignant? L'enseignant ne jouit-il pas d'un statut d'autorité légalement? Ne lui a-t-on pas délégué une certaine autorité parentale? Ne devrait-il pas être neutre pour l'exercer?
Bien sûr, l’habit ne fait pas le moine et, en éducation, un individu ne portant pas de signe religieux ostentatoire peut très bien se révéler le pire des manipulateurs religieux.
Par ailleurs, le MELS lui-même marche sur des œufs
quand on parle des convictions religieuses. Prenons le cours d’Éthique et
culture religieuse. Le MELS exprime clairement que l’enseignant doit avoir un devoir de réserve dans l’exercice
de sa profession, pour ne pas dire plus :
- (...) Puisque
ces disciplines renvoient à des dynamiques personnelles et familiales complexes
et parfois délicates, un devoir supplémentaire de réserve et de respect
s’impose au personnel enseignant, qui ne doit pas faire valoir ses croyances ni
ses points de vue.
(...) Dans ce contexte, il lui faut comprendre l’importance de conserver une distance critique à l’égard de sa propre vision du monde, notamment de ses convictions, de ses valeurs et de ses croyances.
(...) Pour favoriser chez les élèves une réflexion sur des questions éthiques ou une compréhension du phénomène religieux, l’enseignant fait preuve d’un jugement professionnel empreint d’objectivité et d’impartialité. Ainsi, pour ne pas influencer les élèves dans l’élaboration de leur point de vue, il s’abstient de donner le sien.
Le fait de porter des signes religieux ostentatoires
va-t-il à l’encontre de ce programme?
Le débat est lancé et mal lancé, je crois. Dans ma
tête, plusieurs questions tournent en boucle. Le port de certains symboles
religieux est-il vraiment obligatoire? Le devoir d’accommodement ne
doit-il être réservé qu’à ceux qui accueillent? Qu'en est-il de ceux qui sont
accueillis? Doit-on revoir certains critères de sélection en immigration parce
que les écarts entre les valeurs de la société québécoise et certains arrivants
sont trop grands?
Je ne sais pas. Mais ça tourne. Par moment d’un
côté. Par moment, de l’autre.
Tiens, un sondage. Sur le côté droit.
Le port des signes religieux ostentatoires en
éducation.
Pour
Contre
Ne sais pas
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