Un petit billet pour vous dire que la saga de la neige sur le toit de nos écoles tire à sa fin. Celle-ci nous aura valu quelques réactions et textes savoureux dans les médias.Après avoir mentionné être rassurée par la fermeture des écoles de la CSDM, la ministre Courchesne a finalement critiqué celle-ci pour la gestion de ce dossier. Même Mario Dumont en a profité pour indiquer que cette situation montrait à quel point les commissions scolaires étaient inefficaces et devraient être abolies. Il est si jeune pour radoter autant...
Un coup d'oeil sur les premières réactions de la fille de Marie-Claude Lortie vous montrera que les enfants au primaire n'ont pas apprécié cette évacuation forcée.
François Normandin, dans une lettre au Devoir, s'interrogeait sur le manque de la capacité de nos gestionnaires scolaires à prévoir les conséquences des fortes accumulations de neige sur le toit de nos écoles: «Aucune chance qu'un tel éclair de génie se soit produit lundi, au lendemain de la tempête, alors que toutes les écoles de la CSDM étaient fermées! Et pas davantage mardi, alors que les élèves réintégraient les classes après une longue semaine de relâche! Évidemment, ne parlons pas de mercredi ou de jeudi... Où étaient nos preneurs de décisions cette semaine? Que faisaient-ils?»
Jean-Robert Sansfaçon, du Devoir, revient sur cette crise. Il remarque tout d'abord qu'à Montréal, les conditions d'enneigement variaient d'un endroit à l'autre et qu'il était inacceptable de fermer «d'urgence 162 écoles, un vendredi matin, au lieu de limiter l'opération aux seuls établissements à risque.» Pour ce chroniqueur, s'il est rassurant de constater que la CSDM a un plan d'urgence somme toute efficace, il se demande à juste titre s'il existe un plan d'entretien des immeubles en hiver. Il conclut en affirmant: «On n'est jamais trop prudent, dit l'adage. Mais on peut manquer de jugement, comme la direction de la CSDM vient de le confirmer.»
Alain Dubuc, de La Presse, n'y va pas de main morte dans son analyse des événements : «La Commission scolaire de Montréal, en fermant en panique ses 192 établissements, a fait vivre aux écoliers montréalais et à leurs parents une aventure rocambolesque dont on pourrait rire si elle ne trahissait pas l'incompétence d'une administration à laquelle nous confions des dizaines de milliers d'enfants.» Tout comme Mario Dumont, il remet en question l'existence même des commissions scolaires à la lumière cette crise qui aura permis de pouvoir observer «tous les symptômes d'une administration dysfonctionnelle.»
Il ne reste simplement qu'à espérer que nous aurons tous appris de cette histoire. Mais permettez-moi d'en douter. Il suffit de lire ce texte pour s'en convaincre. Quelques jours après la tragédie qui a coûté la vie à trois personnes à Morin Heights, le service de pompiers de cette ville remettait encore des constats d'infraction à des citoyens dont le toit de leur maison était trop enneigé.
À Saint-Calixte, dans Lanaudière, le maire de la ville a reçu une lettre de reproche de la commission scolaire Des Samarres parce qu'il a ordonné la fermeture d'une école dont le toit était trop enneigé au goût des pompiers volontaires. C'est un parent qui a appelé le maire en lui signalant une situation problématique à l'école de son enfant.
D'un côté, la direction de l'école concernée a écrit aux parents pour leur expliquer que celle-ci était évacuée «par mesure de prévention», tout en indiquant que la sécurité des enfants était «une priorité». De l'autre, elle reproche au maire son «ingérence qui a généré un climat de panique». Comprenne qui pourra!
Vivement le printemps et les infiltrations d'eau!



