Une des raisons mentionnées pour l'introduction de portables en classe est qu'il s'agit d'un élément motivant, principalement chez les garçons. Motiver des élèves de PEI, est-ce si nécessaire comparé aux ordinaires? Je ne sais pas.
16 juillet 2008
Des souris et des Mac
Une des raisons mentionnées pour l'introduction de portables en classe est qu'il s'agit d'un élément motivant, principalement chez les garçons. Motiver des élèves de PEI, est-ce si nécessaire comparé aux ordinaires? Je ne sais pas.
16 juin 2008
Les caronitudes
Le Journal de Montréal publie un texte ce matin sur les effets du babyboom auquel on semble assister au Québec. Lisez la déclaration d'André caron, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec et tentez de ne pas vous étouffer. Espérons qu'il ait été mal cité.14 juin 2008
Plan pour les élèves en difficulté: entre la prudence et l'irréalisme
Cette semaine, la ministre Courchesne y allait de son plan d'action sur les élèves en difficulté. Étonnamment, celui-ci a reçu peu d'attention de la part des médias (ici et ici) alors qu'on fait souvent les manchettes avec des anecdotes scolaires bien plus anodines.- pourquoi réduire au deuxième cycle du primaire et pas avant? des mesures de dépistage et de prévention dès la petite enfance ne seraient-elles pas plus souhaitables que ce saupoudrage territorial?
- pourquoi «élèves en difficulté» équivaut-il automatiquement à «milieu défavorisé»?
- retrouve-t-on davantage de jeunes en difficulté dans ces milieux parce que ceux-ci les amènent à connaître des problèmes d'apprentissage ou bien les élèves plus doués fuient-ils les écoles de ces secteurs pour s'inscrire ailleurs?
- que fera-t-on pour les élèves en difficulté inscrits dans des milieux non défavorisés?
11 juin 2008
Un bon prof, c'est quoi?
Posée cette question m'a été par une personne intriguée.
Vos réponses, si vous le voulez, j'aimerais récolter.
Parent, enseignant, élève, votre statut de préciser
Afin de mieux comprendre nous soyons informés.
05 juin 2008
L'UQAM: le pouvoir des CA et des CE
Dans tout le désastre financier des projets immobiliers de l'UQAM (ici, ici, ici , ici et ici), on parle beaucoup de l'inaction des membres du CA de cette université. J'aimerais rappeler à toute la faune de la blogosphère, puisque les médias traditonnels ont la mémoire courte, que seuls les représentants des enseignants et des étudiants ont soulevé des questions lors des différentes démarches entourant les projets de grandeur de cette université. C'est bien pour dire.La santé des profs et des élèves
Ce matin, on apprend que 24 écoles de la Commission scolaire de Montréal sont sous haute surveillance quant à la présence d'amiante en leur sein. La nouvelle est un peu sensationnaliste puisque ces écoles sont sous surveillance depuis neuf ans déjà. On fait donc un suivi, ce qui est une bonne mesure en soi.
En fait, quand on lit ce texte, ce sont d'autres faits troublants qui m'interpellent.
La fermeture d’une école et la relocalisation de ses élèves ont été envisagées, avant que la CSDM ne se ravise. « On pensait à une fermeture, mais on a décidé de commander d’autres expertises », a dit à La Presse Diane De Courcy, qui a refusé de préciser de quelle école il s’agissait.
Rassurant... Quand on connait comment la CSDM a géré le déneignement de ses toits, on a tout à coup une petite crainte qui nous assaille. Pourquoi d'autres expertises? Met-on la santé d'individus en danger si on a déjà des indicateurs qui nous devraient nous inciter à la prudence? Ah oui! J'oubliais: il reste 12 jours d'école...
Dans tous les cas de figure, assure M. Lavoie (porte-parole de la CSDM dans le dossier) , « la sécurité des élèves et du personnel prime avant tout. Même si on fait de l’enlèvement d’amiante, on le fait dans les règles de l’art, de façon confinée, avec des équipements de protection.» (...) «Le problème, c’est que nos écoles sont vieilles et que l’amiante ne tient plus, relève Robert Lebreux, président de l’Association des concierges de la CSDM. Quand un ballon accroche le plafond, il arrive que des morceaux d’amiante tombent.»
Ai-je bien lu? On laisse des revêtements en amiante à l'air libre? Est-ce conforme aux normes de sécurité en vigueur? Est-ce à dire, par exemple, que les profs d'éducation physique travaillent dans un milieu qui serait dangereux pour leur santé? La question mérite d'être posée.
Mais attendez la meilleure:
Ce printemps, une rencontre sur la question de l’amiante a été tenue à la CSDM. Manon Ricard, commissaire chargée de représenter les parents des élèves du secondaire à la CSDM, y assistait. «Je représente les parents, alors c’est sûr que nous avons posé des questions, dit-elle. Les enfants qui restent dans une école où il y a de l’amiante pendant cinq, six ou sept ans sont-ils à risque ? Ils nous ont rassurés, ils nous ont dit qu’il n’y avait pas de danger. Sur 20 ou 25 ans, oui, ça peut être dangereux, mais pas pendant les quelques années que dure le cursus scolaire. »
Tiens, tiens, qui demeure 20 ou 25 ans dans une école ou dans des écoles? Avez-vous deviné? Dans tous les cas de figure, assure M. Lavoie (porte-parole de la CSDM dans le dossier) , «la sécurité des élèves et du personnel prime avant tout.»
Vraiment?
03 juin 2008
Il faut savoir partir...
Toute la semaine dernière, j'ai demandé à des collègues ce que je devais faire: annoncer ma décision ou attendre à la fin de l'année scolaire. Unanimement attendre. Mes tripes me disaient le contraire et, depuis un mois, je gardais tout en moi. Quand les gamins me parlaient de l’an prochain, du plaisir qu'ils auraient à continuer d'apprendre, de la rigueur des évaluations et surtout de leur progrès, je souriais et espérais qu'ils ne verraient pas mon trouble. À voir leur regard étonné et triste aujourd’hui, ils n’ont pas su deviner mes intentions.
Mais cette pleureuse comédie avait assez duré. Je leur manquais de respect et je ne pouvais plus supporter cette pression. Je me serais senti traître et honteux de leur faire part de cette nouvelle lors du dernier cours. Nous aurons ainsi trois périodes pour nous consoler, pour nous faire des sourires, pour partager pleinement un au revoir qui n’aura pas les allures d’un rejet mal foutu. Après ce que j’ai connu récemment, je ne pouvais pas faire autrement.
J’ai suivi mon instinct. Je ne le regrette pas. Je leur expliqué que je prenais cette décision pour moi et non pas contre eux, que j’avais besoin de ce changement et que mon cœur était déchiré entre la fidélité que je leur devais et ma nécessité de me renouveler.
Certains m’ont demandé s’ils pourraient toujours venir me voir l’an prochain. Je les ai rassurés et même mentionné que je conserverais dans ma bibliothèque de classe des livres juste pour eux. La porte de ma classe leur sera toujours ouverte, celle de mon cœur aussi.
Maintenant, j’aurais le plaisir d’annoncer à mes élèves de cinquième secondaire qu’ils seront mes derniers grands pour un bout. Je veux goûter chaque moment, chaque plaisir. Je le mérite.
02 juin 2008
La réforme et l'évaluation
31 mai 2008
Les deuils
Il y a tout d'abord ces élèves de cinquième qui quitteront bientôt la grande école secondaire pour aller, pour la plupart, au cégep. On s'attache à ces petites bêtes avec qui on vit au quotidien, vous savez. Dans le cas d'un groupe, plus particulièrement, nous avons même traversé la perte d'un élève en cours d'année il y a deux ans. Certaines épreuves resserrent les liens. Et puis, je suis ce genre de prof intense qui aime connaître ses élèves, qui les bardasse à l'occasion et qui n'est jamais mais jamais indifférent.
Déjà, je les regarde et je sais que, d'ici deux semaines, ce quotidien n'existera plus. Les fous rires, les petites blagues, les regards complices, tout cela disparaîtra pour renaître sous forme de souvenirs. J'essaie de capturer chaque moment, chaque parcelle de sourire pour les imprégner là ou ils ne meurent jamais. À l'occasion, j'amène l'appareil-photos. Ils aiment bien cela. Surtout me photographier pendant que je fais le clown...
Il m'arrive de conserver des liens avec mes anciens élèves. En fait, ce sont eux qui me relancent. Ils viennent souvent me visiter à mon école comme si j'étais un parent, un ami qu'on voit à l'occasion. Par la magie d'Internet, certains m'écrivent et me parlent de leurs études, de leur mariage. Ouf... On prend décidément un coup de vieux dans ce temps-là.
Ce deuil, je le vis chaque année. J'y suis habitué même si on ne s'y habitue jamais vraiment. Non, ce sont plutôt les autres événements qui appesantissent les choses.
Par exemple, le deuxième deuil est empreint de culpabilité. Il s'agit d'un groupe de troisième secondaire que je devais normalement reprendre l'année prochaine mais qu'avec mon changement de poste, je ne pourrai conserver. Oh! il y aurait moyen de s'arranger avec la direction, mais je ne veux pas de deux préparations et demie et de choses compliquées. On ne peut pas plonger dans une piscine en gardant un pied sur le tremplin. Et je fais un grand saut l'année prochaine.
Je me sens coupable par rapport à ces gamins parce que je devrais être leur prof pour deux ans. Certains n'ont pas quitté cette classe de douance à cause d'enseignants un peu fous comme moi. Je ne leur ai pas annoncé la nouvelle parce que je ne m'en sens pas encore prêt. Ils me parlent de l'année prochaine, de ce que nous ferons ensemble, de combien ils ont appris cette année et ils apprendront encore plus avec moi l'année prochaine. Ils se réchauffent à mes sourires. Ça me fend le coeur et comme il n'est pas déjà vaillant...
Ce matin, j'ai réalisé que je devrai leur annoncer la nouvelle avant la fin de l'année. Cette semaine sûrement. Je leur dois l'honnêteté. Un moment difficile mais nécessaire. Sauf que je ne peux pas faire le contraire de ce que je leur enseigne: l'effort, le meilleur de soi-même. Qu'en pensez-vous?
Enfin, le troisième deuil, ce sont mes collègues d'enseignement. Les naufragées de la Méduse. Je quitte vers un local de profs de premier cycle ou j'ai déjà une réputation de grande gueule surfaite, ou le fait que je vienne de la cinquième sera un puissant handicap. Je devrai adopter le profil assez bas, merci. Un autre changement. Mais, pour l'instant, ce qui m'importe, ce sont mes collègues actuelles. Elles (bien oui!) ont passé la journée de vendredi à me taquiner. Elles me suggèrent déjà de préparer mon kit de prof de première secondaire: de la colle, des ciseaux à bouts ronds, des mouchoirs, des mouchoirs et encore des mouchoirs...
Nous sommes allés diner ensemble et l'une d'elles a même offert le champagne, mon péché mignon. J'ai gardé la bouteille en souvenir. Mon école est grande, trop grande. On risque de peu se voir l'année prochaine. Sauf que, de toute façon, la direction songe à relocaliser ce local de profs de deuxième cycle en plaçant mes collègues un peu partout. Mauvais exemple de gestion pédagogique sur lequel je reviendrai sûrement. Une certaine séparation aura déjà eu lieu. Mais pour l'instant, là encore, je thésaurise, j'accumule, je me remplis.
Des deuils donc. Certains nécessaires. Et ex-madame masquée qui me manque et qui ne reviendra pas. La vie est remplie de nouveaux départs. Et je n'ai pas toujours l'âme d'un coureur.
29 mai 2008
Amour enseignante: mode d'emploi
- plaquer un enseignant la veille de ses vacances d'été (une fois, le motif de la rupture était que je consacrais trop de temps à mes élèves alors que j'allais justement tomber en vacances).
- susciter des périodes de remise en question existentielles durant une période intense de correction.
- demander de corriger ses travaux ou ses écrits (pas assez de le faire pour le travail...).
- l'aider à corriger certaines épreuves.
- l'aider à rentrer ses notes (avec le Renouveau, ce type de support deviendra périmé).
- l'écouter se plaindre pour la centième fois d'un problème scolaire.
Côté infantlisant:
- Je suis déjà sorti avec une prof du primaire et elle s'assurait que mes bottes étaient bien mises et que j'étais bien couvert quand je sortais l'hiver...
26 mai 2008
Le professeur voilé...
Québec Solidaire en remet une couche aujourd'hui dans l'actualité sur la possiblité pour les enseignantes de porter le voile pendant leur travail. Je rapporte ici les extraits importants de ce texte et je les commente au fur et à mesure.23 mai 2008
Bouchard-Taylor et l'école (modifié, long et bon)
Bon, le rapport du psycho-drame national des 18 derniers mois, la commission Bouchard-Taylor, est enfin public! On pourrait bien commenter les 37 recommandations de ce dernier, mais seules quelques-unes s'appliquent à l'école. De façon générale, mon appréciation de ces dernières est plutôt mitigée.Faisons le tour de certaines d'entre elles avec quelques commentaires.
Le besoin d’une formation accrue chez les agents de l’État dans toutes les institutions publiques, à commencer par l’école en raison de ses fonctions de socialisation.
Que les gestionnaires d’institutions publiques intensifient leurs efforts pour adapter à leur milieu et traduire en directives concrètes les grandes balises devant guider la gestion des demandes d’ajustement.
Ça, ça revient à demander aux commissions scolaires de baliser les demandes d'accommodement raisonnable. La commission BT refile le ballon à un autre joueur.
Il existe à Montréal, semble-t-il, des cas d'intégration assez réussis, notamment à ville Saint-Laurent, je crois. Par contre, il est fort à parier que certaines CS attendront que Québec forme un comité à cet effet plutôt que d'aller de l'avant. On est décentralisateur quand ça nous arrange. À suivre.
Concernant les problèmes liés au régime de congés religieux en vigueur dans les commissions scolaires (à savoir des congés supplémentaires payés), que l’État forme un comité d’experts mandaté pour trouver une solution équitable et conforme au cadre juridique actuel du régime des congés religieux et ce, après consultation des principaux acteurs intéressés.
On sait que ce cas a été soulevé notamment à Montréal à cause d'enseignants bénéficiant des congés fériés d'origine catholique prévus au calendrier et à ceux demandés par leur religion. Suggérer la formation d'un comité d'expert est une autre façon de refiler le ballon et d'éviter de se mouiller. Un autre dossier à suivre.
La mise sur pied d’un comité d’enquête indépendant mandaté pour faire la lumière sur les pratiques des ordres professionnels en matière de reconnaissance des diplômes.
Cette recommandation a un impact en éducation puisque certains immigrants ne voient pas leur diplôme reconnu alors qu'ils veulent être enseignants. On les confine à la suppléance tout en leur suggérant de retourner sur les bancs de l'université alors qu'on manque de profs. Est-ce une pratique acceptable?
Qu’il (le port de signes religieux par les agents de l’État) soit interdit aux magistrats et procureurs de la Couronne, aux policiers, aux gardiens de prison, aux président et vice-présidents de l’Assemblée nationale.
Mais que:
Qu’il soit autorisé aux enseignants, aux fonctionnaires, aux professionnels de la santé et à tous les autres agents de l’État.
Il s'agit ici de la plus controversée des recommandations de BT quant à moi. Avant d'aller plus loin, prenons connaissance de ce texte de La Presse ou M. Bouchard précise sa pensée:
Au sujet des signes religieux, les commissaires estiment qu’«une enseignante ne pourrait par exemple revêtir une burka ou un niqab en classe et s’acquitter adéquatement de sa tâche», mais qu’en revanche, «le foulard (islamique), lui, ne compromet ni la communication ni la socialisation». «Les jeunes qui sont exposés dès le bas âge à la diversité qu’ils rencontreront à l’extérieur de l’école pourront démystifier plus facilement les différences et seront moins prompts à les appréhender sous le mode de la menace», justifient-ils.
«Il n’en demeure pas moins que l’interdiction du port de signes religieux pour une gamme restreinte de fonctions se justifie mieux, poursuivent les commissaires. On peut avancer que l’exigence d’une apparence d’impartialité s’impose au plus haut point dans le cas de juges, des policiers et des gardiens de prison, qui détiennent tous un pouvoir de sanction et même de coercition à l’endroit de personnes qui se trouvent en position de dépendance et de vulnérabilité.»
Côté réactions, le Congrès juif trouve que cette recommandation ne va pas assez loin, la FTQ et la CSN croient qu'il aurait fallu être plus restrictif. Le Parti québécois ne la commente pas spécifiquement. Même chose pour la CSQ. Quant à Québec Solidaire, Françoise David affirme, à propos des enseignants: «Certains sont pratiquants, d’autres pas, et il n’est pas mauvais que les enfants soient exposés à cette réalité.»
Pour sa part, Christiane Pelchat, présidente du Conseil du statut de la femme, ne voit pas les choses du même oeil: «Dans les écoles publiques, à l’hôpital, la neutralité religieuse devrait être exigée. Pour nous (au Conseil), laïcité et égalité entre les hommes et les femmes vont de pair, et la laïcité préconisée par le rapport ressemble plus à du gruyère qu’autre chose.»
Louise Langevin, professeure de droit à l’Université Laval, explique le point de vue des commissaires de la façon suivante: «contrairement à la France où la laïcité est à tout crin, on considère au Québec que l’État est laïque mais que la religion fait partie intégrante des personnes, qui peuvent rester elles-mêmes dans l’espace public. C’est ce que les commissaires ont traduit.»
Je suis sûrement débile profond, mais je ne partage pas la vision des commissaires Bouchard et Taylor. Pour ma part, tous les agents de l'État devraient afficher une neutralité, à plus forte raison dans nos écoles. BT semble oublier qu'un enseignant est un représentant de l'autorité. La loi lui confère d'ailleurs certains pouvoirs à cet égard. Il est aussi un modèle social: «Je peux porter le hijab, ma prof le fait.» De plus, je vois mal un professeur portant un turban me parler de la religion juive sans avoir uen arrière-pensée. L'image, et c'en est une qui n'est peut-être pas politiquement correct, ne me revient pas.
Mais surtout, on ne pourra m'enlever de la tête que le voile est un symbole religieux souvent associé à l'oppression des femmes. Et là, je ne peux accepter que l'école cautionne une telle vision du monde. L'école est un espace public et devrait être laïque. Les enseignants sont des représentants de l'État. Ils devraient afficher une neutralité dans le cadre de leur fonction. Point à la ligne.
On va même permettre aux enseignantes de le porter, vous allez voir, ça va permettre aux jeunes Québécoises de s'ouvrir aux autres cultures... On dort au gaz, les amis. On dort au gaz.
Cela donne même lieu à d'incroyables incongruités: les nouveaux cours d'éthique et de culture religieuse pourront donc être donnés par des enseignantes portant le hijab: bel exemple de déconfessionnalisation!
20 mai 2008
Le MELS et ses bonnes vieilles habitudes...
La Presse nous livre ce matin un compte-rendu du tout premier rapport sur la mise en place de la réforme au secondaire.Ah! les rumeurs et les mauvaises réputations
Mettez-vous en situation.- Ça doit être Prof masqué qui est en train de découper un de ses élèves...
16 mai 2008
Absentéisme scolaire et directions d'école
En fait, au départ, les problèmes d'absentéisme sont souvent le résultat d'un mode de gestion et de philosophie d'une école. Ils sont aussi très révélateurs de comment une direction gère ses rapports avec les enseignants et les parents. Je m'explique avec un exemple tiré du vécu d'un collègue.
Il y a trois ans, la direction de son école a été remplacée par un gestionnaire plus cool et officiellement plus décentralisateur. Celui-ci a alors aboli le suivi scolaire pour demander aux enseignants de gérer eux-mêmes les retards et les absences de leurs élèves. Le suivi scolaire, pour les ceuses qui sont pas habitués aux écoles, c'est un genre de préfet de discipline qui s'assure de superviser les retards, les absences et le comportement général des élèves. Dans le cas qui nous occupe, il s'agissait d'un enseignant dont la libération était payée à même les enseignants qui acceptaient de faire davantage de périodes d'enseignement que le prévoit la norme du 24,4 périodes par tâche.
Résultat: on soupçonne que l'absentéisme a monté en flèche depuis ce changement, entre autres, parce que ce ne sont pas tous les collègues qui ont la même conscience professionnelle. Pour les retards, les élèves ont pris de mauvais plis ou se sont ajustés selon le degré de sévérité des profs. Enfin, on a découvert que bien des élèves ne faisaient pas leurs remises de temps sans qu'il n'y ait de conséquence à ce manquement. En décentralisant le suivi scolaire et en ne s'assurant pas de la coordination et du travail des enseignants, on a réussi à nuire à un système qui fonctionnait, sommes toutes, bien mieux.
Certains enseignants de cette école ont alors demandé à avoir las chiffres concernant les absences et les retards à la direction concernée. Croyez-vous qu'elle fut assez folle pour se tirer dans le pied? Les chiffres ne sont jamais venus. C'est là qu'on aborde le volet politique de mon billet.
Une direction d'école occupe un poste politique. Elle a des intérêts à servir, dont les siens. Généralement, une direction ne reste pas assez longtemps dans une même école pour qu'elle soit imputable de quoi que ce soit. Elle a donc le beau jeu d'inventer moult prétextes. Elle peut aussi retenir de l'information ou ne pas aborder certains points en CE, par exemple. J'ai assez d'expérience sur cette instance pour en témoigner.
Aussi, dans tout le débat entourant le projet de loi de la ministre Courchesne sur la démocratie scolaire, je repense à cette situation quand j'entends des gens réclamer davantage de pouvoirs pour les directions d'école. Je repense aussi à certaines réactions que j'ai entendues quant au plan sur la qualité du français, dont celle-ci qui est fort révélatrice : «La ministre peut dire ce qu'elle veut. Je suis dans mon école.»
13 mai 2008
Comme ça en passant...
Tu sais que t’es prof quand…
- T'es 'freak control' sur les bords pis que t'aimes la gestion...de classe!
- Ta principale occupation est la correction...
- T'es capable de rire de tes propres jokes devant les yeux exaspérés de tes élèves, pis que tu t'trouves tellement drôle...
- Tu as l'impression que tu donnes un 'show' tous les jours…
- Tu te fais imposer tes conditions de travail et des réformes bidons par ton employeur…
- Tu te rends compte qu'avec tes 2 années de cégep et tes 4 ans d'université et un endettement de 15 000$, tu gagnes deux fois moins que tes amis qui ont fait un D.E.P. De 6 mois payé par le chômage!!!
- Tu veux étriper le jeune mal élevé à l'épicerie! Ou bien enlever la calotte d'un jeune au resto!
- Tu ne te rends plus compte que tu répètes tout ce que tu dis...
- Quand pour toi, temps plein, c'est 32 heures avec 8 heures reconnues mais non-payées !
- Tu n'es pas certaine d'une réponse et que tu réponds: 'Je vais y revenir...' Et que tu n'y reviens jamais!
- Tu n'appelleras JAMAIS JAMAIS ton fils Kevin...hum...ya vraiment une étrange corrélation entre ce nom et une certaine cote 12...
- Tes envies de pipi sont dictées par le son de la cloche...
- Tu ne te rends plus compte que tu répètes tout ce que tu dis...
- Les employés du Bureau en Gros le plus proche t’appellent tous par ton prénom…
- Tu sais ce que signifie EHDAA, GPI, TDAH, TED, MELS, etc.
- Ton linge est toujours plein de craie...
- Tu utilises régulièrement la phrase: «c'était pour voir si vous suiviez!», lorsque tu te trompes.
- Tu dois bannir de ton vocabulaire tous les mots qui pourraient, de près ou de loin, avoir vaguement, une connotation sexuelle, parce que si tu le dis, c'est l'hilarité générale pendant 10 minutes…
- Tu ne te rends plus compte que tu répètes tout ce que tu dis...
- Te faire appeler Maman/papa ne te surprend même plus et que te faire dire Madame,Monsieur, tu... Est monnaie courante...
- Tes élèves remarquent le moindre détail qui a changé sur ta personne…
- Une partie de ton salaire te sert à payer ce dont tu as besoin pour travailler (matériel didactique, encre pour imprimer chez toi parce que les imprimantes de l'école cessent de fonctionner, etc...)
- Tu es capable de mémoriser plus de cent prénoms, et ce, en moins de 2 semaines...
- Tu fais des fautes et que tu dis: c'est pas une faute, c'est une coquille!
- Tout ce que tu as appris à l'université ne te sert strictement à rien!!
- Tu pries chaque soir pour que la rumeur qui dit que 'la poussière de craie est cancérigène' soit fausse...:)
- Tu ne te rends plus compte que tu répètes tout ce que tu dis...
- Presque toutes tes journées pédagogiques (où tu pourrais faire ta planification, corriger et faire tes trucs dans la classe) sont déjà planifiées avec des formations et des réunions!!
- Tu attrapes quatre rhumes, deux gastros et une bronchite en une seule année, mais que tu te consoles en te disant que c'est moins pire que l'année passée...
- Tu souris en parcourant cette liste en te disant : « C’est tellement vrai! »
12 mai 2008
Ben ordinaire
Je ne le croyais pas. On m'en a apporté la preuve et j'en reste quasiment paralysé des doigts. À mon école, dans la grille-matières, l'enseignement dispensé aux élèves n’appartenant pas à des profils particuliers est qualifié d'enseignement ordinaire.Imaginez la situation suivante.
- Hey, Paul! Tu as quoi comme tâche cette année?
- Moi, Ringo, je fais de l'enseignement ordinaire.
Ou encore.
- Ouins, mon petit débute le secondaire cette année. Il a été accepté en sport-études. Pis, vous, madame Chose ?
- Le mien, ben, il est en ordinaire, vous savez...
Ordinaire au dictionnaire Robert 2007 a les sens suivants :
- conforme à l’ordre normal, sans condition particulière;
- dont la qualité ne dépasse pas le niveau moyen le plus courant, qui n’a aucun caractère spécial;
- qui n’a rien d’exceptionnel.
Regardons maintenant le terme régulier employé auparavant pour désigner cet enseignement:
- conforme à la règle, à la norme.
- (régionalisme - critiqué) Au Canada: normal, ordinaire
Vous savez, il y a longtemps, on mettait de l'essence ordinaire dans le réservoir de nos voitures. Puis, les pétrolières ont compris que ce terme était perçu de façon péjorative. Elles ont alors parler d'essence régulière.
Même les vendeurs de gaz l'ont compris...
Si l'essence précédente l'existence, avec un terme aussi ordinaire, je n'ose pas penser à toute la motivation qu'on donne aux enseignants et aux enfants en les désignant implicitement ainsi.
Mais comme chu rien qu'un gars ben ordinaire...
09 mai 2008
Amenez-en des examens!
- quelle importance aura cette épreuve quant à la certification du jeune?
- comment celle-ci s'inscrira-t-elle dans le bilan des apprentissages?
Lentement mais sûrement, quant à moi, la ministre est en train de transformer l'évaluation, possiblement dans le but de contrer ce qu'elle n'aime pas de la réforme. En procédant à la pièce, elle veut éviter de «jeter le bébé avec l'eau du bain». Par contre, il faut se demander si ces mesures n'introduiront pas dans le système suffisamment de contradiction pour que celui-ci se mette à dérailler.
La ministre est aussi en train de transformer le programme de formation de français en établissant un comité sur la progression des apprentissages. En déterminant ce qui sera vu et quand, elle ramène heureusement une certaine cohérence verticale dans les apprentissages. Il conviendrait qu'on fasse de même avec les discours vus en classe. Actuellement, par exemple, tout et chacun parle de la nouvelle littéraire quand il le veut, brûle le matériel des années suivantes, etc. Certains élèves voient et revoient la même matière dans les écoles où la communication entre les niveaux est faible.
07 mai 2008
À vendre!
06 mai 2008
Ah! la barbe...
Tiens, cessons de m'apitoyer sur mon sort. Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage. Aujourd'hui, le chien n'a pas envie de se noyer dans ses larmes. Abordons donc quelque chose d'un peu plus... échevelé, disons.
Avez-vous déjà fait des paris avec vos élèves? Moi si. Je parie souvent. Jamais d'argent, on s'entend. Mais des petites gageures symboliques avec, à la clé, l'idée de pousser les élèves un peu plus loin. Cette semaine, j'ai donc perdu ma mise et... ma barbe!
Vous auriez dû voir la mine réjouie, surprise et faussement horrifiée de mes élèves en entrant en classe. Les petits sacripants n'y sont pas allés avec le dos de la Mer morte dans leurs commentaires.
- Monsieur, ça vous viellit beaucoup et puis on voit davantage vos traits...
- Je pensais que vous seriez mieux sans barbe mais, finalement, je crois que j'avais tort...
- Ah! C'est vous. Je pensais que c'était le vieux suppléant gâteux...
Je vous épargne les commentaires méchants et diffamatoires et je vous invite, si vous en avez le courage, à me faire part des défis que vous lancez ou perdez avec vos élèves. Un jour, si vous êtes plus fins que mes morveux, je vous raconterai le pari de bas jaunes. Un haut fait de la pédagogie moderne... Les réformistes n'ont qu'à bien se tenir!

