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16 juillet 2008

Des souris et des Mac

Je ne vous l'ai peut-être pas dit, mais mon école a décidé de prendre un virage informatique. Et devinez quels groupes auront accès à des Macintosh en classe? Les miens, bien sûr. Je ne peux pas critiquer la vertu, direz-vous, et j'ai décidé de participer à ce projet parce qu'il apportera sûrement des retombées intéressantes pour les élèves.

Une des raisons mentionnées pour l'introduction de portables en classe est qu'il s'agit d'un élément motivant, principalement chez les garçons. Motiver des élèves de PEI, est-ce si nécessaire comparé aux ordinaires? Je ne sais pas.

Déjà, on a remis à chaque enseignant de ces classe un portable pour l'été, question qu'ils se familiarisent avec la «machine». Bon, je dois avouer que le mien est encore dans sa boite... Pas encore l'énergie de déballer tout cela. Mon coeur est ailleurs. Mais ma tête se pose plusieurs questions.

On vise tout d"abord une clientèle scolaire particulière, le PEI. Ça me turlupine. La raison est qu'on vise que les élèves achètent sous forme de crédit-bail un appareil pour leur cinq année du secondaire. Pourquoi le PEI? Parce qu'il s'agit d'un programme particulier ou l'on peut légalement exiger davantage la participation financière des parents. Ça m'embête. Ce ne sont pas tous les parents de ces élèves qui sont financièrement à l'aise. Ensuite, est-ce qu'ordinateur et PEI vont obligatoirement de pair? Est-ce également aux parents de débourser pour que leur jeune puisse utiliser un tel outil? J'ai l'impression d'un système d'éducation à deux vitesses.

Par ailleurs, je m'interroge sur les visées du projet. Pourquoi veut-on que les élèves aient un portable en classe? Que veut-on leur inculquer ainsi? Que veut-on qu'ils développent? Pour l'instant, j'ai l'impression qu'on me demande de trouver des projets pour justifier l'achat éventuel de telles machines et ça me turlupine aussi. J'ai l'impression de mettre la charrue avant les boeufs. Un peu comme si on voulait que je créée un besoin avant même qu'il ne s'impose de lui-même. Ou plutôt qu'il s'impose, mais pour d'autres raisons.

Malgré tout, j'ai rencontré le conseiller pédagogique de ma CS concernant les TIC et, déjà, j'ai plusieurs belles idées en tête. De plus, le «représentant» Apple est fort sympathique et très ouvert, ce qui est intéressant lorsqu'on échange. Ce n'est pas parce que je suis critique que je ne participerai pas avec enthousiasme à ce projet, mais certaines limites me sont déjà apparues clairement.

Premièrement, à cause de la forme de pédagogie utilisée généralement dans mon école, les portables seront un outil d'appoint à l'intérieur de certains projets qui pourraient être réalisés de façon moins éclatante, c'est vrai, sans eux. Des présentations visuelles, des canons, des projets multimédias, des blogues, c'est chouette, mais on ne change pas la façon d'enseigner: on l'adapte à l'utilisation de l'ordinateur. C'est un plus, mais pas la révolution.

Deuxièmement, l'élève ne pourra utiliser les portables qu'en classe sous forme de laboratoire mobile. Embêtant. D'autant plus que les Mac ne sont pas les appareils les plus populaires à la maison. Et je ne suis pas sûr qu'on est ouvert à l'idée d'un système de prêt. Le choix Apple s'est effectué en raison de certaines caractéristiques des appareils (la solidité, par exemple), mais au-delà de cela, n'aurait-on pas mieux fait de sélectionner un autre modèle plus répandu? Il y a bien sûr la question des logiciels, mais je ne suis pas convaincu, pour l'instant, que ceux qu'on retrouve sur le Mac soient si supérieurs aux autres pour l'usage qu'on en fera en classe. C'est à voir.

Enfin, l'été est jeune. Mes réflexions ne font que commencer. Si vous avez des commentaires, des suggestions de projets, n'hésitez pas!
En passant, ces Mac viennent sans souris. Tout un apprentissage pour le vieux dinosaure que je suis!

16 juin 2008

Les caronitudes

Le Journal de Montréal publie un texte ce matin sur les effets du babyboom auquel on semble assister au Québec. Lisez la déclaration d'André caron, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec et tentez de ne pas vous étouffer. Espérons qu'il ait été mal cité.

Si le baby-boom crée de nouveaux problèmes pour l'accès aux CPE, il en va tout autrement dans le système scolaire. En effet, le système connaît une forte décroissance de sa clientèle depuis le début des années 2000.

Selon André Caron, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, les écoles ont connu une baisse de plus de 83000 élèves depuis les cinq dernières années. Ainsi, même si quelques écoles ont fermé leurs portes ces dernières années, André Caron affirme avoir «toutes les ressources nécessaires» en ce qui concerne les infrastructures et les professeurs.

14 juin 2008

Plan pour les élèves en difficulté: entre la prudence et l'irréalisme

Cette semaine, la ministre Courchesne y allait de son plan d'action sur les élèves en difficulté. Étonnamment, celui-ci a reçu peu d'attention de la part des médias (ici et ici) alors qu'on fait souvent les manchettes avec des anecdotes scolaires bien plus anodines.

Ce plan, on l'a commenté à droite et à gauche, généralement en mal, le qualifiant même de «brouillon» ou d'«incomplet». Quant à moi, on a oublié de relever un aspect important de celui-ci qui montre à quel point il est par moment irréaliste. Ce point, je vous le garde pour la fin, question de faire l'agace-cerveau...

Pour ma part, poliment, je considère ce plan plutôt prudent. En effet, je ne peux reprocher à la ministre de prendre son temps quand je constate les gâchis faits par ses prédécesseurs en mal de reconnaissance médiatique et politique immédiate. Les solutions n'arriveront peut-être pas rapidement mais, au moins, elles ne malmèneront pas plus le patient.

Regardons, si vous le voulez bien, quelques-unes des 21 mesures que la ministre Courchesne entend mettre de l'avant.

Tout d'abord, la ministre Courchesne prévoit d'abaisser de 20% le rapport élèves-enseignant du deuxième cycle du primaire (on a véhiculé une information fausse à ce sujet en parlant du primaire tout court) à la première secondaire dans les milieux défavorisés, ce qui nécessitera l'embauche de plus de 1 000 nouveaux enseignants sur trois ans. Je sais que c'est dans ces milieux qu'on retrouve le plus les jeunes en difficulté, mais cette mesure m'amène à plusieurs réflexions:
  • pourquoi réduire au deuxième cycle du primaire et pas avant? des mesures de dépistage et de prévention dès la petite enfance ne seraient-elles pas plus souhaitables que ce saupoudrage territorial?
  • pourquoi «élèves en difficulté» équivaut-il automatiquement à «milieu défavorisé»?
  • retrouve-t-on davantage de jeunes en difficulté dans ces milieux parce que ceux-ci les amènent à connaître des problèmes d'apprentissage ou bien les élèves plus doués fuient-ils les écoles de ces secteurs pour s'inscrire ailleurs?
  • que fera-t-on pour les élèves en difficulté inscrits dans des milieux non défavorisés?
Pour ma part, toute baisse ou toute injonction (sic, quel lapsus! merci MissMath!) de fonds dans l'éducation est un leurre si on ne supervise pas comment cet argent est dépensé. On consacre plus de 11 milliards à l'éducation au Québec et plus de 10% de ce budget va aux élèves en difficulté. Il faut davantage se demander comment sont dépensées ces sommes. En ce sens, la volonté de la ministre de s'assurer d'une meilleure organisation des services aux élèves en difficulté me semble être une meilleure avenue, même si elle fera grincer des dents les petits roitelets des commissions scolaires.

Je ne dis pas qu'on ne manque pas d'argent dans le cas des élèves en difficulté, sauf qu'il convient peut-être d'analyser la machine éducative sur ce point avant d'y injecter plus de fric. Donner dix millions à un gestionnaire scolaire et il trouvera une façon, pertinente ou non, de les dépenser, croyez-moi.

Deux autres points semblent intéressants, soit celui de mieux former les futurs enseignants à la réalité des élèves en difficulté et une plus grande collaboration avec le ministère de la Santé. Comptez sur les universités pour prendre trois ou quatre ans avant d'inscrire un cours de ce genre au programme du baccalauréat actuel. D'ailleurs, ce témoignage d'Isabelle Lemay montre bien tout le chemin qui reste à parcourir.

Madame Courchesne ramène aussi l'idée que les classes spéciales ont leur raison d'être. Dans certains milieux, cette orientation sera accueillie avec soulagement. On assistait de plus en plus, avec comme prétexte la réforme et la pédagogie différenciée, à l'intégration d'élèves en très grande difficulté quand on abolissait tout simplement pas les classes spéciales: «On doit avoir des classes spéciales. Particulièrement pour les cas lourds. Le service peut alors être mieux défini. Et nous avons la responsabilité du droit des autres élèves de progresser dans la classe, sans négliger l'effort insurmontable qu'on demande aux enseignants.» Selon elle, on est peut-être allé trop loin dans l'intégration.

Là où l'on semble le plus déçu du côté syndical est le fait que ce plan Courchesne n'établit pas clairement des quotas d'intégration d'élèves. La ministre se donne un an avant de se prononcer sur cette question. Là encore, je préfère la prudence à l'improvisation. D'autant plus que je ne suis pas convaincu que l'établissement de quota quels qu'ils soient, ne se retournera pas contre les enseignants et les écoles qui auraient trouvé des façons particulières d'aborder la problématique des élèves en difficulté.

Un autre point que ce plan semble oublier est l'apprentissage de la langue. Il s'agit d'un des aspects ou les jeunes en difficulté achoppent et finissent par accumuler divers retards scolaires importants. Qu'il n'y est rien à ce sujet est étonnant. Et ce n'est pas le plan sur le français qui changera quelque chose à cette réalité.

Maintenant, terminons avec le dessert, l'aspect le plus irréaliste de ce plan: ou va-t-on les trouver les 1 000 enseignants promis par la ministre?

11 juin 2008

Un bon prof, c'est quoi?

Oyez! Oyez! Braves gens!

Posée cette question m'a été par une personne intriguée.
Vos réponses, si vous le voulez, j'aimerais récolter.
Parent, enseignant, élève, votre statut de préciser
Afin de mieux comprendre nous soyons informés.

05 juin 2008

L'UQAM: le pouvoir des CA et des CE

Dans tout le désastre financier des projets immobiliers de l'UQAM (ici, ici, ici , ici et ici), on parle beaucoup de l'inaction des membres du CA de cette université. J'aimerais rappeler à toute la faune de la blogosphère, puisque les médias traditonnels ont la mémoire courte, que seuls les représentants des enseignants et des étudiants ont soulevé des questions lors des différentes démarches entourant les projets de grandeur de cette université. C'est bien pour dire.

De plus, tout ce scandale montre bien comment une direction d'un établissement d'enseignement peut manipuler honteusement les membres de son CA sans trop de difficulté. Ce ne sont pas toutes les directions qui agissent de la sorte, mais j'ai vécu des situation ou l'on tenait si peu à informer les parents des véritables problèmes que cela en était gênant. Et j'aime cette petite observation : «Le conseil d'administration de l'université aurait dû au premier chef stopper l'enthousiasme du recteur Roch Denis et de ses collaborateurs. Mais son mutisme peut s'expliquer, car le CA était laissé dans l'ignorance, alimenté d'informations tronquées ou même fausses. De plus, la moitié des membres, sous une forme ou une autre, travaille pour l'institution et est soumise à l'équipe de direction de l'établissement.»

Les conseils d'établissement sont, dans certains cas, un mauvais moment à passer dans la vie d'un directeur. Celui-ci a souvent de la difficulté à comprendre que c'est ce dernier qui est son véritable patron. Dans les faits, un directeur se sent parfois plus lié par la ligne d'autorité administrative que par le CE. Après tout, c'est la CS qui le nomme.

Alors, quand on propose de confier plus de pouvoirs aux directions d'école, j'ai un doute. Qui sert qui?

La santé des profs et des élèves

Depuis quelques jours, j'avais envie de traiter de la santé des profs, notamment en me basant sur cet article paru dans La Presse. Or, voilà que l'actualité m'amène à traiter de ce sujet, mais sous un autre angle.

Ce matin, on apprend que 24 écoles de la Commission scolaire de Montréal sont sous haute surveillance quant à la présence d'amiante en leur sein. La nouvelle est un peu sensationnaliste puisque ces écoles sont sous surveillance depuis neuf ans déjà. On fait donc un suivi, ce qui est une bonne mesure en soi.

En fait, quand on lit ce texte, ce sont d'autres faits troublants qui m'interpellent.

La fermeture d’une école et la relocalisation de ses élèves ont été envisagées, avant que la CSDM ne se ravise. « On pensait à une fermeture, mais on a décidé de commander d’autres expertises », a dit à La Presse Diane De Courcy, qui a refusé de préciser de quelle école il s’agissait.

Rassurant... Quand on connait comment la CSDM a géré le déneignement de ses toits, on a tout à coup une petite crainte qui nous assaille. Pourquoi d'autres expertises? Met-on la santé d'individus en danger si on a déjà des indicateurs qui nous devraient nous inciter à la prudence? Ah oui! J'oubliais: il reste 12 jours d'école...

Dans tous les cas de figure, assure M. Lavoie (porte-parole de la CSDM dans le dossier) , « la sécurité des élèves et du personnel prime avant tout. Même si on fait de l’enlèvement d’amiante, on le fait dans les règles de l’art, de façon confinée, avec des équipements de protection.» (...) «Le problème, c’est que nos écoles sont vieilles et que l’amiante ne tient plus, relève Robert Lebreux, président de l’Association des concierges de la CSDM. Quand un ballon accroche le plafond, il arrive que des morceaux d’amiante tombent.»

Ai-je bien lu? On laisse des revêtements en amiante à l'air libre? Est-ce conforme aux normes de sécurité en vigueur? Est-ce à dire, par exemple, que les profs d'éducation physique travaillent dans un milieu qui serait dangereux pour leur santé? La question mérite d'être posée.

Mais attendez la meilleure:

Ce printemps, une rencontre sur la question de l’amiante a été tenue à la CSDM. Manon Ricard, commissaire chargée de représenter les parents des élèves du secondaire à la CSDM, y assistait. «Je représente les parents, alors c’est sûr que nous avons posé des questions, dit-elle. Les enfants qui restent dans une école où il y a de l’amiante pendant cinq, six ou sept ans sont-ils à risque ? Ils nous ont rassurés, ils nous ont dit qu’il n’y avait pas de danger. Sur 20 ou 25 ans, oui, ça peut être dangereux, mais pas pendant les quelques années que dure le cursus scolaire. »

Tiens, tiens, qui demeure 20 ou 25 ans dans une école ou dans des écoles? Avez-vous deviné? Dans tous les cas de figure, assure M. Lavoie (porte-parole de la CSDM dans le dossier) , «la sécurité des élèves et du personnel prime avant tout.»

Vraiment?

03 juin 2008

Il faut savoir partir...

Dernière période cet après-midi. J'ai assommé mes élèves de troisième secondaire. Je leur ai annoncé que je ne serais pas leur prof l'an prochain. Quand la cloche a sonné, ils étaient encore assis à leur place, cloué à leur siège, oubliant le gros autobus jaune qui devait les ramener à la maison. La déception se lisait sur leur visage. En braille et, dans certains cas, en larmes.

Toute la semaine dernière, j'ai demandé à des collègues ce que je devais faire: annoncer ma décision ou attendre à la fin de l'année scolaire. Unanimement attendre. Mes tripes me disaient le contraire et, depuis un mois, je gardais tout en moi. Quand les gamins me parlaient de l’an prochain, du plaisir qu'ils auraient à continuer d'apprendre, de la rigueur des évaluations et surtout de leur progrès, je souriais et espérais qu'ils ne verraient pas mon trouble. À voir leur regard étonné et triste aujourd’hui, ils n’ont pas su deviner mes intentions.

Mais cette pleureuse comédie avait assez duré. Je leur manquais de respect et je ne pouvais plus supporter cette pression. Je me serais senti traître et honteux de leur faire part de cette nouvelle lors du dernier cours. Nous aurons ainsi trois périodes pour nous consoler, pour nous faire des sourires, pour partager pleinement un au revoir qui n’aura pas les allures d’un rejet mal foutu. Après ce que j’ai connu récemment, je ne pouvais pas faire autrement.

J’ai suivi mon instinct. Je ne le regrette pas. Je leur expliqué que je prenais cette décision pour moi et non pas contre eux, que j’avais besoin de ce changement et que mon cœur était déchiré entre la fidélité que je leur devais et ma nécessité de me renouveler.

Certains m’ont demandé s’ils pourraient toujours venir me voir l’an prochain. Je les ai rassurés et même mentionné que je conserverais dans ma bibliothèque de classe des livres juste pour eux. La porte de ma classe leur sera toujours ouverte, celle de mon cœur aussi.

Maintenant, j’aurais le plaisir d’annoncer à mes élèves de cinquième secondaire qu’ils seront mes derniers grands pour un bout. Je veux goûter chaque moment, chaque plaisir. Je le mérite.

02 juin 2008

La réforme et l'évaluation

Deux événements récents viennent donner de l'eau au moulin à ceux qui critiquent le programme de formation actuel (On ne devrait plus parler de Renouveau ou de réforme, la ministre l'a dit...). Dans les deux cas, ils remettent en question des situations d'évaluation conçues par des enseignants et approuvées par le MELS.
Dans le premier cas, il s'agit d'une évaluation en mathématiques de sixième année du primaire qui demandait des heures de travail et que les jeunes n'auraient pas pu réussir sans l'aide de leur enseignant.
Dans le second, il s'agit d'une épreuve en mathématiques de troisième année du secondaire qui a été rejeté par les enseignants de la Commision scolaire des Affluents, en banlieue nord de Montréal parce qu'il était trop complexe et mal adapté à leur enseignement. «Le Ministère fournit beaucoup, beaucoup de données, mais aucune n'est complète. L'élève doit se référer à la 12e donnée pour compléter la première. Les jeunes ne sont pas habitués à travailler de cette façon et on avait peur que cela cause préjudice», explique André Lachapelle, directeur du service des ressources éducatives de la CSA. Pour Frédéric Pilon, président du Syndicat de la région des Moulins, «Les prototypes d'épreuves permettent au Ministère d'apporter des corrections à la réforme. Mais les profs et les élèves ont un peu l'impression de servir de cobayes là-dedans.»
De tels désaveux montrent bien que la machine ministérielle connait des ratés. On pourra toujours objecter que ce sont des cas isolés. En fait, je connais d'autres profs qui, dans leur matière, considèrent que l'épreuve à laquelle ils doivent soumettre leurs élèves est mal foutue, mais ils n'ont ni le courage et surtout ni l'énergie de se battre. Alors, en cachette, ils «adaptent» soit le contenu de celle-ci soit la correction qui est suggérée d'en faire.
Chez les partisans de la réforme, on entend souvent l'argument à l'effet que les programmes et les évaluation ne sont pas déconnectés de la réalité parce qu'ils ont été conçus par des profs. On vient de constater ici que ce n'est pas parce qu'une évaluation est conçue par des enseignants qu'elle est valable. Il faudrait peut-être d'ailleurs s'interroger sur les critères de sélection de ces profs. Qui plus est, dans ls deux cas mentionnés, il faut remarquer que ces évaluations ont passé toutes les étapes de validation requises par le MELS. On aura beau dire qu'il s'agissait d'épreuves prototypes, il est quand même troublant de penser qu'il s'agissait d'évaluations qu'on suggérait de faire passer à une cohorte complète d'élèves. Quand certains critiques affirment qu'on prend ces dernier pour des cobayes, comment leur donner tort? On peut se questionner fortement sur des expérimentations de la sorte.
Un autre argument qu'on entend chez les partisans de la réforme est que celle-ci permet la transmission efficace de nombreuses connaissances et les mesure de façon rigoureuse. Encore une fois, on peut éprouver certains doutes. Manifestement, il existe un écart considérable entre ce que les enseignants retenus par le MELS qui ont conçu ces évaluations croient que les élèves devraient connaître selon le programme actuel et ce qui se fait sur le terrain. «Des exigences en béton, mais des connaisances bidons», pour citer un confrère.

31 mai 2008

Les deuils

Les deuils ne viennent jamais seuls, semble-t-il. Cette fin de l'année scolaire 2007-2008 en sera une preuve indubitable.

Il y a tout d'abord ces élèves de cinquième qui quitteront bientôt la grande école secondaire pour aller, pour la plupart, au cégep. On s'attache à ces petites bêtes avec qui on vit au quotidien, vous savez. Dans le cas d'un groupe, plus particulièrement, nous avons même traversé la perte d'un élève en cours d'année il y a deux ans. Certaines épreuves resserrent les liens. Et puis, je suis ce genre de prof intense qui aime connaître ses élèves, qui les bardasse à l'occasion et qui n'est jamais mais jamais indifférent.

Déjà, je les regarde et je sais que, d'ici deux semaines, ce quotidien n'existera plus. Les fous rires, les petites blagues, les regards complices, tout cela disparaîtra pour renaître sous forme de souvenirs. J'essaie de capturer chaque moment, chaque parcelle de sourire pour les imprégner là ou ils ne meurent jamais. À l'occasion, j'amène l'appareil-photos. Ils aiment bien cela. Surtout me photographier pendant que je fais le clown...

Il m'arrive de conserver des liens avec mes anciens élèves. En fait, ce sont eux qui me relancent. Ils viennent souvent me visiter à mon école comme si j'étais un parent, un ami qu'on voit à l'occasion. Par la magie d'Internet, certains m'écrivent et me parlent de leurs études, de leur mariage. Ouf... On prend décidément un coup de vieux dans ce temps-là.

Ce deuil, je le vis chaque année. J'y suis habitué même si on ne s'y habitue jamais vraiment. Non, ce sont plutôt les autres événements qui appesantissent les choses.

Par exemple, le deuxième deuil est empreint de culpabilité. Il s'agit d'un groupe de troisième secondaire que je devais normalement reprendre l'année prochaine mais qu'avec mon changement de poste, je ne pourrai conserver. Oh! il y aurait moyen de s'arranger avec la direction, mais je ne veux pas de deux préparations et demie et de choses compliquées. On ne peut pas plonger dans une piscine en gardant un pied sur le tremplin. Et je fais un grand saut l'année prochaine.

Je me sens coupable par rapport à ces gamins parce que je devrais être leur prof pour deux ans. Certains n'ont pas quitté cette classe de douance à cause d'enseignants un peu fous comme moi. Je ne leur ai pas annoncé la nouvelle parce que je ne m'en sens pas encore prêt. Ils me parlent de l'année prochaine, de ce que nous ferons ensemble, de combien ils ont appris cette année et ils apprendront encore plus avec moi l'année prochaine. Ils se réchauffent à mes sourires. Ça me fend le coeur et comme il n'est pas déjà vaillant...

Ce matin, j'ai réalisé que je devrai leur annoncer la nouvelle avant la fin de l'année. Cette semaine sûrement. Je leur dois l'honnêteté. Un moment difficile mais nécessaire. Sauf que je ne peux pas faire le contraire de ce que je leur enseigne: l'effort, le meilleur de soi-même. Qu'en pensez-vous?

Enfin, le troisième deuil, ce sont mes collègues d'enseignement. Les naufragées de la Méduse. Je quitte vers un local de profs de premier cycle ou j'ai déjà une réputation de grande gueule surfaite, ou le fait que je vienne de la cinquième sera un puissant handicap. Je devrai adopter le profil assez bas, merci. Un autre changement. Mais, pour l'instant, ce qui m'importe, ce sont mes collègues actuelles. Elles (bien oui!) ont passé la journée de vendredi à me taquiner. Elles me suggèrent déjà de préparer mon kit de prof de première secondaire: de la colle, des ciseaux à bouts ronds, des mouchoirs, des mouchoirs et encore des mouchoirs...

Nous sommes allés diner ensemble et l'une d'elles a même offert le champagne, mon péché mignon. J'ai gardé la bouteille en souvenir. Mon école est grande, trop grande. On risque de peu se voir l'année prochaine. Sauf que, de toute façon, la direction songe à relocaliser ce local de profs de deuxième cycle en plaçant mes collègues un peu partout. Mauvais exemple de gestion pédagogique sur lequel je reviendrai sûrement. Une certaine séparation aura déjà eu lieu. Mais pour l'instant, là encore, je thésaurise, j'accumule, je me remplis.

Des deuils donc. Certains nécessaires. Et ex-madame masquée qui me manque et qui ne reviendra pas. La vie est remplie de nouveaux départs. Et je n'ai pas toujours l'âme d'un coureur.

29 mai 2008

Amour enseignante: mode d'emploi

Je ne reviendrai pas sur le contexte personnel dans lequel je nage et surnage. Mais dans la tourmente, le sarcasme et l'ironie sont les deux mammelles parfois de ma bouée de sauvetage.
Aussi, aujourd'hui, je me permets de solliciter votre contribution à un petit guide sur les relations amoureuses avec un enseignant. Tant qu'à vivre, vivons intensément!
J'ai toujours cru que les enseigants gagnaient à se reproduire entre eux. D'ailleurs, Fille masquée a été conçue avec une prof de français, issue elle-même de l'union d'un directeur d'école primaire et d'une prof de maths. Appelons de la consanguinité pédagogique.
Quels sont les bons coups et les mauvais coups à faire quand notre partenaire de vie amoureuse est un enseignant? Socioconstruisons donc ensemble un texte que vous pourrez montrez à votre tendre moitié en douce certains jours de manière peu subtile.
Si l'humour et l'autodérision sont les bienvenus, je débute tout de suite avec deux vacheries qu'on me pardonnera:
  • plaquer un enseignant la veille de ses vacances d'été (une fois, le motif de la rupture était que je consacrais trop de temps à mes élèves alors que j'allais justement tomber en vacances).
  • susciter des périodes de remise en question existentielles durant une période intense de correction.
  • demander de corriger ses travaux ou ses écrits (pas assez de le faire pour le travail...).
Côté positif:
  • l'aider à corriger certaines épreuves.
  • l'aider à rentrer ses notes (avec le Renouveau, ce type de support deviendra périmé).
  • l'écouter se plaindre pour la centième fois d'un problème scolaire.

Côté infantlisant:

  • Je suis déjà sorti avec une prof du primaire et elle s'assurait que mes bottes étaient bien mises et que j'étais bien couvert quand je sortais l'hiver...
J'attends vos commentaires. Nos lignes sont ouvertes! : )

26 mai 2008

Le professeur voilé...

Québec Solidaire en remet une couche aujourd'hui dans l'actualité sur la possiblité pour les enseignantes de porter le voile pendant leur travail. Je rapporte ici les extraits importants de ce texte et je les commente au fur et à mesure.

Le parti politique le plus ouvertement féministe partage donc sans réserve la recommandation du rapport Bouchard-Taylor voulant qu'il faudrait permettre aux enseignants et fonctionnaires de porter des signes religieux ostentatoires, comme le voile islamique, symbole de soumission des femmes aux hommes et d'intégrisme musulman. (...)

Le voile islamique n'est pas un accessoire de mode innocent. Il découle d'un système de valeurs et de pensée bien différent de celui qu'on retrouve en Occident. Qui plus est, bien des immigrants ont justement fui leur pays d'origine à cause de celui-ci. Et voilà qu'au Québec, on l'autoriserait dans le contexte de l'enseignement alors que d'autres pays occidentaux et arabes ne le font pas justement à cause de sa signification intrinsèque. Décidément, au Québec, on est les meilleurs.

Là où le foulard islamique représente une menace à la stabilité démocratique et aux droits des femmes, «ce sont des pays où l'islam occupe 80 pour cent de la place», a-t-il (Amir Khadir) fait valoir, en rappelant que les musulmans ne forment que deux pour cent de la population québécoise.

Et puis, après? Désolé, mais cet argument du nombre est bien faible. On parle ici de principe, pas de chiffres. Si le voile est en soi une menace, pourquoi le tolérer?

Québec solidaire est aussi d'accord avec la commission Bouchard-Taylor, qui a remis son rapport la semaine dernière, pour dire que ceux qui exercent une fonction d'autorité - comme les policiers et les juges - devraient s'abstenir d'afficher des signes religieux. Mais ce principe ne vaut pas pour les enseignantes. Selon Québec solidaire, interdire le voile serait aller à l'encontre du principe de la laïcité, qui doit «être un instrument d'inclusion et non d'exclusion». «Le port du voile est un choix individuel», selon M. Khadir.

Désolé, mais l'enseignant est une figure d'autorité, quant à moi. Il est un modèle, un représentant social et gouvernemental. Dans les pays de l'Est à l'époque, ce n'est pas pour rien que ces états voulaient tant contrôler l'éducation. C'est un lieu idéologique puissant.

Quant au principe que la laïcité est un instrument d'inclusion, je pense que, dans la pratique, ce principe est parfois perverti. Je me rappelle de cette école religieuse à Montréal qui obligeait les enseignantes à porter le hijab. Ces dernières auront-elles le droit de ne plus le porter maintenant, question de présenter aux jeunes des modèles culturels et religieux différents?

Par ailleurs, le port du voile est-il un choix individuel ou le résultat d'un conditionnement social, culturel et religieux? Dans la même veine alors, pourquoi s'insurger devant nos élèves à demi habillées et hypersexualisées qui exercent un choix individuel? On vit en société. Certaines limites sont nécessaires et acceptables, je crois. Je ne porte pas mon chandail du Bloc Pot en classe, à ce que je sache.

On assiste lentement mais sûrement vers un glissement des droits collectifs vers des droits individuels et je me demande ce que signifiera le mot «inclusion» si toutes les différences se valent et doivent être acceptées.

L'autre porte-parole du parti, Françoise David, a dit partager les vues de M. Khadir, voyant même un côté positif au port du voile par une enseignante.«Le fait de porter un signe religieux va à tout le moins nous indiquer en quoi elle croit», a-t-elle indiqué, en jugeant que cette question ne devait pas devenir une «obsession».

D'accord. Alors, fidèle à la pensée de Mme David, je propose que chaque enseignant se munisse d'un écriteau qu'il portera bien en évidence autour du cou: «Je suis végétaliste, nihiliste, marxiste, voilé, masqué...» Toute ma vie, on m'a appris que l'enseignant devait être neutre, savoir s'effacer devant son devoir et sa matière, qu'il avait un devoir de réserve envers ses élèves.

Sur la défensive, les deux porte-parole ont tenu à rappeler qu'ils étaient féministes. L'ouverture au port du hidjab à l'école, loin de constituer une menace à la laïcité de nos institutions publiques, doit être vue selon eux comme un facteur d'intégration à la société québécoise et à ses valeurs. Ce serait donc là le meilleur moyen de ne pas pousser les femmes et les fillettes qui le portent «dans les bras de ces mollahs de tout acabit qui veulent les encarcaner. Québec solidaire demande au gouvernement de ne pas tarder à appliquer l'ensemble des recommandations du rapport Bouchard-Taylor.

Je comprends cet argument et c'est à mon avis le meilleur mis de l'avant par Québec Solidaire mais, en même temps, je considère qu'il contient en lui-même son propre contre-argument. On relie ici implicitement le voile à des individus «encarcanants» alors qu'on tente de nous dire précédemment que celui-ci ne représente pas une menace. Et je ne suis pas sûr que, dans les faits, ce dernier mènera à une plus grande émancipation des femmes musulmanes au Québec.

Enfin, qu'à cela ne tienne, Québec mettra bientôt sur pied une ligne 1-800 «aider les commerçants, fonctionnaires, enseignants et autres «décideurs» à traiter les demandes d'accommodement raisonnable.» Celle-ci devrait être opérationnelle vers la fin du mois de juin. L'idée est intéressante et évitera de nombreux dérapages. mais en même temps, j'ai bien hâte de voir comment on suggèrera de régler certaines demandes d'accommodement.

23 mai 2008

Bouchard-Taylor et l'école (modifié, long et bon)

Bon, le rapport du psycho-drame national des 18 derniers mois, la commission Bouchard-Taylor, est enfin public! On pourrait bien commenter les 37 recommandations de ce dernier, mais seules quelques-unes s'appliquent à l'école. De façon générale, mon appréciation de ces dernières est plutôt mitigée.

Faisons le tour de certaines d'entre elles avec quelques commentaires.

Le besoin d’une formation accrue chez les agents de l’État dans toutes les institutions publiques, à commencer par l’école en raison de ses fonctions de socialisation.

Ma première réaction a été la suivante: «Encore de la formation!» Dans les faits, je suis conscient du rôle majeur joué par l'école dans le dossier de l'intégration des immigrants. Là ou je me questionne est sur ce que pourra exiger cette dernière des parents venus d'ailleurs. À Montréal, certains parents immigrants exigent de parler anglais avec l'enseignant de leur enfant. On doit également leur traduire les différentes communications envoyées par l'école. Il y a quelque chose de malsain à procéder de la sorte.

Que les gestionnaires d’institutions publiques intensifient leurs efforts pour adapter à leur milieu et traduire en directives concrètes les grandes balises devant guider la gestion des demandes d’ajustement.

Ça, ça revient à demander aux commissions scolaires de baliser les demandes d'accommodement raisonnable. La commission BT refile le ballon à un autre joueur.

Il existe à Montréal, semble-t-il, des cas d'intégration assez réussis, notamment à ville Saint-Laurent, je crois. Par contre, il est fort à parier que certaines CS attendront que Québec forme un comité à cet effet plutôt que d'aller de l'avant. On est décentralisateur quand ça nous arrange. À suivre.

Concernant les problèmes liés au régime de congés religieux en vigueur dans les commissions scolaires (à savoir des congés supplémentaires payés), que l’État forme un comité d’experts mandaté pour trouver une solution équitable et conforme au cadre juridique actuel du régime des congés religieux et ce, après consultation des principaux acteurs intéressés.

On sait que ce cas a été soulevé notamment à Montréal à cause d'enseignants bénéficiant des congés fériés d'origine catholique prévus au calendrier et à ceux demandés par leur religion. Suggérer la formation d'un comité d'expert est une autre façon de refiler le ballon et d'éviter de se mouiller. Un autre dossier à suivre.

La mise sur pied d’un comité d’enquête indépendant mandaté pour faire la lumière sur les pratiques des ordres professionnels en matière de reconnaissance des diplômes.

Cette recommandation a un impact en éducation puisque certains immigrants ne voient pas leur diplôme reconnu alors qu'ils veulent être enseignants. On les confine à la suppléance tout en leur suggérant de retourner sur les bancs de l'université alors qu'on manque de profs. Est-ce une pratique acceptable?

Qu’il (le port de signes religieux par les agents de l’État) soit interdit aux magistrats et procureurs de la Couronne, aux policiers, aux gardiens de prison, aux président et vice-présidents de l’Assemblée nationale.

Mais que:

Qu’il soit autorisé aux enseignants, aux fonctionnaires, aux professionnels de la santé et à tous les autres agents de l’État.

Il s'agit ici de la plus controversée des recommandations de BT quant à moi. Avant d'aller plus loin, prenons connaissance de ce texte de La Presse ou M. Bouchard précise sa pensée:
Au sujet des signes religieux, les commissaires estiment qu’«une enseignante ne pourrait par exemple revêtir une burka ou un niqab en classe et s’acquitter adéquatement de sa tâche», mais qu’en revanche, «le foulard (islamique), lui, ne compromet ni la communication ni la socialisation». «Les jeunes qui sont exposés dès le bas âge à la diversité qu’ils rencontreront à l’extérieur de l’école pourront démystifier plus facilement les différences et seront moins prompts à les appréhender sous le mode de la menace», justifient-ils.

«Il n’en demeure pas moins que l’interdiction du port de signes religieux pour une gamme restreinte de fonctions se justifie mieux, poursuivent les commissaires. On peut avancer que l’exigence d’une apparence d’impartialité s’impose au plus haut point dans le cas de juges, des policiers et des gardiens de prison, qui détiennent tous un pouvoir de sanction et même de coercition à l’endroit de personnes qui se trouvent en position de dépendance et de vulnérabilité.»

Côté réactions, le Congrès juif trouve que cette recommandation ne va pas assez loin, la FTQ et la CSN croient qu'il aurait fallu être plus restrictif. Le Parti québécois ne la commente pas spécifiquement. Même chose pour la CSQ. Quant à Québec Solidaire, Françoise David affirme, à propos des enseignants: «Certains sont pratiquants, d’autres pas, et il n’est pas mauvais que les enfants soient exposés à cette réalité.»

Pour sa part, Christiane Pelchat, présidente du Conseil du statut de la femme, ne voit pas les choses du même oeil: «Dans les écoles publiques, à l’hôpital, la neutralité religieuse devrait être exigée. Pour nous (au Conseil), laïcité et égalité entre les hommes et les femmes vont de pair, et la laïcité préconisée par le rapport ressemble plus à du gruyère qu’autre chose.»

Louise Langevin, professeure de droit à l’Université Laval, explique le point de vue des commissaires de la façon suivante: «contrairement à la France où la laïcité est à tout crin, on considère au Québec que l’État est laïque mais que la religion fait partie intégrante des personnes, qui peuvent rester elles-mêmes dans l’espace public. C’est ce que les commissaires ont traduit.»

Je suis sûrement débile profond, mais je ne partage pas la vision des commissaires Bouchard et Taylor. Pour ma part, tous les agents de l'État devraient afficher une neutralité, à plus forte raison dans nos écoles. BT semble oublier qu'un enseignant est un représentant de l'autorité. La loi lui confère d'ailleurs certains pouvoirs à cet égard. Il est aussi un modèle social: «Je peux porter le hijab, ma prof le fait.» De plus, je vois mal un professeur portant un turban me parler de la religion juive sans avoir uen arrière-pensée. L'image, et c'en est une qui n'est peut-être pas politiquement correct, ne me revient pas.

Mais surtout, on ne pourra m'enlever de la tête que le voile est un symbole religieux souvent associé à l'oppression des femmes. Et là, je ne peux accepter que l'école cautionne une telle vision du monde. L'école est un espace public et devrait être laïque. Les enseignants sont des représentants de l'État. Ils devraient afficher une neutralité dans le cadre de leur fonction. Point à la ligne.
Quelques ajouts avec les journaux de ce matin
Foglia, sur la laïcité, dans La Presse :
Soit. C’est un intégriste qui parle et qui décline son credo laïque en deux articles.
1 - Liberté absolue de conscience et de culte.
2 - L’espace civique doit être absolument laïque.
Je viens de dire deux fois absolument, je sais: c’est bien un intégriste qui parle. L’espace civique? L’école publique en tout premier lieu. L’école avant les tribunaux, avant la police, avant l’armée, avant les institutions. Faut-il vraiment expliquer pourquoi l’école d’abord, pourquoi l’école surtout? Parce que c’est l’institution structurante de la société. Le premier contact de l’enfant avec la citoyenneté, donc avec la société, le lieu de conjugaison non pas des différences, mais des humanités. Il ne me dérangerait pas tant que cela (un peu quand même) d’être contrôlé par un flic portant la kippa. Mais je trouve déplorable, je trouve lamentable que les commissaires acquiescent benoîtement au port ostensible de signes religieux par les élèves et pire encore par les enseignants des écoles publiques.
J’ai trouvé futile que les commissaires suggèrent que l’on décroche le crucifix de l’Assemblée nationale (les députés ont bien fait de voter à l’unanimité pour le garder). Cette absurde histoire de crucifix nous dit quelle mauvaise lecture les commissaires font des signes. On apprend cela dans le premier cours de linguistique: il faut aller au signifié, au contenu du signe... ce crucifix devenu applique murale n’a plus aucun contenu, messieurs les commissaires.
Alors que le voile des jeunes musulmanes à l’école est l’étendard d’un communautarisme qui n’a rien d’innocent. Il a une vérité à proclamer, ce voile. Mieux, il a un projet: le retour du religieux dans l’espace civique.Et c’est ce projet qu’appuient nos curés. Projet baptisé par eux laïcité ouverte. Un concept en forme de cheval de Troie plein de barbus, de voiles et de turbans qui, espèrent-ils, va les ramener dans les écoles par la porte d’en arrière.
Martineau, sur le voile islamique, dans le Journal de Montréal:
Des problèmes? Où ça? Il n'y en a pas, de problèmes, voyons, tout est affaire de perception! Le voile, c'est joli, c'est folklorique, ce n'est pas dangereux, on n'a pas de raison de s'énerver.

On va même permettre aux enseignantes de le porter, vous allez voir, ça va permettre aux jeunes Québécoises de s'ouvrir aux autres cultures... On dort au gaz, les amis. On dort au gaz.
Michel Vastel, sur l'école et la laïcité, dans le Journal de Montréal:
Le conformisme et le souci de ne déplaire à personne se niche dans les moindres détails pour ces commissaires qui recommandent par exemple que le port de signes religieux soit interdit aux magistrats, procureurs, policiers, gardiens de prison et même au pauvre Michel Bissonnet, président de l'Assemblée nationale, mais qu'il soit permis aux enseignants, aux infirmières et aux médecins. Ne voient-ils pas que ces enseignants, infirmières et médecins sont en position d'autorité face aux enfants et aux malades?

Cela donne même lieu à d'incroyables incongruités: les nouveaux cours d'éthique et de culture religieuse pourront donc être donnés par des enseignantes portant le hijab: bel exemple de déconfessionnalisation!
Le Syndicat de la fonction publique du Québec sur le port des signes religieux par les employés de l'État:
«Les employés de l'État qui sont en contact avec les citoyens ne devraient pas porter de symboles. La fonction publique est là pour être neutre et donner les mêmes services partout sur le territoire, soutient la présidente générale du SFPQ, Lucie Martineau. Je n'ai pas le droit de mettre le collant d'un parti politique sur mon bureau pour montrer mon appartenance politique. Ça devrait être la même chose pour la religion.»
Le Conseil du statut de la femme sur le même sujet:
«La distinction qui est faite entre les fonctionnaires se justifie mal. À notre avis, tous les agents de l'État en relation avec le public devraient s'abstenir de porter des signes religieux ostentatoires afin de véhiculer la neutralité de l'État.»
Le président de la Centrale des syndicat du Québec (CSQ) avec lequel je suis en désaccord:
«Chacun est libre de sa pratique religieuse dans la mesure où il n'y a pas de mouvement doctrinaire et que ça ne remet pas en question l'intégrité ou la sécurité physique de la personne», affirme le président de la CSQ, Réjean Parent.

20 mai 2008

Le MELS et ses bonnes vieilles habitudes...

La Presse nous livre ce matin un compte-rendu du tout premier rapport sur la mise en place de la réforme au secondaire.

Premier élément intéressant: celui-ci a été publié sur le site Internet du MELS vendredi «en catimini». Pas de conférence de presse, rien. Comme si on ne voulait pas trop en parler.

Deuxième élément: les fameuses lunettes roses propres aux fonctionnaires du MELS. Un exemple. Selon la journaliste, le rapport s'attarde de manière générale aux aspects positifs de la mise en place de la réforme. Pourquoi se tirer dans les pattes soi-même, hein? Ainsi, la majorité des enseignants croient que le nouveau programme a des effets aussi bons ou meilleurs sur les élèves que les anciens sur la motivation, l’engagement, l’utilisation des connaissances et la réussite scolaire des élèves. «Toutefois, en ce qui concerne l’amélioration du niveau de connaissance des élèves, les perceptions des enseignants sont un peu moins positives.» Un peu moins positives, on dirait un euphémisme. Autour de moi, les collègues auraient des termes beaucoup moins jovialistes.

En résumé, on apprend qu'une partie importante des enseignants du secondaire font peu de cas de certains éléments importants de la réforme, dont les fameuses compétences transversales et les domaines de formation. Élément important: ce rejet reste stable même lorsque les enseignants se sentent plus à l'aise d'appliquer le renouveau dans leurs classes.

Le concept de compétences transversales rejoint deux fois moins d'enseignants qu'en 2004 tandis que celui des domaines de formation était considéré comme peu ou pas prioritaire par 49% des répondants. Les profs seraient davantage retournés vers les compétences disciplinaires.

Je ne suis pas surpris par de tels constats. Les enseignants au secondaire sont rarement des généralistes. Il est donc normal qu'ils soient davantage précoccupés par leur matière. Ensuite, la plupart d'entre eux ne sont pas formés pour appliquer des concepts reliés à l'interdisciplinarité, comme des stratégies de lecture, des méthodes de structuration de la pensée, etc. Enfin, il ne faut pas se le cacher, certains des concepts de la réforme s'appliquent très mal au mode de fonctionnement du secondaire, tant de la part des enseignants que des directions d'école, par exemple. Plus la réforme avance, plus on s'aperçoit des difficultés à l'appliquer, tant pour des raisons pratiques que pédagogiques.

Ah! les rumeurs et les mauvaises réputations

Mettez-vous en situation.

Une collègue enseigne dans un local situé à côté du mien. Tout à coup, on entend à travers les murs de sa classe des bruits de scie électrique.

Réaction d'un de ses élèves:

  • Ça doit être Prof masqué qui est en train de découper un de ses élèves...
J'avoue que ça m'a fait chaud au coeur quand elle m'a raconté cette anecdote. C'est juste que je n'emploie pas la scie circulaire. Trop salissant.

16 mai 2008

Absentéisme scolaire et directions d'école

Ce matin, dans La Presse, un article intéressant sur l'absentéisme scolaire. On explique comment nos élèves peuvent parfois sécher les cours sans difficulté, comment la France et l'Angleterre vivent ce problème et surtout comment la DPJ, légalement concernée par cette situation, ne fait pas grand-chose.

En fait, au départ, les problèmes d'absentéisme sont souvent le résultat d'un mode de gestion et de philosophie d'une école. Ils sont aussi très révélateurs de comment une direction gère ses rapports avec les enseignants et les parents. Je m'explique avec un exemple tiré du vécu d'un collègue.

Il y a trois ans, la direction de son école a été remplacée par un gestionnaire plus cool et officiellement plus décentralisateur. Celui-ci a alors aboli le suivi scolaire pour demander aux enseignants de gérer eux-mêmes les retards et les absences de leurs élèves. Le suivi scolaire, pour les ceuses qui sont pas habitués aux écoles, c'est un genre de préfet de discipline qui s'assure de superviser les retards, les absences et le comportement général des élèves. Dans le cas qui nous occupe, il s'agissait d'un enseignant dont la libération était payée à même les enseignants qui acceptaient de faire davantage de périodes d'enseignement que le prévoit la norme du 24,4 périodes par tâche.

Résultat: on soupçonne que l'absentéisme a monté en flèche depuis ce changement, entre autres, parce que ce ne sont pas tous les collègues qui ont la même conscience professionnelle. Pour les retards, les élèves ont pris de mauvais plis ou se sont ajustés selon le degré de sévérité des profs. Enfin, on a découvert que bien des élèves ne faisaient pas leurs remises de temps sans qu'il n'y ait de conséquence à ce manquement. En décentralisant le suivi scolaire et en ne s'assurant pas de la coordination et du travail des enseignants, on a réussi à nuire à un système qui fonctionnait, sommes toutes, bien mieux.

Certains enseignants de cette école ont alors demandé à avoir las chiffres concernant les absences et les retards à la direction concernée. Croyez-vous qu'elle fut assez folle pour se tirer dans le pied? Les chiffres ne sont jamais venus. C'est là qu'on aborde le volet politique de mon billet.

Une direction d'école occupe un poste politique. Elle a des intérêts à servir, dont les siens. Généralement, une direction ne reste pas assez longtemps dans une même école pour qu'elle soit imputable de quoi que ce soit. Elle a donc le beau jeu d'inventer moult prétextes. Elle peut aussi retenir de l'information ou ne pas aborder certains points en CE, par exemple. J'ai assez d'expérience sur cette instance pour en témoigner.

Aussi, dans tout le débat entourant le projet de loi de la ministre Courchesne sur la démocratie scolaire, je repense à cette situation quand j'entends des gens réclamer davantage de pouvoirs pour les directions d'école. Je repense aussi à certaines réactions que j'ai entendues quant au plan sur la qualité du français, dont celle-ci qui est fort révélatrice : «La ministre peut dire ce qu'elle veut. Je suis dans mon école.»

13 mai 2008

Comme ça en passant...

Une collègue m'a envoyé ce courriel. Peut-être l'avez-vous déjà reçu? Quoi qu'il en soit, pourquoi ne pas rire un peu un petit coup...

Tu sais que t’es prof quand…
  • T'es 'freak control' sur les bords pis que t'aimes la gestion...de classe!
  • Ta principale occupation est la correction...
  • T'es capable de rire de tes propres jokes devant les yeux exaspérés de tes élèves, pis que tu t'trouves tellement drôle...
  • Tu as l'impression que tu donnes un 'show' tous les jours…
  • Tu te fais imposer tes conditions de travail et des réformes bidons par ton employeur…
  • Tu te rends compte qu'avec tes 2 années de cégep et tes 4 ans d'université et un endettement de 15 000$, tu gagnes deux fois moins que tes amis qui ont fait un D.E.P. De 6 mois payé par le chômage!!!
  • Tu veux étriper le jeune mal élevé à l'épicerie! Ou bien enlever la calotte d'un jeune au resto!
  • Tu ne te rends plus compte que tu répètes tout ce que tu dis...
  • Quand pour toi, temps plein, c'est 32 heures avec 8 heures reconnues mais non-payées !
  • Tu n'es pas certaine d'une réponse et que tu réponds: 'Je vais y revenir...' Et que tu n'y reviens jamais!
  • Tu n'appelleras JAMAIS JAMAIS ton fils Kevin...hum...ya vraiment une étrange corrélation entre ce nom et une certaine cote 12...
  • Tes envies de pipi sont dictées par le son de la cloche...
  • Tu ne te rends plus compte que tu répètes tout ce que tu dis...
  • Les employés du Bureau en Gros le plus proche t’appellent tous par ton prénom…
  • Tu sais ce que signifie EHDAA, GPI, TDAH, TED, MELS, etc.
  • Ton linge est toujours plein de craie...
  • Tu utilises régulièrement la phrase: «c'était pour voir si vous suiviez!», lorsque tu te trompes.
  • Tu dois bannir de ton vocabulaire tous les mots qui pourraient, de près ou de loin, avoir vaguement, une connotation sexuelle, parce que si tu le dis, c'est l'hilarité générale pendant 10 minutes…
  • Tu ne te rends plus compte que tu répètes tout ce que tu dis...
  • Te faire appeler Maman/papa ne te surprend même plus et que te faire dire Madame,Monsieur, tu... Est monnaie courante...
  • Tes élèves remarquent le moindre détail qui a changé sur ta personne…
  • Une partie de ton salaire te sert à payer ce dont tu as besoin pour travailler (matériel didactique, encre pour imprimer chez toi parce que les imprimantes de l'école cessent de fonctionner, etc...)
  • Tu es capable de mémoriser plus de cent prénoms, et ce, en moins de 2 semaines...
  • Tu fais des fautes et que tu dis: c'est pas une faute, c'est une coquille!
  • Tout ce que tu as appris à l'université ne te sert strictement à rien!!
  • Tu pries chaque soir pour que la rumeur qui dit que 'la poussière de craie est cancérigène' soit fausse...:)
  • Tu ne te rends plus compte que tu répètes tout ce que tu dis...
  • Presque toutes tes journées pédagogiques (où tu pourrais faire ta planification, corriger et faire tes trucs dans la classe) sont déjà planifiées avec des formations et des réunions!!
  • Tu attrapes quatre rhumes, deux gastros et une bronchite en une seule année, mais que tu te consoles en te disant que c'est moins pire que l'année passée...
  • Tu souris en parcourant cette liste en te disant : « C’est tellement vrai! »

12 mai 2008

Ben ordinaire

Je ne le croyais pas. On m'en a apporté la preuve et j'en reste quasiment paralysé des doigts. À mon école, dans la grille-matières, l'enseignement dispensé aux élèves n’appartenant pas à des profils particuliers est qualifié d'enseignement ordinaire.

Imaginez la situation suivante.
  • Hey, Paul! Tu as quoi comme tâche cette année?
  • Moi, Ringo, je fais de l'enseignement ordinaire.

Ou encore.

  • Ouins, mon petit débute le secondaire cette année. Il a été accepté en sport-études. Pis, vous, madame Chose ?
  • Le mien, ben, il est en ordinaire, vous savez...

Ordinaire au dictionnaire Robert 2007 a les sens suivants :

  • conforme à l’ordre normal, sans condition particulière;
  • dont la qualité ne dépasse pas le niveau moyen le plus courant, qui n’a aucun caractère spécial;
  • qui n’a rien d’exceptionnel.

Regardons maintenant le terme régulier employé auparavant pour désigner cet enseignement:

  • conforme à la règle, à la norme.
  • (régionalisme - critiqué) Au Canada: normal, ordinaire

Vous savez, il y a longtemps, on mettait de l'essence ordinaire dans le réservoir de nos voitures. Puis, les pétrolières ont compris que ce terme était perçu de façon péjorative. Elles ont alors parler d'essence régulière.

Même les vendeurs de gaz l'ont compris...

Si l'essence précédente l'existence, avec un terme aussi ordinaire, je n'ose pas penser à toute la motivation qu'on donne aux enseignants et aux enfants en les désignant implicitement ainsi.

Mais comme chu rien qu'un gars ben ordinaire...

09 mai 2008

Amenez-en des examens!

Lorsque la ministre Courchesne a annoncé son plan sur le français, elle indiquait qu'il y aurait un examen d'écriture à la fin de la quatrième année du primaire. Certains ont maugréé contre cet ajout.
Que diront-ils quand ils apprendront qu'on instaurera sous peu un examen final d'écriture au primaire et que la correction de ce dernier sera centralisée au MELS? Comme il s'agirait d'une épreuve semblable à ce qui se fait en cinquième secondaire, deux questions me viennent à l'esprit:
  • quelle importance aura cette épreuve quant à la certification du jeune?
  • comment celle-ci s'inscrira-t-elle dans le bilan des apprentissages?

Lentement mais sûrement, quant à moi, la ministre est en train de transformer l'évaluation, possiblement dans le but de contrer ce qu'elle n'aime pas de la réforme. En procédant à la pièce, elle veut éviter de «jeter le bébé avec l'eau du bain». Par contre, il faut se demander si ces mesures n'introduiront pas dans le système suffisamment de contradiction pour que celui-ci se mette à dérailler.

La ministre est aussi en train de transformer le programme de formation de français en établissant un comité sur la progression des apprentissages. En déterminant ce qui sera vu et quand, elle ramène heureusement une certaine cohérence verticale dans les apprentissages. Il conviendrait qu'on fasse de même avec les discours vus en classe. Actuellement, par exemple, tout et chacun parle de la nouvelle littéraire quand il le veut, brûle le matériel des années suivantes, etc. Certains élèves voient et revoient la même matière dans les écoles où la communication entre les niveaux est faible.

07 mai 2008

À vendre!

À moins d'un imprévu totalement imprévu...

Contenu d'une bibliothèque de classe inapproprié pour des élèves de première secondaire. Faites une offre.

06 mai 2008

Ah! la barbe...

Tiens, cessons de m'apitoyer sur mon sort. Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage. Aujourd'hui, le chien n'a pas envie de se noyer dans ses larmes. Abordons donc quelque chose d'un peu plus... échevelé, disons.

Avez-vous déjà fait des paris avec vos élèves? Moi si. Je parie souvent. Jamais d'argent, on s'entend. Mais des petites gageures symboliques avec, à la clé, l'idée de pousser les élèves un peu plus loin. Cette semaine, j'ai donc perdu ma mise et... ma barbe!

Vous auriez dû voir la mine réjouie, surprise et faussement horrifiée de mes élèves en entrant en classe. Les petits sacripants n'y sont pas allés avec le dos de la Mer morte dans leurs commentaires.

  • Monsieur, ça vous viellit beaucoup et puis on voit davantage vos traits...
  • Je pensais que vous seriez mieux sans barbe mais, finalement, je crois que j'avais tort...
  • Ah! C'est vous. Je pensais que c'était le vieux suppléant gâteux...

Je vous épargne les commentaires méchants et diffamatoires et je vous invite, si vous en avez le courage, à me faire part des défis que vous lancez ou perdez avec vos élèves. Un jour, si vous êtes plus fins que mes morveux, je vous raconterai le pari de bas jaunes. Un haut fait de la pédagogie moderne... Les réformistes n'ont qu'à bien se tenir!