18 novembre 2009

La nouvelle orthographe

Branle-bas de combat au Journal de Montréal! On fait la une avec une nouvelle à l'effet que le MELS accepte maintenant la nouvelle orthographe dans la correction des examens de fin d'année en cinquième secondaire et que, conséquemment, il demande aux enseignants d'en tenir compte quant aux élèves qui utiliseraient celle-ci en classe (ici et ici). Même qu'on utilise trompeusement l'adjectif exclusif pour parler de cette information.

De mémoire, vous avez appris cette nouvelle ici en primeur sur le blogue du Prof masqué il y a un sacré bout de temps. Même Jean-Luc Mongrain en a parlé en octobre dernier... Il faudrait peut-être inviter nos amis du JdeM à aller voir la définition du mot exclusif au dictionnaire.

Alors, continuons dans le déterrage de scoops antiques pour vous dire qu'en fait, le MELS accepte la nouvelle orthographe dans les examens de fin d'année de cinquième secondaire depuis au moins deux ans. Il n'avait d'ailleurs pas vraiment le choix puisque des ouvrages de référence reconnus intégraient les nouvelles graphies. Le ministère suit le courant, simplement. Alors, le JdeM est franchement dans l'erreur quand il écrit: «À compter de juin 2010, les élèves qui écriront «renouvèlement», «ognon», «bruler» ou «iglou» dans les examens du Ministère ne seront plus pénalisés.»

Quant aux textes du Journal de Montréal, précisons un point important, quant à moi.

«En tolérant la nouvelle orthographe dans les examens de fin d'année, le ministère de l'Éducation pourrait se trouver à faire réussir des élèves qui n'écrivent pas comme cela leur a été enseigné», affirme le JdeM. Relativisons un peu. La nouvelle orthographe touchera un ou deux mots au maximum dans un texte à l'examen final. Il n'y a pas de quoi à fouetter un chat quand on sait que les élèves qui échouent le critère langue le font avec un nombre de fautes beaucoup plus considérable et que ce sont généralement des fautes d'accord et non d'orthographe.

Finalement, ne capotons pas trop avec la nouvelle orthographe. Pour l'enseigner dans nos classes, il nous faudrait avoir des dictionnaires récents. Or, pour l'instant, dans certains cas, certains datent des années 1980.

15 novembre 2009

Rencontre des parents: un ti-truc de prof masqué

La première rencontre de parents s'en vient et je voudrais partager avec vous un truc génial qui vient d'un collègue génial afin d'économiser un peu de salive et de mots.

Il s'agit simplement de produire un document d'une page sur lequel vous résumer les évaluations de votre étape et indiquer ce qui s'en vient pour la deuxième. Vous en laissez une pile dans la classe ou vous accueillez les parents et le tour est joué. Ceux-ci prennent connaissance d'une foule d'informations que vous n'aurez pas à répéter par la suite et ils trouvent l'attente moins longue puis qu'ils sont occupés.

Je fais ce truc depuis un an et c'est tràs aidant, comme disent nos conseillers pédagogiques. J'y indique également les connaissances vues durant l'étape, les difficultés générales rencontrées par les élèves, les moments ou j'offre de la récupération, quelques conseils aux parents pour aider leur jeunes, etc. Mais le tout est de tenir en une page recto-verso et d'utiliser un vocabulaire simple.

Essayez. Je vous le dis. Votre vie en sera changée.

12 novembre 2009

La réforme au quotidien...

J'enseigne en première secondaire. Aujour'hui, c'était la remise des notes pour le bulletin de la première étape. Il me fallait donc attribuer un résultat à chaque élève quant à deux compétences.

Avec la réforme, l'enseignant doit porter un jugement global. Celui-ci ne doit pas être un simple cumul de notes et de travaux.

Mise en situation: Vous avez évalué cinq ou six travaux. Vous les regardez, vous pensez à votre élève et vous émettez un jugement. C'est assez simple.

Et question de s'assurer que les enseignants ne fassent pas un cumul des notes, le sévice informatique de ma CS a retiré cette année la possibilité, dans le logiciel de notes, de calculer un résultat sur 100 à partir de plusieurs travaux.

Peu importe, que vos évaluations soient graduées et suivent une progression logique. Peu importe que vous les ayez ordonnées et conçues de façon à refléter la valeur de l'élève. Bref, vous êtes assez professionnel pour émettre un jugement sur un élève, mais pas assez organiser votre évaluation.

Résultat: certains collègues entrent les travaux sur un tableau Excel, calculent le résultat sur 100 et mettent une note au bulletin. À un adjoint, je disais à quel point cette situation était frustrante et hypocrite. À la blague, je lui ai dit que je ferais une moyenne des travaux au pif et la mettrais comme note à l'élève. «En autant qu'il y ait une note, tu sais...», m'a-t-il répondu, mi-blagueur.

Ouins, en autant qu'il y a des notes, on se fout de ce que les élèves apprennent.

10 novembre 2009

Journal de l'année de la Peste - jour 9: un peu de littérature

Sur le front scolaire, rien de nouveau. À part le fait que tous les élèves malades de la grippe sont revenus, les vrais comme les faux.

Le plaisir est davantage dans l'actualité et dans la littérature.

Il y a tout d'abord Jean de Lafontaine qui revient dans l'actualité avec sa fable Les animaux malades de peste. Il suffit de penser à tous ces membres de conseil d'administration des hôpitaux, ces donateurs généreux qui ont pu se faire vacciner alors que ce n'était pas à leur tour.

Ce matin, c'est le sympathique Claude Dubois qui a doublé la ligne d'attente pour recevoir sa dose (désolé, mais cette vacherie, il la mérite). M. Dubois a tenté de couvrir sa conduite en mentant de façon éhontée en prétextant qu'il avait déjà un rendez-vous pour un vaccin relié à un voyage. Or, on ne donne pas ce type de vaccin à l'établissement ou il s'est présenté.

Comme un million de gens, mon Claude? Désolé, mais un trou du cul demeure un trou du cul.

07 novembre 2009

L'amour au temps du choléra

Je m'excuse pour le titre: j'ai des lettres malgré moi (et même des mots...). Donc, toujours est-il: l'amour de votre vie se met à tousser. Rien de grave. Sauf qu'on ne peut jurer de rien (encore un titre!) en ces temps incertains.

Faque, que faites-vous?
- vous le mettez en quarantaine?
- vous le frenchez pour lui donner vos anticorps?
- rien, les toussotements font partie de votre vie de couple.

En passant, j'ai décidé de faire un sondage A-H1N1. Si vous avez la piqûre.

06 novembre 2009

Journal de l'année de la Peste - jour 5: à la maison!

Ça y est: je suis contaminé! Je suis atteint. Je souffre...

Grosse toux grasse. La tête dans un aquarium. Je n'entends rien. J'ai de la difficulté à respirer. Mais pas de fièvre. Donc, ce n'est qu'un rhume d'homme. Mais un vrai.

Et il y a de la correction qui m'attend sur mon bureau. Ça me tente, c'est incroyable.

Des volontaires pour m'aider?

04 novembre 2009

Journal de l'année de la Peste - jour 3: relève ta manche!

On a appris aujourd'hui que les services de la santé de ma région offriront aux jeunes d'être vaccinés dans leur école. Je souris un peu quand on nous écrit que «Une priorité leur est ainsi accordée.» Cette vaccination prioritaire commencera le 17 novembre et se terminera pour certains ... le 3 décembre.

Honnêtement, on ne peut pas dire que le système de santé réagit très rapidement à cette «crise» pourtant prévisible et attendue. Il faudra plus d'un mois pour vacciner des jeunes en priorité. Et cela est encore plus enrageant quand on sait que, dans ma région, deux centres de vaccination de masse seront ouverts du lundi 9 novembre jusqu’au samedi 5 décembre. Heureusement que le virus n'a pas muté et ne s'est pas transformé en bébitte plus dangereuse.

Un des risques de cette lenteur, en plus du fait que certains jeunes ne soient pas vaccinés à temps, est que certains élèves, croyant à tort avoir eu le A-H1N1, ne se fassent plus vacciner et l'attrapent par la suite!

Ah oui: gros privilège relié à ma fonction: «Le personnel et la direction des écoles où se tiendront les cliniques de vaccination pourront être vaccinés en fin de journée seulement dans la disponibilité des vaccins restants.»

Je vous rappelle qu'à mon école, on nage toujours autour de 25% d'absents. Mes collègues - parfois à tort parfois à juste titre - prennent leur température et guettent les signes de la grippe.

03 novembre 2009

Journal de la Peste - jour 2: les simulateurs

C'est officiel: il y a 25% d'absents dans mon école. On retardera même la remise des notes au bulletin afin de permettre la reprise de certains travaux ou examens.

Ce qui est frustrant, c'est de voir certains élèves qui en profitent un peu pour se voter quelques jours de congé. On n'exige pas de papier médical pour justifier leur absence en classe ou à un examen. Les cliniques médicales et les urgences sont débordées. Ils toussent, se plaignent de douleur aux muscles, disent qu'ils font de la fièvre. On leur a expliqué tous les symptômes de la grippe: ils les connaissent bien. Leur dossier disciplinaire est sûrement plus épais que leur dossier médical, mais bon. On doit faire confiance.

On appelle alors les parents des jeunes et on les retourne à la maison pour une dizaine de journées. Espérons que l'école les obligera à rester à la maison. À la fois pour faire suer leurs parents et pour ne pas prendre de chance au cas où.

Personne n'évoque cependant la fermeture de l'école. Celle-ci doit être décidée par les autorités de santé publique et il n'est pas sûr qu'il soit plus efficace de laisser tous ces jeunes passer leur temps ensemble au centre d'achats ou dans les arcades. En fait, on fermera seulement si on manque de profs.

02 novembre 2009

Journal de l'année de la Peste - jour 1

Ce titre fait référence à une oeuvre de DeFoe que j'avais bien aimé. Elle traitait de la Grande Peste de Londres. Loin de partir en peur cependant, je l'ai choisie comme titre de ce qui sera mes chroniques A-H1N1.

Aujourd'hui donc, il manque le quart des élèves dans ma classe. C'est le nombre le plus élevé d'absents jusqu'à présent. Les parents les ont retenus à la maison. Quatre facteurs peuvent expliquer ces absences.

1- Ces élèves ont contracté la grippe A-H1N1 ou, du moins, le supposent.
2- L'envoi d'une lettre par l'école aux parents quant aux symptômes et la conduite à adopter quant au A-H1N1 a soulevé des inquiètudes ou conscientisé des parents.
3- La tenue de la fête de l'Halloween à notre école a répandu le microbe, ce dont je doute. Quel est le temps d'incubation de la «bébite» au fait?
4- Les élèves ont passé l'Halloween sous la pluie, se sont gavés de bonbons et sont en mauvais état ce matin.

L'un dans l'autre, on ne saura jamais laquelle ou lesquelles de ces raisons sont les plus justes. On est dans le domaine de l'hypothèse.

Cela étant dit, les adjoints sont passés dans les classes évaluer le nombre d'absences. Ils décideront de la marche à suivre par la suite.

Pour ma part, j'ai discuté avec mes élèves de la grippe. Ils semblent penser que leurs parents capotent un peu. Je leur ai aussi expliqué la nuance entre une saine vigilance et la panique. Se laver les mains, éviter de porter celles-ci à sa bouche ou près des yeux. On verra pour la suite des choses.

Par ailleurs, je ne vois beaucoup de ménage hors de l'ordinaire dans l'école. Pas de lavage de poignées de porte, etc. De plus, le Purell est disponible seulement dans les espaces du personnel.

01 novembre 2009

Des directeurs trop stressés (ajout)

Voilà le titre d'un article du Journal de Montréal. On dirait que ce dernier semble avoir adopté leur cause. On compatit, mais on dirait vraiment qu'on joue «Je fais pitié!»

En plus de les empêcher de faire leur travail adéquatement, la bureaucratie dénoncée par les directeurs d'école du Québec depuis une semaine est une «importante source de stress» qui pourrait nuire à leur santé, prévient un chercheur de l'Université de Montréal.

Une recherche effectuée au printemps dernier par Emmanuel Poirel dans le cadre de son doctorat en psychopédagogie conclut que les «contraintes administratives» imposées aux directions d'école du Québec constituent leur «principale catégorie de stress.»

«Il semble que le poids des responsabilités soit moins dérangeant que les tracas de type administratif auxquels les directions doivent faire face dans leur quotidien», analyse le chercheur, dans son rapport.

«Ce qui les dérange, c'est d'être constamment empêchés de faire leur travail par des réunions, qui sont principalement commandées par la commission scolaire, ou par des rapports à produire», explique M. Poirel, en entrevue au Journal.


En passant, ce chercheur dit cette bureaucratie pourrait nuire à leur santé, sauf qu'il ajoute que «Je n'ai pas pu en faire la démonstration dans ma recherche, mais tout porte à croire que ça accentue les risques.»

Personnellement, ce qui m'horripile, c'est toute la bureaucratie imposée par le MELS, les CS et les directions d'école. J'aimerais bien faire mon travail, mais il y a toujours quelqu'un au-dessus de moi pour me dire quoi faire, comment enseigner, etc.

Et vous savez quoi? Mon syndicat n'a pas fait d'étude là-dessus. De plus, côté santé, allez vous renseigner sur les avantages sociaux des directions d'école quant au volet santé. Elles sont plus avantageuses que celles des profs.

(AJOUT) En passant, comme c'est étrange, mais je n'ai jamais entendu une direction se plaindre des rencontres au Château Bromont ou encore les dénoncer...