12 février 2010

Branchez-moi, quelqu'un!

Bon, voilà. Prof masqué doit se trouver un nouveau fournisseur Internet. Jusqu'à présent, je connaissais les joies d'une ligne téléphonique et d'un modem qui me permettaient d'affirmer que j'avais une connexion basse vitesse avec patience limitée. J'étais fier de ce statut préhistorique.

Mais un concours de circonstances auquel je n'étais pas inscrit et que j'ai remporté malgré tout fait que je perdrai le privilège de regarder une photo se télécharger un pixel à la fois.

J'ai commencé à magasiner et je ne comprends absolument rien au charabia technique de tous ces charlatans de la communication.

Voici donc ma situation:
1- Je n'ai pas le câble et ne le veux pas.
2- Je fais peu d'appels interurbains.
3- J'ai une ligne téléphonique chez Bell.
4- J'ai un cellulaire à la carte chez Virgin.
5- Comme tous les hommes, je fuis l'engagement et je déteste les contrats à longue durée.

Voici mes besoins:
1- Je consulte les journaux en ligne et différents autres sites plusieurs heures par jour.
2- Je ne télécharge pas de trucs musicaux ou de films.
3- Je prends mon courrier.
4- Je viens sur Blogger.
5- À l'occasion, je regarde des séquences vidéo.

Il y a Bell, Vidéotron (Vidéo-étron, pour les intimes) et Distributel que je connais. Qui et que me recommandez-vous?

11 février 2010

Du respect et de l'enseignement

Vous êtes enseignant dans la région de Laval et vous songez à donner une retenue à un élève qui manque de politesse à votre égard. Et, rapidement, vous y renoncez. Peut-il y avoir un lien entre votre comportement et cette nouvelle dont je donne un extrait:

LAVAL - Le stationnement de l’école secondaire Saint-Maxime, dans le quartier Chomedey à Laval, a été le théâtre d’un véritable affrontement entre des dizaines de jeunes et les policiers, jeudi, en début d’après-midi.
Quelques 200 élèves de l’école située au 3680, boul. Lévesque Ouest, ont profité de la fin de leur pause de dîner pour défier les agents présents, appelés sur place en raison de rumeurs voulant que deux gangs s’affrontent sur les terrains de l’école.

Projectiles de pierre et de glace

«C’est un jeune qui a donné un coup de pied à la voiture de police qui a déclenché le tout. Les policiers l’ont arrêté et d’autres jeunes se sont approchés de la voiture pour essayer d’intimider les policiers», raconte le porte-parole de la police de Laval, Franco Di Genova.

Et les jeunes n’ont pas lésiné sur les moyens pour manifester leur mécontentement envers les policiers à la suite de l’arrestation de leur confrère, leur lançant notamment des roches et des morceaux de glace. Un agent a d’ailleurs été atteint par l’un des projectiles mais n’a pas été blessé sérieusement.


Quand on vous parlera de problèmes de discipline auprès des jeunes, imaginez comment ils se comportent avec des enseignants.

10 février 2010

De l'utilisation du «et» et du «ou»

Le Journal de Montréal, dans un exemple de talent journalistique sans pareil, rapporte l'histoire de cette femme atteinte d'obésité morbide qui a dû aller en cour pour obtenir une place de stationnement à cause de son état physique.

Je ne peux que m'imager la déplorable situation de cette femmme, surtout quand je lis: «Mme Mayrand doit se déplacer ave (sic) une canne, une marchette et un fauteuil roulant.»

Elle est drôlement handicapée avec tous ces objets.

Le texte du lipdub de l'Ancienne-Lorette

Le Soleil publie aujourd'hui intégralement le texte du lipdub interdit dans cette polyvalente de l'Ancienne-Lorette et pour lequel Anthony Leclerc a été suspendu pour cinq jours.

Dans un autre texte, la directrice de cette école, Francine Desrochers, explique que les paroles de cette adaption de la chanson «Ça m'énerve» d'Helmut Fritz seraient irrespectueuses: «On ne pouvait pas les autoriser à filmer à l'école dans ce contexte-là. On a des valeurs de respect à véhiculer.»

Je sais qu'il existe des règles à appliquer pour le bon fonctionnement de nos écoles. On ne peut pas permettre à n'importe qui de filmer sans autorisation dans un établissement scolaire. Par contre, il faut avouer que, dans le présent cas, en parlant de valeur, cette directrice est juge et partie quand on lit le texte de cette adaptation.

De plus, permettez-moi de hurler quant à la qualité du français de ce texte. Etre directrice d'une école ou un élève de cinquième secondaire maltraite autant la langue française, je me poserais des questions sur la qualité de l'éducation qu'il a reçue. Ça aussi, c'est une question de valeur et de respect. Mais tout cela est moins important, finalement.

Pour tous ceux qui sont pogné dans la réforme scolaire!!
5 années au secondaire
mais la réforme me pompe l'air,
c'était ça la décision
d'un vrai ministère de con.
ça m'énerve
Oui, ça m'énerve!
Mais, moi je n'en ai rien à faire,
Une réforme c'est une galère.
Sur les murs c'est marqué : « FUCK »
Parce que la réforme ça : « SUCK »
ÇA M'ÉNERVE!
Tous ceux qui ont faits confiance à la ministre de l'éducation
Ça m'énerve
Le pourcentage c'est finit, Courchesne à fait tout le ménage
Ça m'énerve.
Tous ceux qui trouvent que c'est une décision intelligente
Ça m'énerve!
La seule vue sur la réforme, me donne effectivement le goût de m'enfuir!
Ça m'énerve
Oui, ça m'énerve
Dans le gouvernement, tout le monde semble content
Moi j'arrive contre la réforme on me dit t'es pas conforme!
Mais ça m'énerve!
J'marche dans l'corridor, une directrice, vraiment pas rapport
Me dit : « TU VAS TE TAIRE !!? »
Non, je ne vous aie pas sonné!
Elle m'énerve,
Mon dieu qu'elle m'énerve
J'ai vu touts les échecs au ministère,
Quand j'ai vu ça j'ai tout vomi par terre,
J'ai fini par tout couler mes matières
Bref, les compétences, ouah, c'est d'la merde!
CA MÉNERVE!
Tous ceux qui ont faits confiance à Jean Charest
Ça m'énerve
Le pourcentage c'est fini, Courchesne à touts fait le ménage
Ça m'énerve.
Comme tout les fonctionnaires qui ce pogne le cul au ministère
Ça m'énerve!
Pour oublier le taux de décrochage dans les écoles !
Ça m'énerve vraiment ce gouvernement qui fait n'importe quoi..
Tout ça pour de l'argent.
Mais bon, ils paraient qu'ils en ont !
CA MÉNERVE!
Pour touts les enseignants qui ont de l'espoir envers ces gens
Ça m'énerve
Si t'es moyennement intelligent, et bien tu sauras où est ton argent!
Ça m'énerve.
Tous ceux comme toi qui écoutent beaucoup trop fort ces gens
Ça m'énerve!
Nous ont montent les voir et ont leurs dit avec les cries...
C'est d'la merde!!

08 février 2010

Censure à L'Ancienne-Lorette! (ajout)

Bon, un titre choc. J'aime ça. Un peu de punch. Du scandale. Du sang, du sexe et du sport, tiens! Oups, je me calme.

À la polyvalent de l'Ancienne-Lorette, il y a des élèves qui ont dû annuler une activité qu'ils avaient prévue. Un lipdub.

La direction de la polyvalente de l'Ancienne-Lorette a annulé le tournage du lipdub qui devait avoir lieu lundi midi parce que la direction et les enseignants n'étaient pas au courant de l'activité pour dénoncer la réforme scolaire.

Sur Radio-Canada, on apprend qu'une cinquantaine d'élèves ont alors manifesté pour dénoncer cette décision: « La directrice nous a empêchés de le faire. Ils ont appelé la police. Ils ont barré toutes les rues. On nous a empêchés de faire ça en voulant dire que c'était presque criminel.»

La direction de l'école explique sa position de la façon suivante: «On n'a rien contre le fait qu'il puisse exprimer ce qu'il ressent face à la réforme, mais qu'on le fasse correctement.»

Disons le tout de go, une direction a tout à fait le droit d'interdire certaines activités dans les murs d'une école, notamment le tournage d'un lipdub, par exemple. Ce genre d'interdiction est mentionnée dans le code de vie de l'école, code de vie connu normalement par tous les élèves. C'est le contexte «correctement» et «réforme» qui donne toute la saveur à cette nouvelle.

Dans un article du Journal de Québec, Laurence et son ami Anthony indiquent ce qu'ils reprochent à la réforme:

« En tant qu’élèves, on s’entend tous pour dire que la réforme, c’est n’importe quoi. Nous sommes les cobayes de la réforme. On travaille avec les compétences depuis toujours. On est dedans et on n’y comprend rien. On n’a pas la sensation d’apprendre. La réforme nous donne des méthodes pour appliquer des méthodes. Et on nous demande d’apprendre ces méthodes. On évalue les méthodes de travail plutôt que le travail. C’est assez!»

Dommage toute cette histoire. Parce que c'était une belle initiative qui mettait en action plusieurs connaissances et compétences. Et je ne parle pas de l'intégration des TIC! Il me semble même que c'était très, mais très réforme au fait.

Si ce projet a été refusé, avouez que c'est ironique, non? Ironique ou politique?

Les jeunes auteurs de ce projet ont affirmé qu'ils tourneront leur libdub ailleurs qu'à l'école. J'ai hâte de le voir!

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Tiens, Anthony Leclerc a été suspendu indéfiniment.

Bye! Bye! Bob!

Croyez-vous vraiment que la «démission» de Bob Gainey va changer grand chose cette année pour le Canadien? Chose certaine, cette décision va permettre de régler certains dossiers qui trainent parce que le dg des Glorieux s'était peinturé dans le coin depuis quelque temps. Je pense aux dossiers Price et Plekanec, entre autres.

Mais que croyez-vous que son successeur pourra faire avec une équipe dont la masse salariale est plombée par trois gros contrats (Gomez, Gionta et Camallerri), qui a peu de choix au repêchage et dont les recrues ne sont pas prêtes pour la grande ligue?

Gauthier sera, je l'espère, un homme de transition. Je verrais d'un bon oeil le retour d'André Savard au centre Bell. Tout sauf Jacques Martin dont je me débarrasserais dès l'année prochaine pour un entraineur qui a des aptitudes d'enseignant et de motivateur. Guy Boucher, actuellement à Hamilton, serait un excellent candidat mais il fait un trop bon travail pour le monter tout de suite.

Quant à moi, Bob aurait dû partir depuis une ou deux années. Il aura eu le temps de faire des dégâts qui hypothèqueront ou retarderont le développement du Canadien pour quelques saisons.

07 février 2010

Douze mythes entourant l'enseignement

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) a produit un dépliant fort intéressant quant aux principales récriminations qu'on fait parfois aux enseignants: nos deux mois de vacances, notre sécurité d'emploi, etc.

Un résumé est maintenant disponible en ligne.

Je ne veux pas avoir l'air chiâleux, mais j'aurais aimé que cette initiative vienne de mon syndicat. Mais depuis quelque temps, on dirait que la FSE se contente de toucher mes cotisations et de dormir au gaz.

05 février 2010

Les soirs et les fins de semaine (AJOUT)

On apprend que la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a déposé un projet de règlement afin de modifier le calendrier pédagogique afin de permettre que les élèves puissent être à l'école les soirs et les fins de semaine. On ne compterait plus l'année scolaire en jours mais en heures. Le but: réduire le décrochage scolaire. Les écoles auraient ainsi davantage de flexibilité afin de réduire le décrochage scolaire.

Je comprends mal cette idée de changement puisque des dispositions sont déjà prévues dans la convention actuelle pour l'exemple que donne l'attachée de la ministre quant au changement: «Le but, c'est de donner plus de flexibilité aux institutions scolaires pour qu'ils mettent sur pied des projets à la performance solaire ou pour contrer le décrochage. Par exemple, un professeur d'éducation physique pourrait décider de remplacer ses heures de cours par une sortie de ski de fond un samedi.» Or, il existe déjà la notion de temps compensé qui permet ce genre d'activité.

Dans le texte de La Presse, on soulève de nombreux écueils comme la conciliation travail-famille, le transport scolaire, les failles reconstituées, les services de garde, etc.

Honnêtement, je ne vois pas où la ministre veut en venir avec cette idée. Même les commissions scolaires n'avaient pas demandé une telle initiative, affirment-elles.

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Différents articles publiés aujourd'hui montrent que tous els acteurs du milieu scolaire ne comprennent pas ou veut en venir la ministre avec son initiative.

Dans Le Devoir, la mesure est incompréhensible pour les intervenants en éducation. Dans les réactions à cet article, on signale que des groupes FaceBook contre cette initiative se sont déjà formés.

Dans un premier article du Journal de Montréal, certains se demandent s'il ne s'agit pas d'une stratégie alors que le gouvernement est en négociation avec les enseignants pour le renouvellement de leur convention collective.

Dans un deuxième texte, le critique de l'opposition en matière d"éducation, Pierre Curzi, se demande s'il ne s'agit pas d'une façon d'accommoder les écoles illégales. J'ai mes grosses réserves quant à cette idée.

Dans tous les cas, la ministre doit clarifier la mesure qu'elle entend implanter.

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Voilà ce qu'elle fait dans ce texte et dans cet autre texte .PMT pourra dormir tranquille le samedi. Moi aussi.

04 février 2010

Dans une école près de chez vous - septembre 2010

En entrevue à Paul Arcand ce matin, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a fait part de ses intentions pour la prochaine année scolaire:
- bulletin uniforme à la grandeur du Québec;
- fin des tables de conversion et retour des notes en pourcentage de 0 à 100 selon l'évaluation de l'enseignant;
- notes au bulletin constituées de l'accumulation de travaux durant la période couverte par le bulletin.

Par ailleurs, la ministre semble comprendre que l'évaluation des élèves de cinquième secondaire avec des tables de conversion pourrait causer un certain préjudice à ceux qui voudraient s'inscrire dans des programmes contingentés au cégep. Ce sujet a déjà été abordé ici. Je ne verserai pas dans le «Je l'avais dit...» Je suis seulement content qu'on corrige rapidement cette iniquité.

L'évaluation a toujours été le talon d'Achille du Renouveau. D'ailleurs, on a commencé l'implantation de la réforme sans véritablement savoir comment les élèves seraient évalués. On se souviendra que les pratiques mises de l'avant par le MELS, les commissions scolaires et les écoles au cours des douze dernières années ont donné lieu à des dérapages embarrassants.

Quant à moi, le non-redoublement entre la première et deuxième année du secondaire est une aberration nuisible aux élèves qu'il conviendrait de corriger. J'ai déjà traité ce sujet. Mais j'y reviendrai si le besoin se faisait sentir.

01 février 2010

Les négos: 1- les salaires et la durée de l'entente

Bon, aussi bien le dire, il est écrit dans le ciel que les enseignants vont exercer des moyens de pression et que la fin de la présente année scolaire risque d'être longue... Déjà, certains syndicats ont adopté une liste de moyens de pression «légers» pour mettre la table. Le Soleil en parle traite d'ailleurs des négociations en cours ce matin dans son édition.

Aujourd'hui, question de débroussailler, si possible, le tout et de se désennnuyer de son célibat, le sympathique Prof masqué traitera de la question des salaires et de la durée de l'entente liant le gouvernement et ses employés. Un autre texte suivra sous peu sur les conditions reliées à l'emploi.

La question du front commun

Avant d'entrer dans le vif du sujet, je m'en voudrais de ne pas aborder une première manoeuvre syndicale qui pourrait expliquer pourquoi les enseignants se feront une fois de plus entuber lors des négociations actuelles.

En participant au front commun intersyndical, les syndicats enseignants espèrent bénéficier de l'effet du nombre mais ils diluent, quant à moi, leur capital de sympathie en s'associant à des fonctionnaires beaucoup moins populaires auprès de la population. Et, on ne le dira jamais assez, le renouvellement des conventions collectives est davantage une opération politique que financière. Je ne suis pas sûr que nous améliorons nos chances d'obtenir une meilleure entente avec cette manoeuvre.

Déjà, les médecins spécialistes, qui n'appartiennent pas au front commun, ont annoncé leurs couleurs avec une demande d'augmentation de 4% par année. Il faut lire la logique et la détermination du discours de leur président, Gaétan Barrette, pour réaliser que nos représentants syndicaux ont des croûtes à manger en matière d'argumentation.

Bien sûr, notre situation n'est pas entièrement comparable à celle des médecins qui ont le loisir d'aller pratiquer ailleurs, mais il n'en demeure pas moins que, tout comme eux, le gouvernement québécois est en pénurie d'enseignants et que ceux-ci sont moins bien payés que la moyenne canadienne.

Le contexte financier évoqué par le gouvernement

En dévoilant ses offres, le gouvernement y est allé d’un tas de considérants qu’on peut résumer ainsi:
- les travailleurs du secteur public jouissent de conditions de travail avantageuses par rapport aux employés du secteur privé;
- la récession fait mal et le retour à un équilibre budgétaire demande un effort de la société québécoise;
- le gouvernement doit limiter la croissance de ses dépenses durant cette période tout en s’assurant du maintien des services publics.

Certains points méritent d’être soulignés.

Ainsi, les études actuarielles ne s’entendent pas sur les «conditions avantageuses» des employés du secteur public. Par exemple, il serait plus juste de comparer ces emplois avec ceux d’entreprises de taille comparable, ce que ne fait évidemment pas le gouvernement. On pourrait aussi souligner que le salaire des enseignants québécois vient à l’avant-dernier rang au Canada et que plus de 40% des enseignants du Québec n’ont pas obtenu leur permanence.

Ensuite, j’ai bien de la difficulté à trouver crédible cet effort demandé à la «société québécoise» quand on voit tous ces cas de bonis de performance, de primes de départ et de comptes de dépenses chez nos décideurs publics. Et on ne parle pas ici de la corruption dans l’industrie de la construction ou des 40 milliards partis en fumée à la caisse de dépôt et placement du Québec! La société québécoise semble donc, dans les faits, se résumer aux employés du secteur public… et personne n’a de compte à rendre si on est rendu au bord du gouffre à la suite d’une mauvaise gestion des finances publiques.

Enfin, il est clair que le gouvernement veut maintenir les services publics tout en limitant ses coûts. Devinez comment il va y parvenir? En limitant la masse salariale des employés les plus nombreux, pas en remettant en question les privilèges de gens haut placés ou de ceux qui auront su mieux jouer la game comme les médecins ou les policiers.

Une fausse augmentation de salaire de 7%

Là aussi, le gouvernement se montre habile en indiquant qu’il veut conclure une entente prévoyant une hausse de 7% en cinq ans des coûts de la main d’œuvre. Cela ne signifie aucunement une augmentation de salaire.

Par exemple, si on diminue le nombre d’élèves par classe, il faudra embaucher plus d’enseignants et la masse salariale se verra amputer de sommes qui ne pourront servir à augmenter les salaires. De même avec les fonds de retraite, les coûts reliés à l’équité salariale et les avantages sociaux.

Ironiquement, toute mesure d’amélioration en éducation se fera à même le traitement des enseignants. Ceux-ci seront donc placés dans une situation difficile devant la population : «Ils préfèrent augmenter leur paie que d’aider les jeunes…»

Dans les faits, on risque d'assister à une vaste campagne d’anthropophagie syndicale. Qui bouffera dans l’assiette de l’autre et, surtout, qui bouffera l'autre finalement? Généralement, pour des raisons politiques (parce qu’ils visent à être réélus), nos dirigeants syndicaux s’assurent de contenter le groupe de profs le plus nombreux, soit les profs permanents du primaire. On se souviendra tous de l’équité salariale qui n’a rien rapporté aux profs plus scolarisés, habituellement ceux du secondaire, qui ont hérité d’une augmentation… du temps de présence à l’école.

Sentant déjà qu'on risque de les sacrifier, l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic a d'ailleurs réclamé l'arrêt des négociations actuelles pour que ses membres soient consultés durant celles-ci. Croyez-vous que nos représentants vont se battre le couteau entre les dents pour d'anciens travailleurs qui ne les élisent pas et qui ne paient plus de cotisations?

Dans une récente déclaration, le premier ministre Charest est venu préciser ou court-circuiter ce processus en affirmant que 5 des 7% seront consacrés aux salaires en tant que tel (soit 0,5%, 0,75%, 1,0% ,1,25% et 1,75%). Mais le tout sent un peu l'improvisation...

La durée de l'entente

Un autre élément important est que le gouvernement souhaite conclure une entente de cinq ans avec les différents syndicats.

Soyons honnête : les syndiqués ne pourront qu’être perdants avec une entente aussi longue. En effet, si les effets de la crise s’estompent, il est fort à parier que l’inflation augmentera et les hausses salariales possibles ne suffiront pas à contrebalancer le coût de la vie. Cela, même si le gouvernement retient la «possibilité» de revoir à la hausse après trois ans le traitement des enseignants «si la croissance économique nominale s’avère plus élevée que prévue dans le plan de retour à l’équilibre budgétaire.»

De façon plus objective, il serait malvenu pour le gouvernement de réduire ses dépenses alors que la reprise économique s'annonce. On fonctionne à l'envers à Québec! Si on coupe les fonctionnaires, on réduira leur pouvoir d'achat et d'autant leur impact positif sur l'économie. En période ce crise, le gouvernement doit soutenir l'économie en dépensant. S'il nous coupe, il doit obligatoirement investir ailleurs, ce qu'il ne semble pas non plus faire.

Madame Gagnon-Tremblay a enfin laissé entendre que les salaires pourraient être augmentés si des gains en productivité étaient réalisés. Comment puis-je être plus productif, je me le demande?