29 septembre 2009

Finis les tests d'admission?

Le chapeau de cet article de La Presse est inexact. Oui, le Collège de Sainte-Anne, à Lachine, ne fera plus passer des tests de français et de mathématiques aux jeunes qui veulent être admis dans cette institution. Mais il conserve un test d'habiletés scolaires, un de créativité et un de culture générale. De plus, il se basera sur les notes du bulletin de l'enfant.

Les parents surpréparaient leur progéniture, la stressaient au point qu'elle en vomissait. Dans certains cas, ils payaient des orthopédagogues, des professeurs, des répétiteurs.

Donc, il y aura encore des tests, contrairement à ce qu'affirme La Presse. Il y a bien évidemment des moyens de préparer des jeunes à un test d'habiletés scolaires et de culture générale. Donc, il y aura encore des parents qui stresseront leur enfant. Et avec l'ajout du critère de l'évaluation des bulletins antérieurs du jeune, il ne faudra pas être surpris qu'ils commenceront aussi à les stresser concernant leurs notes au primaire.

J'ai déjà eu à déterminer les outils d'admission pour un programme très particulier au sein de mon école. Je choisissais également les élèves qui y étaient admis. Nos outils de sélection: un test d'habiletés scolaires, une rédaction française, un test de mathématiques et l'analyse du bulletin du candidat.

Faire des choix était parfois très difficile. Le stress amenait certains élèves à sous-performer alors leurs bulletins semblaient très beaux. En même temps, et je suis désolé de l'écrire, certains profs surévaluaient leur élève de façon incroyable.

Faire un choix, c'est courir le risque de se tromper. Le Collège de Sainte-Anne explore de nouvelles avenues. Bonne chance à lui mais écrire qu'il a aboli les tests de sélection est tout simplement faux.

Il y aura encore des tests, il y aura encore des critères de sélection et il y aura encore des parents qui pousseront leur enfant au point de les briser.

28 septembre 2009

Fautes d'école et politique ministérielle

Le Journal de Montréal est parti à la chasse aux fautes qu'on retrouve sur les sites Internet des écoles du Québec (ici, ici et ici). On peut rigoler de voir le JdeM chercher des fautes ailleurs que dans ses pages, mais bof...

Là ou je décroche, c'est quand je lis ce passage à propos des moyens que le MELS entend mettre de l'avant pour contrer ce problème:

Une des mesures de ce plan (plan d'action pour l'amélioration du français) prévoit que chaque commission scolaire «devra avoir une politique linguistique», fait valoir Kim Ledoux. Il s'agit selon elle d'un moyen d'améliorer la qualité du français dans les écoles, notamment dans leurs sites Web.

L'attachée de presse indique que les commissions scolaires recevront «sous peu» un «guide de rédaction pour les aider à rédiger leur propre politique».


Un guide de rédaction pour les aider à rédiger leur propre politique: misère! Les choses vont se régler rapidement.

27 septembre 2009

Échec des futurs enseignants à un test de français:

On a beaucoup réagi à la nouvelle à l’effet que les futurs enseignants québécois échouaient en grand nombre le nouvel examen visant à mesurer leur maîtrise de la langue française. Faut-il s’en étonner?

Pour ma part, oeuvrant au secondaire depuis maintenant 17 ans, un tel constat n’a rien de très surprenant. Tout d’abord, parce que cette situation existe depuis des années déjà, mais surtout parce qu’elle est révélatrice de la faillite de l’enseignement du français en général et d’une certaine approche par compétence.

Bien que je constate que plusieurs futurs enseignants écrivent et parlent un français qui ne devrait pas être utilisé dans une classe, il m’est difficile de les blâmer pour autant puisqu’ils ont été dupes d’un système qui leur a sans cesse confirmé qu’ils maîtrisaient bien cette langue. En effet, tous ces universitaires ont réussi deux examens d’écriture, soit respectivement un à la fin du secondaire et un à la fin du collégial. On comprend donc le choc qu’ils éprouvent lorsqu’on leur annonce tout à coup qu’ils ne sont plus assez bons. Il n’est pas étonnant qu’ils crient à l’injustice tant ils ont été bernés par des évaluations complaisantes et incomplètes.

Le fait est que ces deux épreuves ne sont pas assez rigoureuses pour certifier que ceux qui les réussissent aient une maîtrise véritablement suffisante de la langue française. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette situation. Cependant, l’une d’entre elles mérite qu’on s’y attarde.

Ainsi, ces deux épreuves d’écriture ne mesurent pas la connaissance qu’ont les jeunes de la langue de Molière, mais plutôt leur habileté à rédiger un texte en évitant de commettre un nombre important d’erreurs. Il leur suffit alors bêtement de contourner les difficultés pour réussir. Pourquoi s’interroger sur l’accord de «des souliers vert pâle» quand «des souliers verts» feront tout aussi bien l’affaire?

Il est évident que, confrontés à une évaluation universitaire qui leur demande d’aller plus loin, ils ne peuvent souvent que connaître l’échec. Il est d’ailleurs faux, et cet exemple le démontre aisément, de croire qu’une compétence entraîne nécessairement la mobilisation d’une foule de connaissances.

À travers ce constat, on comprendra que c’est tout l’esprit de la réforme entreprise depuis des années en éducation au Québec et du programme de français qui date de bien avant le Renouveau pédagogique qui devrait être remis en question. Qu’on le comprenne enfin: compétence n’équivaut pas nécessairement à connaissances.

À cet égard, il est tragique que, pour le ministère de l’Éducation du Québec, on puisse «savoir écrire» tout en ne connaissant pas véritablement la grammaire sans que cela ne pose de problème… du moins jusqu’au jour où l’on souhaite devenir enseignant.

Tout système se reproduit avec ses lacunes et ses défauts. L’échec des futurs enseignants à ce test en est la preuve éclatante.

25 septembre 2009

La malbouffe, les adultes et les jeunes

Les jeunes mangent mal. C'est pourquoi les écoles doivent faire la promotion de la nourriture saine. Exit la malbouffe! On en est même rendu à vouloir modifier le zonage commercial pour interdire les établissments de restauration rapide près des institutions d'enseignement primaire et secondaire. Quelle hypocrisie de la part de la majorité des Québécois qui souhaitent le meilleur pour leurs enfants mais qui sont incapables d'être des modèles pour ceux-ci.

La célèbre phrase «Fais ce que je dis, pas ce que je fais» prend toute sa saveur graisseuse, sucrée et salée à la lecture de ce texte paru sur Rue Fontenac.com: «Les adultes québécois ne mangent toujours pas assez de poisson, de céréales et de produits laitiers et consomment trop de matières grasses et de sel, dénonce un nouveau rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).»

Pourquoi demander à l'école d'être un modèle de vertu quand on démolit par son exemple personnel tout ce qu'on exige qu'elle préconise?

En passant, est-ce que les jeunes mangent mal? Oui. Comme ceux des générations passées. Est-ce qu'ils mangent moins bien? Non.

Je dine presque tous les midis avec mes gamins et leur lunch comprend des fruits, des légumes, du pain brun. On jase alimentation et, ma foi, ils en savent plus que moi à pareil âge. Informons-les, encourageons-les par notre exemple au lieu de les dénigrer.

23 septembre 2009

Problèmes de drogue à l'école? Pourquoi juste à l'école? (ajout)

Petite série de textes sur le problème de la drogue à l'école dans le Journal de Montréal ce matin (ici et ici).

Personnellement, j'ai un problème avec l'angle choisi dans celle-ci. Pourquoi cibler l'école? Pourquoi est-ce à l'école de régler ce problème? Après tout, un jeune ne consomme pas qu'à l'école? Si on se mettait à utiliser des chiens renifleurs sur ma rue, je suis convaicu qu'il trouverait des substances illégales sans problème chez quelques-unes de mes voisins qui ont des enfants.

Je comprends que l'école peut être un lieu d'achats, au même titre que le dépanneur en face de celle-ci, que l'aréna du coin. Mais pourquoi est-ce à l'école de s'occuper de ce problème? Pourquoi doit-elle prévoir des budgets pour contrer ce phénomène?

En passant, en Finlande, vous savez, le pays dont on s'est inspiré pour la réforme, on peut obliger un jeune à passer un test de dépisatge et à suivre une thérapie à ce sujet. Essayez cela au Québec: on s'en reparlera...

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Lecture à suggérer: ce texte de Rue Frontenac ou l'on voit bien que la famille est un facteur important dans la consommation chez les jeunes:

Le milieu familial des jeunes semble en cause selon cette étude qualifiée d’exploratoire par son auteure. La consommation précoce a été remarquée dans des familles où la discipline est inconstante et où l'implication parentale dans les activités scolaires et sociales est faible.

21 septembre 2009

Chions ensemble sur le système scolaire québécois

Ce titre, il me vient à l'esprit après la lecture des nouveaux articles publiés dans le Journal de Montréal (ici, ici et ici) sur les systèmes scolaires québécois et allemand.

Résumé: une maman québécoise et ses deux filles reviennent dans La Belle Province et découvrent que le système scolaire québécois est merdique comparé à l'allemand. Ce dernier présente un taux de décrochage de 6%, le meilleur au monde, on nous l'a assez répété cette semaine Résultats: une des filles, dégoûtée, retourne au Pays de la choucroûte et l'autre, demeurée au Pays de la poutine, devient une décrocheuse.

Une réalité. Émouvante. Tragique. Effroyable.

Regardons maintenant ce drame d'un autre oeil.

On tire des généralisations pour l'ensemble du Québec et de l'Allemagne à partir de l'expérience de trois personnes. Trois.

Le taux de décrochage en Allemagne est de 6%, mais ou se situent les élèves allemands quant à la valeur de leurs études? Que vaut ce diplôme?

Ces deux jeunes ont toujours vécu en Allemagne. Est-il juste d'imputer leurs difficultés uniquement au réseau scolaire?

En lisant un des articles du JdeM, on apprend que la CSDM a autorisé la plus jeune des deux filles à refaire sa 6e année à l'école St-Ambroise, afin d'acquérir les bases du français. Tiens, tiens... problème de langage en vue.

Plus loin, on apprend que cette jeune avait de bons résultats, mais «elle n'arrivait pas à s'acclimater.» Tiens, tiens... Une des deux réussit. Ça doit être la faute du système scolaire québécois.

La plus vieille déplore que le directeur de l'école québécoise ou elle était inscrite était toujours occupé: «À mon autre école, je pouvais prendre rendez-vous et lui parler entre quatre yeux.» Ah oui? Et pourquoi ce besoin de lui parler?

La maman de nos martyres a déménagé à Outremont pour que ses filles puissent fréquenter l'école Paul-Gérin-Lajoie. Peut-être qu'il lui aurait fallu penser à l'endroit ou inscrire ses filles avant d'arriver au Québec? Je ne veux pas être méchant, mais je ne suis pas convaincu que j'inscrirais un enfant à George-Vanier comme elle l'a fait.

Mais là ou je rigole, c'est quand cette mère se plaint qu'au Québec, il est trop facile pour un jeune de 16 ans sans diplôme de trouver un emploi. Selon elle, une telle situation serait inimaginable en Allemagne et encourage le décrochage scolaire. Elle sait de quoi elle parle, la maman: sa fille a pu travailler dans un restaurant, dans une boulangerie et dans plusieurs magasins de vêtements depuis qu'elle ne va plus à l'école. Passons sous le fait que sa fille semble avoir des difficulté à conserver un emploi...

Mais ai-je manqué quelque chose quelque part? Cette mère vante les vertus du système scolaire allemand, celui-là même qui donne des amendes aux parents dont les enfants décrochent? Celui-là même qui n'aurait pas toléré que sa fille décroche?

Dans un autre article du JdeM, on explique que la plus vieille a décroché, à l'école Georges-Vanier, parce qu'elle n'en «pouvait plus.» : «J'avais complètement perdu le fil. Je n'avais plus d'espoir et je trouvais que je perdais mon temps.»

Oups! elle a aussi décroché de Paul-Gérin-Lajoie. Deux en deux. Et on ne parle pas là d'une mauvaise école.

Trois cas. Pathétiques. Douloureux. Crédibles?

Trois cas à partir duquel on généralise sur le dos du système scolaire québécois et ou on ne semble pas penser qu'on pourrait être responsables, au moins en partie, de ses propres malheurs.

Pour pasticher Sartre: La faute, c'est les autres!

Les futurs profs ne sauraient pas écrire

Voilà ce que l'on peut en déduire de cette série d'articles parus dans La Presse aujourd'hui (ici, ici, ici, ici). Dans les faits, il ne faut pas généraliser: il y a d'excellents candidats à l'enseignement dans nos universités. Mais on en retrouve d'autres que...

Faut-il en être surpris quand on réalise que ces futurs profs ont été formés par un système dont on connait les failles en ce qui concerne l'enseignement du français? quand on sait que ce sont les facultés de l'éducation qui accueillent les étudiants ayant une des plus faibles cote R du réseau universitaire? quand on admet un peu n'importe qui parce qu'on n'atteint même pas le nombre d'étudiants prévu par les mesures de contingentement de ce programme de formation?

Les chiffres montrent que la situation était semblable au milieu 90. Je me souviens aussi de ces années d'université ou je rédigeais les travaux en équipe pour être certain de la qualité de la rédaction, mes collègues présentant d'importantes lacunes.

Je demeure cependant très perplexe en lisant les propos de Michel D. Laurier, doyen de la Faculté d'éducation de l'Université de Montréal, qui veille à l'implantation du nouvel examen national de français pour futurs enseignants,

«Ça pourrait, effectivement, avoir un effet pour ce qui est de la déperdition en cours de formation. Ça peut aussi avoir un autre effet sur l'attraction de la profession. Ce n'est pas impossible qu'à un moment donné, les gens se disent: Je n'irai pas en enseignement parce que je risque d'échouer à l'examen de français.»

Quand on lui souligne que les profs auront une meilleure maitrise du français, M. Laurier répond: «C'est l'objectif. En même temps, on a besoin d'enseignants.»

Je comprends qu'on a besoin de profs, mais est-ce exagéré d'exiger d'eux une maitrise de leur langue maternelle?

Enfin, dans la catégorie «Je ne sais pas de quoi je parle et je vais le dire à la télé», soulignons l'apport inestimable de Gérald Boutin, professeur à la faculté des sciences de l’éducation de l’UQÀM, à la bêtise humaine. Sur les ondes de LCN, le sympathique universitaire, que j'aime bien habituellement, a blâmé la réforme pour la piètre qualité du français des futurs enseignants:

«On ne peut pas enseigner une discipline qu’on ne connaît pas», constate le professeur Boutin. Selon lui, la réforme s’est traduite par un recul des savoirs de base sans lesquels on ne peut maîtriser sa langue maternelle, au profit des fameuses «compétences», qui ont d’ailleurs été l’objet de virulentes critiques à la suite de l’implantation de la réforme.

Hey chose! L'application de la réforme est rendue en cinquième année du secondaire. Bien parler, oui, mais bien penser aussi.

20 septembre 2009

M. Bricole: aujourd'hui, le tableau interactif maison

L'année dernière, je tombais sur ce billet qui montrait comment bricoler un tableau interactif pour pas cher. Je l'ai alors montré à un ingénieux collègue qui, avec l'aide du technicien de mon école, a su y parvenir. Bravo à eux!

D'accord, il faut une manette Wii, un logiciel gratuit que l'on peut dénicher sur Internet et un petit bidule infrarouge que l'on fabrique soi-même mais, pour une classe déjè équipée d'un ordi et d'un projecteur multimédia, le résultat est fort intéressant.

Ce procédé présente cependant certaines limites comme le souligne un commentaire sur le billet que je mentionne plus haut: «distinction entre un clic et un déplacement de souris, pas de clic du bouton de droite pour le menu contextuel ou le copier-coller, «angles morts» si on bloque la caméra».

Sauf que pour un soixante de dollars, le rapport qualité-prix est très, mais très difficile à battre.

19 septembre 2009

Pas de manuels en retard l'année prochaine!

On me reproche souvent mon ton hargneux et négatif à l'égard de la réforme. Alors, j'ai décidé de changer de ton. Mieux, j'ai décidé de cibler ceux à cause de qui tout va vraiment mal en éducation: les maudits enseignants! Avec leurs deux mois de vacances payées et leurs avantages sociaux...

Cette semaine, donc, on apprenait qu'en cinquième secondaire, les manuels scolaires tardaient à être approuvés par le MELS et à être disponibles dans les écoles. Et voilà que la nouvelle fait les journaux et que les syndicats enseignants s'insurgent contre cette situation.

Pourquoi une telle panique, je vous le demande? N'êtes-vous pas habitués, vous, éternels optimistes devant l'idée de paresser et de vous pogner le beigne en journées pédagogiques, que ces manuels soient en retard? Cela a toujours été le cas depuis le début du Renouveau. On dirait bien que vous êtes incapables d'apprendre quoi que ce soit d'un événement répétitif. Pavlov, ça ne vous dit rien? Vous auriez dû prévoir que l'incompétence que le MELS manifeste en ce qui a trait au respect de ses propres échéances perdurait, non! Comme si le ministère de l'Éducation allait soudain devenir efficace! Faut-tu être naïfs et nonos, je vous dis! Ce n'est pas pour rien que vous gardez des enfants en classe au lieu d'occuper un véritable emploi qui paie comme livreur de bière, col bleu ou chauffeur d'autobus.

Cette situation frapperait davantage le réseau québécois anglophone? Pis après? On s'en tape-tu des Anglais, comme dirait Michel Brûlé! Ils ont juste à s'assimiler ou à déménager! Que les fonctionnaires crypto-péquistes qui magouillent au MELS fassent suer les parlants de la langue de Shakespeare, tant mieux!

Et puis, arrêtez de vous plaindre, gangs de femelles hystériques qui briment la masculinité de nos jeunes québécois qui décrochent et se suicident à cause de vos attitudes maternantes: il y a déjà du matériel «réforme» qui circule dans les écoles. Des chapitres incomplets. Des bouts de pages. Des programmes provisoires. Des manuels pas encore approuvés mais dont on sait qu'on sait qu'ils seront parfaits puisqu'ils ont été conçus par des maisons d'édition bien connectées avec les concepteurs des programmes et le MELS. Si on vous donnait le tout au complet, vous seriez incapables de le comprendre. On vous laisse le temps d'assimiler la matière et ça chiâle encore1

Pourquoi tant d'énervement alors, espèces de syndiqués qui sont pas assez solides psychologiquement pour enseigner à des enfants? À des enfants, caltass! Toujours en congés d'épuisement professionnel alors que ça boit du café à longueur de journée! Faut pas être faits forts!

Pis, pourquoi avez-vous besoin de manuels, gangs de branleux et d'assistés cervicaux? Tous les universitaires qui n'ont pas mis les pieds dans une école depuis dix ans vont le diront: de véritables professionnels de l'enseignement, qui ont compris la réforme, devraient savoir que les manuels sont incompatibles avec la philosophie que préconise cette dernière. «Incompatible», ça veut dire que ça ne fite pas avec. J'explique ce mot parce qu'il y a sûrement des profs de français qui me lisent et qui ne le connaissent pas, tsé... Faque, grouillez-vous le cul un peu au lieu de vouloir vous asseoir dessus et «enseigner le manuel» comme d'habitude. Soyez créatifs! Méritez votre salaire de parvenus! La réforme, c'est pour vous réformer!

Et puis, arrêtez donc de chiâler contre la renouveau, syndicaleux qui n'ont que l'écume et le slogan «So, so, so» à la bouche! Le MELS a prévu un budget de 222,5$ millions en cinq ans juste pour l'achat de manuels. Y'a des amis éditeurs qui sont contents! On peut bien manquer de tout dans nos écoles quand on consacre nos budgets à l'essentiel! Et je ne parle pas de tout le fric qu'on a mis ailleurs: des conseillers pégagogiques qui sont des profs compétents dont on aurait davantage besoin en classe que ceux qui n'ont qu'un DES, des formations inutiles et soigneusement improvisées, des concepteurs de programmes qui se creusent le cerveau pour créer des situations d'apprentissage toujours aussi inadaptées à la réalité scolaire que vous parvenez à peine à supporter.

Et 222,5$ millions, c'est bien plus que le budget consacré au plan Courchesne visant à contrer le décrochage scolaire. On voit les priorités de notre gouvernement: la réforme et les manuels scolaires publiés par nos amis éditeurs pour compenser votre incompétence à être de vrais professionnels de l'enseignement. C'est clair, non?

Plus positif que moi, ça ne se peut pas! Pensez-y: je peux déjà me réjouir du fait qu'il n'y aura aucun manuel en retard l'année prochaine au secondaire.