30 avril 2007

La marâtre affronte Claudine Potvin

Un récent billet de La marâtre m'oblige à revenir sur un sombre personnage médiatique que je m'étais promis d'oublier, mais qui revient me hanter à nouveau. J'ai nommé: Claudine Potvin (musique funèbre, s'il vous plait).

En effet, La marâtre s'est coltinée à l'illustre personnage scolaire sur le blogue qu'elle possède sur Canoe et a reçu une bordée de propos disgracieux en guise de réponse dans la section Commentaires. Notre vertueuse amie se promettait donc de se plaindre auprès des gens concernés du comportement de la dite chroniqueuse en éducation.

Ne reculant devant rien, j'ai envie de lui donner un coup pouce tout en administrant un coup de pied à notre chère accompagnatrice scolaire. Aussi, je suggère de diffuser la lettre suivante sur les blogue des gens que vous connaissez et d'inviter le plus d'individus possible à la faire parvenir à l'adresse suivante: blogue@canoe.quebecor.com .

Qu'en pensez-vous?

Pour ma part, je ne vous cacherai pas que j'ai déjà expédié mon courriel au modérateur des blogues de Canoe...

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Madame, Monsieur,

J'aimerais porter à votre attention les propos disgracieux de votre blogueuse en éducation, Mme Claudine Potvin.

À plusieurs reprises, celle-ci insulte les gens qui ne partagent pas ses avis ou met en doute leurs facultés intellectuelles. Le ton de ses commentaires, les conclusions qu'elle tire d'informations souvent parcellaires m’incitent à vous suggérer qu’elle fasse preuve d’un peu plus de retenue dans ses chroniques.

Dans certains cas, les propos qu’elle tient à l’égard de gens dûment identifiés ou facilement identifiables relèvent tout simplement du libelle diffamatoire et pourraient entraîner des poursuites devant les tribunaux. Des Jeff Fillion et des Stéphane Gendron n’ont pas leur place dans des débats sur l’éducation.

Par ailleurs, je considère qu’il est inexcusable que les propos d’un blogueur en éducation soient truffés d’autant de fautes d’orthographe, de grammaire, de ponctuation et de vocabulaire.

Voici un exemple ironique parmi tant d’autres : dans un billet intitulé «Drôle de commandite (sic) », Mme Potvin reproche à mots couvert à deux jeunes élèves de consacrer plus de temps à recueillir des fonds pour un projet scolaire qu’à étudier. Elle écrit alors : «Croyez-vous que ces fillettes ont mis l'emphase (sic) sur l'étude de leurs mots de vocabulaire ou sur l'action d'amasser des fonds?» Peut-on souligner que l’expression «emphase» est un anglicisme et une erreur de vocabulaire au même titre que l’expression «commandite»?

Quand on écrit pour un journal ou un blogue relevant de ce dernier, il y a, selon moi, un minimum à respecter, ce que ne fait manifestement pas votre chroniqueuse.

Merci de l'attention que vous consacrez à cette plainte et j'aimerais que vous m'écriviez pour m'indiquer le suivi que vous accorderez à celle-ci.

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Pour en savoir plus sur La marâtre:

Pour lire la prose de Mme Potvin:

Touche pas à ma tâche!

Voici revenu ce temps de l'année où l'émission Virginie n'est rien à comparer aux drames qui se vivent dans certaines écoles du Québec. Mensonge, hypocrisie, jalousie, crise de nerfs, jeux de coulisse, visite en douce à la direction, compliments charmeurs et intéressés, commentaires assassins, zizanie: rien n'est de trop dans cette gigantesque saga qui s'appelle La signature des tâches pour la prochaine année scolaire.

Déjà, cet hiver, on sentait monter la tension avec l'adoption de la grille-matières de l'école. Au secondaire, chaque département, que dis-je! chaque professeur s'assurait de protéger son fief (i.e. sa tâche). Une période de plus en éducation physique pour mettre les élèves en forme? Mais quelle bonne idée, mais pas touche pas à ma tâche par exemple!

Maintenant, on est dans le corps-à-corps brutal, vicieux, extrême. La direction, avec son droit de gérance, peut attribuer une tâche à l'enseignant de son choix. Tu es un fatigant qui donne du travail à un adjoint parce que tu le trouves trop mou... Mauvaise idée! Comme le jeu des serpents et des échelles, tu tombes sur la mauvaise case et...

Je sais, je sais: les précaires ont la vie bien plus difficile encore. C'est tout juste s'il n'existe pas un droit de cuissage dans certaines écoles. Mais vous ne perdez rien pour attendre: un jour, ce seront vos propres collègues qui vous entuberont!

29 avril 2007

Tralala-lalère!

Je ne veux écoeurer personne, mais vraiment personne parce que je connais les misères de la vie d'enseignant, mais j'ai terminé mon esclavage de correction de production écrite jusqu'à l'année prochaine! Comme je suis en cinquième secondaire, l'examen ministériel de jeudi prochain sera corrigé par le MELS lui-même. On se reparlera d'ailleurs de cet examen dans un autre billet.

Je compatis avec les autres collègues qui ont encore une épreuve à corriger. Pour ma part, enfin, je pourrai jardiner un peu!
La première symphonie de Malher fait vibrer les murs de la maison. Satie va suivre dans quelques minutes... La vie est belle!
Pour en savoir davantage sur Mahler et Satie, tiens!

Du fric au privé!

Bon, en douce, comme ça, la privatisation du réseau de l'éducation gagne du terrain au Québec. Ainsi, dans le quotidien La Presse de cette semaine, on apprend que le MELS est ouvert à verser un million $ aux écoles privées pour les élèves en difficulté. Avant tout, par honnêteté intellectuelle, réglons plusieurs choses avant de vous livrer le fond de ma pensée.

Primo, il est vrai que les collèges privés ne sont pas tous des institutions d'élite qui choisissent que des élèves haut de gamme. À Montréal, Brébeuf, Jean-Eudes et Regina Assumpta effectuent un tri des candidats qui leur permet de ne conserver que les meilleurs. Cependant, en région, le bassin de population étant plus petit, la situation est totalement différente.

Deuxio, les écoles privées sont rentables pour le gouvernement québécois parce que les parents, en plus de contribuer à l'impôt, paient une partie de l'instruction de leur enfant. De la sorte, un élève au privé coûte moins cher au gouvernement qu'un élève inscrit au secteur public, même si on prend en compte la déduction d'impôt que pourra faire le parent.

Tertio: le Québec est la seule province canadienne à financer le réseau privé d'éducation. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien si celui-ci est le plus important au Canada. Il y a des sous à faire là, on le comprend. J'ai un peu de difficulté à savoir que je finance à même mes impôts les études de certains enfants de parents millionnaires. Si, au moins, on tenait compte des revenus des parents dans ce financement. Pour le parent moyen qui travaille fort pour payer les frais de scolarité de son enfant, je peux, à la limite, comprendre, mais pour M. Bronfman et les autres... Quoique, eux, envoient sûrement leurs enfants en Suisse ou en Angleterre.

Quartissimo (eh! eh!) : les écoles privées sont des entreprises privées qui ne sont en rien redevable à la population. Peut-on savoir les salaires que se versent les dirigeants de ces écoles et les profits qu'ils réalisent? On veut bien leur verser des sous, mais pourquoi faut-il accommoder la logique capitaliste quand une business privée dit manquer d'argent? Le propriétaire du petit dépanneur coupe son salaire quand il n'a pas vendu assez de billets de loterie dans sa semaine, à ce que je sache! Le gouvernement gèle le salaire de ses employés quand il dit manquer d'argent à ce que je me souvienne? Pourquoi est-ce (encore) à la communauté de payer?

Si une école privée n'est pas en mesure d'offrir des services spécialisés à un enfant, plusieurs alternatives sont possibles:
  • les parents embauchent des professionnels à leurs frais;
  • l'école restructure ses dépenses et s'arrange pour offrir les services manquants;
  • les parents envoient leur enfant au secteur public en espérant qu'il recevra l'aide requise.

Cette demande au gouvernement de subventionner les services spécialisés des écoles privées est pernicieuse. Ce n'est pas tant le montant en cause que le précédent qui est dérangeant. Une fois la porte ouverte, je suis convaincu que la liste des demandes ne s'arrêtera pas là. À preuve, l'année dernière, je crois, j'ai lu un texte ou des écoles privées demandaient au gouvernement des subventions pour réparer et remettre en état divers bâtiments vétustes (et sûrement mal entretenus). Décidément!

«Au total, plus de 5 % des élèves entrent au secondaire privé avec un retard dans leurs bagages. C'est moins qu'au public, où ce taux atteint 19,4 %, mais le privé les accueille sans subvention particulière», peut-on lire dans le texte de La Presse afin de justifier une telle demande.

Une telle comparaison est trompeuse. Pour compléter ce portrait, il aurait fallu aussi ajouter que les parents font le choix d'envoyer leur enfant à l'école privée en toute connaissance de cause et que le réseau public vit une crise sans pareille de sous-financement en ce qui a trait aux élèves en difficulté.

Il y en aura toujours pour essayer d'avoir le meilleur des deux mondes, j'imagine.

Pour en savoir davantage à ce sujet:
http://www.cyberpresse.ca/article/20070428/CPACTUALITES/704280485/1028

26 avril 2007

Pour Forsythia

Pourquoi mes élèves étaient-ils si atroces aujourd'hui, Forsythia? C'est un douloureux mélange d'incompétence, de mauvaise éducation parentale et de climat social. À cet égard, je préviens les lecteurs sensibles: je suis amer et en colère.

Incompétence? En cinquième secondaire, je reçois en début d'année des élèves qui ont à peine le niveau d'un élève primaire. Mais le système les fait monter selon la technique «Donner au suivant». Et le suivant, c'est moi!
Est-ce normal qu'un élève qui a subi onze années de français écrive «Il les vends» parce qu'il ne sait pas reconnaître un nom d'un verbe? Et je ne parle pas des fautes plus terribles les unes que les autres. Mais le système incompétent l'a fait cheminer jusque dans mes groupes... et débrouille-toi pour qu'il réussisse l'examen ministériel!

Dans mes classes, j'ai des jeunes qui font, encore aujourd'hui, une faute tous les 10 mots. Chocking! Mais rassurez-vous: ils devraient obtenir leur DES parce que les examens ministériels sont de la frime. Et ils le savent.

Incompétence? Certains collègues ne lisent pas un livre de l'année, peinent à corriger correctement une copie d'élève, mais font passer celui-ci parce qu'il est gentil et parce qu'il travaille fort...

Ces collègues ont le même salaire que moi, mais ne font jamais écrire leurs élèves (c'est moins de travail), n'appliquent aucune discipline en classe (il faut respecter les jeunes), n'organisent aucun projet parascolaire (je suis fatigué) et amusent les élèves à coup de vidéos violents et d'histoires salaces (je suis populaire).

Incompétence? Certains adjoints font monter des élèves à cause de la pression des parents ou encore pour s'assurer d'avoir des groupes bien pleins pour des raisons budgétaires. Mummmm... vive la pédagogie des gestionnaires!

Ces mêmes adjoints cool ne sont jamais là pour s'assurer de l'encadrement des élèves, de l'application du code de vie. Ils laissent les jeunes à eux-mêmes au lieu de s'assurer de les entourer, d'en prendre soin et de leur inculquer des notions reliées à l'effort, la réussite, le respect, la satisfaction de soi.

Un élève qui fait ce qu'il veut dans une école, qu'on ne sanctionne pas quand il enfreint des règles élémentaires de comportement n'accorde plus d'importance au travail, à sa réussite. On lui a fait comprendre que tout est facile, sans effort et sans conséquence.

Les mêmes adjoints ferment les yeux devant les collègues incompétents parce qu'ils sont de la même eau et de la même bière. Et puis, ils ont l'excuse facile du syndicat et de la convention collective blindée. Comme s'il n'existait pas 26 manières d'écoeurer un prof pourri.. Non, les seuls qu'ils écoeurent, ce sont ceux à qui ils peuvent en demander toujours plus justement pour compenser l'incurie des collègues incompétents.

Incompétence? Certains conseillers en orientation (quand ils existent) ou profs d'ECC (éducation et choix de carrière - en voie de disparition) qui encadrent mal les élèves et qui leur font croire n'importe quoi, du genre «Tu pourras aller finir ton DES aux adultes ou encore être accepté avec une formation secondaire à compléter au collégial.» Un élève à qui on raconte ce genre de bêtises finit rarement quelque chose. Ou est la notion de l'effort, de la persévérance? Ou est l'encadrement pour aider cet élève, tiens? Ben non, on lui montre comment décrocher autrement et à faible coût pour mon école. Et pour l'instant, il reste dans mes groupes et contamine les éléments fragiles avec une attitude qu'on a encouragée de façon complaisante.

Mauvaise éducation parentale? Certains parents n'ont jamais enseigné le respect de soi à leur enfant. Se respecter, c'est donner le meilleur de soi-même, aller au bout de ses possibilités et de ses rêves. Cela n'a rien à voir avec s'inventer des excuses pour mieux paresser. Mais à quoi s'attendre de jeunes dont les parents motivent toutes les absences, partent avec eux en voyage durant les sessions d'examens, acceptent qu'ils travaillent de soir et de nuit 25 heures par semaine? Et je ne parle pas de ces parents qui, parce que leur enfant a 16 ans, croient que celui-ci est mature et autonome. La belle excuse pour ne plus s'en occuper alors qu'il a atrocement besoin d'adultes signifiants à cet âge-là.

Climat social? Je commence à comprendre Denys Arcand et son propos dans Le déclin de l'empire américain. La personne qui croit que l'éducation est une valeur importante au Québec devrait revoir sa médication.

Voilà, Forsythia, pourquoi mes élèves étaient si atroces aujourd'hui. Je n'ai pas su leur enseigner la notion d'effort et de travail bien fait. Et je songe sérieusement à me réorienter ou à aller enseigner au privé parce que ce système d'éducation est malade et désespérant.

PS: En plus de ne pas tuer mes élèves, j'ai fait trois BA aujourd'hui. Quand je suis grognon, c'est encore la meilleure façon pour moi de croire à l'être humain.

23 avril 2007

Un petit plaisir policier: James Lee Burke

Vous n'avez rien à faire ou vous devez vous désintoxiquer de la correction? Une suggestion de lecture policière : James Lee Burke. Et comme tous les petits plaisirs, j'ai appris à le déguster lentement et goulûment.

Goulûment, tout d'abord parce la majeure partie des actions de ses romans se déroule en Nouvelle-Orléans et l'auteur ne se gêne pas pour nous titiller tous les sens avec des descriptions qui mettront tous vos sens en éveil. Les descriptions des repas vous donneront tout simplement le goût de cuisiner cajun. On peut aussi remarquer les odeurs et les couleurs des lieux qui vous feront regretter encore plus les ravages de l'ouragan Katrina. Enfin, la musique. Chaque livre est une découverte. D'ailleurs, je commence à me bâtir une collection à partir des différents airs de jazz, de blues et de zydeco auxquels l'auteur fait référence. Bref, chaque roman est un voyage gastronomique, touristique et musical.

Mais au-delà des sens, de la cuisine et de la musique, il y a aussi cette Louisiane du racisme et de la pauvreté, tant sociale que personnelle. Une collègue à qui j'ai prêté le bouquin se remémorait facilement les souvenirs de ses voyages au pays des bayous tant le ton était juste.

De plus, on retrouve aussi une touche française à travers certaines allusions historiques et les noms des lieux et des personnages, ce qui n'est pas sans intriguer le francophone en nous.

Mais l'histoire, les intrigue, me direz-vous? Rien ne bat les aventures du lieutenant de police démissionnaire Dave Robicheaux. On nage dans une eau souillée, trouble et le lecteur est partagé entre ces personnages affreux, sales et méchants. La fin justifie souvent les moyens et ce, peu importe que les moyens soient violents, retors ou pervers.

Comme toute série de romans, il est évidemment conseillé d'aborder les oeuvres en respectant leur date de parution. Mais voici malgré tout quelques incontournables:
  • Le boogie des rêves perdus :
  • Dans la brume électrique avec les morts confédérés :
  • Jolie Blon's Bounce.

Pour en savoir plus sur Dans la brume électrique avec les morts confédérés :

20 avril 2007

Des cafétérias scolaires voraces: la suite

J'ai reçu aujourd'hui ce message de Ghost à propos de la fermeture de la SouPierre de la polyvalente Sainte-Thérèse. On sait que la direction de cette école a cédé devant les pressions de la compagnie de service alimentaire qui voyait dans cet organisme communautaire une forme de concurence déloyale. Vivre le capitalisme!

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ghost a dit...

Bonjour à vous tous, je suis un des pelliers de la soupierre et quand j'ai des journées de congé. J'y vais faire mon tour pour aider.

Petite précision qui n'a pas été annoncé dans les médias. J'ai assisté à plusieurs réunions pour sauver la soupierre et oui nous avons un porte-parole. C'est un avocat qui a décidé d'offrir son aide gratuitement, car il croyait à notre cause.

Autre précision, je vois que beaucoup de critiques disent que c'est juste une chose de nourriture et non les amis. Une chose qui est impossible à la cafétéria de l'école, c'est le rapprochement aux gens (le côté humain) ce qui est très fort à la soupierre. Vous pouvez critiquer ce que je dis, mais vous critiquez quelqu'un qui était un adolescent perdu et qui a trouvé sa place en faisant du bénévolat dans sa communauté grâce à la soupierre. J'ai 24 ans aujourd'hui et je sais que sans la soupierre je ne serais pas devenu la personne que je suis aujourd'hui.

Autre précision, 3 jours avant le fameux Foodfight, nous avions eu une réunion comment sauver stratégiquement la soupierre... Mais, ce que nous avons pas pensé c'est la plupart des jeunes chattes sur internet aujourd'hui et que de cette façon, la tension est montée sans que nous ne pouvions le contrôler. Une de nos membres pendant la manifestion a fait une pancarte 'Soyons Pacifique'. La direction l'a suspendu...

Aussi, j'aimerais soutenir les professeurs de la Polyvalent Ste-Therese qui voudraient agir, mais ils ne peuvent pas, car ça mettrait leurs emplois en grave danger.

De la lecture et de l'enseignant

Je recopie ici un long commentaire que j'ai fait sur le blogue du Prof maudit portant sur la lecture. Comme je me proposais d'aborder ce thème bientôt...
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Dans son prochain programme de français lecture au deuxième cycle du secondaire, le MELS veut que les élèves lisent cinq oeuvres par année. Cinq, rien de moins!

Ayant eu le bonheur d'avoir une haut fonctionnaire secteur lecture sous la main, je lui ai demandé ou allait-on trouver le fric pour acheter tous les romans qu'il faudra pour atteindre cet objectif. J'attends encore sa réponse, mais j'ai compris qu'on nage dans l'illusion la plus réelle. Quand on est rendus à croire ses propres mensonges, il n'y a qu'un pas pour verser dans la folie.

Par ailleurs, je n'ai jamais cru à l'équation «lire aide à mieux écrire». J'ai des élèves qui ont toujours un roman dans les mains (certains en lisent deux par semaine) et ils sont mes derniers de classe en écriture. Orthographe et grammaire aléatoires, comme je dis.

La différence entre AIMER lire et SAVOIR lire est fondamentale et vous l'exprimez bien, cher PM.

Peut-être suis-je naïf, mais je ne crois pas qu'il existe des élèves qui n'aiment pas lire. Il existe plutôt des élèves qui n'ont pas TROUVÉ ce qu'ils aiment lire. Comme je leur dis parfois en boutade: «Ce n'est pas parce que la première fille que tu as embrassée puait de la gueule que tu en es resté là. Il t'a fallu trouver la bonne. C'est pareil pour un livre.» Et le rôle d'un enseignant est à la fois d'être un modèle, un guide et un pusher.

UN MODÈLE en montrant qu'il lit et qu'il aime lire. Je parle souvent des livres que j'aime à mes élèves. Ils me voient souvent avec un livre à la main ou sur mon bureau. Je lis. J'incarne cette action. Et je ne méprise jamais ceux qui ne partagent pas ce goût.

Quand je pense que j'ai des collègues qui ne lisent pas ou ne lisent plus, je comprends pourquoi ils n'arrivent pas à partager cette passion aux jeunes. Dans la même veine, je n’ai jamais obligé ma fille à lire. Par contre, il y a des livres partout à la maison. Du livre de poche au livre d’art de grande valeur, j’en ai honte, qu’on touche seulement avec les yeux tellement on a peur de l’abîmer…

Quand je veux m’évader un peu, elle me voit lire. Pour elle, lire est une activité au quotidien parce que ses parents le vivent de cette manière. Dans la même veine, ma fille s’est tapé des livres sur l’histoire des Canadiens de Montréal qui traînaient chez moi parce qu’elle trouvait que leur gardien était cute, simplement.

UN GUIDE en les dirigeant vers des oeuvres susceptibles de leur plaire. Pour ce faire, il faut discuter livres avec eux, mais aussi lire de tout pour pouvoir leur indiquer des oeuvres qui répondront à leurs espérances. Je me suis déjà tapé des biographies de joueurs de hockey par curiosité. Eh bien, le premier livre qu'un de mes élèves a lu de sa vie a été la biographie du hockeyeur Dave Morissette. On ne parle pas de grande littérature, mais de fierté d'avoir lu un GROS livre AU COMPLET et d'en avoir parlé à d'autres. Par la suite, l'élève a pris goût à la biographie en général et, avoir eu plus de temps avec lui, on aurait pu parler écriture et psychologie.

À travers son anecdote des romans Bionicle (racontée sur le blogue du Prof maudit), Renée-Claude illustre bien ce principe. J’ai des élèves qui sont passés des cartes à collectionner et à jouer à Amos d’Aragon pour finir par se taper le Seigneur des Anneaux et même le Smirillion.

UN PUSHER en fournissant à ses élèves rapidement une façon de combler leur besoin en livres. Visite rapide à la médiathèque, prêt fait à même ma bibliothèque personnelle, commande en librairie avec une amie complice. Tous les moyens sont bons. Cette année, le même livre a accroché quatre élèves d'un même groupe qui se le sont passé l'un à l'autre. Rien n'interdit aussi les cadeaux littéraires. Et je crois beaucoup à la bibliothèque de classe, même dans ma classe de grosse école secondaire.

Bref, il existe divers moyens d'inciter à la lecture. Je voulais simplement ajouter les miens à votre liste, cher PM.
Pour consulter le billet du Prof maudit:

18 avril 2007

Adieu Jean-Marc!

On va s'ennuyer de notre Louis de Funès de l'éducation. Jean-Marc Fournier, à son grand soulagement, est finalement nommé au Revenu. Un rapport d'impôt, c'est sûrement moins compliqué à remplir qu'un nouveau bulletin de la réforme... Quoi qu'il en soit, il fallait le voir autrefois nous parler du Renouveau pédagogique et des compétences transversales. Y'a pas à dire: les hauts fonctionnaires avaient réussi à en faire une marionnette assez présentable en l'espace de quelques mois.

Si vous ne connaissez pas sa remplaçante, Michelle Courchesne, attachez votre tuque: un de mes collègues de Québec me l'a décrite comme étant tout simplement chiante et de bon goût, du genre à parler de pauvreté avec un sac Hermès.

Dans un article du Devoir, on la désignait sous le qualificatif de l’incomprise. Je ne sais pas, mais il y a de quoi là à s'inquiéter. Combien parie-t-on qu'elle poursuivra la réforme contre vents et marées?

En passant, Mme Courchesne sera officiellement ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, ministre de la Famille et responsable de la région de Laval. On devrait donc logiquement bientôt faire entrer les CPE dans les écoles.

Pour en savoir plus sur Mme Courchesne:
http://www.assnat.qc.ca/fra/Membres/notices/c/coum5.shtml

Du mauvais état de nos écoles...

Ce soir, l'émission Enjeux de Radio-Canada diffuse un reportage sur l'état lamentable des écoles au Québec. Pas besoin de vous décrire le topo: vous le vivez peut-être au quotidien...

J'espère simplement que vous ne vous laisserez pas attendrir par les propos de nos décideurs scolaires. Ces derniers parlent évidemment de problèmes de ressources et de budget. Ainsi, vous verrez, dans son beau bureau tout propre et élégant, la présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane De Courcy, affirme sans s'étouffer: « Les fonds sont tellement restreints qu'on est face à des choix déchirants. C'est choisir entre le toit qui coule à Saint-Henri, des tuiles du gymnase d'une telle école qui tombent sur la tête des gens.»

Aucun ne vous avouera quels sont les véritables choix qui sont faits en éducation: ainsi, à la CSDM, des directeurs, des hauts fonctionnaires et tutti quanti reçoivent depuis des années des primes à la performance. De quelle performance parle-t-on quand on regarde l'état de nos écoles? Je n'oublie pas non plus les bureaux administratifs qu'on fait rénover aux frais des contribuables et, donc, des élèves. Il y aussi certains commissaires qui se font payer leurs déplacements à pied lorsqu'ils visitent les écoles de leur secteur. Vous avez bien lu: payer pour un déplacement à pied!

Au MELS aussi, les choix budgétaires sont discutables. Vous souvenez-vous du ministre Reid qui avait loué un hélicoptère pour éviter l'heure de pointe à Québec? De Matante Pauline et de ses toilettes silencieuses? Et que dire des centaines de millions (des centaines...) destinés à la réforme? Les éditeurs de matériel scolaire s'en mettent plein les poches alors que ce renouveau pédagogique, au départ, excluant l'idée même de manuel en classe.

Voilà: les écoles sont délabrées à cause des budgets et des ressources limitées. L'UQAM frise la faillite en construisant pavillon sur pavillon alors que la clientèle universitaire est en baisse. Allo, quelqu'un? Avez-vous fini de nous mentir?
Pour en savoir davantage: