29 février 2008
Le leadership de Stéphane Dion
Éducation des enfants: faisons des liens
Beaucoup de nouvelles qui semblent disparates et qui sont pourtant reliées à un thème commun: l'éducation des enfants au Québec. Allons-y tout de go.- santé physique et bien-être;
- compétence sociale;
- maturité affective;
- développement cognitif et langagier;
- habiletés de communication et connaissances générales.
Résultat surprenant également: des quartiers ou les conditions socioéconomiques sont favorables s'en tirent parfois moins bien que d'autres moins nantis. C'est le cas du territoire du CLSC Saint-Laurent comparé à celui du quartier Saint-Michel, dont on connaît les difficultés reliées au phénomène de la pauvreté. On explique ce phénomène par l'engagement des divers intervenants dans ce domaine comme le démontre ce texte: «On sait que dans ce quartier, depuis plusieurs années, il y a une concertation locale organisée et très efficace. Plus une collectivité locale se prend en charge, meilleurs sont les résultats», explique le Dr Lessard, directeur de la Santé publique de Montréal.
C'est généralement en lecture, en écriture et en mathématiques que les petits Montréalais présentent les lacunes les plus évidentes. Et ces dernières peuvent avoir des conséquences importantes pour le futur scolaire de ces jeunes.
«Quand l'enfant vulnérable arrive en première année, il apprend moins bien que les autres, il ressent les difficultés, il a de la misère à communiquer avec les autres, affirme le directeur de la Santé publique de Montréal, le Dr Richard Lessard. Les études autres que la nôtre qui ont suivi ces enfants-là démontrent qu'ils sont condamnés à l'échec scolaire et, éventuellement, au décrochage.»
Parmi les moyens pour corriger cette situation, les chercheurs soulignent le rôle primordial des garderies subventionnées et les pré-maternelles.
Or, seulement 16 des 60 écoles très défavorisées de l'île de Montréal offrent le service de la pré-maternelle.«Depuis 2000, l'implantation des maternelles 4 ans est bloqué dans les milieux défavorisés», souligne Nathalie Morel, présidente de l'Alliance des professeurs de Montréal.
Quant aux CPE, on ne retrouve qu'une place pour deux enfants à Montréal. Et ce sont dans les milieux défavorisés que ces places font le plus défaut. «Les familles à faible revenu, celles pour qui la fréquentation est particulièrement bénéfique, ont-elles un accès équitable à ces places?», questionne le rapport de la Direction de la santé publique de Montréal. Et devinez dans quel secteur de Montréal le nombre de places disponibles est le plus bas? Que ceux qui ont répondu Verdun (Oui, oui, Funville est justement située dans ce quartier!) se donnent un morceau de robot!
Enfin, je m'en voudrais de ne pas terminer en soulignant ces informations tirées de ce texte d'Isabelle Hachey:
- Selon une enquête réalisée en 2006, la grande majorité des familles utilisatrices des services de garde à 7$ sont biparentales, et près de la moitié ont un revenu familial de 60 000$ et plus.
- À peine le quart des 45 000 enfants issus de familles prestataires de l'assistance-emploi sont accueillis dans les services de garde du Québec.
- «Dans une famille où les parents travaillent, la mère appelle aussitôt qu'elle tombe enceinte pour inscrire son futur enfant sur les listes d'attente, explique Gina Gasparrini, présidente du Regroupement des CPE de l'île de Montréal. Les familles vulnérables ou en crise sont moins organisées. Elles ne penseront pas tout de suite à inscrire leur enfant sur les listes. Donc, leurs chances d'avoir une place sont moindres.»
L'ordre public
En lien avec le billet précédent, voilà que la notion d'art et d'ordre public fait surface dans l'actualité avec cette nouvelle (ici et ici) le gouvernement Harper promeut un projet de loi qui restreindrait que le financement public des films et des émissions de télévision aux oeuvres qui ne contreviennent pas à l'ordre public, c'est-à-dire des oeuvres qui «contiennent, de l'avis du ministère, des scènes sexuellement explicites, de la violence excessive ou de la propagande haineuse.»27 février 2008
Un petit mot à certains visiteurs
Monsieur A, Zed, Hortensia, anonyme, Sylvain, Une femme libre, Bobbiwatson, Bibco, Mia, Blogue l'éponge, Noisette, Détracteur, Souimi, Un autre prof, En saignant, Malou, Safwan, Catherine, Laurence:26 février 2008
De l'éducation préventive?
On a un tout nouveau bibliothécaire-technicien-responsable-queuque-chose-du-genre-là à la bibliothèque de mon école secondaire.- Les souffrances du jeune Werther de Goethe (idées suicidaires);
- L'Orange mécanique de Burgess (violence extrême);
- Roméo et Juliette de Shakespeare (idées suicidaires);
- Toute l'oeuvre de Michael Connelly (violence extrême);
- Le grand cahier d'Agota Kristoff (sexualité explicite);
- Cette horrible biographie d'Olivia Newton-John...
Si vous avez d'autres suggestions, n'hésitez pas à me les transmettre. Youppie! On se croirait de retour au bon vieux temps de la mise à l'index! Farenheit 451, nous voici!
Il ne manque plus que le petit frère du nouveau bibliothécaire-technicien-responsable-queuque-chose-du-genre-là soit embauché aux ressources informatiques de ma CS. Fini l'accès à YouTube et à toutes ces cochonneries qu'on trouve sur le Net! Quand je pense qu'on peut prendre connaissance du site du Parti marxiste-léniniste du Canada à partir d'un ordi de mon école, il est grand temps que quelqu'un mette ses culottes et interdise tout cela. Protégeons nos jeunes!
Oh! en passant, ma bibliothèque de classe renferme tous ces titres dangereux pour notre saine jeunesse. Je sens que je vais faire un petit Hervé Jodoin de moi d'ici la fin de l'année.
25 février 2008
Tant qu'à se relâcher...
Une petite nouvelle insolite. Saviez-vous que le ministre de l'Éducation du Meghalaya, un petit état du nord-est de l'Inde, se serait déjà appelé... Frankenstein Momin. C'est pas chez nous qu'on aurait du plaisir comme ça!22 février 2008
21 février 2008
Des nouvelles masquées
Ma bibliothèque de classe
Prof masqué au concert20 février 2008
Il y en a qui ne comprendront jamais! (modifié)
Drôle de coïncidence: alors qu'on se penche sur l'avenir des commissions scolaires à Québec, le Journal de Montréal publie une série de reportages sur les dépenses des commissaires scolaires (ici, ici, ici et ici) Vin, foie gras, sculpture inuite, je vous épargne le reste... rien n'est trop beau pour la classe ouvrière!«L'alcool, c'est un luxe. Si on veut en prendre, on se le paie soi-même.»
«Il va de soi, dans notre société, que l'on souligne le départ ou l'arrivée d'élus ou de personnes oeuvrant dans nos organisations», a affirmé André Caron, président de la FCSQ, dans un communiqué.
Ce dernier juge qu'il est normal que des organismes publics remercient ou accueillent correctement des personnes qui ont décidé de s'engager dans le développement du système d'éducation.
18 février 2008
Après moi le déluge!
Mme Masquée me le dit assez souvent: «Tu n'aimes pas Pauline Marois.» Le constat est clair, brutal, sans appel. Madame Marois, pour moi, aime la politique, aime le pouvoir, aime ses idées. Bref, Mme Marois semble follement s'aimer. Comme tous les politiciens, d'ailleurs. C'est pour cela qu'on les élit.Hier soir, on a pu constater sur le plateau de TLMEP que, selon la grande Dame de l'ile Bizard, la réforme scolaire a connu des ratés à cause des Libéraux. Ce matin, Mme Marois en rajoute une couche dans Le Devoir sur ce qu'elle pense de certains membres de son parti à l'époque et le constat est révélateur. Pour quelqu'un qui se plaint des interventions des Landry et compagnie qui mineraient l'unité de sa formation politique, vous verrez qu'elle ne donne pas sa place.
Dans un entretien qu'elle livrait dans le cadre de la publication du livre intitulé Les Deux Principales Réformes de l'Éducation du Québec moderne (Presses de l'université Laval), la chef du Parti québécois critique à peu près tout le monde qui a occupé le poste de ministre de l'Éducation au cours des 20 dernières années, sauf elle, bien sûr.
Ainsi, elle reproche à François Legault d'avoir retardé l'application de la réforme d'un an: «Je pense que ce n'était pas justifié. Il n'avait qu'à dégager du personnel et quelques ressources pour accompagner les enseignants et pour prendre les quelques décisions de base qu'il restait à prendre. Je trouve ça dommage.» Bref, François aurait «choké» alors que la situation ne demandait que quelques ajustements. Le printemps s'annonce beau sur les banquettes de la deuxième opposition officielle entre ces deux politiciens.
Pour qui se souvient de ces folles années ou les bulletins comprenaient des «bonhommes sourire», il est évident que «quelques ressources pour accompagner les enseignants» auraient été suffisantes. Pensez à toute l'improvisation qui accompagne encore la réforme aujourd'hui, au retard dans la création des programmes et des manuels et dites-vous que, sous Mme Marois, rien de tout cela n'aurait existé grâce à sa gestion avisée et magique.
Elle égratigne aussi au passage (peut-être à juste titre) son prédécesseur Jean Garon qui aurait mal défini le mandat des États généraux sur l'éducation: «Quand je suis devenue ministre de l'Éducation, j'avais l'impression que cette commission n'irait nulle part [sic].» Mais nul doute que la vaillante Pauline a redressé les choses.
Quant à son chef Lucien Bouchard, elle déplore son pessismiste quant au réseau de l'éducation à l'époque: «Il pensait que ça n'allait pas bien du tout en éducation. Je crois qu'il se trompait d'ailleurs, mais enfin, cela étant, il m'avait demandé de lui proposer des avenues pour agir, pour corriger la situation qu'il percevait.» Donc, si on comprend bien ce savoureux passage et si on est un peu de mauvaise foi, Mme Marois a corrigé quelque chose qui n'allait pas si mal...
L'actuelle chef du PQ raconte ensuite comment, partie de son expérience personnelle, elle a su, au gré des États généraux sur l'éducation, se doter d'une vision quant à la chose éducative: «Je ne connaissais rien d'autre que mon expérience personnelle, je n'avais pas réfléchi à l'éducation. Alors, je me suis plongée corps et âme dans ça. Et puis, les états généraux, c'était une chance extraordinaire pour moi. J'y faisais mon apprentissage en même temps.»
Enfin, Mme Marois témoigne de son profond attachement à la réforme actuelle : «Si on retenait quelque chose de moi concernant mon apport au gouvernement, j'aimerais que l'on retienne ça, le préscolaire et la réforme au primaire et secondaire.» Cet attachement, quant à moi, la rend aveugle et on comprend mieux pourquoi ce sont les autres qui sont responsables de tous les déboires du Renouveau pédagogique.
Bien sûr, depuis cet entretien, elle a nuancé ses positions en indiquant que le Renouveau pédagogique a connu des difficultés. Il «a bifurqué en cours de route [...], il y a eu quelques dérapages [...], et je crois que ça prend certains redressements». Mais mon impression est que madame Marois reviendrait à ce qu'était la réforme à ses tout débuts.
Chose certaine, ce n'est pas avec de tels commentaires que madame Marois saura se faire aimer des gens de son propre parti et il ne faudra pas se surprendre si on assiste à quelques règlements de comptes bientôt.
Quant à moi qui pensais voter Parti québécois aux prochaines élections, madame Marois commence sérieusement à me faire douter de lui accorder mon vote.

