29 février 2008

Le leadership de Stéphane Dion

On remet beaucoup en question le leadership du chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion.
Je regarde cette photo et je me dis qu'il est bien capable de se pendre tout seul...

Éducation des enfants: faisons des liens

Beaucoup de nouvelles qui semblent disparates et qui sont pourtant reliées à un thème commun: l'éducation des enfants au Québec. Allons-y tout de go.



Tout d'abord, il y a tout plusieurs manchettes entourant les centres de la petite enfance CPE. On se rappellera que ceux-ci ont été créés dans la foulée des États généraux sur l'éducation afin de s'assurer que les jeunes enfants québécois reçoivent une certaine éducation préscolaire afin de maximiser leurs chances de réussite à l'école et dans la société.


Or, si l'accès à ce service est assez compliqué en raison d'un manque de places, voilà qu'on restreint encore plus la possibilité aux familles pauvres ou des classes moyennes en instaurant des frais connexes. Ainsi, au début de la semaine, un juge a autorisé les garderies à exiger plus que les 7$ prévus par la loi. Aujourd'hui, le Centre de la petite enfance Funville, situé dans Verdun, demande à la cour de légaliser ses frais de membership annuels de 50 $, obligatoires pour tous les parents. On laissera les magistrats débattre de cette question sur le fond, mais force est de constater qu'on est rendu loin des garderies à 5$.


En même temps, on constate que la plupart des centres de la petite enfance de Québec et de Chaudière-Appalaches inspectés en 2006-2007 ont contrevenu à divers règlements relatifs à la sécurité et à l'hygiène. Un établissement était tellement poussiéreux qu'il présentait un risque pour la santé des enfants.


Enfin, une étude (ici, ici, ici et ici) effectuée par la Direction de santé publique de Montréal (DSP) et intitulée En route pour l'école! démontrait que plus du tiers des enfants de cinq ans de l'île de Montréal n'avaient pas le degré de préparation nécessaire pour commencer l'école. Pour être dans ce cas, l'enfant devait éprouver des difficultés dans au moins un des cinq critères suivants:
  • santé physique et bien-être;
  • compétence sociale;
  • maturité affective;
  • développement cognitif et langagier;
  • habiletés de communication et connaissances générales.
Si l'on compare les résultats montréalais à ceux d'études similaires au Canada, cette ville est néanmoins au-dessus de la moyenne canadienne. Règle générale, les quartiers défavorisés s'en tirent moins bien que les voisins plus aisés. Qu'on pense à Mercier-Est/Anjou, Saint-Laurent, Montréal-Nord, Parc-Extension et Hochelaga-Maisonneuve.


Résultat surprenant également: des quartiers ou les conditions socioéconomiques sont favorables s'en tirent parfois moins bien que d'autres moins nantis. C'est le cas du territoire du CLSC Saint-Laurent comparé à celui du quartier Saint-Michel, dont on connaît les difficultés reliées au phénomène de la pauvreté. On explique ce phénomène par l'engagement des divers intervenants dans ce domaine comme le démontre ce texte: «On sait que dans ce quartier, depuis plusieurs années, il y a une concertation locale organisée et très efficace. Plus une collectivité locale se prend en charge, meilleurs sont les résultats», explique le Dr Lessard, directeur de la Santé publique de Montréal.


C'est généralement en lecture, en écriture et en mathématiques que les petits Montréalais présentent les lacunes les plus évidentes. Et ces dernières peuvent avoir des conséquences importantes pour le futur scolaire de ces jeunes.


«Quand l'enfant vulnérable arrive en première année, il apprend moins bien que les autres, il ressent les difficultés, il a de la misère à communiquer avec les autres, affirme le directeur de la Santé publique de Montréal, le Dr Richard Lessard. Les études autres que la nôtre qui ont suivi ces enfants-là démontrent qu'ils sont condamnés à l'échec scolaire et, éventuellement, au décrochage.»


«L'intervention de zéro à cinq ans est capitale. Quand l'enfant est vulnérable dans un domaine, comme la lecture, il y a une contamination rapide dans les autres domaines», déclare Nathalie Goulet, chercheuse à la Direction de la santé publique.


Parmi les moyens pour corriger cette situation, les chercheurs soulignent le rôle primordial des garderies subventionnées et les pré-maternelles.


Or, seulement 16 des 60 écoles très défavorisées de l'île de Montréal offrent le service de la pré-maternelle.«Depuis 2000, l'implantation des maternelles 4 ans est bloqué dans les milieux défavorisés», souligne Nathalie Morel, présidente de l'Alliance des professeurs de Montréal.


Quant aux CPE, on ne retrouve qu'une place pour deux enfants à Montréal. Et ce sont dans les milieux défavorisés que ces places font le plus défaut. «Les familles à faible revenu, celles pour qui la fréquentation est particulièrement bénéfique, ont-elles un accès équitable à ces places?», questionne le rapport de la Direction de la santé publique de Montréal. Et devinez dans quel secteur de Montréal le nombre de places disponibles est le plus bas? Que ceux qui ont répondu Verdun (Oui, oui, Funville est justement située dans ce quartier!) se donnent un morceau de robot!


Enfin, je m'en voudrais de ne pas terminer en soulignant ces informations tirées de ce texte d'Isabelle Hachey:
  • Selon une enquête réalisée en 2006, la grande majorité des familles utilisatrices des services de garde à 7$ sont biparentales, et près de la moitié ont un revenu familial de 60 000$ et plus.
  • À peine le quart des 45 000 enfants issus de familles prestataires de l'assistance-emploi sont accueillis dans les services de garde du Québec.
  • «Dans une famille où les parents travaillent, la mère appelle aussitôt qu'elle tombe enceinte pour inscrire son futur enfant sur les listes d'attente, explique Gina Gasparrini, présidente du Regroupement des CPE de l'île de Montréal. Les familles vulnérables ou en crise sont moins organisées. Elles ne penseront pas tout de suite à inscrire leur enfant sur les listes. Donc, leurs chances d'avoir une place sont moindres.»

L'ordre public

En lien avec le billet précédent, voilà que la notion d'art et d'ordre public fait surface dans l'actualité avec cette nouvelle (ici et ici) le gouvernement Harper promeut un projet de loi qui restreindrait que le financement public des films et des émissions de télévision aux oeuvres qui ne contreviennent pas à l'ordre public, c'est-à-dire des oeuvres qui «contiennent, de l'avis du ministère, des scènes sexuellement explicites, de la violence excessive ou de la propagande haineuse.»

Allez lire les textes en lien: vous verrez des aspects absolument inquiétant. Par exemple, la décision de priver une oeuvre de financement public serait laissé à la discrétion d'un seul fonctionnaire. Ou encore le fait qu'il ne s'agisse pas de censure, selon la directrice générale adjointe aux industries culturelles de Patrimoine Canada, Annette Gibbons:. « La censure, c'est quand on dit qu'une production ne peut pas être montrée au public. Ce n'est pas ce qu'on fait. On dit que l'on ne veut pas financer certaines choses qui pourront être réalisées [sans subventions]. Le rôle de l'État est de bien gérer les fonds publics.»

Doit-on préciser qu'il existe déjà une sélection des films quant au financement public qu'on leur accorde et des lois quant à la propagande haineuse, par exemple? Doit-on faire la liste des films qui ont connu le succès sur la scéne international et qui n'auraient pas été financés avec de telles dispositions?

Bref, Patrick Senécal n'a qu'à bien se tenir s'il souhaite qu'on porte d'autres de ses romans au grand écran. Ça doit être un complot.
En complément ce texte.

27 février 2008

Un petit mot à certains visiteurs

Monsieur A, Zed, Hortensia, anonyme, Sylvain, Une femme libre, Bobbiwatson, Bibco, Mia, Blogue l'éponge, Noisette, Détracteur, Souimi, Un autre prof, En saignant, Malou, Safwan, Catherine, Laurence:

Je m'excuse du délai que j'ai pris pour répondre à vos commentaires dans des messages précédents. Sachez que j'apprécie votre visite dans ce chez-moi virtuel et que vous êtes toujours les bienvenus!

Sur ce, je vais me coucher. Il est tard et un bon livre m'attend.

26 février 2008

De l'éducation préventive?

On a un tout nouveau bibliothécaire-technicien-responsable-queuque-chose-du-genre-là à la bibliothèque de mon école secondaire.

Un de ses premiers gestes a été de retirer des tablettes deux oeuvres de Patrick Senécal: Le vide et Aliss. Celles-ci avaient été achetées par la bibliothécaire-technicien-responsable-queuque-chose-du-genre-là précédente. Un égarement, sans doute. Heureusement qu'elle est partie à la retraite, sinon quels dommages pyschologiques elle aurait pu causer chez les tout-petits à qui on enseigne!

Aucune explication n'a évidemment été donnée pour expliquer ce geste puisque le tout s'est fait sans qu'on n'en soit informé. Je l'ai plutôt su par une enseignante au secteur des adultes, secteur qui a hérité des volumes maudits et qui accueille pourtant des élèves de l'âge des miens. Le plus ironique est que Patrick Senécal donnait justement une conférence aux élèves de ce secteur la semaine dernière et qu'il a même autographié les ouvrages honnis!

On présume que le contenu dépravé et pervers de ces oeuvres ne convenait pas à des lecteurs du secondaire ou qu'il pourrait leur donner des idées suicidaires. Pourquoi accompagner les élèves et les guider dans leurs lectures quand on peut simplement restreindre les romans qu'on leur offre? Pourquoi les éduquer quand on peut les maintenir dans une ignorance littéraire? Le monde te fait peur? Ferme fort les yeux, mon tout petit!

Dans la même veine, qu'attend-on pour retirer des tablettes de la bibliothèque de mon école les livres suivants?

Si vous avez d'autres suggestions, n'hésitez pas à me les transmettre. Youppie! On se croirait de retour au bon vieux temps de la mise à l'index! Farenheit 451, nous voici!

Il ne manque plus que le petit frère du nouveau bibliothécaire-technicien-responsable-queuque-chose-du-genre-là soit embauché aux ressources informatiques de ma CS. Fini l'accès à YouTube et à toutes ces cochonneries qu'on trouve sur le Net! Quand je pense qu'on peut prendre connaissance du site du Parti marxiste-léniniste du Canada à partir d'un ordi de mon école, il est grand temps que quelqu'un mette ses culottes et interdise tout cela. Protégeons nos jeunes!

Oh! en passant, ma bibliothèque de classe renferme tous ces titres dangereux pour notre saine jeunesse. Je sens que je vais faire un petit Hervé Jodoin de moi d'ici la fin de l'année.

25 février 2008

Tant qu'à se relâcher...

Une petite nouvelle insolite. Saviez-vous que le ministre de l'Éducation du Meghalaya, un petit état du nord-est de l'Inde, se serait déjà appelé... Frankenstein Momin. C'est pas chez nous qu'on aurait du plaisir comme ça!
Vous ne trouvez qu'il y a une ressemblance avec la photo du dessous?

22 février 2008

21 février 2008

Des nouvelles masquées

À la veille de la semaine de relâche, j'en profite un peu pour donner quelques nouvelles de mon monde. Certaines sont scolaires, d'autres plus personnelles.

Ma bibliothèque de classe

Comment tuer une idée permettant de faire lire davantage des élèves? En n'appuyant pas les initiatives des enseignants. L'exemple de ma bibliothèque de classe illustre bien à quel point certains gestionnaires de l'éducation gestionnent et ne manquent des occasions de donner un coup de pouce aux initiatives significatives.

Résumons. Au début de l'année, je commence à prêter des livres aux élèves de mes classes. Je les range dans mon armoire à dictionnaires, un vieux truc en métal tout rouillé et pas du tout invitant. Comme j'ai quelques jeunes assez curieux, je réussis à leur faire lire du Orwell, du Baillargeon, du Carroll, du Sénécal, du Pelletier, du Werber, du Zemiatine... et ils en redemandent! Sauf que l'emballage manque d'attrait et de fini.

C'est dommage, mais il est plus facile d'attraper des mouches avec du miel qu'avec du vinaigre. Alors, je fais la demande à ma direction si elle peut trouver une bibliothèque vitrée dont on peut barrer les portes quand je ne suis pas là. Elle me répond que mon projet est intéressant et qu'elle tentera de satisfaire ma demande.

Le temps passe et j'accumule les livres dans des boites de carton en attendant d'avoir un meuble ou les ranger. Le temps passe et rien ne se passe. Rien ne se passe sauf le temps. Je ne refile plus maintenant mes bouquins qu'à quatre ou cinq élèves alors qu'en début d'année, l'intérêt était plus grand.

Il y a quelques semaines, j'ai renouvelé ma demande en parlant dans le vide. Dans le vide sidéral du gestionnaire qui punche comme un employé syndiqué dans une shop de saucisses.

Hier, au hasard de mes promenades dans ma grande école, devinez quelle vision s'offre à mon regard d'épieur professionnel? Celle d'une bibliothèque aux portes vitrées qui traîne dans le fond d'un local administratif. Vide. Vide comme l'espace qu'on retrouve dans la tête de certains gestionnaires. Couverte de poussière. Inutile. Tout aussi inutile que mon projet de bibliothèque de classe, je le comprends maintenant.

Bordel d'inefficacité organisationnelle!

Un de moins en classe

La semaine dernière, nous étions un de moins en classe. Et ce n'était pas un de mes élèves qui était absent.

Vous vous souvenez de Maude, cette élève qui était venue me demander son aide parce qu'elle était tombée enceinte? Elle s'est fait avorter. Solide, battante. Avec une formidable capacité à amener les gens à la surestimer...

Je me suis informé sans m'imposer. La travailleuse sociale suivait le dossier, le père de l'enfant l'a accompagnée. Je me suis informé sans insister. La délicatesse me demandait de la laisser faire les premiers pas tout en montrant que j'étais là pour elle.

Ses parents ont appris la nouvelle quelques jours avant l'avortement. Après quelques instants de déception et de colère, ils ont compris les craintes de leur fille et ils l'ont épaulée. Imaginez vivre une pareille épreuve sans pouvoir partager avec sa mère et son père.

Maude prend du mieux. Comme il s'agit d'une élève très faible en français, je la couve, je la réconforte et je la guide pour qu'elle puisse réussir son année. Solide. Battante. Travaillante.

Elle a le meilleur prof du monde. Celui qui fera tout pour qu'elle puisse réussir. Elle le mérite. Comme tous mes élèves, d'ailleurs.
Prof masqué au concert

Hier soir, Prof masqué était au concert des Glorieux de l'Orchestre symphonique de Montréal. Je ne sais pas pourquoi, mais je pensais à Prof malgré tout. Et en écrivant ce billet, je comprends pourquoi. Je parle musique classique pour une rare fois sur ce blogue!

Trois oeuvres étaient au programme, mais la foule n'en avait que pour la dernière au programme: Les Glorieux de François Dompierre. Les musiciens de l'OSM aussi, il faut croire, puisque l'interprétation des deux premières oeuvres étaient plutôt décevantes, surtout dans le cas de Satie que j'apprécie grandement.

La soirée a véritablement pris son envol avec ce récit symphonique et la présence de certaines des légendes du Canadien de Montréal. Des musiciens qui font la vague, Kent Nagano qui dirige ses musiciens avec la Sainte Flanelle sur le dos: l'atmosphère était sympathique et bon enfant. Quand deux institutions montréalaises s'unissent pour célébrer un événement important, on ne peut que se réjouir.

J'ai assisté au concert avec mon chandail blanc du Canadien. Blanc, comme le veut la tradition, parce que nous étions à Montréal.

Ein Heldenleben opus 40 (Une vie de héros) de Richard Strauss
Sports et divertissements d'Érik Satie
Les Glorieux de François Dompierre

Relation paternelle dans la tourmente

Je devais assister à ce concert avec Fille masquée, mais rien ne va plus depuis deux semaines. Quand une relation avec sa fille est viciée par une mère possessive et centrée sur elle-même, il ne reste pas toujours beaucoup de place pour un père qui a dû toujours faire des compromis au risque de perdre sa propre crédibilité aux yeux de son enfant.

Sauf que Père masqué a décidé de cesser de faire des compromis et que sa fille ne comprend pas pourquoi, ne comprend pas cette attitude nouvelle, ne comprend pas pourquoi son père préfère ne pas la voir que de se faire engueuler par une mère qui ne songe qu'à sa personne.

Et puis, Fille masquée, si elle a les défauts de son père, a aussi ceux de sa mère. Incapable de souplesse. Douée pour se mentir à elle-même.
On oublie l'idée d'aller au hockey ensemble. J'irai avec le beau-père. Il saura apprécier.

Je ne peux ni ne veux tout expliquer. Mais j'ai le coeur triste, vide et inutile. Je pense aller le poser dans une bibliothèque que je connais.

20 février 2008

Il y en a qui ne comprendront jamais! (modifié)

Drôle de coïncidence: alors qu'on se penche sur l'avenir des commissions scolaires à Québec, le Journal de Montréal publie une série de reportages sur les dépenses des commissaires scolaires (ici, ici, ici et ici) Vin, foie gras, sculpture inuite, je vous épargne le reste... rien n'est trop beau pour la classe ouvrière!

Notons qu'à Montréal, ce sont les élus qui ont payé les boissons alcoolisées de leur poche. C'est déjà un début! La présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane de Courcy, explique:
«L'alcool, c'est un luxe. Si on veut en prendre, on se le paie soi-même.»

Quoi qu'il en soit certains ne comprendront jamais. Il y a aussi eu une lieutenant-gouverneur comme ça. Qu'attend André Caron, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), pour mettre un frein à de telles dépenses? Que les institutions que regroupe sa fédération soient totalement discrédités? Il a l'occasion rêvée de passer un message clair et fort.
Voici la réaction de M.Caron ce matin dans le Journal de Montréal:
Mais la Fédération des commissions scolaires a plutôt estimé, hier, qu'il est «tout à fait normal» de souligner de la sorte l'arrivée et le départ de commissaires

«Il va de soi, dans notre société, que l'on souligne le départ ou l'arrivée d'élus ou de personnes oeuvrant dans nos organisations», a affirmé André Caron, président de la FCSQ, dans un communiqué.

Ce dernier juge qu'il est normal que des organismes publics remercient ou accueillent correctement des personnes qui ont décidé de s'engager dans le développement du système d'éducation.

18 février 2008

Après moi le déluge!

Mme Masquée me le dit assez souvent: «Tu n'aimes pas Pauline Marois.» Le constat est clair, brutal, sans appel. Madame Marois, pour moi, aime la politique, aime le pouvoir, aime ses idées. Bref, Mme Marois semble follement s'aimer. Comme tous les politiciens, d'ailleurs. C'est pour cela qu'on les élit.

Hier soir, on a pu constater sur le plateau de TLMEP que, selon la grande Dame de l'ile Bizard, la réforme scolaire a connu des ratés à cause des Libéraux. Ce matin, Mme Marois en rajoute une couche dans Le Devoir sur ce qu'elle pense de certains membres de son parti à l'époque et le constat est révélateur. Pour quelqu'un qui se plaint des interventions des Landry et compagnie qui mineraient l'unité de sa formation politique, vous verrez qu'elle ne donne pas sa place.

Dans un entretien qu'elle livrait dans le cadre de la publication du livre intitulé Les Deux Principales Réformes de l'Éducation du Québec moderne (Presses de l'université Laval), la chef du Parti québécois critique à peu près tout le monde qui a occupé le poste de ministre de l'Éducation au cours des 20 dernières années, sauf elle, bien sûr.

Ainsi, elle reproche à François Legault d'avoir retardé l'application de la réforme d'un an: «Je pense que ce n'était pas justifié. Il n'avait qu'à dégager du personnel et quelques ressources pour accompagner les enseignants et pour prendre les quelques décisions de base qu'il restait à prendre. Je trouve ça dommage.» Bref, François aurait «choké» alors que la situation ne demandait que quelques ajustements. Le printemps s'annonce beau sur les banquettes de la deuxième opposition officielle entre ces deux politiciens.

Pour qui se souvient de ces folles années ou les bulletins comprenaient des «bonhommes sourire», il est évident que «quelques ressources pour accompagner les enseignants» auraient été suffisantes. Pensez à toute l'improvisation qui accompagne encore la réforme aujourd'hui, au retard dans la création des programmes et des manuels et dites-vous que, sous Mme Marois, rien de tout cela n'aurait existé grâce à sa gestion avisée et magique.

Elle égratigne aussi au passage (peut-être à juste titre) son prédécesseur Jean Garon qui aurait mal défini le mandat des États généraux sur l'éducation: «Quand je suis devenue ministre de l'Éducation, j'avais l'impression que cette commission n'irait nulle part [sic].» Mais nul doute que la vaillante Pauline a redressé les choses.

Quant à son chef Lucien Bouchard, elle déplore son pessismiste quant au réseau de l'éducation à l'époque: «Il pensait que ça n'allait pas bien du tout en éducation. Je crois qu'il se trompait d'ailleurs, mais enfin, cela étant, il m'avait demandé de lui proposer des avenues pour agir, pour corriger la situation qu'il percevait.» Donc, si on comprend bien ce savoureux passage et si on est un peu de mauvaise foi, Mme Marois a corrigé quelque chose qui n'allait pas si mal...

L'actuelle chef du PQ raconte ensuite comment, partie de son expérience personnelle, elle a su, au gré des États généraux sur l'éducation, se doter d'une vision quant à la chose éducative: «Je ne connaissais rien d'autre que mon expérience personnelle, je n'avais pas réfléchi à l'éducation. Alors, je me suis plongée corps et âme dans ça. Et puis, les états généraux, c'était une chance extraordinaire pour moi. J'y faisais mon apprentissage en même temps.»

Enfin, Mme Marois témoigne de son profond attachement à la réforme actuelle : «Si on retenait quelque chose de moi concernant mon apport au gouvernement, j'aimerais que l'on retienne ça, le préscolaire et la réforme au primaire et secondaire.» Cet attachement, quant à moi, la rend aveugle et on comprend mieux pourquoi ce sont les autres qui sont responsables de tous les déboires du Renouveau pédagogique.

Bien sûr, depuis cet entretien, elle a nuancé ses positions en indiquant que le Renouveau pédagogique a connu des difficultés. Il «a bifurqué en cours de route [...], il y a eu quelques dérapages [...], et je crois que ça prend certains redressements». Mais mon impression est que madame Marois reviendrait à ce qu'était la réforme à ses tout débuts.

Chose certaine, ce n'est pas avec de tels commentaires que madame Marois saura se faire aimer des gens de son propre parti et il ne faudra pas se surprendre si on assiste à quelques règlements de comptes bientôt.

Quant à moi qui pensais voter Parti québécois aux prochaines élections, madame Marois commence sérieusement à me faire douter de lui accorder mon vote.