14 mars 2008

Psychose ou mauvaise gestion? (ajout)

Et voilà qu'on évacue d'urgence les écoles de la commission scolaire de Montréal (ici et ici)! Voici d'ailleurs ce que l'on peut lire sur le site de cette CS:
Évacuation d’urgence, le vendredi 14 mars 2008 - Compte tenu de l’accumulation de neige, à titre de mesure préventive, la CSDM procède actuellement à l’évacuation de tous ses établissements scolaires. Les endroits où les élèves ont été déplacés seront indiqués sur chacune des portes des établissements. Une chaîne téléphonique a été déclenchée pour joindre tous les parents. Tous les établissements scolaires seront donc fermés jusqu’au lundi 17 mars inclusivement.

Comme il est tombé un ou deux flocons de neige depuis dimanche, on peut légitimement se poser la question: est-on en pleine psychose ou a-t-on tardé à réagir aux risques reliés au poids de la neige sur les toits de nos écoles, mettant ainsi la sécurité des élèves et du personnel en péril?

Personnellement, s'il vaut mieux mieux tard que jamais, toute cette improvisation décisionnelle peut nourrir certains doutes. Pourquoi avoir attendu près de cinq jours après la dernière tempête s'il existait des risques? Ce n'est pas comme si la neige était un vice caché ou une situation fortuite.

À la CSDM, la décision de fermer en plein milieu de la journée causera inévitablement une véritable pagaille et sera vraiment problématique pour les enfants de niveau primaire. On aurait pu simplifier la vie des parents, des enfants et du personnel en annulant les cours dès hier soir. Mais pourquoi faire simple et rapidement quand on peut tarder et faire compliqué?
Trois textes supplémentaires en fin de soirée (ici , ici et ici). Mais surtout un autre texte, rigolo et bête à pleureur, ou l'on apprend que deux écoles situées sous le même toit, l'une francophone et l'autre anglophone, ont adopté une attitude différente quant à la neige qui recouvrait justement leur toit commun. La polyvalente Lavigne a ainsi fermé ses portes tandis que la Laurentian High School demeurait ouverte. Deux solitudes...

13 mars 2008

Neige sur les toits et sécurité des écoles (ajout)

Ça y est: une première commission scolaire ferme ses écoles afin de déneiger les toits de ses établissements scolaires.
Il faut dire que deux événements sont venus motiver cette décision prise par la commission scolaire des Affluents située dans la région de Lanaudière: le terrible incident survenu à Morin Height hier et la fermeture ce matin même d'une première école primaire de cette CS pour des raisons de sécurité.

Deux ou trois jours plus tôt, déjà, à quelques coins de rues de plusieurs écoles de cette CS, un centre d'achats fermait d'urgence ses portes pour des raisons similaires.

Quoi qu'il en soit, commençons à nous inquiéter en regardant le plafond de nos classes. Comme les Gaulois, nous pourrions avoir peur que le ciel ne nous tombe sur la tête.
En complément, ce texte ou le ministre du Travail indique que tout employé sentant sa sécurité menacée peut refuser de rentrer au travail. Et ces deux autres textes sur la folie du déneignement des toits (ici et ici).
À noter: on s'en va vers un calendrier de 178 jours d'école pour cette commission scolaire.

Les maths au secondaire (la suite)

La situation s'éclaircit enfin, si l'on peut dire, dans le cas des cours de mathématique (ici et ici) du secondaire exigés pour certains profils d'études au collégial.

Ainsi, le MELS a confirmé, dans une lettre envoyée aux commissions scolaires, que «les élèves issus de l'une ou de l'autre des séquences Technico-sciences et Sciences naturelles auront un accès égal à tous les programmes d'études collégiales, préuniversitaires ou techniques, exigeant des conditions particulières d'admission en mathématique.»

Le Ministère indique que les deux séquences «présentent des degrés équivalents de difficulté, mais à partir d'approches différentes. Les séquences ont en effet été conçues pour amener les élèves à un niveau élevé de compétence en mathématique.»

Là ou j'ai de la difficulté à suivre, c'est lorsque le MELS mentionne que «des précisions et des ajustements seront apportés au programme Technico-sciences de 5e secondaire, entre autres pour confirmer un apprentissage adéquat en ce qui regarde les concepts algébriques et les raisonnements qui y sont associés.»

Je ne suis qu'un modeste enseignant de français mais, quand je lis cette lettre, je me demande: «Coudonc, ils sont équivalents ou pas, les deux séquences si on est obligé d'en modifier une? Et les manuels, et les programmes? Qui va les changer à la dernière minute?»

Un élément intéressant est que le MELS semble sensible au fait que certaines écoles avaient décidé de ne pas offrir certaines séquences mathématiques pour des raisons budgétaires: «Par ailleurs, afin de s'assurer que les élèves de l'ensemble du Québec puissent tous bénéficier d'un apprentissage qui répond à leurs besoins, les règles budgétaires 2008-2009 comprendront une mesure particulière afin d'assurer le financement qui permettra, à chaque école secondaire, d'offrir à ses élèves le choix entre les trois séquences de mathématique.»

Reste à voir de combien on parle et si cette mesure sera reconduite les années suivantes. Mais, dans l'ensemble, la situation est déjà plus claire. Heureusement, puisqu'on vient de finir les choix de cours des élèves de troisième secondaire, choix de cours qu'il faudra refaire en partie avec cette orientation ministérielle.

11 mars 2008

La gestion du privé meilleur qu'au public?

Il est plutôt rare qu'on entende parler de la gestion des écoles privées. Loi du silence, discrétion reliée à un bon esprit d'entreprise? Quoi qu'il en soit, le Journal de Montréal nous apprenait ce matin qu'on se payait la traite au Collège de Montréal. Regardons quelques extraits de cet article savoureux.
  • «Des dirigeants du Collège de Montréal ont dépensé des milliers de dollars pour des voyages autour du monde, des meubles de bureau luxueux, un séjour dans un chic hôtel pour fêter Noël et même... un entraîneur privé.»
  • «France, Colorado, Chine: le directeur général de l'institution, Jacques Giguère, s'est rendu dans des congrès aux quatre coins de la planète.»
  • «L'année précédente, l'activité de Noël des cadres avait coûté 2645,75 $ à l'institution. Un barbecue avait aussi eu lieu en 2006, qui a représenté une facture de 1021,42 $.»
  • «Interrogé par le Journal, le directeur Giguère s'est défendu, affirmant être la victime d'une campagne de salissage. «Dans toutes les organisations, il y a toujours des personnes qui ne sont pas contentes. Personne ne fait l'unanimité», a-t-il dit.»
  • «Guy Lefebvre, président du C.A., estime que les dépenses de la direction générale sont raisonnables. «Je trouve que c'est très modeste. On vit de façon restreinte au collège», dit-il.»

Modeste? Restreint? En fait, il n'y a rien de trop beau pour la classe ouvrière... euh dirigeante, comme on peut le constater. Bien sûr, il s'agit d'un établissement privé et c'est ultimement aux parents-clients de s'assurer que cette situation se résorbe, s'ils estiment qu'elle est inadmissible. Mais permettez-moi d'avoir un gros doute.

Tout d'abord, concernant ces dépenses, la présidente du comité de parents de l'école et membre du C.A., Louise Fournier croit que les enquêtes qui ont été menées ont démontré qu'il n'y avait eu aucune «malversation financière».

Ensuite, dans un autre dossier, Mme Fournier a une attitude bien complaisante à l'égard de l'administration du Collège. En effet, une vingtaine de parents d'élève allophone se sont vus surfacturés en devant verser une surprime d'intégration de $1 500. La présidente du comité de parents «ne voit pas de problème à ce que les parents qui ont payé en trop au fil des années n'aient pas droit à un remboursement. Selon elle, les parents ont reçu un service supplémentaire et il est normal qu'ils aient eu à payer davantage. «Si on veut continuer à avoir des classes d'accueil, il va falloir augmenter tout le monde.»

Eh misère... J'ai toujours cru que les institutions privées avaient une gestion parcimonieuse et efficace. Là, un doute m'assaille. Je trouve que nos commissaires scolaires ne sont pas si mal finalement.

10 mars 2008

Le prof masqué et l'enseignement de la sexualité (ajout)

Ce n'est pas une nouvelle nouvelle, mais La Presse en parle ce matin: avec la réforme, le volet sexualité tombe à l'eau dans le cursus du secondaire.

Selon Alex McKay, coordinateur de la recherche au Conseil du Canada d'information et d'éducation sexuelles, alors que les autres provinces ont décidé d'accorder plus d'importance à cette question, le Québec serait ainsi «la seule province canadienne ne comptant aucun mandat précis d'enseignement des relations sexuelles de quelque forme que ce soit.» Ce sera maintenant aux enseignants de toutes les disciplines d'aborder le volet sexualité avec les jeunes.

Comme le souligne le texte du quotidien de la rue Saint-Jacques, ce ne sont pas tous les enseignants qui sont à l'aise de traiter de ce sujet. On n'est pas tous comme Gooba! De plus, il n'est pas certains que les élèves se confieront à un enseignant.

Question de combler ce vide, déjà, l'organisme À deux mains propose des ateliers et de la consultation sur une base anonyme dans la région Montréal.

Plusieurs réflexions me viennent à l'esprit en prenant connaissance de cette nouvelle.

Ma première pensée veut qu'on débarrasse enfin l'école de tous ces contenus notionnels qui relèvent davantage des parents afin qu'on puisse se concentrer sur les matières de base, disons.

Puis, je me rappelle que les jeunes Québécois ont un très mauvais bulletin en matière de comportements sexuels et de connaissances reliées à ce domaine. Retirer cet outil de prévention de nos écoles serait donc une mauvaise idée en soi, sauf que cette situation existe déjà malgré la présence de cours reliés à la sexualité dans nos écoles. Et là, je me dis que ces cours ne devaient pas être si efficaces et je ne sais plus quoi penser!

Vous me permettez de mentionner enfin que je ne crois pas à cette forme de pensée magique qui veut remettre à l'ensemble des intervenants d'une école un dossier comme celui-là. Ce qui est l'affaire de tous devient toujours l'affaire de personne. Et imaginez le manque de coordination que cette façon de procéder risque d'engendrer entre les différents enseignants. Il va venir un jour ou un élève s'écrira: «Ah non! On va pas encore parler de l'orgasme! On l'a vu en anglais. On peut-tu parler d'autre chose?»

Comme le MELS est en train de valider le programme de cinquième secondaire en français, il faudrait s'assurer qu'il renferme un volet sexualité. Outre quelques lectures suggestives et coquines, on pourrait penser à des dictées thématiques ou à des exercices stimulants sur les participes passés. Allez: accordez donc les participes suivants!
  1. Les nombreux partenaires qu'elle a (avoir) cette semaine ont (recevoir) une mauvaise nouvelle quand elle les a (appeler). - prévention des MST
  2. Paule est une transsexuelle qui a déjà (remporter) le prix d'Homme fort du festival de Saint-Tite avant qu'il soit (opérer) et qu'il ait (assumer) sa féminité. - acceptation de la différence sexuelle
  3. Nathalie a (consulter) un docteur parce que les chiens qu'elle (rencontrer) bibliquement lui ont (refiler) des puces. - pratiques sexuelles déviantes

Chose certaine, il y a longtemps, certains curés se plaignaient qu'on avait sorti la religion catholique des écoles pour y faire entrer la sexualité. Aujourd'hui, ils peuvent se consoler...

En complément, je vous invite à lire le papier de Martineau ce matin. Employons le bon mot: jouissif.

08 mars 2008

Le 8 mars est-il pertinent?

Hier et aujourd'hui, on nous a servi cette question à plusieurs reprises dans les médias. Une façon comme une autre de nous amener à douter du fait qu'il existerait encore des inégalités entre les hommes et les femmes dans notre belle société québécoise.

Cette petite nouvelle publiée dans La Presse devrait répondre à cette question, je pense.

«L'Université de Montréal versera 15 millions de dollars pour compenser 3000 de ses employés victimes de discrimination salariale basée sur le sexe. L'entente, approuvée hier à la quasi-unanimité, met un terme à de longs démêlés et donne un sens tout particulier à la Journée de la femme sur le campus. (...)

Pour le président de la Commission des droits de la personne, Gaétan Cousineau, ce dénouement «permet à des milliers d'employés de voir leur travail reconnu à sa juste valeur», mais prouve aussi que «l'objectif de l'équité salariale est loin d'être atteint au Québec, même si le droit à un salaire égal pour un travail équivalent sans discrimination est reconnu depuis plus de 30 ans». Un avis qui rejoint celui d'Annick Desjardins, procureure au dossier: «Quand on voit le temps et l'énergie déployés par le Syndicat pour enrayer cette discrimination, on comprend mieux pourquoi le Québec s'est doté d'une loi proactive sur l'équité salariale afin de corriger le problème systématique de discrimination.»

Il aura fallu attendre 12 ans pour que l'Université de Montréal règle ce différend. Moi qui pensais que l'université était un lieu de savoir et de connaissances.

Amour prof-élève

Dans La Presse, aujourd'hui, on peut lire qu'un ancien enseignant de 40 ans de Trois-Rivières a été condamné à trois mois de prison ferme pour avoir eu des relations sexuelles avec une de ses élèves de 13 ans. Ce n'est pas cette dernière qui a dénoncé son prof, mais bien sa mère qui a découvert le tout en consultant les courriels de sa fille.

D'ailleurs, dans une lettre adressée au tribunal, la jeune fille demandait que l'accusé ne reçoive que la peine minimale prévue par la loi, soit 45 jours de prison ferme, en affirmant: «Je me suis toujours sentie respectée par Steven Gorgerat et je ne le considère aucunement dangereux pour la société.»

La Couronne réclamait 12 mois de prison en se basant entre autres sur le fait que l'accusé était en situation d'autorité, qu'il était un enseignant et un ami de la famille, que la jeune fille n'avait que 13 ans au moment des rapports sexuels et que la confiance du public dans ses institutions scolaires devait être réaffirmée.

La défense suggérait plutôt d'appliquer la peine minimale en soulignant que son client n'avait aucun antécédent judiciaire, qu'il avait perdu son emploi et qu'il éprouvait beaucoup de remords.

Dans son verdict, le juge a choisi d'y aller avec 90 jours de prison en indiquant que l'homme avait manqué à son devoir d'éducateur.

Toute cette histoire soulève bien sûr les notions d'abus de confiance de la part d'un enseignant en position d'autorité et de consentement éclairée de la part d'une ado de 13 ans.

On pourrait penser que justice a été faite, mais vous me permettrez le commentaire suivant: il est illusoire d'enfermer pendant 90 jours un individu de 40 ans ayant eu des relations sexuelles avec une ado de 13 ans et d'espérer que celui-ci corrigera son comportement sans l'obliger à suivre une thérapie, par exemple.

Un châtiment, des remords sincères ne sont pas garants que cet individu ne récidivera pas dans un autre contexte. On nage dans la pensée magique si on croit pareille chose. Il est bien sûr facile de juger sans connaître davantage d'éléments de cette cause mais, sans taxer cet individu de pédophile, mais il demeure néanmoins que son comportement aurait mérité quant à moi une peine peut-être plus sévère et assurément un suivi plus serré.

06 mars 2008

Qualité du français: on le savait déjà!

Aujourd'hui, le journal La Presse nous apprend: «Examens de français: les jeunes Québécois de moins en moins bons.» Pour qui suit l'éducation un tant soit peu, ce n'est pas une nouvelle, juste une confirmation.

Au secondaire comme au cégep, les jeunes Québécois réussissent de moins en moins bien aux examens de français, constate l’Office québécois de la langue française (OQLF).

Les résultats aux épreuves de cinquième secondaire du ministère de l’Éducation, compilés par l’Office, montrent une dégradation des taux de réussite depuis 2000. En 2004, les jeunes finissants au secondaire franchis­saient l’é­preu­ve, la rédaction d’un texte d’opinion de 500 mots, dans une proportion de 78 %. Ce taux de réussite a déjà dépassé les 90 %, mais, observe l’Office, le ministère de l’Éducation a resserré ses critères de correction.

Même avec l’aide du dictionnaire et de la grammaire, les jeunes Québécois étaient seulement 58 % en 2004 à réussir le volet de la «forme». C’est principalement l’orthographe, avec un taux d’échec de près de 50 %, qui constitue leur plus gros talon d’Achille. Sur papier, les élèves semblent très forts pour argumenter en français, avec plus de 95 % des jeunes qui obtiennent la note de passage, et ce, depuis 10 ans. Ces taux de réussite avaient d’ail­leurs fait dire à la ministre de l’Éducation Michelle Courchesne cet automne que la grille d’évaluation était trop permissive. Notons que ces élèves n’ont pas été touchés par la réforme de l’éducation.

Le portrait n’est pas plus rose chez ceux qui terminent leurs études collégiales et doivent, pour obtenir leur diplôme, rédiger une dissertation de 900 mots, avec l’aide d’un maximum de trois ouvrages de référence sur le code linguistique. Alors que les cégépiens réussissaient dans une proportion de 88,6 % en 1998, ils ne sont plus que 81 % à subir l’épreuve avec succès en 2005. Pour réussir ce test, un élève doit commettre moins de 30 fautes dans son texte, soit une erreur tous les 30 mots. L’OQLF note que depuis 1997, le taux de réussite en orthographe chute. De même, de moins en moins de collégiens font «seulement» 15 fautes en syntaxe et en ponctuation. La syntaxe et l’orthographe seraient, aux yeux de l’Office, les faiblesses des finissants des cégeps.

Deux commentaires.

Primo: le MELS n'a pas - à proprement parler - resserré ses critères de correction au secondaire. La correction des fautes et le contenu reste la même. Il a cependant ajouté une seuil de réussite à respecter. Si un élève fait plus d'un faute de grammaire ou d'orthographe aux 14 mots, on estime qu'il ne maîtrise pas la langue française et sera considéré en échec.

De plus, depuis deux ans, je crois, le MELS alloue 15 minutes supplémentaires aux élèves lors de l'examen. On parle ici d'une mesure qui devrait pourtant les avantager. Cet ajout est survenu quand le ministère a remarqué que les jeunes n'avaient pas le temps de terminer cette épreuve dans le temps imparti. Il s'agissait pourtant d'un signal clair de la faiblesse des jeunes.


Mais rien n'a véritablement été fait pour travailler à améliorer la qualité du français des jeunes. On a tenté de modifier - à la hausse - les résultats des élèves en leur donnant plus de temps, c'est tout.

Deuxio: qui a écrit cette phrase: «D'abord, et on semble l'oublier, que nos enfants parlent, écrivent et lisent leur langue maternelle avec plus de rigueur.»?

Un indice: il s'agit d'une politicienne qui indiquait qu'un jeune de cinquième année du primaire maîtrisait suffisamment sa langue maternelle pour vivre une expérience d'immersion en anglais.

Un deuxième indice: elle a déjà été ministre de l'Éducation et donc responsable de la maîtrise du français de nos jeunes.

Un autre indice est-il nécessaire? Après tout, vous n'êtes pas des sous-sols...

05 mars 2008

Parlons bibliothèque scolaire!

En cette belle journée de congé, parlons un peu d'un sujet qu'on survole habituellement dans les médias: nos belles bibliothèques scolaires. On en déplore l'état, on critique le nombre et la qualité des livres qu'on y retrouve, mais généralement on ne va pas plus loin dans l'analyse.

Je vous invite donc aujourd'hui à construire avec moi, avec vos opinions, vos anecdotes un petit portrait de cet aspect du monde scolaire. Socioconstructivons donc!

La bibliothèque scolaire, ça sert à quoi?

La question vous étonnera, mais je vous rappellerai que, dans un billet précédent, on a pu constater qu'à Montréal, il y a au moins une école secondaire qui a déjà fermé sa bibliothèque scolaire. Les livres ont été rangés dans des caisses sans possibilité que les étudiants y aien accès. Motifs invoqués: le virage technologique et le fait que toutes les informations du monde peuvent maintenant se trouver sur Internet. Comme si on pouvait lire des romans et des oeuvres littéraires récentes sur le Web!

De plus, je vous signale qu'il s'agissait d'une école située en milieu défavorisée. Je me questionne à savoir quoi a été utilisé le budget «livres» pendant tout ce temps.

De façon plus générale, si je me base sur mon expérience d'enseignant, essentiellement, la mission d'une bibliothèque va avec les valeurs de la direction d'une école. J'ai connu un directeur pour qui il s'agissait d'un poste budgétaire emmerdant. Il a réduit le personnel qui y était affecté, a coupé les heures de service et a fait tout en son possible pour que le budget qui y soit affecté puisse servir à d'autres fins. Par exemple, le budget d'une bibliothèque ne devrait pas servir à acheter des dictionnaires ou des séries de romans destinées à la lecture en classe de français. Dans l'esprit et peut-être même dans la loi, ces items devraient être payés à même le budget relié au matériel pédagogique, ce qui n'est pas toujours le cas.

Il a fallu deux ans de lutte au CE pour ramener les choses dans une plus juste proportion. Quoi qu'on en dise, un directeur a beaucoup de pouvoir dans un CE et les parents se font souvent emberlificoter par un dirigeant scolaire habile.

Les initiatives malheureuses

Nos gestionnaires prennent parfois des décisions douteuses quant aux livres dans une commission scolaire.

Qui ne se rappelle pas le projet «Lire en été» dont j'ai parlé dans un billet précédent? Les commissaires de la CSDM, dans un esprit de scoutisme jovialiste, avaient décidé de prêter un livre à chaque élève pour l'été. Immédiatement, des enseignants, comme le Prof malgré tout, avaient souligné les risques d'une telle initiative. Le programme avait été mal géré et bien des livres n'ont pas été retournés en septembre. On parle ici d'une perte de perte de 360 000$ pour un budget de plus d'un million. Pas fort... On en achète des livres avec 360 000$.

On brise aussi des formules gagnantes comme nous l'a raconté Lia pour l'école Évangéline à Montréal. Cette école avait une entente avec la ville de Montréal. Elle lui louait des locaux, mais pouvait utiliser les services (2 bibliothécaires, 2 techniciens et plusieurs commis) et avoir accès aux 50 000 livres de la bibliothèque municipale de quartier. Mais afin de récupérer des classes, cette entente n'a pas été reconduite. Il semblerait que cette école n'a plus de bibliothèque actuellement.

On gagnerait à privilégier des partenariats semblables comme il en existe dans le pays de Safwan et dans ma région.

Le personnel

En plus de représenter un poste budgétaire, une bibliothéque scolaire, c'est aussi du personnel à embaucher et à gérer. Là encore, certaines pratiques administratives peuvent être questionnées.

Afin de sauver des sous, une direction d'école évite d'embaucher une véritable bibliothécaire. Elle ira plutôt vers une technicienne ou une agente de bureau. Et cela, c'est bien sûr quand elle embauche quelqu'un!

En saignant nous racontait le cas de son école primaire située en milieu défavorisé ou ce sont les profs et les élèves qui s'occupent de tout, avec les risques et les inconvénients que cela comporte. Les livres sont mal rangés, le système inofrmatique de prêt plante... Bref, la bibliothèque devient un lieu à ne plus fréquenter.

Il arrive souvent que le personnel d'une bibliothèque scolaire soit peu qualifié et le taux de roulement des employés y soit assez important comme un interlocuteur le soulignait dans un commentaire : « Ça a juste pas de bon sens. Deux jours dans une école, une journée dans une autre, une autre journée dans une autre, revient dans la première... t'as pas le temps de faire ta job, t'as pas le temps de répondre aux profs, tu fais tout à moitié, en vitesse, parce que tu manques de temps... c'est l'enfer. »


Ce manque de stabilité et de formation peut donc nuire au fonctionnement de celle-ci et entrâîner, on le verra, des coûts importants.

Puisqu'on parle de personnel, on peut rappeler que le plan Ouellon de la ministre Courchesne propose l'embauche de 150 nouvelles bibliothécaires. Avec les 150 déjà en place, on parle d'une spécialiste pour 10 écoles. Mais l'embauche de ces spécialistes universitaires est-elle nécessaire? Dans un commentaire, Bobbi, qui a des connaissances sur le sujet, estime qu'ils sont surqualifées.

«Les bibliothécaires, ceux qui ont une maîtrise, ne sont pas utiles dans les biblio du primaire et du secondaire. Leur utilité se concrétise dans les biblio du collégial et universitaires. Au primaire, un ou une technicien(ne) en documentation serait important(e). Cette personne peut guider et les enfants et les profs dans leurs choix de livres, que ce soit pour une recherche, que ce soit sur un thème particulier etc. Au secondaire, le (la) technicien(ne) en documentation verra à l'amélioration de la collection de la bibliothèque déjà existante, verra à aider les profs dans leurs recherches, verra à aider les élèves dans leurs choix de livres. Le (la)technicien(ne) en documentation est beaucoup plus près de l'utilisateur que le (la) ...thécaire. À l'université on apprends aux futur(e)s ...thécaires à faire de la gestion de personnel, de la gestion de collections, de la référence ..., de la gestion .... On ne leur apprend pas à aider la base à mieux s'informer, la base étant la clientèle scolaire du primaire et du secondaire, profs inclus.»

Les critères guidant les achats

Avec un personnel inexistant, constamment en roulement ou peu formé, qui procèdent aux achats des livres et quels sont les critères qui les guident, le cas échéant?

Quand ce ne sont pas les techniciens ou les bibliothécaire, l'achat des livres relève de la direction de l'école. On pourrait estimer qu'elle est moins apte à le faire qu'un spécialiste mais, comme à mon école, le technicien a effectivement mis à l'index de son propre chef deux oeuvres de Patrick Senécal, je m'interroge...

En fait, aucun critère ne guide les achats des livres d'une bibliothèque scolaire. Comme le souligne un commentaire à propos d'une ancienne technicienne qu'elle avait été appelée à remplacer: «Elle avait dépensé son budget dans les Coups de coeur de Renaud-Bray. Ce qui n'est pas une mauvaise idée en soi, mais j'aurais préféré un peu plus de... jugement?»

Quand vient le temps d'acheter des livres, on peut bien sûr faire appel à l'avis des enseignants ou à une libraire spécialisée. Mais laissez-moi vous raconter l'anecdote suivante. une source plus que sûre m'a rapporté qu'directeur achetait continuellement des livres avant les vacances de Noêl et de l'été. Il s'agissait de romans policiers et d'ouvrages destinés tout d'abord à son usage personnel et à celui de ses proches. Charité bien ordonnée...

Enfin, un dernier point quant aux achats: de nombreuses bibliothèques achètent encore des ouvrages de référence inutilement. Bien des informations qu'ils renferment sont effectivement disponibles sur Internet. Elles devraient plutôt privilégier les oeuvres littéraires et les livresdont le contenu ne se trouve pas sur le Net. Il faut aussi savoir que certains budgets reliés à la réforme permettent l'achat d'atlas et de manuels de références. Afin de ne pas perdre ces argents, on les dépenserait donc parfois uniquement pour ne pas les perdre.

En conclusion, après toutes ces informations, je vous indique qu'après six mois, je viens enfin de mettre la main - par hasard - sur un meuble qui me permettra d'aller de l'avant avec mon projet de bibliothèque de classe. Six mois et par hasard pour un projet dont je fournis les livres... Gagez qu'on y retrouvera toutes les oeuvres de Patrick Senécal!

02 mars 2008

Heurt des retrouvailles

Prof masqué a une «date» demain soir. Il va revoir une «ex». Non, non: ne sautez pas aux conlusions!

Il s'agit de ma première blonde, celle avec laquelle j'ai connu mes premiers élans amoureux, les fuites nocturnes par la fenêtre de la chambre quand un parent avisé venait frapper à la porte de la chambre de sa fille, mon bal des finissants, ma première chambre de motel. Et son amoureux sera là! C'est d'ailleurs moi qui le lui ai présenté il y a longtemps.

Il y aura aussi un autre ami commun dont je crois être tombé amoureux au secondaire. Il parait que chaque homme, un jour ou l'autre, a connu un moment ou il s'est questionné sur son orientation sexuelle. Ce fut le cas de Prof masqué. Il faut croire que je n'étais pas si dans le champ que cela puisque l'ami en question a un chum aujourd'hui.

Retrouvailles donc. Vingt ans après, dirait Alexandre Dumas.

Ai-je besoin de vous dire que j'ai le trac comme à un premier rendez-vous amoureux?

Ou la soirée passera rapidement ou elle sera longue comme un discours de Stephan Harper.